Le Livre de Poche

  • J''ai voulu étudier des tempéraments et  non des caractères. J'ai choisi des personnages souverainement dominés par leurs nerfs et leur sang, dépourvus de libre arbitre, entraînés à chaque acte de leur vie par les fatalités de leur chair : Thérèse et Laurent sont des brutes humaines, rien de plus. [...] En un mot, je n'ai eu qu'un désir : étant donné un homme puissant et une femme inassouvie, chercher en eux la bête, ne voir même que la bête, les jeter dans un drame violent, et noter scrupuleusement les sensations et les actes de ces êtres. J'ai simplement fait sur deux corps vivants le travail analytique que les chirurgiens font sur des cadavres. "Zola, Préface à la 2ème édition de Thérèse Raquin. Ce qui nous éblouit aujourd'hui dans Thérèse Raquin, c'est le Zola poète et visionnaire, metteur en scène de la réalité et peintre des âmes de la nuit. [...] Quelle force dans la description de ces êtres emmurés en eux-mêmes, vaincus par des puissances obscures qu'ils ne sauraient nommer, rançonnés déjà par la mort qui les guette ! Et quelle géniale invention dramatique tout au long de cette descente aux enfers, haletante, convulsive, sauvage ! Robert Abirached Texte intégral Commentaires et notes par Auguste Dezalay et Laurence Martin. Introduction de Robert Abirached. "

  • Germinal

    Emile Zola

    Voici, dans la France moderne et industrielle, les " Misérables " de Zola. Ce roman des mineurs, c'est aussi l'Enfer, dans un monde dantesque, où l'on " voyage au bout de la nuit ". Mais à la fin du prodigieux itinéraire au centre de la terre, du fond du souterrain où il a vécu si longtemps écrasé, l'homme enfin se redresse et surgit dans une révolte pleine d'espoirs.
    C'est la plus belle et la plus grande oeuvre de Zola, le poème de la fraternité dans la misère, et le roman de la condition humaine.
    Préface de Jacques Duquesne Edition établie, commentée et annotée par Auguste Dezalay.

    1 autre édition :

  • Octave Mouret affole les femmes de désir. Son grand magasin parisien, Au Bonheur des Dames, est un paradis pour les sens. Les tissus s´amoncellent, éblouissants, délicats. Tout ce qu´une femme peut acheter en 1883, Octave Mouret le vend, avec des techniques révolutionnaires. Le succès est immense. Mais ce bazar est une catastrophe pour le quartier, les petits commerces meurent, les spéculations immobilières se multiplient. Et le personnel connaît une vie d´enfer. Denise échoue de Valognes dans cette fournaise, démunie mais tenace.
    Zola fait de la jeune fille et de son puissant patron amoureux d´elle le symbole du modernisme et des crises qu´il suscite. Personne ne pourra plus entrer dans un grand magasin sans ressentir ce que Zola raconte avec génie : les fourmillements de la vie.

    1 autre édition :

  • Qu'est-ce qui nous fascine dans la vie « simple et tranquille » de Gervaise Macquart ? Pourquoi le destin de cette petite blanchisseuse montée de Provence à Paris nous touche-t-il tant aujourd'hui encore ? Que nous disent les exclus du quartier de la Goutte-d'Or version Second Empire ?
    L'existence douloureuse de Gervaise est avant tout une passion où s'expriment une intense volonté de vivre, une générosité sans faille, un sens aigu de l'intimité comme de la fête. Et tant pis si, la fatalité aidant, divers «assommoirs» - un accident de travail, l'alcool, les «autres», la faim - ont finalement raison d'elle et des siens. Gervaise aura parcouru une glorieuse trajectoire dans sa déchéance même. Relisons L'Assommoir, cette «passion de Gervaise», cet étonnant chef-d'oeuvre, avec des yeux neufs.

    Edition de Jacques Dubois. 

    1 autre édition :

  • Nana

    Emile Zola

    Dans les dernières années du Second Empire, quand Nana joue le rôle de Vénus au Théâtre des Variétés, son succès tient moins à son bien médiocre talent d´actrice qu´à la séduction de son corps nu, voilé d´une simple gaze. Elle aimante sur scène tous les regards comme elle attire chez elle tous les hommes : tentatrice solaire qui use de ses charmes pour mener une vie de luxure et de luxe, de paresse et de dépense.
    Quand le livre paraît au début de 1880, Flaubert confie son admiration à Zola qui a su faire que « Nana tourne au mythe sans cesser d´être réelle ».
    Grâce à elle, c´est tout un monde que le romancier parvient à évoquer, toute une époque et tout un style de vie. Par la peinture de cet univers de plaisirs, il fustige les vices d´une société corrompue, et ce neuvième volume des Rougon-Macquart est une satire cinglante des hautes sphères perverties par une fête qui ruine le peuple et détruit les valeurs. Et l´Empire bientôt va sombrer.

