Littérature générale

  • La jeune Berlinoise qui a rédigé ce journal, du 20 avril 1945 - les Soviétiques sont aux portes - jusqu'au 22 juin, a voulu rester anonyme, lors de la première publication du livre en 1954, et après. À la lecture de son témoignage, on comprend pourquoi. Sur un ton d'objectivité presque froide, ou alors sarcastique, toujours précis, parfois poignant, parfois comique, c'est la vie quotidienne dans un immeuble quasi en ruine, habité par des femmes de tout âge et des hommes qui se cachent : une vie misérable, dans la peur, le froid, la saleté et la faim, scandée par les bombardements d'abord, sous une occupation brutale ensuite. S'ajoutent alors les viols, la honte et la banalisation de l'effroi... Marianne Basler lit le journal de cette jeune Berlinoise. De sa voix aux nuances multiples et subtiles, elle met admirablement en lumière le mélange de dignité, de cynisme et d'humour qui a sans doute permis à cette jeune femme de survivre. Une lecture juste et intense.

  • « C'est ici la demeure du seigneur Sindbad, qui a parcouru toutes les mers que le soleil éclaire. »
    Alors que le pauvre Hindbad se plaint à Allah des injustices d'un monde qui permet aux riches de vivre avec largesse tandis qu'il doit travailler d'arrache-pied pour nourrir sa famille, le seigneur du palais au pied duquel il se repose l'entend. Il s'agit du riche Sindbad, dont la fortune est légendaire. Il invite Hindbad à sa table et lui conte les mille aventures qui ont fait sa richesse.
    Combien de dangers, de tempêtes et de monstres a-t-il su braver ? Combien de terres inconnues a-t-il parcourues ? C'est ce que découvre le lecteur, émerveillé par le récit de ces péripéties
    extraordinaires.
    o Objet d'étude : Récits d'aventures
    o Dossier pédagogique spécial nouveaux programmes
    o Prolongement : Lecture comparative d'images
    Classe de sixième.

    1 autre édition :

  • Toute la mythologie de la chevalerie flamboyante rayonne dans ce chef-d'oeuvre de la littérature occidentale, où Arthur et la Table Ronde côtoient le fantôme d'oedipe et les légendes de l'antique Bretagne. On découvrira, dans le premier tome de cette Iliade des chevaliers, les origines lointaines de Tristan et la naissance de sa passion interdite pour Iseult, tandis qu'affleure l'ombre de la quête du Graal. Roman de l'enfance de l'art, généreux, enjoué, il entrelace des intrigues par centaines sans jamais ralentir son grand galop. Un plaisir de lecture inouï. Il n'y a pas d'auteur du Tristan, c'est une ouvre collective qui a pris forme au fil des générations entre le XIIe et le XVe siècle, où chaque reprise était une variante de toutes les autres. Notre traduction est basée sur un manuscrit unique du début du XVe siècle conservé à Vienne. Isabelle Degage est juriste de formation. Elle a passé deux années entières à traduire le premier tome du Tristan. Préface de Mika Biermann. Pour goûter pleinement l'oralité de ce texte, chaque tome est assorti d'une saison de podcasts, création audio originale diffusée en épisodes : http://blogs.editions-anacharsis.com/tristan/

    Toute la mythologie de la chevalerie flamboyante rayonne dans ce chef-d'oeuvre de la littérature occidentale, où Arthur et la Table Ronde côtoient le fantôme d'oedipe et les légendes de l'antique Bretagne. On découvrira, dans le premier tome de cette Iliade des chevaliers, les origines lointaines de Tristan et la naissance de sa passion interdite pour Iseult, tandis qu'affleure l'ombre de la quête du Graal. Roman de l'enfance de l'art, généreux, enjoué, il entrelace des intrigues par centaines sans jamais ralentir son grand galop. Un plaisir de lecture inouï.
    Il n'y a pas d'auteur du Tristan, c'est une ouvre collective qui a pris forme au fil des générations entre le XIIe et le XVe siècle, où chaque reprise était une variante de toutes les autres. Notre traduction est basée sur un manuscrit unique du début du XVe siècle conservé à Vienne. Isabelle Degage est juriste de formation. Elle a passé deux années entières à traduire le premier tome du Tristan. Préface de Mika Biermann.
    Pour goûter pleinement l'oralité de ce texte, chaque tome est assorti d'une saison de podcasts, création audio originale diffusée en épisodes : http://blogs.editions-anacharsis.com/tristan/

  • L'humour, la malice et la satire sont au coeur de ces poèmes populaires érotiques composés à la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle au Japon, pour fixer dans l'instant, à la façon d'un Boccace ou d'un La Fontaine, un travers, un mouvement d'humeur ou un jeu de mots. La source principale d'observation est la vie sexuelle de tous les jours, celle des moines, de la vie conjugale, des courtisanes, des veuves ou des domestiques, sans oublier les espiègles pratiques des dames du palais. Dans l'ombre des monastères, des maisons de thé, des palais ou de l'alcôve familiale, hommes et femmes se donnent en spectacle pour le divertissement de nos poètes indiscrets et notre plus grand plaisir. Puisse le lecteur parcourir ces poèmes illustrés dans le même esprit.

