Karthala

  • Lexique des réparations de l'esclavage

    Magali Bessone

    • Karthala
    • 23 Septembre 2021

    Justice, dignité, abolitions, indemnités, mémoire, droits, race, responsabilité... Cet ouvrage entend éclaircir les sens et les enjeux d'une constellation de termes associés aux réparations au titre de l'esclavage. Chaque définition propose une mise en situation passée et présente des mots, à la lumière des sciences humaines et sociales : à chaque notion est associée une question au coeur des débats contemporains. La question des réparations est ainsi replacée au centre de préoccupations philosophiques, juridiques, politiques, économiques et historiques, inscrites dans une réflexion globale et de longue durée sur la domination.
    Ce lexique a pour objectif principal d'expliquer à un grand public les enjeux des revendications de réparations, au-delà des polémiques et des conflits politiques.
    Ce livre est issu d'un travail collectif mené par des anthropologues, historiens, juristes, philosophes, politistes, au sein du programme financé par l'Agence nationale de la recherche, et intitulé REPAIRS, « Réparations, compensations et indemnités au titre de l'esclavage (Europe-Amériques-Afrique) (xixe-xxie siècles) ».

  • Esclavage et pouvoir colonial en Afrique occidentale française

    Martin Klein

    • Karthala
    • 23 Septembre 2021

    Le livre de Martin Klein appartient à la bibliothèque des ouvrages indispensables sur l'esclavage en Afrique. Il en retrace l'histoire entre le xviiie et le xxe siècle au Sénégal, en Guinée et au Mali, trois anciennes colonies françaises.
    Il montre comment la nature de l'esclavage africain a changé selon les périodes : traite des captifs, conquête puis domination coloniales, indépendance des États. Quelles attitudes les autorités françaises ont-elles eues par rapport à ce fait social total ? Comment comprendre l'ambivalence de leurs positions, entre acceptation dans l'intérieur du Mali et interdiction hésitante, dans les régions proches de la côte, de la capture, du commerce et de l'utilisation des esclaves ? L'abolition par la France en 1905 a provoqué des changements sociaux importants à l'époque mais la question de l'esclavage demeure centrale jusqu'à aujourd'hui. Cet ouvrage nous donne les clés indispensables pour comprendre le maintien de ce système.

  • Libres après les abolitions ? La question peut surprendre. Les abolitions du XIXe siècle ont été toujours considérées comme une rupture majeure dans l'histoire des esclavages atlantiques. L'émergence contemporaine de revendications mémorielles, souvent impulsées par les descendants des populations autrefois esclavisées, suggère, au contraire, l'existence d'un passé « qui ne passe pas ». Au-delà d'une définition juridique, l'esclavage a signifié dominations, violences extrêmes et déconsidérations multiformes. Après les abolitions, des processus ethnoculturels de racialisation comme les structures de travail ont perduré, voire se sont renforcés, et ont été complétés par d'autres facteurs d'exclusion socio-économique.

    Cet ouvrage tente d'explorer les barrières dressées pour empêcher la totale émancipation des nouveaux libres et de leurs descendants, ainsi que les stratégies complexes d'adaptation que ces derniers ont mises en oeuvre pour obtenir, sinon une assimilation, du moins une intégration économique et possiblement citoyenne, à égalité. La dizaine de contributions réunies s'inscrit dans une perspective comparative et porte à la fois sur les Amériques et l'Afrique, de la fin du XVIIIe au début du XXIe siècle. Elles sont issues d'une réflexion qui a été menée dans le cadre du programme européen EURESCL-FP7 (Slave Trade, Slavery Abolitions and their Legacies in European Histories and Identities) coordonné par le Centre international de recherches sur les esclavages et post-esclavages (CIRESC), laboratoire du CNRS. L'ouvrage fait suite à Sortir de l'esclavage. Europe du Sud et Amériques (XIVe-XIXe siècle), précédent volume de cette collection.

