Sciences humaines & sociales

  • En 1909, Freud est invité à la Clark University, aux États-Unis, pour présenter une discipline nouvelle : la psychanalyse. Devant un public d'intellectuels, il en retrace la genèse, la méthode et les principales découvertes : la mise au jour de l'inconscient, le processus du refoulement, l'interprétation des rêves, l'existence de la sexualité infantile... Introduction essentielle à la théorie freudienne, ces cinq leçons témoignent de l'ampleur des énigmes que Freud s'est efforcé d'élucider.

  • Paru en 1762, le Contrat social, en affirmant le principe de souveraineté du peuple, a constitué un tournant décisif pour la modernité et s'est imposé comme un des textes majeurs de la philosophie politique. Il a aussi acquis le statut de monument, plus célèbre que connu, plus révéré - ou honni - qu'interrogé. Retrouver, dans les formules fameuses et les pages d'anthologie, le mouvement de la réflexion et les questions vives qui nourrissent une oeuvre beaucoup plus problématique qu'affirmative, c'est découvrir une pensée qui se tient au plus près des préoccupations d'aujourd'hui : comment intégrer les intérêts de tous dans la détermination de l'intérêt commun ? Comment lutter contre la pente de tout gouvernement à déposséder les citoyens de la souveraineté ? Comment former en chacun ce sentiment d'obligation sans lequel le lien social se défait ?
    © Flammarion, Paris, 2001, pour la présente édition.
    Édition revue et mise à jour en 2012.
    Couverture : Virginie Berthemet © Flammarion

  • La République

    Platon

    La scène est au Pirée. Attablés dans la maison du vieux Céphale, Socrate et quelques amis entreprennent de discuter des récompenses promises au juste dans l'au-delà. Qui peut le mieux cerner l'essence de la justice ? La sagesse traditionnelle, les mythes anciens semblent impuissants et Socrate a vite raison des prétentions du sophiste Thrasymaque.
    Alors s'amorce avec Glaucon et Adimante, les frères de Platon placés en position d'interlocuteurs philosophes, un long entretien qui, de la justice dans la cité, remonte vers la justice de l'âme. L'histoire d'Athènes traverse sans cesse ce dialogue puissant, où la proposition d'une cité parfaite et de la royauté des philosophes est à la fois la réponse à la tourmente politique de la démocratie grecque et la recherche métaphysique des vertus de l'âme et des objets de la raison.
    Dans la traduction et le commentaire que je présente ici, j'ai cherché à construire l'équilibre le plus rigoureux possible entre une lecture centrée sur l'histoire et une autre qui prend la métaphysique comme foyer principal. Un des effets de cette perspective est d'éviter une position trop courante aujourd'hui, la dépolitisation de l'oeuvre. L'inquiétude de celui qui aspire à la justice, Platon ne cesse de le rappeler, n'est-elle pas indissociablement éthique et politique ?
    Georges Leroux

  • Discours de la méthode

    Rene Descartes

    Asseoir la connaissance sur des fondements solides et trouver le moyen d'agir au mieux : tels sont les buts avoués de Descartes lorsqu'il publie, en 1637, le Discours de la méthode. Le lecteur y trouvera, entre autres, une méthode pour bien conduire sa raison, un échantillon de morale, ainsi qu'une introduction à la métaphysique. C'est au cours de ce cheminement intellectuel, et alors qu'il met en doute toutes ses certitudes, que Descartes accède à une première vérité : je pense, donc je suis - vérité célébrissime qui a fait du Discours l'un des ouvrages de philosophie les plus connus au monde.

    En GF PHILO', le texte de l'uvre est donné à lire, dans son intégralité, sur la page de droite. En regard, des extraits tirés d'autres oeuvres viennent l'éclairer, le questionner, le prolonger.

  • Le Banquet

    Platon

    Ils sont allongés sur des lits et parlent de l'Amour et de la Beauté. Leurs discours se succèdent, parfois se répondent : car il y a plusieurs Amours et plusieurs manières de désirer le Beau. À ces hommes vivant en un temps et un lieu où l'éducation des garçons est indissociable de la sexualité qui règle les rapports du maître et du disciple, une étrangère, Diotime, oppose un modèle féminin de la procréation du savoir. À travers elle, Socrate dessine les étapes de l'apprentissage du philosophe capable de se détacher du monde sensible pour devenir l'« amant » par excellence qui guide l'« aimé » dans sa quête du Vrai et du Beau. Par-delà les interprétations prudentes du Banquet que nous a léguées la tradition philosophique, cette traduction invite à une lecture renouvelée du dialogue : un Banquet parfois extravagant, à l'image de son objet, d'une richesse stylistique exubérante, souvent cru dans son langage, foisonnant enfin dans sa recherche du bonheur véritable.

