Flammarion

  • Le Joueur d'échecs est l'un des derniers écrits de Stefan Zweig et a été publié en 1942, après sa mort au Brésil, où il s'était réfugié pour échapper aux persécutions de l'Allemagne nazie. Il y raconte l'histoire d'un homme qui n'a survécu à l'enfermement (arrêté par la Gestapo) qu'en imaginant des parties d'échecs, jusqu'à épuiser littéralement sa mémoire...
    Un des récits les plus célèbres de Zweig, étudié aujourd'hui dans les lycées.

  • Bel-Ami Alors que Georges Duroy erre dans la capitale sans un sou en poche, il rencontre un ancien camarade de régiment, qui lui propose de devenir journaliste à La Vie française... Ainsi commence Bel-Ami (1885), l'histoire d'une ambition assouvie à travers l'argent et les femmes dans le Paris fastueux des années 1880. Cynisme d'une presse en plein essor, corruption politique, stratégie amoureuse, vanités mondaines : cette plongée impitoyable dans la société parisienne de la fin du XIXe siècle fait de Bel-Ami le roman le plus balzacien de Maupassant.

  • Pour la famille Bennet, qui compte cinq filles à marier, l´arrivée de deux jeunes et riches célibataires dans le voisinage est une aubaine. Le sombre Mr Darcy saura-t-il vaincre le mépris d´Elizabeth ? Les soeurs de Mr Bingley parviendront-elles à le dissuader de déclarer ses sentiments à Jane ? Tissé de nombreuses péripéties cocasses et cruelles, Orgueil et préjugés s´achèvera-t-il par le happy end tant attendu ?
    Du Journal de Bridget Jones à Orgueil et préjugés et zombies, en passant par l´adaptation bollywoodienne Bride and Prejudice, le chef-d´oeuvre de Jane Austen a inspiré des séries romanesques, des films, des bandes dessinées, et demeure, près de deux siècles après sa parution, l´un des romans anglais les plus lus dans le monde.
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  • " Un brave homme - pension bourgeoise, 600 francs de rente - s'étant dépouillé pour ses filles qui toutes deux ont 50 000 livres de rente, mourant comme un chien " : telle est l'indication que l'on peut lire dans l'album de Balzac qui contient le germe du Père Goriot.
    Mais ce roman est bien autre chose que le récit d'une agonie. C'est l'" éducation sentimentale " de Rastignac, jeune provincial monté à Paris, son apprentissage de la vie, de la société et des hommes. C'est aussi le portrait d'une ville livrée au plaisir, où les " honnêtes gens " se déchirent entre eux. C'est enfin Vautrin qui, sous des dehors bon enfant, cache un visage démoniaque. À l'image de la pension Vauquer, Le Père Goriot est un carrefour où se croisent les destins.
    Roman multiple, clef de voûte de la Comédie humaine, ce traité des passions n'ignore rien de ce qui est humain. Voilà pourquoi il n'a pas de morale.

  • Les aventures de d'Artagnan et de ses trois célèbres acolytes, Athos, Porthos et Aramis, ce sont avant tout la vaillance et le panache, un débordement d'énergie et d'audace, de la romance et de la comédie qui virent parfois à la tragédie quand, au détour d'une page, se profile la silhouette de l'inquiétante Milady...
    Des générations de lecteurs ont été subjuguées par Les Trois Mousquetaires où Dumas, avec une incomparable puissance dramatique, mêle à la fiction l'histoire et aux êtres imaginaires des personnages réels, pour faire revivre avec brio la tumultueuse époque du règne de Louis XIII.

  • E passe-temps favori de Mme de Merteuil et Valmont est de pervertir et manipuler les jeunes gens, comme la jeune et innocente Cécile Volanges. Ils souhaitent répandre autour d'eux une vision de l'amour où les sentiments n'ont pas leur place, pourtant Valmont tombe sous le charme de Mme de Tourvel.

  • Un brigand au grand coeur lancé dans une action tumultueuse, un amour terrible et impossible qui s´achève sur scène par une mort lyrique et collective : la pièce a gardé une part des ténèbres, des éclairs et de la folie qui enflammèrent le public du XIXe siècle, et donnèrent pourtant naissance à un théâtre nouveau. Car Hernani est aussi le nom d´une bataille, celle que déclencha Hugo en 1830 avec ce drame romantique à l´alexandrin disloqué.