  • Maître Pathelin a rondement mené son affaire : il a acheté « à crédit » une étoffe à sieur Guillaume, et l'a si bien abusé qu'il n'acquitte pas sa dette. Mais à malin, malin et demi : il apprendra à ses dépens que « tel est pris qui croyait prendre »... Quant à La Farce du cuvier, elle permet à Jacquinot de renverser les « rôles » au sein de son foyer.
    Ces deux farces font écho l'une à l'autre, conjuguant duperie, rebondissement et jeux sur le langage sans autre morale que le plaisir de tromper le trompeur.

  • Aladdin est un mauvais garçon, qui désobéit à sa mère et refuse de travailler. Un jour, un vieil homme lui propose de l'élever à la condition de riche marchand. Séduit par l'idée, le jeune homme quitte tout pour le suivre ; mais bientôt, pris au piège, Aladdin va découvrir les mystérieux pouvoirs d'une lampe capable de réaliser tous ses rêves.
    L'un des contes les plus célèbres des Mille et Une Nuits, où l'on apprend avec Aladdin que la magie ne saurait remplacer le courage...

  • La collection Lettres gothiques se propose d'ouvrir au public le plus large un accès à la fois direct, aisé et sûr, à la littérature du Moyen Age.
    Un accès direct en mettant sous les yeux du lecteur le texte original, un accès aisé grâce à la traduction en français moderne proposée en regard, à l'introduction et à des notes nombreuses. Un accès sûr grâce au soin dont font l'objet la présentation du texte et son commentaire. La collection Lettres gothiques offre ainsi un panorama représentatif de l'ensemble de la littérature médiévale.La Chanson de Roland est le premier grand texte littéraire français, celui qui a fixé pour toujours dans les mémoires la mort de Roland à Roncevaux. Composée, telle que nous la connaissons, à la fin du xie siècle, c'est la plus ancienne, la plus illustre et la plus belle des chansons de geste, ces poèmes épiques chantés qui situent tous leur action trois siècles en arrière, à l'époque carolingienne, sous le règne de Charlemagne ou de son fils. La Chanson de Roland est un poème d'une âpre grandeur, dense et profond, jouant avec une sobre puissance de ses résonances et de ses échos. L'édition et la traduction qu'en donne ici Ian Short sont l'une et l'autre nouvelles. 

  • Les mots de l'auteur lui-même résume à eux seuls la portée de cet ouvrage : "Je crois que ma vie sexuelle pendant mon enfance a été assez extraordinaire par son intensité et que peu de gens ont des souvenirs aussi précis et aussi complets que les miens touchant les premières impressions sexuelles. J'ai tâché d'être le plus exact possible et cela donne peut-être quelque valeur à mon récit." Ces aveux ont été rédigés en français en 1912.

  • Eiríkr le Rouge, condamné au bannissement à la suite des meurtres de Eyjólfr la Fiente et de Hrafn le Duelliste, met les voiles et part à la découverte du Groenland. Leifr, fils d'Eiríkr et de Thjódhildr, part du Groenland vers la Norvège mais son bateau est détourné vers les Hébrides ... Quant à Thorfinnr Karlsefni, fils de Thórdr Tête-de-Cheval, il part explorer le Vínland, contrée lointaine de Terre-Neuve...

    Le nom d'Eiríkr le Rouge évoque l'aventure, la bravoure, la magie des Vikings et les découvertes de contrées sauvages du Grand Nord...

  • Genre littéraire initialement associé à l'oraison funèbre, l'éloge n'est ici dédié à Rien. Oui bien est-il rédigé pour Rien. Ne glorifiant que le Rien, cet ouvrage défie le ton grave et solennel, cultive à plaisir les paradoxes. En ne chantant les louanges de Rien, l'auteur célèbre tout et Rien. Ce panégyrique pour le moins flatteur à l'adresse du vide et de l'absence offre l'occasion d'un morceau remarquable de rhétorique : Rien est la plus belle des oeuvres poétiques, parce qu'est-ce qui est plus beau que l'Iliade ? Rien. Saisissant éloge du néant, réflexion métaphysique digne des plus grands philosophes pessimistes, déconstruction de la logique dans la lignée d'Agrippa et de Rabelais, Éloge de rien s'ouvre sur une dédicace sarcastique À Personne, petit chef d'oeuvre d'humour noir.