  • « Je conçois dans l'espèce humaine deux sortes d'inégalité, l'une, que j'appelle naturelle ou physique, parce qu'elle est établie par la nature, et qui consiste dans la différence des âges, de la santé, des forces du corps et des qualités de l'esprit, ou de l'âme, l'autre, qu'on peut appeler inégalité morale, ou politique, parce qu'elle dépend d'une sorte de convention, et qu'elle est établie, ou du moins autorisée, par le consentement des hommes. Celle-ci consiste dans les différents privilèges, dont quelques-uns jouissent, au préjudice des autres ; comme d'être plus riches, plus honorés, plus puissants qu'eux, ou même de s'en faire obéir. » Dans ce discours à portée réaliste, Rousseau nous livre ici ses idées : il n'est pas question comme le dénoncera Voltaire de retomber à quatre pattes, ni de retrouver un état de nature perdu à jamais, mais d'éclaircir l'enchaînement progressif qui vit un homme né libre être bientôt partout dans les fers.

  • Gorgias

    Platon

    Le ton du Gorgias est particulièrement violent, et pas seulement à l'égard de la rhétorique. Le dialogue formule une des critiques les plus radicales qui aient été adressées à la démocratie athénienne, à ses valeurs dominantes et à sa politique de prestige. En effet, Socrate s'en prend à tous les aspects de cette politique, du plus concret au plus idéologique. Mais l'essentiel de la critique vise la condition qui donne à la démocratie athénienne ses principaux caractères. Or cette condition est la même que celle qui assurait l'influence de la rhétorique. Il s'agit de la foule comme sujet dominant de la scène politique.Le gouvernement de la liberté est un gouvernement de la foule, c'est-à-dire de l'illusion, du faux-semblant et de la séduction. La critique de la rhétorique débouche donc directement sur la critique de la démocratie.

  • Composé en 1762, le Traité sur la tolérance a pour origine la condamnation à mort du protestant Calas, injustement accusé du meurtre de son fils sur le point de se convertir au catholicisme. Dans une France où le pouvoir s'arroge le droit de tourmenter les hommes pour leurs croyances, l'affaire Calas est l'occasion pour Voltaire de mener un nouveau combat pour la liberté. Que l'humanité s'affranchisse des fantômes de l'irrationnel et des fureurs du fanatisme religieux, tel est l'appel lancé par le philosophe dans cette oeuvre emblématique du siècle des Lumières.

  • Le secret du bonheur ? C'est ce que promet Épicure dans la Lettre à Ménécée. N'ayons peur ni des dieux, ni de la mort, ni de la douleur ou de la mauvaise fortune. Recherchons le plaisir, parce qu'il est conforme à la nature. Mais pour ce faire, nous devons nous libérer des idées fausses que produisent en nous les préjugés, les opinions courantes ou les croyances superstitieuses. Il faut donc recourir à la raison et à l'exercice pour suivre la nature. Telle est précisément la tâche de la philosophie : elle définit la discipline rationnelle nécessaire au bonheur. La Lettre à Ménécée, texte fondateur de l'épicurisme, exercera une influence décisive dans l'Antiquité comme dans la pensée moderne et contemporaine : sur le poète romain Lucrèce - qui fait l'objet de notre dossier -, mais aussi sur tous ceux qui revendiquent une éthique réconciliant le plaisir et la raison.

  • En 399 avant notre ère, à Athènes, Socrate comparaît devant le Tribunal de la cité. Accusé de ne pas reconnaître l'existence des dieux traditionnels, de créer de nouvelles divinités et de corrompre la jeunesse, il est condamné à mort. De son procès, il nous reste peu de témoignages, mais celui que Platon nous livre dans l'Apologie de Socrate élève au rang de mythe fondateur de la philosophie un fait qui aurait pu demeurer banal au regard de l'histoire. Face à ses juges, Socrate mène sa défense en invoquant la pratique de la philosophie, qui seule fait que la vie vaut d'être vécue.
    Plus tard, dans la prison où il attend son exécution, Socrate oppose à son ami Criton, qui lui propose de fuir, le verdict du philosophe : mieux vaut affronter la mort que contrevenir aux lois de la cité et ainsi commettre l'injustice. Si l'on en croit Platon, il fallait que Socrate meure pour que vive la philosophie.