  • Candide

    Voltaire

    Qu´est-ce que Candide ? Le conte le plus court, le plus comique, le plus connu des Lumières. Condamné en plusieurs pays, lors de sa parution, pour indécence et effronterie, interdit de lecture par Diderot à sa fille, le voilà qui caracole aujourd´hui en tête des best-seller de la littérature classique. On le porte au théâtre, on le met en musique, il attire les illustrateurs, inspire des cinéastes.
    Qu´y trouve-t-on ? Selon Voltaire lui-même, sans doute peu sincère, une « coïonnerie ». En fait, cette fable affronte la dure question du mal. Candide, élevé par son maître Pangloss dans la philosophie de l´optimisme, rencontre à travers l´Europe et l´Amérique un déluge de calamités amères et cocasses : expulsion, guerre, tremblement de terre, autodafé, esclavage, maladies... Il finira par se forger sa propre morale - cultiver notre jardin -, loin des métaphysiques stériles :Voltaire, adversaire de la Bible, venait d´inventer une des paraboles les plus célèbres de la littérature.

  • Nana ruine ceux qui la désirent : le banquier Steiner, le capitaine Hugon... tous seront séduits et conduits au désespoir par la «Vénus blonde». En décrivant la vie d'une courtisane, Zola dépeint, à la manière des moralistes, la débâcle de la société bourgeoise du Second Empire en un saisissant tableau de moeurs.

  • Ainsi parlait Zarathoustra « Cette oeuvre est complètement à part. Ne parlons pas ici des poètes : peut-être n'y a-t-il jamais rien eu qui soit d'une telle surabondance de force. Ma notion du "dionysiaque" s'est faite ici action d'éclat ; comparé à elle, tout autre agir humain apparaît misérable et limité. Qu'un Goethe, qu'un Shakespeare ne sauraient respirer un seul instant dans cette atmosphère de passion et d'altitude, que Dante, auprès de Zarathoustra, ne soit qu'un croyant, et non quelqu'un qui commence par créer la vérité, un esprit qui gouverne le monde, un destin -, que les poètes du Véda soient des prêtres et pas même dignes de dénouer les chaussures de Zarathoustra, voilà qui n'est encore qu'une litote et ne donne aucune idée de la distance, de la solitude azuréenne où vit cette oeuvre » (Nietzsche, Ecce Homo, « Pourquoi j'écris de si bons livres »).

  • Le 9 décembre 1896, un jeune homme crée le scandale en faisant jouer au Théâtre de l´OEuvre une farce truculente, Ubu roi. « Merdre ! » Sitôt le premier mot lâché, la salle siffle, hue, rit, proteste : le public est insulté, les conventions théâtrales bousculées, le grotesque s´introduit dans le théâtre d´avant-garde. En mettant en scène les tribulations du Père Ubu - personnage cynique et ordurier, prêt à tout pour s´accaparer le pouvoir -, Jarry donne naissance à un véritable mythe. Blague de potache témoignant de l´inventivité d´un lycéen rennais ou « pamphlet philosophico-politique à gueule effrontée », selon le mot d´un journaliste d´alors, Ubu roi est d´abord un feu d´artifice verbal qui, plus d´un siècle plus tard, n´a rien perdu de sa saveur.

  • Un héros qui s'éveille doit avoir la splendeur d'un soleil levant , écrivait-on l'année où fut créé Le Cid.
    Rodrigue, qui par un coup d'éclat accomplit les promesses de gloire qu'il porte en lui, conquiert tous les coeurs, jusques à celui de Chimène dont

  • Yvain est chevalier hardi et entreprenant, envieux de réussir là où les autres échouent. Il affronte l'aventure de la fontaine qui bout ; il conquiert une femme, il conquiert une terre, il conquiert l'amour : le voici marié.
    Un beau conte s'en tiendrait là. Ce n'est que le début du roman de Chrétien de Troyes. Le héros va connaître le désespoir, la folie ; il en sortira transformé, et découvrira un autre sens à la prouesse et à l'amour. Ce serait simpliste si Chrétien de Troyes n'était pas un poète qui conserve à la destinée humaine son épaisseur de mystère et fait résonner en nos coeurs le secret de mythes vieux comme les forêts celtiques.

