Libretto

  • Huon, né à Bordeaux, serait-il maudit ?
    Alors qu'il vient de faire allégeance à Charlemagne, il tue, sans connaître son identité, le fils chéri de l'empereur. Exilé en Egypte, il parvient à revenir au Royaume de France, mais il y est trahi par son frère Gérard, à qui il avait pourtant sauvé la vie. Seule la douce et belle Esclarmonde lui apporte un peu de réconfort au cours d'une vie bien trépidante. Amie rencontrée au fil de périlleuses aventures où des automates tueurs ne s'effacent que devant des géants monstrueux, la jeune femme est ensorcelée par Auberon, petit roi de féérie dont l'exigeante affection protège le chevalier.
    Composée entre 1260 et 1268 en ancien français, cette chanson de geste brille d'un éclat singulier parmi les écrits médiévaux. En effet, grâce à Aubéron, le merveilleux, voire le fantastique, y occupe une large place.
    On tient ce roman comme étant l'un des textes narratifs les plus aboutis du Moyen Âge, et, en lisant cette oeuvre, on se remémore Shakespeare, qui mettra en scène quelque trois siècles plus tard le personnage d'Auberon dans Le songe d'une nuit d'été.

  • Le plaisir après la peine

    Anonyme



    Si les Mille et Une Nuits n'ont jamais cessé d'avoir leur place sur les tables des libraires, l'ouvrage que vous tenez entre vos mains et qui en reprend le procédé en surprendra plus d'un par sa verve revendicatrice, et ses résonances féministes.
    François Pétis de La Croix, contemporain d'Antoine Galland, sut mieux que tout autre voir les qualités de ce volume raffiné puisqu'il en fit la matrice de son livre Les Mille et Un Jours, longtemps donné comme une traduction du persan.
    Le Plaisir après la peine est parvenu jusqu'à nous grâce à de nombreux manuscrits fort complets datant du XVe siècle.

  • « Sachez, prince, que j'ai près d'ici une demeure comparable au paradis terrestre. Ce lieu porte le nom des Neuf-loges ; et le monde n'a rien qui lui soit préférable. Venez-y passer quelques instants ; ce séjour deviendra encore plus glorieux par votre présence. » Une telle invitation peut-elle se refuser ? Découvrir ces Neufs-loges, c'est pousser la porte du merveilleux et des légendes. Digne des Mille et Une Nuits - ce conte est issu de la même tradition littéraire -, cette curiosité a été retrouvée au début du XIXe siècle par le baron Daniel Lescallier qui le traduisit en français. Rédigé en persan à la charnière des XVe et XVIe siècles, dans l'actuelle Asie centrale, Neh Manzer dévoile les charmes, la légèreté et la fantaisie de l'Orient.

  • Le célèbre guerrier et poète Antar, auteur d'un des Mu'allaqât, héros de ce roman, avait demandé en mariage sa cousine Abla. Son oncle Malec la lui promit mais, voulant se soustraire à une alliance avec le fils d'une esclave abyssinienne, il l'entraîna dans toute une série d'aventures périlleuses. Antar, conjuguant bravoure et héroïsme, triompha, bien sûr. Voilà donc l'argument de départ de ce roman composé au XIIe siècle, profondément remanié au XVe, dont la forme évolue avec le temps au gré des conteurs, à la manière des Mille et Une Nuits. Cette Odyssée arabe est mise au premier rang de la littérature héroïque. Elle n'est pas sans évoquer les romans de chevalerie qui jouissaient d'une forte audience à la même période en Occident. En France, c'est Alphonse de Lamartine, qui le premier, adapta des passages de ce roman dans son Voyage en Orient (1835). De multiples extraits seront traduits tout au long du XIXe siècle, dont cette très belle version de Marcel Devic parue en 1864. traduit de l'arabe et adapté par Marcel Devic Illustrations d'Étienne Dinet

  • Que l'on se figure un kiosque de Smyrne ou de Grenade aux colonnettes de marbre blanc, sveltes et gracieuses comme celles du palais de l'Alhambra aux trèfles élégants, aux vitraux coloriés et radieux de toutes parts des clartés d'un soleil de mai... voilà le roman de Jaufré !... Rien de plus piquant, de plus neuf, de plus fantastique et qui reflète mieux les caprices charmants de l'imagination méridionale au Moyen Âge.
    La société féodale revit tout entière dans ce roman composé à la fin du XIIe ou au début du XIIIe siècle avec ses féeries, ses fictions chevaleresques, ses moeurs et ses grands coups de lance ; et tel est l'intérêt du récit, qu'on s'y abandonne avec autant de plaisir que nos aïeux, quand il était conté aux sons de la viole du jongleur, dans la grande salle des châteaux ou sous les tentes.
    Préface de Jean-Bernard Mary-Lafon
    Gravures de Gustave Doré

  • Fierabras, redoutable chef sarrasin, a pillé les reliques du trésor de Saint-Pierre de Rome. Fait prisonnier par Olivier de Gênes sous les ordres de Charlemagne, il retrouve dans le cachot d'Aigremoine les autres pairs de France. Floripar, sa soeur, l'en viendra délivrer. Cette dernière, tombée amoureuse de Guy de Bourgogne, devra affronter mille aventures pittoresques et cocasses accompagnée de son frère avant de pouvoir épouser son promis. Grand roman épique aujourd'hui méconnu, Fierabras, dont plusieurs versions existent, s'inscrit dans le cycle intitulé « La geste du roi », le roi étant Charlemagne, et participe ainsi à la légende de la France tout comme cet autre texte mythique de ce cycle : La Chanson de Roland. La traduction de la version occitane de cette épopée (composée entre 1230 et1240) par Jean-Bernard Mary-Lafon, procède du même esprit que le travail opéré pour Les Aventures du chevalier Jaufré, à savoir rendre accessible un grand texte médiéval oublié, voire inconnu, pour le plus grand plaisir du lecteur.

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