    Edition d´Auguste Dezalay. 

  • Un mécanicien de locomotive, tourmenté par une lourde hérédité, et qui ne s'entend vraiment qu'avec sa machine... Une femme qui semble née pour faire le malheur de tous les hommes qui l'approchent... Un juge pétri de préjugés, prêt à renier la justice au profit de l'intérêt social ou politique... Tels sont les personnages de ce drame, un des plus sombres qu'ait imaginés le romancier des Rougon-Macquart.
    Vivante et précise comme un reportage, puissante comme une épopée, son évocation du monde des chemins de fer au moment de leur âge d'or va de pair avec la vision d'une humanité en proie à ses démons héréditaires et sociaux - l'alcoolisme, la misère -, et chez qui la jalousie et la convoitise charnelle portent le meurtre comme la nuée porte l'orage.

    Chez Zola, les choses surgissent égales dans leur réalité et se reflètent, élargies, jamais déformées, répugnantes ou sédui- santes, laides ou belles indifféremment, dans ce miroir de vérité, grossissant, mais toujours fidèle et probe, que l'écrivain porte en lui.Maupassant, Choses et autres.
    Préface, commentaires et notes de Gisèle Séginger. 

    1 autre édition :

  • C´est dans les Halles centrales de Paris récemment construites par Baltard que Zola situe le troisième épisode des Rougon-Macquart. Après « la course aux millions » décrite dans La curée, ce sera la fête breughelienne du Ventre de Paris, tourbillonnante et bigarrée, ses amoncellements de victuailles, ses flamboiements de couleurs, ses odeurs puissantes de fermes, de jardins et de marées.
    Florent, arrêté par erreur après le coup d´Etat du 2 décembre 1851, s´est évadé du bagne de Cayenne au bout de sept ans d´épreuves. Il retrouve à Paris son demi-frère qui, marié à la belle Lisa Macquart, fait prospérer l´opulente charcuterie Quenu Gradelle. Mais la place de Florent est-elle à leurs côtés ? A-t-il renoncé à ses rêves de justice ? Car si l´Empire a su procurer au « ventre boutiquier, au ventre de l´honnête moyenne... le consentement large et solide de la bête broyant le foin au râtelier », il n´a guère contenté les affamés. Et la grande kermesse flamande va réveiller bientôt l´éternel affrontement des Maigres et des Gras.

    Nulle part peut-être, mieux que dans Le Ventre de Paris, n´éclate ce don épique qui s´appuie sur le réel pour le déborder bientôt et le transfigurer dans une lumière nouvelle. [...] Pour la première fois ici, un écrivain a discerné et pris en charge la beauté du paysage urbain moderne. Balzac l´avait pressentie, Baudelaire l´avait exaltée, mais c´est Emile Zola qui en a compris la vraie force et qui, avant tout autre, l´a placée au coeur d´un univers romanesque, lui donnant enfin ses lettres de noblesse littéraire.

    Robert Abirached.

    Introduction de Robert Abirached.
    Commentaires et notes de Philippe Hamon et Marie-France Azéma. 

  • Nantas, un jeune Marseillais ambitieux qui vient de monter à Paris, ne parvient pas à trouver de situation lorsqu´un soir une mystérieuse visiteuse lui propose d´épouser Flavie, la fille du baron Danvilliers : il reconnaîtra l´enfant dont elle est enceinte et percevra deux cent mille francs. Simplement, la jeune fille lui demande de n´être jamais son mari que de nom et, après sa brillante ascension sociale, c´est Flavie que Nantas voudra conquérir. Relation qui s´inverse dans la seconde nouvelle, où le triomphe de la virilité se retourne en défaite. Car si Adèle désire épouser Ferdinand Sourdis dans l´espoir de mener le jeune peintre à la gloire, la paresse aussi bien que la débauche du mari conduisent peu à peu sa jeune femme à achever ses tableaux - et finalement à usurper son rôle. Publiées pour la première fois en 1878 et en 1880 dans Le Messager de l´Europe, une grande revue de Saint-Pétersbourg, ces nouvelles appartiennent pleinement à leur temps. Mais si l´ambitieuse puissance de Nantas évoque Son Excellence Eugène Rougon, ou Aristide Saccard, l´aventurier prédateur de La Curée, c´est bien plutôt à la misogynie des écrivains proches de Zola que fait songer Madame Sourdis, femme-vampire qui aura finalement dévoré son mari et inquiétante annonciatrice de bien des névroses fin-de-siècle qui feront aussi frémir de cette épouvante-là.

