Le Livre de Poche

  • Le destin de Jean Valjean, forçat échappé du bagne, est bouleversé par sa rencontre avec Fantine. Mourante et sans le sou, celle-ci lui demande de prendre soin de Cosette, sa fille confiée aux Thénardier. Ce couple d´aubergistes, malhonnête et sans scrupules, exploitent la fillette jusqu´à ce que Jean Valjean tienne sa promesse et l´adopte. Cosette devient alors sa raison de vivre. Mais son passé le rattrape et l´inspecteur Javert le traque...

  • « Condamné à mort ! dit la foule ; et tandis qu'on m'emmenait, tout ce peuple se rua sur mes pas avec le fracas d'un édifice qui se démolit. Une révolution venait de se faire en moi. Jusqu'à l'arrêt de mort, je m'étais senti respirer, palpiter, vivre dans le même milieu que les autres hommes ; maintenant je distinguais clairement comme une clôture entre le monde et moi. »

  • Tant qu´il existera, par le fait des lois et des moeurs, une damnation sociale créant artificiellement, en pleine civilisation, des enfers, et compliquant d´une fatalité humaine la destinée qui est divine ; tant que les trois problèmes du siècle, la dégradation de l´homme par le prolétariat, la déchéance de la femme par la faim, l´atrophie de l´enfant par la nuit, ne seront pas résolus ; tant que, dans de certaines régions, l´asphyxie sociale sera possible ; en d´autres termes, et à un point de vue plus étendu encore, tant qu´il y aura sur la terre ignorance et misère, des livres de la nature de celui-ci pourront ne pas être inutiles.
    Hauteville-House, 1er janvier 1862.
    Victor Hugo.

    Présentation et notes de Guy Rosa.
    Commentaires de Nicole Savy. 

  • Ce livre est un livre de charité, c´est-à-dire un livre fait pour exciter, pour provoquer l´esprit de charité, c´est un livre d´une nature terrible et navrante, disant à la conscience du lecteur : « Eh bien ? Qu´en pensez-vous ? Que concluez-vous ? » Les Misérables sont un étourdissant rappel à l´ordre d´une société trop amoureuse d´elle-même et trop peu soucieuse de l´immortelle loi de fraternité, un plaidoyer pour les Misérables (ceux qui souffrent de la misère et que la misère déshonore), proféré par la bouche la plus éloquente de ce temps.
    Le nouveau livre de Victor Hugo doit être le Bienvenu (comme l´évêque dont il raconte la victorieuse charité), le livre à applaudir, le livre à remercier. N´est-il pas utile que de temps à autre le poète, le philosophe prennent un peu le Bonheur égoïste aux cheveux, et lui disent, en lui secouant le muße dans le sang et l´ordure : « Vois ton oeuvre et bois ton oeuvre » ?
    Charles Baudelaire.

    Présentation et notes de Guy Rosa.
    Commentaires de Nicole Savy.

  • Les Contemplations, que Hugo fait paraître en 1856, sont à un double titre marquées par la distance et la séparation : parce quele proscrit qui, dans Châtiments, vient defustiger Napoléon III, est en exil à Guernesey ;mais aussi parce que le recueil, en son centre, porte la brisure du deuil, et ses deux parties - « Autrefois », «Aujourd´hui» -sont séparées par la césure tragique de l´année 1843 où Léopoldine, la fille de Hugo, disparut noyée. La parole poétique prend naissance dans la mort, et « ce livre », nous dit l´écrivain, « doit être lu comme on lirait le livre d´un mort ».
    Mais Les Contemplations construisent aussi une destinée. Il se peut qu´elle emprunte à la biographie de l´écrivain ; on se tromperait pourtant à la confondre avec la sienne. Car si le lyrisme de Hugo touche à l´universel, c´est que le poète précisément dépouille ici l´écorce individuelle pour atteindre à l´intime : le sien propre et celui du lecteur qui saura ainsi se retrouver dans le miroir que lui tendent ces Mémoires d´une âme.