  • À la demande de la comtesse Natalie de Manerville, dont il est épris, Félix de Vandenesse relate sa première passion, celle qui le lia, dans sa jeunesse, à la vertueuse Henriette de Mortsauf. Mais peut-on sans conséquence raconter un amour passé, fût-il platonique, à l´être qu´on aime ?
    Ainsi que l´écrit Catherine Millet : « Je tire de ce récit une morale qui ne pourrait que décevoir une personne comme Félix, jeune et amoureuse [...]. Dans une relation d´amour, il est absolument illusoire, pour ne pas dire naïf, de vouloir être transparent l´un à l´autre. » Roman des plaisirs interdits et du désir réfréné, Le Lys dans la vallée est aussi, de tous les récits de Balzac, l´un des plus lyriques et des plus désabusés.

  • Illusions perdues intimide d´abord par ses proportions, par l´importance aussi que lui attribuait Balzac lui-même au sein de la Comédie humaine : ce roman, écrit-il, est « l´oeuvre capitale dans l´oeuvre ». Mettant en scène écrivains, actrices, libraires et imprimeurs, il propose une analyse cinglante du milieu de la presse - « ce cancer qui dévorera peut-être le pays » (Préface de 1839) - et d´un monde où seuls les plus cyniques tirent leur épingle du jeu.
    Dans ce récit d´apprentissage, Balzac trace de manière exemplaire le parcours négatif qui avait été, depuis Chateaubriand, et sera encore, jusqu´à Flaubert et Zola au moins, celui d´un certain XIXe siècle : l´initiation, par la souffrance et l´échec, à la dure loi du réel. Pour Lucien de Rubempré, échappé de son Angoumois natal, la leçon passe par Paris. Et Paris, révélateur impitoyable, dissipera les mirages provinciaux, offrant à Lucien, en guise de gloire rêvée, le sentiment de son néant et de sa solitude : cela s´appelle devenir adulte.

  • " Me voici donc seul sur la terre, n'ayant plus de frère, de prochain, d'ami, de société que moi-même.
    " Après le temps des Confessions vient celui des Rêveries, où Jean-Jacques retrouve la plénitude de soi et engage par l'écriture une réflexion sur l'introspection et les limites de la reconstitution du passé.

  • Eugénie Grandet, qui passe pour l'un des modèles du réalisme balzacien, est une " histoire vulgaire, le récit pur et simple de ce qui se voit tous les jours en province " écrit Balzac dans sa Préface de 1833.
    C'est surtout le grand roman de l'argent et de l'avarice, incarnée par l'un des personnages les plus célèbres de La Comédie humaine, le père Grandet : Balzac, selon Lamartine, a dans cette oeuvre drôle et satirique " cent fois dépassé l'incomparable Molière ". Mais Eugénie Grandet est aussi le roman de l'attente et de l'ennui, l'histoire déchirante d'une Pénélope sublime, éprise de son cousin de Paris, frivole dandy à qui elle sacrifiera tout, et qui la laissera vieille fille...
    Ainsi que l'écrivait Sainte-Beuve, ce récit frôle le " chef-d'oeuvre qui se classerait à côté de tout ce qu'il y a de mieux et de plus délicat parmi les romans en un volume. "

  • En 1875, incompris depuis Salammbô, enlisé dans les ratures de Bouvard et Pécuchet, ruiné par sa nièce, Flaubert reprend un projet de jeunesse : La Légende de saint julien l'Hospitalier.
    Le feu de l'écriture lui redonne goût à la vie et à la création : il poursuit avec deux autres récits, pour réunir en une seule oeuvre " du Moderne, du Moyen Age et de l'Antiquité ". Un coeur simple, le volet " moderne " du triptyque, raconte la vie pathétique de Félicité, une pauvre servante au grand coeur. Coloré et étincelant comme un vitrail, énigmatique comme un rêve, le conte médiéval La Légende de saint julien l'Hospitalier retrace le destin sanglant d'un héros qui oscille entre sainteté et folie.
    /> Quant au volet " antique ", il fait revivre, avec Hérodias, l'époque évangélique, en donnant à la littérature la première incarnation d'un mythe qui, de Wilde à Nabokov, traversera la modernité : celui de Salomé. Dernière oeuvre publiée par Flaubert de son vivant, Trois contes peut être tenu pour son testament esthétique.

