Librairie Droz

  • L'oeuvre de Philippe de Mézières est double: des textes en français comme le Songe du Viel Pelerin ou le Livre de la Vertu du Sacrement de Mariage, d'autres en latin comme l'Oratio tragedica. La question de l'écriture du Solitaire des Célestins s'en trouve, dès lors, posée, ainsi que de son rapport à l'humanisme naissant, dont il est l'exact contemporain. Si Mézières n'est pas le pendant français de Pétrarque, les études de ce recueil laissent entrevoir un authentique poète, maître de ses effets et de son art. Elles s'articulent autour de cinq lignes axiologiques, scrutant aussi bien les questions de la technique poétique, des stratégies oratoires, de l'allégorie, du tragique et de l'usage, à des fins morales, de la figure de l'alchimiste et de l'apothicaire. Est ainsi réaffirmée la puissance stylistique de l'écriture de Philippe de Mézières. Un index permet une consultation aisée de ce volume qui deviendra rapidement un outil de référence.

  • - A.-P. Pouey-Mounou, "Mouches et escarmouches, moines, culs et cagots : de quelques jeux de langage rabelaisiens"
    - R. Menini, "Rabelais et Aulu Gelle, de l'atelier de Gryphe aux fèves en gousse"
    - A Mangili, "Un physetère contre la lecture du monde, ou l'aporie herméneutique démystifiée. Lecture des chapitres XXXIII et XXXIV du Quart Livre"
    - D. Di Mauro, "Que doit l'apologie du Pantagruélion au brief recit de Jacques Cartier ?"
    - C. La Charité, "Rabelais, lecteur de Bembo d'après l'exemplaire des Opuscula (Lyon, S. Gryphe, 1532) de la bibliothèque universitaire de médecine de Montpellier"

  • Vaste et luxuriante composition anonyme en prose rédigée, sous sa forme actuelle, vers le milieu du XVe siècle, le roman de Perceforest est une des plus belles réussites littéraires de la fin du Moyen Age. En une grandiose fresque divisée en six parties, l'oeuvre évoque les aventures des lointains ancêtres d'Arthur et des chevaliers de la Table Ronde., Les événements relatés dans la Cinquième partie se déroulent dans le temps d'une année. Les douze tournois de la Fontaine aux Pastoureaux, qui manifestent avec éclat le renouveau de la chevalerie après la destruction de la Grande Bretagne, sont organisés chaque mois. Le chevalier qui parviendra à tous les gagner successivement aura pour prix Blanchette, la fille de Blanche et la petite-fille de Gadiffer et de la Reine Fée. Dans l'architecture de la Cinquième partie, les douze tournois sont les douze piliers qui soutiennent l'ensemble de la construction. Entre ces douze piliers s'entrelacent de nombreuses aventures qui laissent, comme dans les autres parties de l'oeuvre, une impression de foisonnement : assassinat de Jules César par les Ursus, amours de Passelion, aventures de Gallafur et de Norgal, interventions salutaires de Zéphir, le démon bienfaisant, histoire de Margon et de Lisane mise en vers dans le Lai de la Rose a la Dame Leale. Dans ce volume, l'imagination débordante de l'auteur n'est pas prise en défaut. On y retrouve les mêmes qualités de style et d'invention qui font l'originalité et l'attrait de cette oeuvre incomparable., Après la publication des quatre premières parties du roman, Gilles Roussineau poursuit l'édition de l'oeuvre. Le texte est assorti d'une introduction littéraire, grammaticale et philologique, d'un important choix de variantes, de nombreuses notes, de divers index et d'un glossaire développé.,

  • Rédigée en milieu bourguignon vers le milieu de XVe siècle, l'Histoire d'Erec est le remaniement en prose du célèbre roman de Chrétien de Troyes. Texte négligé jusqu'ici par la critique, méprisé en raison même de la valeur de sa source, cette adaptation tardive, loin de se présenter comme le simple "dérimage" de l'oeuvre originale, constitue un témoignage essentiel dans l'histoire de la réception du poète champenois à la fin du Moyen Âge.

  • C'est à Bologne, entre 1361 et 1364, que Benvenuto da Imola, le célèbre exégète de Dante, composa en latin une longue compilation d'histoire romaine intitulée le Romuleon. Deux traductions françaises virent le jour, la première réalisée par Jean Miélot à l'instigation de Philippe le Bon (1460), le seconde rédigée par Sébastien Mamerot pour le compte de Louis de Laval (1466). Le présent volume, qui renferme l'édition critique des quatre derniers livres de la compilation dans la version de Mamerot, retrace les grandes heures de la Rome païenne depuis la fin de la seconde guerre punique. Il manifeste l'engouement d'une frange cultivée de l'aristocratie pour l'Antiquité ainsi que la diffusion progressive de l'humanisme italien dans le royaume de France.

