Sciences humaines & sociales

  • Conseiller de Néron après avoir été son précepteur, Sénèque est l'un des détenteurs du pouvoir impérial. Lorsqu'il rédige ce court traité, vers 58 après J.-C., il adresse une réponse à tous ses détracteurs, envieux de sa fortune, qui voient en lui un stoïcien de luxe. Comment douter que son aspiration au souverain bien et à la vertu soit sincère ? Comment ne pas entendre l'avertissement adressé à tous ceux qui se laissent gouverner par la débauche et la recherche des plaisirs ?

  • La Phénoménologie de l'esprit n'est pas seulement un ouvrage décisif dans l'histoire de la philosophie : c'est aussi, aux côtés du théâtre de Shakespeare ou de La Divine Comédie de Dante, l'une des oeuvres majeures de la culture occidentale. Achevée dans

  • LE RIRE

    Henri Bergson

    Pourquoi rions-nous de voir quelqu'un trébucher ? Pour quelles raisons Molière continue-t-il de nous amuser ? Comment expliquer qu'un jeu de mots ou un trait d'esprit prêtent à sourire ? Dans Le Rire, qu'il publie en 1900, Bergson apporte à ces questions des réponses décisives. S'appuyant sur des exemples quotidiens et de nombreuses références littéraires, il décrypte les formes du comique pour y déceler un ressort commun : l'« interférence de deux séries », c'est-à-dire la présence simultanée de deux éléments distincts ou incompatibles. Au passage, il ne manque pas d'analyser le rôle social ambivalent d'un réflexe qui tout à la fois manifeste l'élan vital et brime les comportements hors normes. Si cette oeuvre, qui doit beaucoup à une tradition classique, méconnaît les manifestations transgressives, sombres, ludiques ou absurdes, du rire, elle n'en demeure pas moins capitale pour qui veut comprendre le « propre de l'homme ».

  • « En Amérique, toutes les lois sortent en quelque sorte de la même pensée. Toute la société, pour ainsi dire, est fondée sur un seul fait ; tout découle d'un principe unique. On pourrait comparer l'Amérique à une grande forêt percée d'une multitude de routes droites qui abordent au même endroit. Il ne s'agit que de rencontrer le rond-point, et tout se découvre d'un seul coup d'oeil. »
    Lettre de Tocqueville au comte de Molé, 1835.
    Tocqueville est allé chercher aux États-Unis non pas un modèle, mais un principe à étudier, et une question à illustrer et à résoudre ; à quelles conditions la démocratie, si elle est un état de société, devient ce qu'elle doit être aussi, faute de conduire à une dictature : un état de gouvernement...
    L'Amérique lui offre, comme société et comme culture, une démocratie pure. Et un gouvernement déduit de cette démocratie pure. Une anti-Europe dans les deux cas, sans héritage aristocratique, sans legs absolutiste, sans passions révolutionnaires. Avec, au contraire, une tradition de libertés locales collectives. Par tous ces traits, mutatis mutandis, un objet de réflexion capital pour les Européens.
    François Furet

  • "L'un des caractères distinctifs des siècles démocratiques, c'est le goût qu'y éprouvent tous les hommes pour les succès faciles et les jouissances présentes. Ceci se retrouve dans les carrières intellectuelles comme dans toutes les autres. La plupart de ceux qui vivent dans les temps d'égalité sont pleins d'une ambition toute à la fois vive et molle ; ils veulent obtenir sur le champ de grands succès, mais ils désireraient se dispenser de grands efforts. Ces instincts contraires les mènent directement à la recherche des idées générales, à l'aide desquelles ils se flattent de peindre de vastes objets à peu de frais et d'attirer les regards du public sans peine. Et je ne sais s'ils ont tort de penser ainsi ; car leurs lecteurs craignent autant d'approfondir qu'ils peuvent le faire eux-mêmes et ne cherchent d'ordinaire dans les travaux de l'esprit que des plaisirs faciles et de l'instruction sans travail."
    A. de Tocqueville

  • "Passion et morale se dit des différentes agitations de l'âme selon les divers objets qui se présentent à ses sens. Les philosophes ne s'accordent pas sur le nombre des passions. [...] Voyez surtout M. Descartes qui a fait un beau traité des Passions d'une manière physique."
    (Dictionnaire de Furetière)

  • Les Lois sont sans doute le dernier des dialogues écrits par Platon. Dans les douze livres de cette somme législative d´une extraordinaire ambition, le philosophe se prononce sur un nombre exorbitant d´aspects de la vie humaine et civique, produit une véritable histoire politique de l´humanité, et rappelle, avec une clarté qui n´a guère d´équivalent dans les autres dialogues, les principes généraux de sa « physique » et de sa cosmologie : le bonheur du citoyen dépend de l´excellence de la cité, laquelle doit prendre modèle sur l´ordre du monde.
    Les Lois soumettent le devenir de la cité - ses ressources, les conflits qui la menacent et les remèdes qu´on peut y apporter, l´éducation de l´ensemble des citoyens, leurs comportements, jusqu´aux plus intimes, les coutumes et croyances traditionnelles - à des principes communs et intangibles. Ce code de lois écrites passe au crible d´un examen rationnel les conditions d´existence de la cité excellente : de la loi sur la date de la cueillette des fruits jusqu´à celle qui condamne l´athéisme, en passant par les recommandations relatives aux moeurs sexuelles, rien n´échappe à l´autorité du législateur.
    Le premier ouvrage de philosophie politique et de philosophie du droit est également l´un des chefs-d´oeuvre de Platon.