  • L'histoire des traites, des esclavages, des abolitions et de leurs héritages est trop souvent mal connue ou invisibilisée. La demande sociale est pourtant forte et de grandes enquêtes scientifiques nourrissent une recherche internationale qui éclaire les questions d'aujourd'hui, autour de la construction des identités politiques et des discriminations. Cependant, beaucoup reste à faire car les avancées de l'histoire scolaire ne sont jamais acquises.
    Cet ouvrage offre un tour d'horizon international exceptionnel sur les programmes scolaires et les pratiques pédagogiques de l'école élémentaire au lycée en mettant en connexion l'Afrique, les Amériques et l'Europe. De nombreux retours d'expérience et des propositions pédagogiques pluridisciplinaires enracinées dans la recherche sont présentées. Ce livre s'adresse aux spécialistes de l'école ainsi qu'à un large public, intéressé par le croisement des regards sur les représentations de l'esclavage dans les sociétés actuelles et leurs dynamiques.

  • Ce livre est un ouvrage de référence dans l'historiographie internationale de l'esclavage. De façon argumentée, il démontre l'importance de l'esclavage dans l'histoire de l'Afrique et met en exergue un phénomène historique central qui a eu ses propres déclinaisons régionales et sa propre périodisation. Il offre une synthèse des connaissances et un cadre structurel pour penser l'esclavage en Afrique.

    S'appuyant sur de nombreuses archives, Paul Lovejoy montre que l'esclavage s'est transformé dans le temps sous l'effet d'influences externes à l'Afrique - principalement par la demande de la traite européenne et la traite islamique, puis par l'abolition européenne - et sous l'effet de dynamiques internes, à travers l'usage d'esclaves comme mode de production.

    Comment l'Afrique et ses populations furent-elles pleinement impliquées dans le système global de l'esclavage qui s'étendit dans le monde entier? Quels furent les effets sur le continent? Comment quantifier la traite, selon les époques, selon les lieux? Quelles furent les conséquences sur les relations sociales et culturelles en Afrique?

    Ce livre ouvre aussi des pistes pour penser les diasporas des Africains en mettant en relation l'Atlantique et le continent. Briser le silence sur les implications de l'esclavage dans l'histoire de l'Afrique mais aussi dans l'histoire du monde : tel est l'objectif de cet ouvrage, indispensable.

  • Le 27 avril 1848, alors que la France abolit l'esclavage pour la seconde fois, le gouvernement accorde dans le même temps une indemnité aux colons « dépossédés » de leurs esclaves. Ils reçoivent, par la loi du 30 avril 1849 et son décret d'application du 24 novembre 1849, 126 millions de francs, en versement direct et en rentes.
    La France traverse alors une crise économique et cette indemnité représente 7 % des dépenses publiques. Les législateurs prennent pourtant la décision de la verser : c'est la condition que les anciens propriétaires d'esclaves posent à l'Émancipation générale. Tout en abolissant l'esclavage, la France ne veut ni perdre ses possessions ni supprimer l'ordre colonial.
    Cet ouvrage reproduit les discussions qui ont conduit à l'élaboration de cette loi. S'y trouvent les plaidoyers des planteurs, les positions de personnalités telles que Cyrille Bissette ou Victor Schoelcher, les échanges au sein de la commission instituée pour en préparer le règlement et les délibérations parlementaires qui ont suivi. Ces textes permettent de saisir les enjeux de cette indemnisation dont les conséquences sont dénoncées aujourd'hui.

  • L'affranchissement individuel au sein d'une société à esclaves ou esclavagiste informe sur des situations singulières ou exceptionnelles. Dans une perspective comparatiste, cet ouvrage examine les parcours originaux de ces affranchis entre le XIVe siècle et le début du XIXe siècle, et dans un vaste espace méditerranéen et atlantique - entre la péninsule Ibérique médiévale, les Antilles et l'Europe moderne.

    Il retrace la vie et le destin de ces individus, majoritairement d'origine africaine, et pose des questions importantes. Quelles ont pu être les stratégies et l'agentivité développées par ces femmes et ces hommes pour gagner leur liberté ? Quel était ce rapport paradoxal entre dispositifs juridiques ouvrant vers l'affranchissement et représentations sociales et culturelles persistantes déconsidérant les individus affranchis ? Quelles ont été leurs possibilités d'intégration ? Comment et pourquoi la « macule servile » s'est-elle maintenue dans le temps alors que les nouveaux Libres et leurs descendants ont pu occuper des situations économiques importantes ?

