12-21


  • LES GRANDS TEXTES DU XVIIe SIÈCLE

    Pour son adieu au théâtre et à la vie, avec une prémonition déchirante, Molière donne une comédie mêlée de musique et de danse, un chef-d'oeuvre de force et de gaieté. À 51 ans, épuisé, il coiffe le bonnet d'Argan, le malade imaginaire esclave de sa manie et jouet de ses nerfs. Bourgeois hypocondriaque, il prétend marier sa fille, l'impertinente et joyeuse Angélique, à ce nigaud de Thomas Diafoirus, son médecin personnel. Plus pitoyable que méchant, celui-ci rêve que la Faculté le reçoive comme l'un des siens.
    Molière compose la plus puissante satire qu'on fit jamais sur cette science parfois imbécile. Pour faire rire, il fait du faux avec du vrai, et donne le spectacle bouleversant de sa propre agonie.
    @ Disponible chez 12-21

    L'ÉDITEUR NUMÉRIQUE

  • L'Avare

    MOLIERE

    Harpagon (du latin harpagonem, « grippe-sou ») est un personnage égoïste, mesquin, cupide et odieux. Ce parfait avare arrange les mariages de ses deux enfants Cléante et Élise. Mais Élise s'est déjà fiançée à Valère, en secret, et l'amoureux n'a pas hésitéà se faire passer pour un valet pour être auprès de sa dulcinée. Cléante, quant à lui, rêve d'épouser Marianne. Ce qu'il ne sait pas, c'est qu'elle est également l'Élue choisie par son père Harpagon : le quiproquo est entretenu durant toute la pièce. Au IVe acte, le trésor d'Harpagon (dix mille écus en or enterrés au fond du jardin) est dérobé par Cléante. Il veut s'en servir comme moyen de pression contre son père pour infléchir sa décision. L'Avare tant attachéà ses biens accepte que son fils épouse Marianne qui finit par découvrir que Valère est son frère. Élise peut enfin prendre pour mari l'homme qu'elle voulait.

    Cette comédie en cinq actes et en prose de Molière a étéécrite en 1668. Créée au Palais-Royal le 9 septembre 1668, la pièce est ensuite publiée à Paris. Médiocrement accueillie, elle n'est jouée que neuf fois avant d'être retirée. Les spectateurs sont déroutés par les « ambivalences esthétiques » et par l´utilisation de la prose (au XVIIesiècle, toute oeuvre littéraire un peu ambitieuse ne se concevait qu'en langage « noble », c'est-à-dire versifié). L'une des sources les plus communément admises pour l'intrigue et certaines scènes de L'Avare est La Marmite de Plaute.

  • Sganarelle, le faiseur de fagots, est dans de beaux draps : voici que par une ruse vengeresse, sa femme le fait passer pour un médecin. Le vieux Géronte, qui l'a fait mander pour guérir sa fille, semble perplexe face aux explications de ce docteur peu orthodoxe. Les cocasseries perpétuelles de Sganarelle et son charabia scientifique suffisent à tromper la crédulité de la patiente et de son entourage, pour notre plus grand bonheur. Et, pour comble de l'ironie, le faux médecin doit soigner une fausse malade...
    Un retour aux origines pour Molière qui mêle la farce sortie de la tradition médiévale française et la commedia dell'arte italienne. Le sujet de la pièce est un classique. Toutefois, si Le médecin malgré lui est bien une farce, dont il a gardé les caractères essentiels, c'est une oeuvre de la maturité de Molière, et il s'y trouve des finesses qui ne devaient point exister dans ses premières farces ; si c'est à sa gaieté, à sa verve irrésistible que la pièce dut son succès, elle n'en connut de si prolongé, de si constant, que par sa composition rigoureuse, par la beauté et le naturel de sa langue.

  • L'École des femmes

    MOLIERE

    Arnolphe, bourgeois vieillissant, voudrait se marier, mais craint par-dessus tout de devoir porter les cornes. Persuadé qu'une épouse ignorante sera totalement soumise à son époux, il projette de nouer des liens matrimoniaux avec Agnès, une jeune fille pauvre qu'il a fait élever loin du monde avec pour unique consigne de la rendre aussi sotte que possible. Mais à peine sortie du couvent, celle-ci s'éprend du jeune Horace, qui a réussi à la courtiser malgré la surveillance du barbon jaloux. Arnolphe réussira-t-il à imposer sa volontéà sa pupille ? Agnès sera-t-elle assez forte pour faire triompher son amour ?
    Voici la première « grande comédie » de Molière parce qu'elle est sa première comédie en cinq actes et en vers, où peinture des moeurs et peinture des caractères sont étroitement associés dans le cadre d'une intrigue originale. Elle profite donc pleinement de l'élargissement permis par le passage de trois à cinq actes : l'approfondissement du personnage central, riche bourgeois qui prétend à la noblesse, ainsi que de l'ingénue, que l'on voit passer de la niaiserie à l'intelligence amoureuse, et l'étoffement réaliste que confère à la pièce l'introduction d'un couple de paysans, geôliers maladroits de l'héroïne.