    Edition de Jacques Noiray. 

  • Collection « Classiques » dirigée par Michel Zink et Michel Jarrety Zola Dans la petite ville provençale de Plassans, au lendemain du coup d´Etat d´où va naître le Second Empire, deux adolescents, Miette et Silvère, se mêlent aux insurgés. Leur histoire d´amour comme le soulèvement des républicains traversent le roman, mais au-delà d´eux, c´est aussi la naissance d´une famille qui se trouve évoquée : les Rougon en même temps que les Macquart dont la double lignée, légitime et bâtarde, descend de la grand-mère de Silvère, Tante Dide. Et entre Pierre Rougon et son demi-frère Antoine Macquart, la lutte rapidement va s´ouvrir. Premier roman de la longue série des Rougon-Macquart, La Fortune des Rougon que Zola fait paraître en 1871 est bien le roman des origines. Au moment où s´installe le régime impérial que l´écrivain pourfend, c´est ici que commence la patiente conquête du pouvoir et de l´argent, une lente ascension familiale qui doit faire oublier les commencements sordides, dans la misère et dans le crime. « Votre comédie est tragique », écrit Hugo juste après avoir lu le livre : « Vous avez le dessin ferme, la couleur franche, le relief, la vérité, la vie. Continuez ces études profondes. » Edition de Colette Becker. 

  • Edition enrichie (Introduction, notes et dossier) Le 13 janvier 1898, un article retentissant paraît dans le journal L'Aurore, intitulé « J'Accuse... ! ». Zola y prend nommément à partie les principaux responsables de la condamnation du capitaine Dreyfus. Il n'ignore pas qu'il court le risque d'un procès en diffamation, mais son coup de génie est de comprendre que c'est là le moyen de porter l'Affaire au grand jour - et devant la magistrature civile. C'est ce qui advient : condamné, Zola est contraint de s'exiler, mais « la Vérité est en marche ». Cette lettre ouverte au président de la République n'est que le moment le plus célèbre de l'action déployée par le romancier en faveur de Dreyfus. Lui-même réunit en 1901 ses différentes interventions dans un ouvrage, La Vérité en marche. Elles sont ici reprises et redéployées de manière pleinement chronologique, et enrichies de nombreuses autres pages. On y trouve une véritable leçon de lucidité et d'éthique politique.Édition d'Henri Mitterand.

  • A la fin d´une chasse, pendant la curée, les chiens dévorent les entrailles de la bête tuée. Pour le jeune Zola, qui déteste son époque, c´est le coeur de Paris, entaillé par les larges avenues de Napoléon III, que des spéculateurs véreux s´arrachent. Ce deuxième volume des Rougon-Macquart, histoire naturelle et sociale d´une famille sous le Second Empire, est l´un des plus violents. Zola ne pardonne pas ces fortunes rapides qui inondent les allées du Bois d´attelages élégants, de toilettes de Worms et de bijoux éclatants. Aristide Saccard a réussi. Mais tout s´est dénaturé autour de lui : son épouse, Renée, la femme qui se conduit en homme, si belle et désoeuvrée ; son fils, Maxime, l´amant efféminé de sa belle-mère. On accusa Zola d´obscénité. Il répliqua : « Une société n´est forte que lorsqu´elle met la vérité sous la grande lumière du soleil. » Edition de Philippe Bonnefis. 

  • L'argent

    Emile Zola

    Edition enrichie (Préface, notes, repères chronologiques, dossier, lexique des termes boursiers, bibliographie)
    Dix-huitième volume des Rougon-Macquart, L'Argent est le premier grand western financier des temps modernes : bilans falsifiés, connivences politiques, fièvre spéculative, manipulations médiatiques, rumeurs, scandales, coups de Bourse et coups de Jarnac, lutte à mort entre les loups-cerviers de la finance qui déjà rôdaient chez Balzac.
    S'inspirant de quelques faits divers retentissants, Zola décrit le culte nouveau du Veau d'or, la vie secrète de son temple, l'activité fiévreuse de ses desservants ; il dénombre ses élus et ses victimes.
    A l'heure des conflits économiques planétaires, il faut revivre cette croisade et cette épopée du Capital.
    A l'heure où les audaces de la technologie bancaire nous font frémir, il faut relire cet hymne à la vie.