  • Rédigées en 1746, sans nom d´auteur, et aussitôt condamnées au feu par le Parlement de Paris, les Pensées philosophiques prennent à partie le christianisme, et au-delà toutes les religions révélées : ou la foi est compatible avec la raison humaine et les religions doivent accepter le doute et la critique et se réformer pour rejoindre « la religion naturelle » ; ou elle ne l´est pas, et comment admettre alors que Dieu exige des hommes qu´ils lui sacrifient leur raison ?
    Cette alternative, c´est celle que pose le déisme, avec la volonté de placer la raison au coeur des systèmes religieux (dogmes, croyances, témoignages, miracles, Livres saints, etc.). Si l´on crédite généralement les Lumières d´avoir posé les bases philosophiques de la tolérance et de la laïcité, on ignore le plus souvent le rôle joué par le déisme dans le combat de la foi et de la raison. Les Pensées philosophiques, livre subtil qui mobilise toutes les ressources du style pour faire du lecteur son allié, est la première oeuvre philosophique à porter sur la place publique le débat qui oppose les déistes aux tenants des religions établies.

  • Les Lois sont sans doute le dernier des dialogues écrits par Platon. Dans les douze livres de cette somme législative d´une extraordinaire ambition, le philosophe se prononce sur un nombre exorbitant d´aspects de la vie humaine et civique, produit une véritable histoire politique de l´humanité, et rappelle, avec une clarté qui n´a guère d´équivalent dans les autres dialogues, les principes généraux de sa « physique » et de sa cosmologie : le bonheur du citoyen dépend de l´excellence de la cité, laquelle doit prendre modèle sur l´ordre du monde.
    Les Lois soumettent le devenir de la cité - ses ressources, les conflits qui la menacent et les remèdes qu´on peut y apporter, l´éducation de l´ensemble des citoyens, leurs comportements, jusqu´aux plus intimes, les coutumes et croyances traditionnelles - à des principes communs et intangibles. Ce code de lois écrites passe au crible d´un examen rationnel les conditions d´existence de la cité excellente : de la loi sur la date de la cueillette des fruits jusqu´à celle qui condamne l´athéisme, en passant par les recommandations relatives aux moeurs sexuelles, rien n´échappe à l´autorité du législateur.
    Le premier ouvrage de philosophie politique et de philosophie du droit est également l´un des chefs-d´oeuvre de Platon.

  • L´homme sans Dieu est « plein d´injustice ». Ses lois ne sont que coutumes, ses rois ne tiennent leur pouvoir que du hasard et de la force, et les magistrats n´en imposent que par leurs « robes rouges » et leurs « hermines ». Pourtant, ce système est nécessaire au maintien de l´ordre social - car ceux qui prétendent y déroger font encourir le risque de la guerre civile, qui est le plus grand des maux.
    Ce volume donne à redécouvrir la pensée politique de Pascal, indissociable de sa réflexion sur la condition de l´homme : outre les articles I à VII de l´édition Brunschvicg des Pensées (dont « La justice et la raison des effets », mais aussi les plus célèbres fragments : sur le divertissement, l´imagination, les deux infinis, le pari...), le lecteur y trouvera les Trois Discours sur la condition des Grands, qui invitent à considérer tout détenteur du pouvoir comme un usurpateur légitime.

  • OEuvre de l´aîné des trois grands tragiques athéniens, unique trilogie dramatique que l´Antiquité nous ait léguée, l´Orestie, dont Les Choéphores et Les Euménides forment les deux derniers volets, relate le passage de la loi du talion à la justice instituée.
    Meurtre pour meurtre, ruine pour ruine, sang pour sang : telle est la loi des dieux lorsque s´ouvre Les Choéphores. Pour venger son père Agamemnon, Oreste doit tuer sa propre mère, Clytemnestre, et l´amant de celle-ci... Mais ce meurtre déclenche la fureur des Érinyes, qui se lancent à la poursuite du matricide pour le châtier. Accusé d´un crime de sang auquel pourtant le respect de la justice divine l´a contraint, Oreste, dans Les Euménides, implore l´aide d´Athéna : en instaurant le tribunal de l´Aréopage pour le juger, elle mettra un terme au cycle infernal de la vengeance.