  • En l'absence de leurs parents respectifs, Octave s'est marié en secret avec Hyacinte, jeune fille pauvre au passé mystérieux, et Léandre est tombé amoureux d'une Égyptienne, Zerbinette. Mais voici que leurs pères, Argante et Géronte, rentrent de voyage avec des projets de mariage pour leurs enfants bien arrêtés. Les fils ne savent plus à qui se confier pour résoudre leurs problèmes. Scapin, le valet de Léandre, s'engage à tout arranger par ses mensonges et ses « fourberies » (« J'ai sans doute reçu du Ciel un génie assez beau pour toutes les fabriques de ces gentillesses d'esprit, de ces galanteries ingénieuses, à qui le vulgaire ignorant donne le nom de fourberies. »). Il échaffaude un plan : soutirer aux deux pères indignes suffisamment d'argent pour faire triompher l'amour et la jeunesse. Mais qui sont en réalité Hyacinte et Zerbinette ? Scapin parviendra-t-il à assurer son impossible mission ? Rassurons-nous, tout finira dans la joie et Scapin sera porté en triomphe à la table du festin.

    Les Fourberies de Scapin sont créées au théâtre du Palais-Royal en 1671. Molière a déjàà son actif L'École des femmes, Le Bourgeois gentilhomme ou bien encore L'Avare. Il l'a composée spécialement pour le public parisien ; ce n'est pas une commande du roi. À sa sortie, le succès est mitigé : il faudra attendre quelques années pour que cette comédie en cinq actes soit saluée comme il se doit.

  • Le Médecin volant

    MOLIERE

    Le Médecin volant, farce de 1659, et L'Amour Médecin, comédie de 1665, brodent pour le plus grand plaisir du lecteur/spectateur sur le canevas suivant : un père autoritaire, des amoureux contrariés, de fausses malades et de prétendus médecins, voire de véritables charlatans, sans oublier le valet fourbe, mais fidèle, selon les types récurrents des comédies de Molière.

  • Dom Juan

    MOLIERE


    LES GRANDS TEXTES DU XVIIe SIÉCLE

    En 1664, Dom Juan déchaîne le scandale et soulève les passions. Molière a déjà ridiculisé la société de son temps, précieux, marquis, médecins, dévots. Le personnage de Dom Juan, figure exemplaire de l'impiété et de l'athéisme, lui offre un sujet plus dangereux encore. Ce grand seigneur est le diable en personne. Il blasphème, méprise ses créanciers, étincelle d'esprit et de méchanceté. Il séduit mille femmes, pour les humilier après. À ses côtés, son valet, Sganarelle, est terrorisé par son insolence, son aisance, son cynisme.
    Aujourd'hui encore, le génie et le miracle de Molière, dont la voix s'élève chaque soir dans tous les théâtres du monde, nous fait rire et frémir.

  • Le Tartuffe

    MOLIERE

    Jusqu'à sa rencontre avec " l'Imposteur ", le grand bourgeois Orgon était un homme intelligent, raisonnable et naïf. Mais ce prêtre hypocrite et vulgaire qui envahit sa maison l'hypnotise. En vain le supplie-t-on de chasser ce parfait scélérat, cet escroc qui tente de séduire sa délicieuse femme, de faire le malheur de ses enfants, de spolier ses biens. Mais Orgon reste aveugle.
    Défier le tout-puissant parti des bien-pensants et des dévots était une folie. On prévient Molière qu'il risque l'excommunication, le bûcher ou la mort. Mais au bout de cinq ans, il finit par imposer son Tartuffe. La pièce soulève les passions, mais la machine de guerre est lancée. Molière, comme toujours, aura le dernier mot.

  • Alceste est un idéaliste bougon qui voudrait changer le monde par la seule force de son caractère et de son intransigeance envers le pouvoir et ses compromissions. Il plaide pour une sincérité absolue et critique avec véhémence l'hypocrisie de son temps. Il essaye également de se faire aimer par Célimène, ensorcelante veuve de vingt ans dont la frivolité mondaine et la coquetterie extrême n'effacent en aucun cas les charmes qu'il lui trouve. Mais il se heurte à bien des désillusions...
    Molière se moque-t-il de ce personnage car il ressemble étrangement au spectacle grotesque de la société du XVIIe siècle ? Le ridiculise-t-il par plaisir ? L'oeuvre la plus secrète de Molière garde toujours son secret...
    Texte intégral

  • En novembre 1659, l'énorme succès des Précieuses ridicules surprend Molière. Le public plébiscite son génie comique. Il découvre alors que son théâtre dispose d'une matière inépuisable : la satire des moeurs de l'époque, ses excès, ses vices, ses ridicules qui sont d'ailleurs intemporels. Mais il ne sait pas encore que les manières prétentieuses de Cathos et Magdelon, ces deux êtres dévorés de snobisme et de mondanité, ne quitteront jamais le répertoire. La farce joue aujourd'hui encore de ses stratagèmes et de ses déguisements, et s'incarne dans des gens que l'on croise tous les jours.

  • Édition présentée et commentée par Jacqueline Sudaka-Bénazéraf, professeur au lycée Buffon (Paris).
    Infortuné Monsieur Jourdain, égaré par son absurde vanité, sa prétention, son snobisme dévorant. Moqué, berné, il s'est livré à ses maîtres d'armes, de danse ou de philosophie... Des canailles ! Au grand désespoir de sa femme, il affole ses gens par ses déguisements, s'entiche d'une comtesse, refuse un charmant roturier à sa fille car il rêve de la donner en mariage au grand Turc...
    Le miracle est que le génie de Molière transforme en chef-d'oeuvre cette comédie-ballet écrite à la diable et Monsieur Jourdain en figure éternellement vivante.
    Lire avec le texte intégral et la préface

    Comprendre avec Les clés de l'oeuvre

    22 pages pour aller à l'essentiel

    47 pages pour approfondir

empty