  • L'expérience d'une pensée rigoureuse ne peut se faire par procuration.
    Il faut se ménager du temps, du loisir et de l'attention pour enfin penser par soi-même, sans maître, sans approximation, sans préjugé, sans précipitation. Ainsi l'expérience de pensée que nous présente Descartes dans les Méditations métaphysiques n'est-elle pas simplement un témoignage exemplaire. Elle décrit et met en scène les exercices de l'esprit nécessaires pour entamer un parcours philosophique.
    Comme l'écrit Husserl, "ces méditations dessinent le prototype du genre de méditations nécessaires à tout philosophe qui commence son oeuvre, méditations qui seules peuvent donner naissance à une philosophie". Cette édition comprend une présentation, le texte français des six méditations éclairé par des notes de bas de page, une chronologie et une bibliographie.

  • La publication de L'Origine des espèces, en 1859, a marqué une révolution intellectuelle comparable à celle qui est associée aux noms de Copernic et Galilée. En proposant une théorie de la « descendance avec modification » et de la « sélection naturelle », Darwin apportait des réponses aux questions qui préoccupaient les naturalistes de son époque. Le caractère radical de ces réponses aussi bien que les problèmes qu'elles laissaient en suspens ont alimenté d'emblée polémiques et controverses. De là les ajouts et les digressions qui, au gré des six éditions successives de l'oeuvre, en vinrent à obscurcir le propos d'origine. En élaguant la traduction d'Edmond Barbier de ce qui ne figurait pas dans l'édition de 1859 et en y rétablissant ce qui en avait disparu, le présent volume permet au lecteur francophone de retrouver cette oeuvre dans sa fraîcheur initiale.
    © 1992, Flammarion, Paris.
    Édition corrigée et mise à jour en 2008 Titre VO : "On the origin of species by means of natural selection, or the Preservation of favoured races in the struggle for life" Couverture : Virginie Berthemet© Flammarion

  • Du voyage en Amérique qu'il effectue au début des années 1830, Tocqueville tire ce qui deviendra, dans la riche littérature politique du XIXe siècle, l'une des oeuvres les plus lues et les plus commentées. Car l'étude des institutions de la jeune république américaine lui inspire une véritable philosophie de la démocratie, toujours nuancée et souvent visionnaire.
    Comment accorder l'égalité et la liberté, exigence centrale pour un régime démocratique ? Quels sont les effets pervers de ce système politique et les moyens de s'en prémunir ? Les réponses de Tocqueville à ces questions essentielles n'ont cessé de nourrir les réflexions des générations ultérieures, jusqu'à trouver leurs prolongements dans les débats citoyens d'aujourd'hui.

    Dossier :
    1. Sur les valeurs d'égalité, de fraternité et de souveraineté
    2. Les perversions de la société démocratique : entre désordre et uniformisation
    3. L'exercice du pouvoir démocratique : tyrannie de la majorité et despotisme pastoral
    4. Les remèdes à la centralisation.

  • Léviathan

    Thomas Hobbes

    Comment accorder la multitude et sortir de l'état de «guerre de tous contre tous» ? Par quels moyens des individus aux profils et aux désirs variés - pour ne pas dire rivaux - peuvent-ils vivre ensemble et vivre bien ?
    Au lendemain d'une guerre civile qui a déchiré l'Angleterre, le Léviathan (1651) offre une réponse novatrice et déroutante pour ses contemporains : il revient aux particuliers de conclure un pacte fondateur, qui confère au souverain l'autorité de les représenter absolument et de faire la loi en leur nom.
    Par la puissance et la cohérence de son raisonnement, le Léviathan a redéfini les droits et les devoirs des souverains et des citoyens. Revenir à lui aujourd'hui, c'est éclairer nos propres conditions de pensée et de pratique politique.

    Cette édition regroupe les chapitres X à XVI (De l'homme), consacrés à la problématique morale, ainsi que les chapitres XVII, XVIII et XXI (De la République), dédiés au pouvoir politique et à la liberté des sujets.

    Dossier :
    Petit précis de philosophie politique : Aristote, Locke, Rousseau, Hannah Arendt, Pierre Clastres, Pierre Manent.

