Flammarion

  • Un héros qui s'éveille doit avoir la splendeur d'un soleil levant , écrivait-on l'année où fut créé Le Cid.
    Rodrigue, qui par un coup d'éclat accomplit les promesses de gloire qu'il porte en lui, conquiert tous les coeurs, jusques à celui de Chimène dont

  • Un père à la recherche de son fils consulte un magicien qui lui offre la vision des aventures du jeune égaré, faites d'amour, de duels, mais aussi d'impostures et de trahisons...
    Mêlant éloquence tragique, emprunts au répertoire de la comédie italienne et récit d'initiation, L'Illusion comique (1635), oeuvre de jeunesse, est un étrange monstre , au dire de Corneille lui-même. Identité fuyante des personnages, invraisemblances de l'intrigue et subtilité du montage illusionniste font de cette pièce baroque et capricieuse une vibrante apologie du théâtre.

  • Pour chaque titre de gloire du héros Jason, son épouse Médée a commis un crime. Pour lui, elle a trahi son pays, tué son frère et poussé des jeunes filles à assassiner leur père. Le couple vit en exil à Corinthe avec ses deux fils, jusqu'à ce que Jason s'éprenne de la fille du roi. Qu'il l'épouse, et il héritera du trône. Médée, elle, sera bannie du royaume. Mais la femme répudiée est une magicienne, experte en poisons comme en sorcellerie. Meurtrie dans sa fierté autant que dans son amour, Médée va user de tout son art pour frapper dans sa chair l'infidèle Jason.
    Objets magiques, rebondissements, effets de scène spectaculaires : pour la première tragédie de sa carrière, Corneille transpose le mythe grec de Médée dans l'esthétique baroque. En insistant sur la puissance et sur l'aura infernale de son héroïne, l'auteur du Cid fait du récit de sa vengeance une forme d'apothéose du mal.

  • Horace

    Pierre Corneille

    Fallait-il tuer Camille? C'est là l'objet de la vive querelle qui éclate dès la première de la pièce, en 1640. Le Romain Horace, qui vient de faire la preuve de sa grandeur héroïque en triomphant des Albains, est jugé incohérent lorsqu'il décide de tuer sa soeur, coupable de pleurer un amant mort au combat et de blasphémer le nom de Rome.
    Horace est-il un de ces «fanatiques» dont l'Histoire moderne nous a révélé différents visages ou le héraut d'une morale pour temps de guerre? À travers la duplicité de ce héros extraordinaire et invraisemblable, Corneille signe le dernier acte de la «querelle du Cid» et livre l'une des pièces les plus riches pour l'exégèse moderne.

    Dossier :
    1. Horace avant Horace
    2. Le dernier acte de la Querelle
    3. Le héros et son double
    4. Refaire Horace.

  • La Place Royale

    Pierre Corneille

    Parce qu'il craint de se lier pour la vie, Alidor envisage de «donner» sa maîtresse Angélique à son meilleur ami...
    Cinquième comédie de Corneille, La Place Royale (1637) est celle qui nous paraît aujourd'hui la plus moderne : sous les traits de l'«amoureux extravagant» qui fuit tout engagement, nous croyons reconnaître la figure familière de l'adolescent. Mais lorsque Corneille signe l'Examen de sa pièce en 1660, il en dénonce la «duplicité d'action» et fustige une incohérence dans le caractère du personnage principal.
    Sous ses airs de comédie «imparfaite», cette pièce annonce l'avènement du héros authentiquement cornélien qui dépasse la contradiction entre la liberté et l'aliénation
    amoureuse.

    Dossier :
    1. La comédie selon Corneille
    2. Esthétique du naturel et éthique du ridicule
    3. Inconstants par humeur et indifférents par raison
    4. Le Paris de la place Royale.

  • Théâtre t.2

    Pierre Corneille

    Ce volume rassemble les pièces les plus célèbres de Corneille, grâce auxquelles le dramaturge, délaissant les essais comiques de ses débuts, se fit un nom. De la tragi-comédie Clitandre à La Mort de Pompée, en passant par Médée - sa première tragédie, imitée de Sénèque -, Horace, Cinna, Polyeucte, sans oublier Le Cid - qui en 1637 donna lieu à l'une des querelles les plus marquantes de l'histoire du théâtre -, le tragique cornélien apparaît dans toute sa variété. On en retiendra surtout des situations extraordinaires, vertueusement surmontées par des personnages héroïques et sublimes, qui surprennent et subjuguent par la démonstration de la force de leur volonté. Car le tragique cornélien est d'abord un spectacle de grandeur morale - celui-là même qui fit pleurer le prince de Condé lors de la représentation de Cinna. Ainsi que l'écrivait André Suarès, « Corneille, toujours dans la Cité, absolu comme l'État, roide comme la loi, souvent exprime par les traits les plus forts les nuances les plus subtiles et toutes les finesses du scrupule. Ce contraste est étonnant. Il fait le fond de ce singulier génie et de la complexion la plus originale ».

  • Ce volume rassemble six pièces de Corneille, de Rodogune, sa pièce préférée, composée en 1644 au sommet de sa gloire, à Suréna (1674), son ultime tragédie. Trente années d´expérimentation poétique et d´audaces inouïes, au cours desquelles Corneille réinvente son art, en misant sur des intrigues savamment élaborées et sur une inspiration lyrique de plus en plus émouvante. Reines maîtresses de leur passion ou ivres de vengeance (Tite et Bérénice, Rodogune) ; héros qui voient leurs desseins contrariés par la raison d´État (Nicomède, Suréna) ; princes révélés à leurs peuples ou défaits par les dieux (Héraclius, OEdipe) : chacune de ces pièces a valeur de manifeste ; et toutes, poussant un peu plus loin leur infidélité au modèle cornélien canonique - celui d´Horace ou de Cinna -, nous obligent à nous défaire de nos certitudes sur Corneille et sur la tragédie classique.

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