    Cet ouvrage est issu de la réflexion d'une vingtaine de chercheurs, spécialistes des questions d'esclavages, qui a été menée dans le cadre du programme européen EURESCL-FP7 (« Slave Trade, Slavery Abolitions and their Legacies in European Histories and Identities »). Il est coordonné par Dominique Rogers, maître de conférences à l'université des Antilles, et Boris Lesueur, docteur en histoire, tous deux membres du laboratoire AIHP-GEODE et du Centre international de recherches sur les esclavages et post-esclavages. Un second ouvrage est à paraître, également issu de ces travaux. Il s'intitule Libres après les abolitions ? Statuts et identités aux Amériques et en Afrique.

  • A la croisée d'éléments politiques (comme le débat sur la colonisation et la décolonisation) et de demandes sociales autour des questions coloniales et la mémoire de l'esclavage, en 2006, pour la première fois depuis plus de vingt ans, un débat universitaire et citoyen s'est engagé dans l'espace francophone, animé par le Centre International de Recherche sur les Esclavages.

    Placer l'histoire de l'esclavage au centre des discussions sur la mémoire, sur les différentes constructions étatiques et nationales ; déconstruire les généalogies multiples et complexes entre esclavage, représentations et identités diasporiques ; construire ces différents champs comme lieux scientifiques hords de toutes connotations morales de "repentance", voilà les principaux positionnements des chercheurs qui présentent ici leurs travaux.

  • La mer entourant les colonies insulaires de la Caraïbe n'a jamais été une barrière et encore moins un obstacle insurmontable, mais au contraire une véritable voie vers les autres colonies. En 1833, alors que la France maintient l'esclavage, l'Angleterre l'abolit et cette dé­cision qui ouvre l'ère des abolitions européennes ultérieures pro­voque des évasions d'esclaves à partir des colonies françaises de la Guadeloupe et de la Martinique.

    Georges Bernard Mauvois (1949-2011), dans cet ouvrage qu'il n'a pas eu le temps de parfaire avant sa disparition, traite de cette question peu documentée par la recherche historique. Patiemment, il a traqué les traces archivistiques qui permettent de retrouver ces figures d'esclaves de la Martinique qui risquèrent leur vie pour re­joindre les colonies anglaises de Sainte-Lucie ou de la Dominique. Bravant les interdictions, les menaces et surmontant leurs peurs, ces hommes et ces femmes ont rejoint, par la mer, ces terres étrangères qui étaient, pour eux, promesse de liberté.

    Cette étude, bien qu'inachevée, est un document pour l'histoire car elle jette les bases pour de nouvelles recherches à venir. Sa publica­tion est aussi un hommage à un historien et érudit dont les travaux originaux ont toujours cherché à reconstruire un sujet esclave ou affranchi agissant pour établir ou défendre sa liberté.

    Honneur et respect.

  • Faire silence sur la couleur de la peau, sur les origines serviles des habitants alors que la majorité de la population libre descendait d'esclaves, était l'idéal affiché au Brésil nouvellement indépendant du Portugal en 1822. Pourtant, ce livre, prix des Archives nationales brésiliennes en 1993, et pionnier dans la recherche sur la construction juridique et sociale des catégories de couleur, démontre tout le contraire. La question raciale est demeurée au coeur de la société brésilienne. Le silence autour de l'esclavage a de fait contribué à la racialisation et au renforcement du racisme.
    Ce livre est d'une brûlante actualité car la mémoire de l'esclavage a nourri au Brésil des demandes de droits spécifiques, des politiques publiques de discrimination positive et de réparation, mais aussi d'intenses polémiques au cours des deux dernières décennies :
    Quels enseignements pouvons-nous en tirer aussi bien en matière épistémologique que politique ? La mémoire de l'esclavage résistet- elle au politique ou s'en joue-t-elle ?