  • Ainsi qu'Erec et Enide, le Cligés de Chrétien de Troyes a reparu tardivement en milieu bourguignon, dans la version dérimée du Livre de Alixandre. Son adaptation est connue par un manuscrit unique (Leipzig, Universitätsbibliothek, Rep.II.108) daté du 26 mars 1454 (n.st. 1455) et provenant de la librairie de Philippe le Bon.
    Apprécié par la critique récente qui y discerne un témoignage intéressant de la réception tardive de Chrétien, ce " nouveau " roman est le reflet littéraire des préoccupations de la cour bourguignonne alors au sommet de sa puissance. Bien que l'intrigue du roman original soit conservée, l'introduction de plusieurs détails, l'invention d'un épisode ainsi que la multiplication de variations apparemment anodines font du Livre de Alixandre une oeuvre originale : comme Georges Doutrepont l'avait déjà suggéré en 1939, c'est en tant que document caractéristique de son époque qu'il convient de lire la " mise en prose ", et c'est dans cette perspective que Maria Colombo Timelli en a préparé la nouvelle édition critique.

  • Le 8 mai 1429, la victoire sur les troupes anglaises met fin à neuf mois de siège devant Orléans. Les chefs militaires français, les bourgeois et les citoyens de la ville, ainsi que leur héroïne Jeanne la Pucelle, participent le jour même à une procession qui les conduit sur les hauts lieux du siège. Le Mistere du siege d'Orleans est à la fois la représentation théâtrale du siège et celle de la célébration processionnelle de cette victoire décisive. Le fatiste y incite les citoyens à participer aux fêtes commémoratives afin de remercier Dieu et d'exalter leur rôle dans la guerre contre les Anglais. L'édition de Vicki Hamblin, tirée du manuscrit unique du Mistere (Reg. lat. 1022), enquête sur la représentation du mystère dans la ville d'Orléans en appréciant ce spectacle tout local à la lumière des documents municipaux et des sources en prose.

  • Le tome III des Mystères de la procession de Lille contient l'édition critique de quinze pièces dramatiques inspirées de l'Ancien Testament. Ces mystères sont connus par un manuscrit unique conservé à la Herzog August Bibliothek à Wolfenbüttel, qui renferme en tout soixante-douze mystères joués à Lille à l'occasion de la grande procession annuelle de cette ville. Les pièces présentées dans ce tome traitent des événements de l'histoire biblique du premier livre des Rois jusqu'au deuxième livre des Maccabées. Les deux premiers mystères sont consacrés au roi Salomon ; les trois pièces suivantes traitent des conflits entre Achab et les prophètes de Dieu. On trouvera aussi les histoires de Tobie, de Suzanne, de Judith et d'Esther. Enfin, le tome se termine par des pièces qui mettent en scène les exploits de Judas Maccabée et d'Héliodore. Les mystères inspirés du Nouveau Testament et de l'histoire romaine paraîtront dans les deux tomes à venir.

    1 autre édition :

  • La Sotise a huit personnaiges, composée à Toulouse vers 1507, est une pièce essentielle pour saisir le jeu complexe du pouvoir et la culture à l'époque préparatoire de l'absolutisme. Véritable somme de la production dramatique du début du XVIe siècle, la Sotise se munit des armes de la folie et de la satire pour défendre les privilèges de l'Eglise gallicane aux dépens des représentants du pouvoir, y compris Louis XII et son ministre, le cardinal d'Amboise. Nonobstant sa virulence, elle parvient à se faire imprimer à Paris, assortie d'autres textes de propagande, à la faveur du conflit qui oppose le roi et Jules II.
    Amendant l'édition qu'en procura l'éminent philologue Emile Picot, Olga A. Duhl en donne une nouvelle, fondée sur le seul imprimé connu (BnF Rés. Yf 2934), qu'elle complète d'un apparat critique substantiel, d'une introduction historique, littéraire et linguistique, d'un glossaire analytique, d'un index des noms propres et d'une bibliographie complète. Elle formule une hypothèse inédite concernant la question, toujours d'actualité, du " genre " et de la paternité littéraire de la Sotise : voilà une adaptation où s'entremêlent sottie, moralité, farce et mystère, ainsi qu'une riche palette de formes poétiques, qui a dû bénéficier de la contribution d'un poète-basochien toulousain, tel que Blaise d'Auriol, et non pas une sottie parisienne composée par le rhétoriqueur André de La Vigne, comme le postulait Picot. Représentant de l'idéologie conservatrice de l'Université, Blaise d'Auriol fut aussi lauréat des Jeux floraux, dont la Sotise constitue précisément une variante parodique. Mais c'est surtout par la mise en scène d'un Nouveau Monde que s'impose la Sotise, assumant le statut d'une utopie politique qui présage celles de la Renaissance.

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