    L'Éloge de rien a paru anonymement, mais on sait qu'il est l'oeuvre d'un certain Louis Coquelet, né à Péronne en 1676 et mort à Paris en 1754. On lui doit également un Éloge de quelque chose dédié à quelqu'un, une Critique de la charlatanerie, un Éloge de la goutte et un autre des Femmes méchantes.

  • Expression majeure du Cante flamenco et du Cante jondo, la copla est née en Andalousie vers la fin du XIVe siècle. "Sur les six cordes de boyau de la guitare, avec quatre lignes de mots sortis de ses entrailles, le peuple chante sa peine. C'est une fenêtre ouverte sur l'âme de tout homme. C'est la copla. Nul poète n'a su exprimer avec tant d'intensité et une telle économie de mots, les fleurs et les ronces de la passion et du désespoir. Il n'y a pas, chez l'auteur anonyme de la copla, intention d'art. Il chante quand cela lui chante, se plaint quand il a peine ; il mêle souvent l'amour avec la mort, rarement avec la joie. Il n'écrit pas, il donne son soupir au vent, et le vent le rapporte. Chaque copla est la pointe sèche d'un des motifs qui sont la vie et la pointe de l'être. Aucune nation n'a donné à la poésie d'éternité un tel ensemble de chants, jaillis anonymement de chaque papille de son jour, de chaque étoile de sa nuit, de son héroïsme et de sa faillite." (Guy Lévis Mano).

  • Une jeune femme bien avertie délivre ici à sa cousine, nettement plus innocente, ses instructions sur l'érotisme. Publié anonymement au XVIIe siècle, l'ouvrage est d'une écriture classique : aussi, ne se fourvoie-t-il pas et remplit parfaitement son office. Sous la forme efficace du dialogue, les choses sont dites crûment, sans détours ni manières. Adressée aux "belles et curieuses demoiselles", cette apologie de la luxure est immédiatement saisie et confisquée lors de sa sortie, en 1655. L'ouvrage a subsisté grâce aux nombreuses contrefaçons hollandaises qui circulèrent vers 1667. Une incitation salutaire à la débauche. À lire sans pudeur par les curieux aussi bien que par les amateurs de volupté.

  • «  Quand Donald Trump a été élu à cette fonction en 2016, beaucoup de gens ne savaient pas à quoi s'attendre. À présent, nous savons à quoi nous attendre. Nous le savons tous.
    Dans l'histoire de la démocratie américaine, nous avons eu des présidents indisciplinés. Nous avons eu des présidents inexpérimentés. Nous avons eu des présidents amoraux. Jusqu'à présent, nous n'avons jamais eu le tout en même temps.
    Ce livre veut mettre en lumière la réalité de l'administration Trump et questionner l'aptitude de l'actuel président à continuer de diriger les États-Unis d'Amérique. J'écris ces lignes à la veille de ce qui pourrait être l'élection la plus importante de nos vies à tous. »
    Sous couvert d'anonymat, pour la première fois, un haut responsable de l'administration Trump parle...
     

  • Sous couvert de l'anonymat, un homme de quarante-trois ans décrit sa vie de travesti. Marié et père de famille, il n'est pas, prévient-il, homosexuel. Mais il éprouve une véritable passion pour le travestissement. C'est à l'âge de sept ou huit ans qu'il essaie pour la première fois l'une des culottes de sa mère et en ressent du plaisir. L'expérience se reproduit à treize ans avec celle de sa cousine ; il a cette fois une érection. Son intérêt pour les dessous féminins va croissant. Ses pulsions narcissiques et masochistes se développent. Quand il se retrouve seul, il enfile bas, gaine, culotte et manteau et s'admire dans un miroir. Il acquiert sa propre lingerie. D'abord amusée, son épouse se montre ensuite hostile à ses jeux, ce qui le pousse à avoir des aventures avec d'autres femmes. Parfois, l'auteur interpelle son lecteur, le prie de ne pas le juger. Ce qui ne saurait se produire : l'auteur décrit par le menu et avec une telle franchise les émois sexuels que lui procure sa passion du travestissement que le lecteur ne peut qu'en être troublé. La sincérité de la première personne du singulier fait de cette confession sans fard achevée en 1956 un témoignage exceptionnel, celui d'une mise à nu sur une sexualité non pas pathologique mais singulière et loin d'être rare.