  • La mort d'Olivier Bécaille Nouv.

    Olivier Bécaille est mort un matin, après trois jours de maladie. Le médecin est formel, et l'enterrement doit avoir lieu quelques jours plus tard. Mais, en réalité, Bécaille est bien vivant. Terrassé par une crise de catalepsie, prisonnier de son propre corps mais conscient de tout ce qui l'entoure, il assiste, impuissant, au chagrin de sa femme, aux préparatifs de sa mise en bière et à l'intervention d'un voisin un peu trop charmant...
    Dans ce conte macabre teinté de nostalgie, Zola nous livre une réflexion douce-amère sur la mort et ses conséquences parfois inattendues.

  • Dans aucun autre roman Zola n'a mis autant de lui-même que dans L'Oeuvre. Zola, le critique d'art, ami de Cézanne, fervent défenseur, contre l'art officiel, de Manet, de Monet et de toute l'avant-garde qu'incarne Claude Lantier dans le roman. Zola, l'écrivain naturaliste, rêvant de donner son existence entière « à une oeuvre où l'on tâcherait de mettre les choses, les bêtes, les hommes, l'arche immense ». Zola, l'homme enfin, et les souffrances quotidiennes de la création vues à travers l'insatisfaction permanente et l'angoisse de déchoir d'un peintre génial et d'un romancier travailleur. Roman de la passion de l'art au détriment de la vie et de l'amour, L'Oeuvre met en scène à la fois l'enthousiasme d'une révolution artistique et le drame éternel de l'artiste aux prises avec la création.

  • Serge Mouret est le prêtre d´un village pauvre, quelque part sur les plateaux désolés et brûlés du Midi de la France. Barricadé dans sa petite église, muré dans les certitudes émerveillées de sa foi, assujetti avec ravissement au rituel de sa fonction et aux horaires maniaques que lui impose sa vieille servante, il vit plus en ermite qu´en prêtre. A la suite d´une maladie, suivie d´une amnésie, il découvre dans un grand parc, le Paradou, à la fois l´amour de la femme et la luxuriance du monde. Une seconde naissance, que suivra un nouvel exil loin du jardin d´Eden. Avec cette réécriture naturaliste de la Genèse, avec ce dialogue de l´ombre et du soleil, des forces de vie et des forces de mort, du végétal et du minéral, Zola écrit certainement l´un des livres les plus riches, stylistiquement et symboliquement, de sa série des Rougon-Macquart.
    Edition de Sophie Guermès. 

  • Zola est entré partout, chez les ouvriers et chez les bourgeois. Chez les premiers, selon lui, tout est visible. La misère, comme le plaisir, saute aux yeux. Chez les seconds, tout est caché. Ils clament : « Nous sommes l´honneur, la morale, la famille. » Faux, répond Zola, vous êtes le mensonge de tout cela. Votre pot-bouille est la marmite où mijotent toutes les pourritures de la famille.
    Octave Mouret, le futur patron qui révolutionnera le commerce en créant « Au Bonheur des Dames », arrive de province, et loue une chambre dans un immeuble de la rue de Choiseul. Beau et enjoué, il séduit une femme par étage, découvrant ainsi les secrets de chaque famille. Ce dixième volume des Rougon-Macquart, qui évoque la vie sous le Second Empire, montre ici la bourgeoisie côté rue et côté cour, avec ses soucis de filles à marier, de rang à tenir ou à gagner, coûte que coûte. Les caricatures de Zola sont cruelles mais elles sont vraies.
    Edition de Marie-Ange Voisin-Fougère. 