  • « ...Un homme nommé Claude Gueux, pauvre ouvrier, vivait à Paris en 1831. Il avait avec lui une fille qui était sa maîtresse et un enfant de cette fille... Il était capable, habile, intelligent, fort mal traité par l'éducation, fort bien traité par la nature, ne sachant pas lire mais sachant penser. Un hiver, l'ouvrage manqua. L'homme, la fille et l'enfant eurent froid et faim. L'homme vola. Il en résulta trois jours de pain et de feu pour la femme et pour l'enfant et cinq ans de prison pour l'homme. Il fut envoyé faire son temps à la Maison Centrale de Clairvaux. On va voir ce que la Société en a fait. » Relation allégorique d'un drame individuel, cet ardent plaidoyer contre la peine de mort et contre la prison met à nu le mécanisme de la brutalité sociale qui ne sait répondre à la détresse que par la répression. Avec Claude Gueux, Victor Hugo n'est plus simplement romancier ou poète. Il conquiert une place éminente auprès des plus grands orateurs de la Liberté.

    Présentation et notes par Emmanuel Buron. 

  • Édition enrichie (Introduction, notes et chronologie)Sorti du libre élan mystique, le gothique, comme on l'a dit sans le comprendre, est le genre libre. Je dis libre, et non arbitraire. S'il s'en fût tenu au même type, s'il fût resté assujetti par l'harmonie géométrique, il eût péri de langueur. [...] Comment compter nos belles églises au xiiie siècle ? Je voulais du moins parler de Notre-Dame de Paris. Mais quelqu'un a marqué ce monument d'une telle griffe de lion, que personne désormais ne se hasardera d'y toucher. C'est sa chose désormais, c'est son fief, c'est le majorat de Quasimodo. Il a bâti, à côté de la vieille cathédrale, une cathédrale de poésie, aussi ferme que les fondements de l'autre, aussi haute que ses tours. Si je regardais cette église, ce serait comme livre d'histoire, comme le grand registre des destinées de la monarchie. [...] La grande et lourde église, toute fleurdelysée, appartient à l'histoire plus qu'à la religion. Elle a peu d'élan, peu de ce mouvement d'ascension si frappant dans les églises de Strasbourg et de Cologne. Les bandes longitudinales qui coupent Notre-Dame de Paris arrêtent l'élan ; ce sont plutôt les lignes d'un livre. Cela raconte au lieu de prier. [...] Notre-Dame de Paris est l'église de la monarchie ; Notre-Dame de Reims, celle du sacre.
    Jules Michelet, Histoire de France, iv, 8, « Eclaircissements : la Passion comme principe d'art au Moyen Age » (1833).
    Présentation et notes par Jacques Seebacher.

    1 autre édition :

  • Dans la Vendée de 1793, trois personnages s'affrontent : l'aristocrate Lantenac, fidèle à son passé, son petit-neveu Gauvain, tourné vers l'avenir généreux de la République, et le conventionnel Cimourdain, plus durement soucieux des exigences présentes de la Révolution et de la Terreur. Dans cette épopée où le romancier mêle la fiction de l'intrigue et la réalité de l'Histoire - Danton, Robespierre et Marat sont au centre du livre -, chacun des trois héros se trouve ainsi guidé par une certaine idée du devoir et de l'honneur. Et chacun sera conduit à une forme d'héroïsme qui n'écarte pas la mort.
    L'écrivain se refuse donc à trancher, et Quatrevingt-Treize n'est pas un roman à thèse : «Je ne veux ni du crime rouge ni du crime blanc.» Mais la violence où s'achevait l'Ancien Régime était certainement un mal nécessaire, et ce qui s'affirme dans ce livre qui paraît en 1874 et sera le dernier roman de Hugo, c'est une vision de l'Histoire qui garde trace, sans doute, de la Commune récente où une même violence fit retour, mais ne s'interdit pas l'espérance.