  • La publication de l'Emile, en 1762, restitue au problème de l'éducation sa place centrale en philosophie.
    De ses premiers mois jusqu'à la rencontre amoureuse, Emile est suivi dans chaque étape, à travers des expériences qui attestent d'abord le souci de considérer « l'enfant dans l'enfant », au lieu de le sortir de son âge. Rousseau montre qu'il est possible d'éduquer un homme selon la nature et de quelle façon les vices et l'inégalité caractérisent désormais la condition humaine : double enjeu qui constitue sa « théorie de l'homme ».
    La richesse incomparable de ce maître-livre tient aussi aux tensions qui le parcourent. Rousseau refuse le péché originel mais il doit rendre raison du mal et de la souffrance que ce dogme interdisait d'ignorer; il critique les philosophes de son temps mais il pousse à ses limites leur méthode empiriste; il proclame: «je hais les livres», mais il fournit le panorama le plus juste et le plus instruit de la culture du XVIIIe siècle, en face de l'Encyclopédie et, pour partie, contre elle.
    Parus ensemble, Emile et le Contrat social furent condamnés à Paris puis à Genève: la force du traité d'éducation n'échappa pas aux censeurs, même si Rousseau prétendait ne livrer que « les rêveries d'un visionnaire ». Car la forme même de la fiction arrache l'ouvrage aux circonstances : pas plus que ses lecteurs des Lumières, nous ne sommes à l'abri de ses leçons.

  • Phèdre

    Platon

    Comment parler, pourquoi écrire ? En cette fin du Ve siècle avant notre ère, voilà de quoi discutent deux Athéniens étendus près d'un gattilier en fleur, à l'ombre d'un platane sous lequel coule une source, tout près de l'Acropole. Mais comment évoquer la puissance du langage sans parler de l'âme humaine ? Résidu de ce principe qui meut les corps célestes et même l'univers en son entier, elle produit le discours et en subit les effets.
    Extraordinairement riche par sa forme - on y trouve descriptions, discours, mythes et prières -, le Phèdre aborde des thèmes très variés : la rhétorique, l'écriture, la mort et l'amour. Il déploie tout l'art littéraire de Platon et constitue l'un de ses plus grands dialogues.

    /> Dossier :
    1. Rhétorique et philosophie
    2. Parole et énonciation
    3. Parole et dialectique
    4. Oralité et écriture.

  • Lettres à Lucilius

    Sénèque

    "Une grande partie de la vie s'écoule à mal faire, la plus grande à ne rien faire, la vie tout entière à faire autre chose. Quel homme me citeras-tu qui mette un prix au temps, qui estime la valeur du jour, qui comprenne qu'il meurt chaque jour? Mon cher Lucilius, embrasse toutes les heures." (Lettre 1) Vivre en accord avec le destin, se défaire du superflu, adopter une attitude digne face à la mort et garder, en toutes circonstances, la tranquillité de l'âme : telles sont les leçons que Sénèque enseigne à son disciple Lucilius au fil de cette correspondance pédagogique. Manuel pratique à l'usage de l'apprenti stoïcien, les Lettres à Lucilius (Ier siècle apr. J.-C.) nous exhortent de changer nos habitudes afin de nous changer nous-mêmes, et d'apprendre à mourir - pour essayer de vivre.

  • Manuel

    Epictète

    Petit guide de philosophie pratique, le Manuel est destiné à quiconque souhaite progresser sur la voie de la sagesse. Selon Épictète, nous devons distinguer ce qui est en notre pouvoir de ce qui ne l'est pas. Ainsi, nous ne maîtrisons pas le cours des événements, mais nous sommes entièrement responsables de la façon dont nous y réagissons. Tempérer nos désirs, vivre en accord avec la Nature, comprendre le monde et le rôle que nous y jouons : tels sont les préceptes que nous exhorte à suivre Épictète, afin de connaître bonheur et vertu.

  • Éloge de la folie

    Erasme

    Best-seller européen dès sa parution, l'Éloge de la folie (1511) met en scène la déesse Folie s'adressant facétieusement aux hommes pour leur montrer qu'elle gouverne le monde. «Véritable dispensatrice de bonheur», fille d'Ivresse et d'Ignorance, Folie préside à toutes les circonstances de l'existence humaine : elle rend possibles le mariage et la maternité, régit chaque métier, soumet les rois et les prélats à son empire.
    Dans cette courte déclamation parodique, parangon de l'éloge paradoxal et du jeu sérieux qu'affectionnent les humanistes, Érasme se plaît à louer «la Folie d'une manière qui n'est pas tout à fait folle».

