Ypsilon

  • Le cheval de feu

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    • Ypsilon
    • 8 Novembre 2019

    En avril 1927, dans un entretien au journal Prager Presse Maïakovski déclara :
    « Ma plus récente passion est la littérature pour la jeunesse. Il est nécessaire de familiariser les enfants avec des notions nouvelles, avec une nouvelle approche des choses. Mon vif intérêt pour le sujet a récemment donné lieu à deux livres... » Quelques jours plus tôt, Maïakovski avait remis au Département de littérature pour la jeunesse du Gosizdat [Maison d'édition d'État fondée en mai 1919] le manuscrit de deux poèmes pour les enfants Le Cheval de feu et Tu lis et tu t'débines à Paris et en Chine. En mai de la même année, le poète évoqua de nouveau ces livres dans un entretien publié par le journal Epokha : « Je souhaite inspirer aux enfants quelques idées fondamentales sur la société. En procédant, bien sûr, avec toute la précaution requise.
    Je raconte notamment une petite histoire à propos d'un cheval à roulettes. Je saisis cette occasion pour expliquer aux enfants combien de personnes ont dû collaborer à la fabrication d'un tel cheval.
    Il y a par exemple un menuisier, un peintre, un tapissier. Ainsi, l'enfant se familiarise avec la nature sociale du travail. » Le Cheval de feu, superbement

  • Le livre des erreurs

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    • Ypsilon
    • 22 Octobre 2020

    Le Livre des erreurs est l'un des livres les plus emblématiques de l'auteur culte Gianni Rodari.
    Paru en 1964, ce recueil de textes courts - comptines, fables et poèmes - n'a jamais été traduit de l'italien. Truffé de jeux de mots fabuleux en italien, nous en faisons paraître la première traduction en français avec la complicité du grand Jean-Paul Manganaro qui a su transporter la Botte dans l'Hexagone en recréant fantastiquement la langue de Rodari en français. Une traduction qui n'est pas mathématique mais ludique, comme il peut l'être de remarquer une faute ou de corriger une erreur.
    Dans ces petites histoires en vers et en prose, écrites au nom de l'erreur, on défend l'idée selon laquelle : les erreurs ne sont pas dans les mots, mais dans les choses ; nous devons corriger les dictées, mais surtout nous devons corriger le monde. Les élèves distraits, les professeurs ennuyeux, les citadins pittoresques, les paysans curieux, les migrants fatigués ne sont pas toujours à jour avec l'orthographe...
    Le plus important ce n'est pas de crier à la faute mais de comprendre son pourquoi et ses comment en s'amusant. Ce livre nous emmène dans un univers linguistique désordonné mais composé, déréglé mais logique, effréné mais avec un but, déchainé mais avec raison. C'est magique. On ne s'est jamais tant joué de l'orthographe et de la grammaire, tant diverti avec les lettres et les mots.
    Premier livre de Rodari illustré par Munari, il marque le début d'une rare complicité et d'une longue collaboration. Bruno Munari est aussi une figure mythique de cette période exceptionnellement créative qui ont été les années 1960-1970 en Italie. Maîtres de l'imagination et promoteurs de méthodes éducatives fondés sur le jeu et l'invention, Bruno Munari et Gianni Rodari ont été et sont toujours l'un des duos créatifs les plus célèbres et admirés.

  • Harriet et la terre promise

    Jacob Lawrence

    • Ypsilon
    • 9 Novembre 2017

    Harriet et la Terre promise est l'un des rares livres pour enfants écrits et illustrés par le peintre Jacob Lawrence. Ses livres sont des livres d'histoire, tous sont centrés sur un événement ou plutôt sur une figure marquante de l'histoire américaine en général et du peuple noir en particulier. Écrit en vers, le texte de cet album aux couleurs vives, aux formes sculptées, raconte « l'histoire d'Harriet Tubman, née esclave dans le Maryland vers 1820, et de son échappée héroïque vers le Nord et la liberté. Au risque de sa vie, elle est revenue dix-neuf fois pour mener plus de trois-cents des siens jusqu'à «La Terre promise» ».
    Dans sa note introducive le peintre explique bien son intérêt pour ce genre de livre pour enfants : « Je me rappelle avoir entendu parler de Harriet Tubman par ma mère et par les nombreux instituteurs et bibliothécaires de la communauté de Harlem que j'ai eu la chance de côtoyer quand j'étais un très jeune garçon de cinq ou six ans. Comme tant de jeunes gens qui ont eu cette chance, je me souviendrai toujours du drame et des exploits d'Harriet. / On m'a dit que Harriet Tubman était née esclave et qu'elle avait fui ses maîtres juste avant la Guerre civile. Elle a rallié d'autres esclaves et, par les routes clandestines de l'Underground Railroad, elle a fait dix-neuf voyages du Sud au Nord... suivant toujours l'Étoile du Nord jusqu'à ce qu'elle parvienne avec les autres esclaves en fuite aux vastes champs de neige du Canada. C'était un parcours périlleux. Les propriétaires d'esclaves et leurs chiens étaient toujours sur leur piste, à la recherche d'esclaves en fuite. Harriet Tubman était une femme héroïque et très courageuse. / L'histoire américaine a toujours été l'un de mes sujets préférés.
    Quand on m'a donné la chance de choisir un sujet dans l'histoire américaine, j'ai décidé de faire une série de tableaux en hommage à Harriet Tubman ».