  • En 1872, Jules Vallès, l'un des journalistes les plus célèbres de son temps, est condamné à mort pour son engagement dans la Commune de Paris ; exilé à Londres, il se lance dans l'écriture d'un récit d'enfance, à mi-chemin entre le roman et l'autobiographie : L'Enfant, premier volet de la trilogie des Mémoires d'un révolté, paraît en 1878.
    Dédié à tous ceux qui, " pendant leur enfance, furent tyrannisés par leurs maîtres ou rossés par leurs parents ", le livre fait scandale : en relatant le quotidien d'un jeune garçon d'alors, Vallès y brosse un tableau impitoyable de deux institutions vénérées, la famille et l'école. Véritable cri d'insoumission, cette oeuvre initia un débat autour des droits de l'enfant, à l'époque quasi inexistants ; elle inspira des générations d'écrivains, de Jules Renard à Louis-Ferdinand Céline, et fut saluée à sa sortie par Zola, qui écrivit : " Je désire qu'on lise ce livre.
    Si j'ai quelque autorité, je demande qu'on le lise, par amour du talent et de la vérité. Les oeuvres de cette puissance sont rares. Quand il en paraît une, il faut qu'elle soit mise dans toutes les mains. "

  • Un père à la recherche de son fils consulte un magicien qui lui offre la vision des aventures du jeune égaré, faites d'amour, de duels, mais aussi d'impostures et de trahisons...
    Mêlant éloquence tragique, emprunts au répertoire de la comédie italienne et récit d'initiation, L'Illusion comique (1635), oeuvre de jeunesse, est un étrange monstre , au dire de Corneille lui-même. Identité fuyante des personnages, invraisemblances de l'intrigue et subtilité du montage illusionniste font de cette pièce baroque et capricieuse une vibrante apologie du théâtre.

  • Une femme qui a perdu son mari et deux de ses fils se cache dans une foret du Pays de Galles avec son dernier enfant Perceval, et essaye, pour le preserver, de l'elever loin de la civilisation, dans l'ignorance complete du monde et de la chevalerie meurtriere. Malgre toutes les precautions de la mere, Perceval rencontre un jour un groupe de chevaliers ala brillante armure. Il en est si enthousiasme qufil quitte aussitot le refuge et sa mere malgre les supplications de celle]ci qui ne voulait pas aussi le perdre. Il se rend ala cour du Roi Arthur.
    OEuvre inachevee, Perceval est lfun des plus celebres romans de la matiere de Bretagne.

  • Conseiller de Néron après avoir été son précepteur, Sénèque est l'un des détenteurs du pouvoir impérial. Lorsqu'il rédige ce court traité, vers 58 après J.-C., il adresse une réponse à tous ses détracteurs, envieux de sa fortune, qui voient en lui un stoïcien de luxe. Comment douter que son aspiration au souverain bien et à la vertu soit sincère ? Comment ne pas entendre l'avertissement adressé à tous ceux qui se laissent gouverner par la débauche et la recherche des plaisirs ?

  • Trente ans, c'est l'âge de la vérité, l'âge où se concentrent toutes les forces vitales avant le déclin, où le besoin de vivre devient impérieux. À trente ans, Julie d'Aiglemont, dont ce roman nous retrace la vie, cède à l'adultère, pour échapper à un mariage décevant... De la jalousie au meurtre, du meurtre à la fuite, cet acte coupable mènera, implacablement, à la ruine de la famille tout entière. La Femme de trente ans, oeuvre noire et mystérieuse, est l'un des grands romans de Balzac sur la femme et sa condition.

  • Les Affinités électives (1809), récit de la maturité de Goethe, est l´un des chefs-d´oeuvre de la littérature allemande. Roman social offrant une peinture critique de l´aristocratie terrienne à l´aube du XIXème siècle, Les Affinités électives est en même temps un roman d´amour, décrivant avec un détachement scientifique les mystérieux phénomènes d´attirance et de répulsion qui se jouent entre les êtres comme dans la nature, mais aussi, et surtout, une oeuvre tragique et mélancolique, une histoire de passion et de mort, qui s´achemine vers un désastre programmé.
    Le détachement ironique du narrateur, les ambiguïtés du récit, la subtilité de la construction font de ce livre un des premiers grands romans modernes.

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