  • Cet ouvrage retrace un modèle de patrimonialisation de la mémoire de l'esclavage. Il retrace l'histoire de la montagne du Morne Brabant connue pour avoir servi de refuge aux esclaves marrons durant l'histoire coloniale mauricienne et montre avec précision comment ce rocher immense surplombant l'océan Indien, a été inscrit au Patrimoine mondial de l'UNESCO en juillet 2008. En une décennie, il s'est imposé comme un lieu culturel et politique incontournable, passant de l'anonymat à une reconnaissance internationale.
    Cet ouvrage pose des questions qui traversent toutes les sociétés confrontées à la mémoire de l'esclavage. A travers une enquête précise et détaillée, l'auteure analyse comment des lieux peuvent devenir des « ressources » identitaires? Quelle est la place réelle de la mémoire de l'esclavage dans ce processus? Comment la patrimonialisation de cette mémoire a pu s'imposer dans la société mauricienne, segmentée selon les origines culturelles? Quels sont les limites et les problèmes engendrés par l'attribution du label de Patrimoine mondial de l'UNESCO à ce « lieu de mémoire »?

    Le destin du Morne souligne toute la complexité, pour les Créoles mauriciens, d'avoir « l'esclavage en héritage ». Il révèle les résistances et les tabous vis-à-vis de cette histoire et montre les mécanismes qui produisent, parfois, une écriture mythifiée des origines.
    Autant de questions qui s'adressent à l'ensemble des sociétés qui sont confrontées à leur mémoire et pour lesquelles le cas de l'Ile Maurice est un exemple emblématique.

  • Le Territoire de Quintana Roo, au sud-est du Mexique, à la frontière avec le Belize, naît en 1902. Le premier défi des autorités locales et nationales est de mettre en oeuvre des mesures pour attirer de nouveaux habitants. Et pour les définir. Dans cette région périphérique, le peuplement constitue un enjeu stratégique d'affirmation de la souveraineté et de l'identité nationales, amenant à imposer les caractéristiques raciales et nationales de la population.

    Cet ouvrage propose une sociologie historique portant à la fois sur la racialisation des politiques migratoires, l'instauration de mesures d'intégration et de développement de la région (expéditions scientifiques, accès aux terres, type d'exploitation foncière) et les négociations entre administrations du centre (Mexico) et de la périphérie (Payo Obispo - Chetumal). En s'intéressant à l'émergence d'une nouvelle entité politico-administrative à la marge de la nation et en inscrivant le Mexique au sein des sociétés post-esclavagistes marquées par les migrations de travailleurs afrodescendants, il s'agit ainsi d'introduire une altérité autre qu'indienne dans les réflexions sur la nation, le métissage et la race, à partir du cas de l'étranger noir.

    Cette recherche revient sur les logiques d'inclusion et d'exclusion propre aux politiques de métissage dans le Mexique postrévolutionnaire, en proposant un double décalage : étudier la place des populations noires plus que celle des indiens; se centrer sur l'immigration plus que sur l'autochtonie.

  • Volume 1 : Sortir de l'esclavage. Europe du Sud et Amériques (XIVe-XIXe siècle) L'affranchissement individuel au sein d'une société à esclaves ou esclavagiste informe sur des situations singulières ou exceptionnelles. Dans une perspective comparatiste, cet ouvrage examine les parcours originaux de ces affranchis entre le XIVe siècle et le début du XIXe siècle, et dans un vaste espace méditerranéen et atlantique - entre la péninsule Ibérique médiévale, les Antilles et l'Europe moderne.

    Il retrace la vie et le destin de ces individus, majoritairement d'origine africaine, et pose des questions importantes. Quelles ont pu être les stratégies et l'agentivité développées par ces femmes et ces hommes pour gagner leur liberté ? Quel était ce rapport paradoxal entre dispositifs juridiques ouvrant vers l'affranchissement et représentations sociales et culturelles persistantes déconsidérant les individus affranchis ? Quelles ont été leurs possibilités d'intégration ? Comment et pourquoi la « macule servile » s'est-elle maintenue dans le temps alors que les nouveaux Libres et leurs descendants ont pu occuper des situations économiques importantes ?