  • Huon, né à Bordeaux, serait-il maudit ?
    Alors qu'il vient de faire allégeance à Charlemagne, il tue, sans connaître son identité, le fils chéri de l'empereur. Exilé en Egypte, il parvient à revenir au Royaume de France, mais il y est trahi par son frère Gérard, à qui il avait pourtant sauvé la vie. Seule la douce et belle Esclarmonde lui apporte un peu de réconfort au cours d'une vie bien trépidante. Amie rencontrée au fil de périlleuses aventures où des automates tueurs ne s'effacent que devant des géants monstrueux, la jeune femme est ensorcelée par Auberon, petit roi de féérie dont l'exigeante affection protège le chevalier.
    Composée entre 1260 et 1268 en ancien français, cette chanson de geste brille d'un éclat singulier parmi les écrits médiévaux. En effet, grâce à Aubéron, le merveilleux, voire le fantastique, y occupe une large place.
    On tient ce roman comme étant l'un des textes narratifs les plus aboutis du Moyen Âge, et, en lisant cette oeuvre, on se remémore Shakespeare, qui mettra en scène quelque trois siècles plus tard le personnage d'Auberon dans Le songe d'une nuit d'été.

  • La drogue fut, pour l'anonyme auteur de ces Rêveries, le parfait moyen d'échapper à la société marchande. Ce témoignage atypique, jamais misérabiliste ni prosélyte, est, par ailleurs, écrit dans une langue magnifique.

    Texte anonyme

  • Gísli est un Viking hors du commun ; habité de généreux idéaux, fils respectueux, frère fidèle et mari aimant, il se trouve bien malgré lui dans une situation compliquée. Victime d'un destin impitoyable, il doit choisir entre venger son frère ou perdre son honneur.
    Vengeance, jalousie, trahison, tous les ingrédients sont rassemblés pour nous offrir une histoire de vaillance, d'amour et de mort dans le monde rude des fiers guerriers vikings.

  • André Gide s'est toujours intéressé à la traduction de grands auteurs. Son oeuvre de traducteur va de Conrad à Tagore, de Pouchkine à Shakespeare. Il tenait que, pour devenir écrivain, il fallait avoir traduit des auteurs étrangers. Son entreprise la plus étrange est sans doute celle qui concerne Arden de Faversham, tragédie anonyme de 1592 tirée d'un fait divers aussi réel que les noms des personnages, et qui fut attribuée à tous les grands auteurs élisabéthains, Shakespeare en tête.
    Pourquoi une pièce anonyme ou apocryphe plutôt qu'un autre Shakespeare? André Gide souligne à plusieurs reprises le caractère très 'curieux' de l'oeuvre et y voit une parodie de drame bourgeois : un notable est assassiné par l'amant de sa femme et par celle-ci, qui emploient des tueurs à gages. C'est la première tragédie familiale anglaise, les caractères sont brutaux et puissants, la pièce montre une grande connaissance du coeur humain.
    Dans sa traduction, André Gide déploie des qualités de concision, de fermeté, d'élégance et de clarté. Il allège, condense, clarifie et,
    surtout, il a le sens du théâtre et s'adapte à l'avance à la scène. Ses metteurs en scène préférés, un Copeau, un Barrault, n'ont qu'à
    s'emparer de son texte, à défaut d'Artaud, qui y avait d'abord songé.

  • À trop martyriser Jacquinot, sa femme se retrouve victime d'une méchante mésaventure. Jenin, lui, cherche désespérément à connaître son père, tandis que le bateleur trouve son bonheur à divertir ses semblables grâce aux tours de son malicieux valet.
    Ces trois tableaux de la vie quotidienne au Moyen Âge, pleins de joie et d'éclats de rire, mettent en scène des personnages aussi truculents que stratèges, prêts à bien des ruses pour arriver à leurs fins.
    L'édition :
    Le théâtre au Moyen Âge : farce, sotie et moralité
    Microlectures
    Exercices de vocabulaire
    Groupement de textes : la scène de ménage au théâtre
    Culture artistique :
    cahier photos : histoire des arts
    un livre, un film : à la découverte de La Folie des grandeurs (Gérard Oury)
    La farce 2.0