  • Conseiller de Néron après avoir été son précepteur, Sénèque est l'un des détenteurs du pouvoir impérial. Lorsqu'il rédige ce court traité, vers 58 après J.-C., il adresse une réponse à tous ses détracteurs, envieux de sa fortune, qui voient en lui un stoïcien de luxe. Comment douter que son aspiration au souverain bien et à la vertu soit sincère ? Comment ne pas entendre l'avertissement adressé à tous ceux qui se laissent gouverner par la débauche et la recherche des plaisirs ?

  • Poser les fondements de toute philosophie et de tout savoir, en retraçant le chemin qui mène du doute radical à l'indubitable science : telle est l'entreprise de Descartes dans ses Méditations métaphysiques.
    Tout au long de cet ouvrage original où se conjuguent démonstration et ascèse, la vérité se fonde à mesure que le lecteur se découvre et se forme, en éprouvant, après l'incertitude de toute connaissance, l'existence du sujet pensant, de Dieu, des choses matérielles, la distinction de l'âme et du corps et leur union en l'homme.
    Les Méditations, dont nous donnons ici les textes latin et français, sont suivies des Objections formulées par d'illustres théologiens et philosophes - dont Arnauld, Hobbes, Gassendi - et des réponses de l'auteur, à travers lesquelles l'exposé de sa métaphysique se trouve prolongé.

    Couverture ! Virginie Berthemet© Flammarion © Garnier-Flammarion, 1979.
    © Flammarion, Paris, 1992, et 2011 pour l'édition revue et corrigée.

  • Tout en dégageant les conditions d'émergence de la liberté, les écrits de Kant sur l'histoire ont aussi un aspect plus classique, puisqu'il s'agit là de découvrir les fins de la nature et de l'aider à les accomplir.
    Cette référence à la finalité naturelle permet à Kant d'établir une continuité entre la raison commune et la réflexion critique, en explicitant les conditions auxquelles les exigences de la raison peuvent être réalisées dans le monde sensible : en ce sens, l'histoire idéale que décrit Kant est le corrélat réaliste de sa philosophie morale.

    Ce volume contient :
    o Des différentes races humaines
    o Idée d'une histoire universelle au point de vue cosmopolitique
    o Compte rendu de l'ouvrage de Herder...
    o Définition du concept de race humaine
    o Conjectures sur les débuts de l'histoire humaine
    o Sur l'emploi des principes téléologiques dans la philosophie
    o Le Conflit des facultés

  • Le Malaise dans la culture, publié en 1930, est le seul véritable exposé de la conception de la réalité sociale et de la philosophie politique de Freud.
    Son diagnostic en a troublé plus d'un : la culture s'efforce d'endiguer l'irréductible agressivité humaine sans jamais remporter de victoire décisive. On a voulu y voir la preuve du pessimisme d'un vieil homme rongé par la maladie et rattrapé par l'histoire. Bien au contraire, en leur montrant qu'ils n'ont rien à attendre d'un retour à la « nature », d'une société sans classes ou encore d'un paradis régi par les lois du marché, Freud délivre les hommes de leur dernière chaîne, celle qui les liait à la croyance et à l'espoir, et les fait entrer dans le royaume de la liberté où l'illusion n'a plus cours.

    Dossier :
    1. L'analyse profane et la tentation philosophique de la psychanalyse
    2. L'agression, la mort
    3. Politique de Freud
    4. Freud prophète ?
    5. Une idéologie de la libération ?

  • « J´avoue que dans l´Amérique j´ai vu plus que l´Amérique ; j´y ai cherché une image de la démocratie elle-même, de ses penchants, de son caractère, de ses préjugés, de ses passions. » La gloire de Tocqueville n´est pas seulement celle d´un analyste politique exceptionnel ; c´est aussi, depuis la récente redécouverte de son oeuvre, celle d´un philosophe politique qui serait en même temps un classique de la sociologie, et qui pourrait aider à comprendre les problèmes qui se posent constamment dans les démocraties modernes.
    L´égalité des conditions, l´individualisme, le « despotisme » démocratique, les relations entre maîtres et serviteurs, l´esprit de liberté et l´esprit de religion, autant de notions qui dessinent aujourd´hui encore les contours d´une philosophie de la démocratie.

empty