  • Edition enrichie (préface, notes, dossier sur l'oeuvre, chronologie et bibliographie)Pendant la guerre de 1870, deux soldats se lient d'amitié ; Jean Macquart, incarnation des solides valeurs rurales, et Maurice Levasseur, intellectuel qui rêve d'un cataclysme où s'anéantirait le monde corrompu - et le lecteur va les suivre jusqu'à ce que la Commune les sépare et dramatiquement les voie s'affronter. Mais si Zola choisit, bien au-delà de leur opposition symbolique, de les mêler à d'innombrables autres figures, c'est qu'il veut écrire le roman des masses et nous montrer une nation tout entière meurtrie par l'Histoire. Il juxtapose donc des scènes de combat et de vie civile, montre sans fard toutes les souffrances des corps, et jour après jour déroule sous nos yeux la douloureuse chronique qui va conduire à l'humiliation de Sedan.
    La Débâcle que Zola fait paraître en 1892, avant de clore Les Rougon-Macquart par un ultime roman, est le seul de ses livres dont le sujet soit un événement historique, le seul aussi qui soit consacré à la guerre. En abordant la crise la plus grave de l'histoire récente de la France, il adopte pour la dernière fois une vision tragique, mais nous donne à comprendre que sans doute la défaite fut un mal nécessaire. Après quoi Le Docteur Pascal pourra interpréter la totalité de la fresque romanesque comme une célébration de la vie.

  • Édition enrichie (Préface, notes, dossier sur l'oeuvre, chronologie et bibliographie)De retour de la bataille de Solférino, le Provençal Jean Macquart s´est installé dans un village de la Beauce où il est devenu le valet du fermier Hourdequin. Mais quoiqu´il s´éprenne bientôt de Françoise, la nièce du vieux père Fouan, Jean reste ici un étranger à la communauté villageoise : car le vrai drame qui va se jouer est celui de la terre que Louis Fouan a décidé de partager entre ses trois enfants.
    Qu´il s´agisse en effet de la terre ou de la sexualité, c´est le désir de possession brutale qui est au coeur de ce quinzième roman des Rougon-Macquart. Mais ce que souhaite surtout Zola, lorsqu´il fait paraître son livre en 1887, c´est brosser aussi complètement que possible un tableau de la campagne et de la paysannerie, décrite comme une sorte d´humanité primitive. Et parce qu´il n´écarte pas les formes les plus vives ni les plus frustes de cette vitalité élémentaire, son roman a heurté la critique. Mais le public ne l´a pas écoutée et, à la mort de l´écrivain, La Terre demeurait l´un de ses romans les plus lus.

    Edition de Roger Ripoll. 

  • Édition enrichie (Préface, notes, dossier sur l'oeuvre, chronologie et bibliographie)Près d´Arromanches, dans la maison du bord de mer où ils se sont retirés après avoir cédé leur commerce de bois, les Chanteau ont recueilli Pauline, leur petite cousine de dix ans qui vient de perdre son père. Sa présence est d´abord un surcroît de bonheur dans le foyer puis, autour de l´enfant qui grandit, les crises de goutte paralysent peu à peu l´oncle Chanteau, la santé mentale de son fils Lazare se dégrade, l´héritage de Pauline fond dans les mains de ses tuteurs, et le village lui-même est rongé par la mer.
    En 1884, lorsqu´il fait paraître ce roman largement autobiographique, le douzième des Rougon-Macquart, c´est pour une part ironiquement que Zola l´intitule  La Joie de vivre. Car en dépit de la bonté rayonnante de Pauline qui incarne cette joie, c´est l´émiettement des êtres et des choses que le livre raconte. Après Au Bonheur des Dames, grande fresque du commerce moderne, c´est un roman psychologique que l´écrivain propose à ses lecteurs, un roman de la douleur où les êtres sont taraudés par la peur de la mort face à une mer destructrice.

    Edition de Philippe Hamon et Colette Becker. 

  • Collection dirigée par Michel Zink et Michel JarretyZolaLe jour de Noël 1860, devant la cathédrale de Beaumont enneigée, Angélique, une enfant trouvée et martyrisée, cheveux blonds et regard couleur de violette, est recueillie par Hubertine et son mari Hubert. Ils élèvent la sauvageonne qui apprend la broderie et se met à lire avec passion La Légende dorée de Jacques de Voragine. Une vie de travail et de piété, illuminée bientôt par l'idylle qui se noue entre Angélique et Félicien.
    La publication de La Terre, le précédent roman des Rougon-Macquart, a valu à Zola des critiques acerbes. On dénonce la grossièreté de son art : « Il est des âmes pures et des curs héroïques, écrit ainsi Anatole France. M. Zola ne le sait pas. » Pour prendre le contre-pied de ces attaques, le romancier se décide à évoquer des personnages irréprochables et des sentiments purs. Et, en 1888, ce changement de registre correspond à l'attente de son public : quelques critiques ont beau ironiser, le romancier gagne son pari et Le Rêve est un succès.