  • Mariane, une religieuse portugaise, adresse à l´officier français qui l´a abandonnée cinq lettres passionnées et lyriques : « Quoi ? cette absence à laquelle ma douleur, tout ingénieuse qu´elle est, ne peut donner un nom assez funeste, me privera donc pour toujours de regarder ces yeux dans lesquels je voyais tant d´amour ? » Mais à sa souffrance et sa plainte, rien ne répond jamais que l´obstiné silence de son amant.
    Lorsqu´en 1669 le libraire Barbin publie ces Lettres portugaises traduites en français, il les donne pour authentiques, et le succès qu´elles rencontrent tient beaucoup à l´émouvante sincérité de cette voix dont Stendhal, par exemple, ne doutera pas non plus qu´elle fût celle d´une vraie religieuse. Il se peut que l´on s´accorde désormais à considérer le plus souvent qu´elles furent écrites par le vicomte de Guilleragues, ce sont toujours les mêmes ravages de la passion que nous découvrons encore par la voix de Mariane dans ces pages où s´inaugure un genre qui multipliera les chefs-d´oeuvre : le roman par lettres. Edition d´Emmanuel Bury. 

  • Fabliaux du Moyen Age

    Anonyme

    Écrits pour la plupart au xiiie siècle, les fabliaux sont des contes à rire, des récits courts et sans prétention symbolique, véritable contrepoint et contrepied de la littérature courtoise. Ils racontent, avec un humour tour à tour cynique et tendre, des aventures plaisantes ou exemplaires, et mettent en scène des épisodes de la vie quotidienne médiévale. C'est, ici, l'histoire d'un paysan trompé, là celle d'un savetier se vengeant du prêtre qui l'a fait cocu. Si les femmes n'ont pas toujours le beau rôle - elles sont avares, mégères et inconstantes -, elles apparaissent aussi d'une redoutable habileté... Histoires lestement contées où le dialogue anime le scénario, les fabliaux nous invitent à découvrir un Moyen Âge déridé et souriant, dont on méconnaît parfois l'existence.

  • Le plaisir après la peine

    Anonyme



    Si les Mille et Une Nuits n'ont jamais cessé d'avoir leur place sur les tables des libraires, l'ouvrage que vous tenez entre vos mains et qui en reprend le procédé en surprendra plus d'un par sa verve revendicatrice, et ses résonances féministes.
    François Pétis de La Croix, contemporain d'Antoine Galland, sut mieux que tout autre voir les qualités de ce volume raffiné puisqu'il en fit la matrice de son livre Les Mille et Un Jours, longtemps donné comme une traduction du persan.
    Le Plaisir après la peine est parvenu jusqu'à nous grâce à de nombreux manuscrits fort complets datant du XVe siècle.

  • La chanson de Roland

    Anonyme

    Texte fondateur, La Chanson de Roland du clerc Turold fut d'abord un poème de la croisade : toute pénétrée des rêves et préjugés des seigneurs qui allèrent lutter en Espagne autour de Saragosse, la célèbre chanson de geste était destinée à renforcer, chez un public bouleversé par la menace sarrasine, l'enthousiasme pour la guerre sainte.
    Elle est aussi le miroir des conflits et des tensions de la société féodale - entre la justice et le droit, le service du suzerain et l'exaltation de soi, la défense de la foi et la fidélité au contrat vassalique -, et l'instrument d'une glorification des relations familiales (entre Charlemagne et son neveu Roland), guerrières (entre Roland et Olivier) ou amoureuses (entre Roland et Aude).
    Mais la fiction dépasse l'histoire : rude, violente et profonde dans l'expression des sentiments, elle confère aux figures héroïques une vraie réalité poétique et fait de ce chef-d'oeuvre l'une des plus hautes expressions du mouvement créateur qui anime alors le monde médiéval.

  • L'Edda poétique

    Anonyme

    • Fayard
    • 15 Janvier 1992

    Nés d'une lointaine tradition orale, les textes de l'Edda poétique, traduits ici dans leur intégralité, constituent, avec les autres textes scandinaves réunis dans cet ouvrage, un pan capital de notre patrimoine indo-européen. A plus d'un millénaire de distance, ils nous permettent de découvrir la richesse de l'âme germanique ancienne.

    Loin d'être des Barbares, ceux qui passèrent à la postérité sous le nom de Vikings formaient une communauté d'hommes qui idéalisèrent leur condition sous forme de mythes et de légendes poétiques. Les dieux et les grands héros du Nord ont ainsi inspiré des " dits ", des lais et des élégies, dont la qualité littéraire rappelle celle des grandes sagas. En des images inoubliables, ces textes nous dévoilent une vision fondamentale de l'homme, de la vie et du monde, un monde imprégné par la toute-puissance du Destin auquel nul n'échappe, qu'il soit dieu, alfe ou homme.

    Régis Boyer est professeur de langues, littératures et civilisation scandinaves à l'université de Paris-Sorbonne.

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