  • Plutarque était prêtre d'Apollon à Delphes lorsqu'il écrivit les Dialogues pythiques. L'E de Delphes cherche à expliquer la présence d'un Epsilon - qui était à l'origine une offrande en bois - dans le sanctuaire d'Apollon.
    Pourquoi la Pythie ne rend plus

  • « Je crois que Musset nous séduisit d'abord par sa crânerie de gamin de génie. [...] Puis, lorsque nous fûmes gagnés par ses côtés tapageurs, la profonde humanité qu'il dégage acheva de nous conquérir. Il n'était pas seulement le gamin de génie, notre frère à tous qui avions seize ans ; il nous apparut si profondément humain que nous entendîmes battre nos coeurs sur la cadence de ses vers. Alors il devint notre religion. Par-dessus ses rires et ses farces d'écolier, ses larmes nous gagnèrent ; et il ne fut ainsi tout à fait notre poète que lorsque nous pleurâmes en le lisant. »
    Émile Zola
    Cette édition reproduit l'intégralité des Premières Poésies publiées en 1854 - la dernière édition du vivant de Musset -, y compris les trois pièces de théâtre en vers que Musset n'a jamais publiées dans son théâtre.

  • Ces treize textes de Kant sur le corps et l'esprit recouvrent tous les domaines explorés par le philosophe : la métaphysique, la philosophie critique et l'éthique. Ils permettent de découvrir un versant inédit de la philosophie kantienne : le thème de la maîtrise de soi, de la diététique philosophique du corps, inspiré des grandes morales antiques.

  • Paru en 1674,«De la recherche de la vérité», d'où est extrait le livre II«De l'imagination»fait aussitôt naître une polémique. Si, comme Descartes, Malebranche retient qu'on ne peut connaître que grâce aux idées claires et distinctes, il pense en revanche que ce n'est pas le cogito qui sert de point de départ à leur connaissance mais la lumière divine.

  • Le lecteur désireux de découvrir Saint-Simon n'avait jusqu'ici d'autre choix que le décousu de l'anthologie ou la longue haleine de l'exhaustivité.
    La présente édition ouvre une troisième voie d'approche, en proposant de découvrir un petit bijou narratif : le récit, autonome au sein des Mémoires, des manoeuvres de cour menées par le mémorialiste lui-même pour sceller selon son intérêt et ses vues le destin conjugal du troisième petit-fils de Louis XIV. C'est une narration conduite tambour battant, pensée, construite et écrite comme un vrai roman - qui de surcroît est un roman vrai.
    On y découvre, trépidants de vie, un récit à suspens et rebondissements, une galerie de figures et de scènes burinées ou colorées, souvent drôles, parfois terribles, et surtout une leçon sur le pouvoir, ses intrigues et ses bassesses, ses triomphes et ses déceptions - une leçon sur l'art de monter une cabale (on dirait aujourd'hui un lobby) qui n'a pas pris une ride.

  • > Disponible prochainement Au départ simple matériau destiné à l'archevêque Angelo Cato, les souvenirs de Philippe de Commynes, au fil de leur rédaction, sont devenus une oeuvre autonome, marquant la naissance d'un genre inédit : celui des Mémoires, où l'historien, non seulement acteur et témoin de l'Histoire, s'en fait aussi le juge et l'arbitre. Dans les six premiers livres, qui relatent le règne de Louis XI, trois portraits se détachent et s'entrelacent : ceux de Louis XI, de Charles de Bourgogne, dit le Téméraire, et du mémorialiste en personne. À travers le duel entre la force du Téméraire, que Commynes abandonna en 1472, et la ruse de Louis XI, qu'il rejoignit alors et dont il fut le conseiller pendant plus de dix ans, c'est le destin tragique de la maison de Bourgogne qui est suivi pas à pas. Tout à la fois récit historique, autojustification, recueil de conseils politiques, de maximes et de réflexions sur la conditions humaine, cette somme autobiographique annonçant les Essais de Montaigne livre un éclairage irremplaçable sur la seconde moitié du XVe siècle.

  • > Disponible prochainement Au départ simple matériau destiné à l'archevêque Angelo Cato, les souvenirs de Philippe de Commynes, au fil de leur rédaction, sont devenus une oeuvre autonome, marquant la naissance d'un genre inédit : celui des Mémoires, où l'historien, non seulement acteur et témoin de l'Histoire, s'en fait aussi le juge et l'arbitre. Dans les six premiers livres, qui relatent le règne de Louis XI, trois portraits se détachent et s'entrelacent : ceux de Louis XI, de Charles de Bourgogne, dit le Téméraire, et du mémorialiste en personne. À travers le duel entre la force du Téméraire, que Commynes abandonna en 1472, et la ruse de Louis XI, qu'il rejoignit alors et dont il fut le conseiller pendant plus de dix ans, c'est le destin tragique de la maison de Bourgogne qui est suivi pas à pas. Tout à la fois récit historique, autojustification, recueil de conseils politiques, de maximes et de réflexions sur la condition humaine, cette somme autobiographique annonçant les Essais de Montaigne livre un éclairage irremplaçable sur la seconde moitié du XVe siècle.

empty