    Volume 2 : Libres après les abolitions ? Statuts et identités aux Amériques et en Afrique Libres après les abolitions ? La question peut surprendre. Les abolitions du XIXe siècle ont été toujours considérées comme une rupture majeure dans l'histoire des esclavages atlantiques. L'émergence contemporaine de revendications mémorielles, souvent impulsées par les descendants des populations autrefois esclavisées, suggère, au contraire, l'existence d'un passé « qui ne passe pas ». Au-delà d'une définition juridique, l'esclavage a signifié dominations, violences extrêmes et déconsidérations multiformes. Après les abolitions, des processus ethnoculturels de racialisation comme les structures de travail ont perduré, voire se sont renforcés, et ont été complétés par d'autres facteurs d'exclusion socio-économique.

    Cet ouvrage tente d'explorer les barrières dressées pour empêcher la totale émancipation des nouveaux libres et de leurs descendants, ainsi que les stratégies complexes d'adaptation que ces derniers ont mises en oeuvre pour obtenir, sinon une assimilation, du moins une intégration économique et possiblement citoyenne, à égalité. La dizaine de contributions réunies s'inscrit dans une perspective comparative et porte à la fois sur les Amériques et l'Afrique, de la fin du XVIIIe au début du XXIe siècle. Elles sont issues d'une réflexion qui a été menée dans le cadre du programme européen EURESCL-FP7 (Slave Trade, Slavery Abolitions and their Legacies in European Histories and Identities) coordonné par le Centre international de recherches sur les esclavages et post-esclavages (CIRESC), laboratoire du CNRS.

  • Droits et esclavage : théorie et pratiques en Afrique et dans les Amériques Nouv.

    Droit et esclavage n'ont pas toujours été en conflit. L'esclavage, négation des droits humains fondamentaux, a également été un phénomène institutionnalisé dans de nombreuses sociétés par le passé, et comme tel, reconnu et organisé par le droit. Les contributions incluses dans le présent ouvrage collectif analysent différents aspects de ce compagnonnage contrenature et montrent comment le droit est intervenu pour déterminer et normer le statut des esclaves, comment il a régulé les pratiques de mise en esclavage, de traite ou de sortie de l'esclavage tout comme il a protégé l'ordre public esclavagiste.

    L'ouvrage esquisse une géopolitique des esclavages de l'Afrique et des Amériques, du XIVe au XIXe siècles, en mettant en perspective dans des espaces traditionnellement séparés la diversité des formes de servitude et leurs conséquences. Quelles institutions, quelles organisations ont été mises en place dans les pays esclavagistes en fonction des facteurs exogènes ou endogènes aux états ou aux sociétés ? À travers la diversité des conditions serviles étudiées ici se dessine en creux la permanence de faits sociaux et politiques qui résistent aux particularités temporelles et spatiales, et qui repoussent l'esclave dans une altérité quasi-définitive entérinée par le droit.

  • Sur les lieux de la Route de l'Esclave dans le Bénin méridional, l'institution d'une mémoire officielle de la traite négrière a été accompagnée, dans les années 1990, d'un mouvement de réforme des cultes vodun mené par leurs dignitaires ainsi que par des élites intellectuelles et politiques.

    Issu d'enquêtes effectuées entre 2005 et 2012, ce livre propose une analyse de certains espaces publics et cérémoniels porteurs d'un héritage culturel et moral émanant du passé esclavagiste. À la fois sélective et projective, la mémoire de ce passé suscite des interprétations, des fictions et des récits, mais également des oublis créateurs, entre reconstitutions consensuelles et versions partiales des faits historiques.

    Le rappel d'événements récents, mais déjà fondateurs - tels le Festival des arts et de la culture vodun Ouidah 92. Retrouvailles Amériques-Afrique en 1993 ; le lancement de la Route de l'Esclave en 1994 ; la création de la Fête nationale du vodun en 1997 ; la tenue annuelle, depuis 1998, de la Marche du repentir - est associé ici à une réflexion sur le moment patrimonial contemporain.

    Au prisme des rapports entre narrations locales, savoir ethno¬graphique et vulgates missionnaires, cette recherche interroge l'émergence actuelle d'une connexion mémorielle entre figures du passé de l'esclavage et entités vodun devenues l'expression d'une religion à la fois « endogène » et « diasporique ».

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