    Edition de Bernard Leuilliot. 

  • Ruy Blas

    Victor Hugo

    Edition enrichie (Commentaires, biographie, bibliographie et notes)
    « ... Quel miracle que ta pièce, mon pauvre bien-aimé... jamais je n'avais rien entendu de si magnifique... mon esprit en est encore plus obscurci, comme quand les yeux ont trop longtemps fixé le soleil... »
    Juliette Drouet.
    « À propos, Ruy Blas est une énorme bêtise, une infamie en vers... »
    Balzac.
    « Quelle brusque et prodigieuse fanfare dans la langue que ces vers de Victor Hugo ! »
    Zola.
    « ... ou Ruy Blas est une gageure contre le bon sens, ou c'est un acte de folie. »
    Gustave Planche.

  • Édition enrichie (Présentation, notes, dossier sur l'oeuvre, chronologie et bibliographie)Pour pouvoir reconstruire un nouveau bateau à vapeur après le naufrage de La Durande, il faudrait sauver la précieuse machine du navire dont le constructeur est mort. Donc qu´un homme seul, matelot mais aussi forgeron, ait l´audace de se risquer plusieurs jours jusqu´aux rochers Douvres où repose l´épave - et d´affronter la mer. L´homme qui accepterait ce péril seraitplus qu´un héros. «Je l´épouserais», dit alors Déruchette, la nièce de l´armateur. Et parce qu´il s´est épris de la jeune fille, Gilliatt va tenter l´entreprise. Mais suffit-il d´une idylle pour construire un roman d´amour ? Celui-ci en tout cas ne saurait bien finir, car le coeur humain, dit Hugo, est une «fatalité intérieure». Les Travailleurs de la mer, dont l´action se déroule dans l´archipel de la Manche, est d´ailleurs aussi bien un roman d´aventures, à l´époque de la machine et de la révolution industrielle, que la fable épique d´un homme seul face aux éléments. Et bien avant de le faire paraître en 1866, Hugo n´avait pas sans raison choisi de l´intituler L´Abîme.

    1 autre édition :

  • Edition enrichie (Préface, notes, commentaires sur l'oeuvre, chronologie et bibliographie)L´histoire ne marche pas à reculons. On ne fonde pas un empire bourgeois sur les ruines d´une république. Pour l´avoir clamé, Victor Hugo est exilé par celui qu´il appelait Napoléon le Petit, caricature de l´autre, celui d´Austerlitz. La République, croit-il, c´est le progrès moral, la vertu individuelle, la légitimité, le peuple justement représenté. « Dix millions, cent millions de voix scrutinant en masse ne comptent pas devant cet atome, devant cette parcelle de Dieu, l´âme du juste. » Victor Hugo sera ce juste qui se dresse devant le coup d´Etat du prince Louis-Napoléon. « Sonnez, sonnez toujours, clairons de la pensée. » Ils résonnent encore dans ces vers grandioses et passionnés, pleins d´un rêve de justice et d´égalité.

  • Collection « Classiques » dirigée par Michel Zink et Michel JarretyVictor Hugo Lorsque Les Orientales paraissent en 1829, le romantisme français s´est déjà tourné vers l´Orient que la guerre d´indépendance grecque a rendu plus présent encore. Mais si Hugo n´est pas ici un précurseur, la nouveauté de son recueil éclate pourtant dans la couleur, l´étrangeté luxuriante des mots, la puissance d´images concrètes et toute la virtuosité du vers. Ainsi se compose la somptueuse image d´un monde désarrimé comme un fantasme, mais un monde ardent et sensuel, plein de désir et d´énergie. Deux ans plus tard, Les Feuilles d´automne sont d´une tonalité tout autre, ouvertes à ce lyrisme intime où Lamartine s´est imposé. Dans cette poésie « de la famille, du foyer domestique, de la vie privée » qui évoque les joies fugaces et les tristesses diffuses, une sorte d´autobiographie s´écrit, mais qui s´ouvre aussi bien à l´identité collective du siècle et à la plénitude du monde sensible. La voix que nous entendons ici, c´est bien celle que Hugo imposera désormais comme la sienne.