  • Le lait des rêves

    Leonora Carrington

    • Ypsilon
    • 19 Octobre 2018

    L'insolite surréaliste Leonora Carrington était une peintre et une conteuse extraordinaire qui adorait inventer des histoires et dessiner des images pour ses enfants. Gabriel Weisz, son fils, se souvient d'être assis dans une grande pièce dont les murs étaient couverts d'images de créatures merveilleuses, de montagnes immenses et de végétation luxuriante pendant qu'elle racontait des histoires fabuleuses et amusantes. Cette pièce a ensuite été blanchie à la chaux, mais certaines de ces merveilles ont été conservées dans le carnet que Carrington a appelé Le lait des rêves et qu'elle offrit en signe d'amitié mystique à Alejandro Jodorowsky.
    Dans ces pages : des vautours, des lapins, un éléphant, des mouches, un crocodile et Jean sans tête qui a des ailes à la place des oreilles, Georges qui aime manger le mur de sa chambre, Petit Ange qui fait pipi sur les passants, autant d'enfants et d'animaux surprenants que de drôles de personnages comme Madame Dolores dite Lolita Estomac ou Monsieur Moustache-Moustache habitent ce livre improbable et extravagant qui fera rêver les grands et les petits lecteurs.

  • Les Contes du paradis sont le fruit de la collaboration entre Kate Steinitz et Kurt Schwitters. Ils présentent tout d'abord du point de vue formel un grand intérêt, puisqu'ils associent un travail d'illustration par insertion au sein du texte de dessins découpés, à un travail de variation typographique d'une grande inventivité. Le projet de Kate Steinitz et de Kurt Schwitters était de créer une nouvelle sorte de contes pour enfants : un livre dont la portée éducative ne soit pas mise au premier plan, mais qui privilégie bien plus l'imagination, la fantaisie. Les contes sont ainsi nés, comme le relate Kate Steinitz dans un livre de souvenirs, dans sa cuisine, sous l'impulsion tant de Schwitters que des enfants présents au cours du processus de création, et notamment d'Ernst, le fils de Kurt Schwitters. Cet ouvrage trouva place dans la maison créée par Steinitz et Schwitters, les éditions APOSS (A pour « actif », P pour « paradoxal », OS pour « dépourvu de sentimentalité » et S pour « sensible »). En résulte un ouvrage d'une grande fraîcheur, composé de trois contes - « Peter Le Coq », « L'oiseau de paradis », « Le paradis du pré » - dont les personnages récurrents sont un petit garçon, Jacocot, et une créature fantastique, le Peter Le Coq, muni d'une hélice, et monté sur une toupie. Ces contes, de par l'univers à la fois très quotidien et l'imaginaire débridé qu'ils mettent en scène, de par, aussi, leur langue simple et authentique, marquée d'oralité et de maximes d'une logique déroutante (« quand on voit une vis, il faut tourner ») sont à la fois adaptés à un jeune public actuel et se lisent comme une oeuvre dada singulière et réjouissante.

  • Le Point et la Ligne : une aventure en mathématiques élémentaires [The Dot and the Line: A Romance in Lower Mathematics] écrit et illustré par Norton Juster, c'est un livre pour enfants - ou mieux pour l'enfant qui est en chacun de nous - classique et célébrissime aux États-Unis, où il fut publié en 1963, par la fameuse maison d'édition Random House, et où il est depuis toujours réimprimé. L'histoire de Le Point et la Ligne a été inspirée par Flatland. Fantaisie en plusieurs dimensions (traduction française publiée par Zones Sensibles en 2012), dans lequel le protagoniste se rend dans un univers unidimensionnel appelé «Lineland», où les femmes sont des points et les hommes sont des lignes. Mais dans notre aventure en mathématiques élémentaires, notre traducteur choisit de faire correspondre le sexe des protagonistes au genre grammatical de leur nom en français - la ligne est féminine, le point masculin -, ce qui réserve quelques surprises. La ligne est amoureuse du point, parfait à ses yeux, mais le point la dédaigne et lui préfère un gribouillis fou jusqu'à ce que la ligne découvre qu'elle aussi peut faire de son être mille folies, formes et mouvements...
    Traduit pour la première fois en français, ce récit mêle les limites à l'infini des mathématiques et celles des capacités de chacun à se réinventer. Histoire d'une simple aventure amoureuse, c'est à travers la naïve complexité de son décor qu'on est charmé. Il y a quelque chose du regard curieux et ingénu de quiconque comparerait un ciel étoilé à une carte d'astronomie. Nous espérons que ce livre sera un succès en France comme ce le fut aux États-Unis. En 1965, le célèbre réalisateur de films d'animation Chuck Jones a travaillé avec Norton Juster pour adapter The Dot and the Line en un court métrage de 10 minutes pour la Metro-Goldwyn-Mayer. L'histoire est dite par Robert Morley dont la narration reprend presque mot pour mot le livre. The Dot and the Line a remporté l'Oscar du court métrage d'animation en 1965 et la Palme d'Or du court métrage au Festival de Cannes en 1966. On peut le regarder sur youtube : https:// www.youtube.com/watch?v=OmSbdvzbOzY.

  • Mineros

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    • Ypsilon
    • 2 Novembre 2010

    Loïc Venance a pris ces photographies à lumière des lampes frontales, dans les mines de Potosi, en Bolivie.

    « À force d'interroger ce que disent et ce que taisent les traits de ces visages, l'impression vient, et elle est très troublante, que Loïc Venance n'a pas voulu faire une suite de portraits, que plus probablement il a voulu saisir des caractères, ou fixer les physionomies qui caractérisent les travailleurs d'en bas. » B.N.

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