    édition de Roger Ripoll.

  • Zola Son Excellence Eugène Rougon En 1856, Eugène Rougon, un ancien avocat de province qui a contribué à faire l'Empire et que l'Empire a fait, se sentant proche de sa disgrâce, préfère prendre les devants et démissionner de la présidence du Conseil d'Etat. Mais ses amis ont besoin de lui, et sa chute les embarrasse. Ils s'inquiètent de le voir tromper son ennui par un projet de défrichement des Landes qui le conduirait à une sorte d'exil, et parmi tous ceux qui travaillent à son retour en grâce la plus active est la troublante Clorinde qu'il a refusé d'épouser.
    Dans la grande fresque des Rougon-Macquart, Son Excellence Eugène Rougon, que Zola fait paraître en 1876, est le roman du pouvoir et des solidarités d'intérêts qui appellent l'intrigue dans le grand monde de Paris où s'ourdissent les manoeuvres qui font et défont les carrières. Une fiction écrite sur un ton de comédie, sans histoire nettement dessinée, et qui s'écarte de la manière traditionnelle de l'écrivain et du naturalisme : « Il n'y a pas un mot de trop, écrit Flaubert à George Sand. C'est solide, et sans aucune blague. » Edition de Philippe Hamon et Colette Becker. 

  • A Plassans, berceau provençal de sa famille, tandis que le Second Empire est tombé depuis deux ans, Pascal Rougon vit auprès de sa nièce Clotilde qu´il a élevée et qu´il adore. Ce sont moins ses patients qui l´occupent que ses recherches médicales, largement tournées vers l´hérédité, et l´histoire des Rougon-Macquart dont il a constitué l´arbre généalogique. Mais ces papiers, sa vieille mère voudrait les voir détruits pour qu´enfin disparaisse toute trace de la honteuse naissance de la famille, et Clotilde commence par prêter la main au complot. Récit de la chute de l´Empire et de la guerre, La Débâcle marquait la première fin du cycle des Rougon-Macquart. En1893, Le Docteur Pascal constitue la seconde, puisque ici se conclut l´histoire de la famille. Si ce dernier volume met en miroir ceux qui l´ont précédé, c´est aussi un roman scientifique où Zola exalte une médecine qui pourrait tout savoir afin de tout guérir, et un roman d´amour largement autobiographique que l´écrivain ne se résout pas à clore sur l´évocation de la mort : il choisit d´en appeler à la vie et d´ouvrir à l´avenir.

  • Ce huitième roman de la série des Rougon-Macquart, paru entre deux des oeuvres les plus fortes de Zola, L´Assommoir et Nana, est d´un registre fort différent.
    La passion soudaine qui jette aux bras l´un de l´autre la belle et sage Hélène et le docteur Deberle fait l´objet d´une analyse psychologique nuancée et minutieuse.
    Entracte dans une vie monotone et réglée, cette Page d´amour sera bientôt tournée et l´héroïne retrouvera à la fois son équilibre et sa solitude. Mais l´aventure aura fait une victime, la petite Jeanne, condamnée par l´égoïsme et le délire passionnel des grandes personnes. Ainsi, cette oeuvre apparemment sans éclat se révèle subtilement imprégnée de désenchantement et d´amertume.

  • Zola La Conquête de Plassans «Il détachait son cheval, dont il avait noué les guides à une persienne, lorsque l'abbé Faujas, qui rentrait, passa au milieu du groupe, avec un léger salut. On eût dit une ombre noire filant sans bruit. Félicité se tourna lentement, le poursuivit du regard jusque dans l'escalier, n'ayant pas eu le temps de le dévisager. Macquart, muet de surprise, hochait la tête, murmurant :
    - Comment, mon garçon, tu loges des curés chez toi, maintenant ? Et il a un oeil singulier, cet homme. Prends garde : les soutanes, ça porte malheur ! » La conquête de Plassans qui donne son titre au quatrième roman des Rougon-Macquart est l'ambition que précisément s'est fixée Faujas, prêtre bonapartiste ambitieux et sans scrupules, de s'assujettir la ville légitimiste, première étape de l'ascension à laquelle il aspire. Par son pouvoir croissant sur les esprits et sur les âmes, il met en oeuvre une stratégie satanique couronnée de succès - avant la catastrophe.

    Préface, dossier et notes par Colette Becker. 

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