    Edition présentée et annotée par Franck Laurent. 

  • Bug-Jargal

    Victor Hugo

    Edition enrichie (Présentation, notes et repères historiques et annexes) 
    1791, île de Saint-Domingue. Les esclaves noirs, menés par le mystérieux Bug-Jargal, se révoltent contre la domination des colons français. Héroïque et généreux, Bug-Jargal s'engage dans une lutte sans merci, mais ne peut oublier son amitié pour Léopold d'Auverney, jeune officier blanc, et surtout son amour pour Marie, la fiancée de ce dernier. Victor Hugo a seize ans lorsqu'il écrit Bug- Jargal, en quinze jours, en 1818. La nouvelle est publiée deux ans plus tard, avant d'être étoffée et éditée sous forme de roman en 1826, puis dans les OEuvres de Hugo en
    1832. C'est cette dernière version que nous vous présentons ici. Récit historique d'une insurrection qui conduira à l'indépendance de la République d'Haïti, Bug-Jargal pose les fondements de l'identité politique de Hugo et de ses engagements à venir.

  • Edition enrichie (Présentation, notes, dossier sur l'oeuvre, chronologie et bibliographie)Lorsque Victor Hugo publie en 1859 La Légende des siècles, il entend raconter l'Histoire de l'humanité des origines jusqu'à la fin des temps. Mais la poésie désormais porte à des pièces plus brèves, et ce n'est pas une longue narration qu'il compose, mais une suite de Petites Épopées, courts récits héroïques et pittoresques qui cependant ne s'interdisent pas les éclairs visionnaires.

    OEuvre d'un exilé qui vient de refuser l'amnistie, ces poèmes sont aussi des «paroles dans l'épreuve» qui projettent sur toute l'Histoire la dénonciation de la répression de 1848 et du coup d'État de Napoléon III. Non pas une Histoire progressiste, puisque le présent étouffe sous la domination, mais un monument qui dénonce les tyrans et fait revenir les héros du passé pour que le lecteur en garde mémoire quand la liberté reviendra. Car toujours se maintient « ce fil qui s'atténue quelquefois au point de devenir invisible, mais qui ne casse jamais, le grand fil mystérieux du labyrinthe humain, le Progrès».

  • Collection Classiques dirigée par Michel Zink et Michel Jarrety. Édition de Frank Laurent.Le 15 décembre 1840, lors du transfert des cendres de Napoléon aux Invalides, Hugo se trouve parmi la foule ; le 22 février 1848, quand commence ce qui sera une révolution, il quitte la Chambre des pairs pour assister aux affrontements de la place de la Concorde. Mais ce dont Hugo est témoin, c'est aussi l'agonie de Balzac dont il serre une dernière fois la main inerte, et de nombreux événements de toute nature, dont, hélas, les plus tragiques : la folie de sa fille Adèle et la disparition de ses deux fils, Charles et François-Victor. C'est en 1887, deux ans après sa mort, que son ami Paul Meurice puise dans ses papiers et carnets la matière d'un premier volume de Choses vues qui plus tard s'accroîtra. Des Mémoires ? sans doute non. Une sorte de Journal, plutôt, mais qui accueille à la fois des pages écrites a posteriori et de simples notes très diverses : un ensemble de fragments à la fois historiques et intimes, où l'écrivain, souvent placé comme en retrait, nous propose, si l'on veut, sa chronique d'un demi-siècle.

  • Edition enrichie (Préface, notes, notices, chronologie et bibliographie)Mallarmé le dira : « Dans sa tâche mystérieuse », Hugo « était le vers personnellement ». Et plus encore que le vers, la poésie elle-même qu'il incarne sur près d'un siècle : une poésie ouverte à son univers intérieur comme à l'immensité de la Nature, aux fracas de l'Histoire comme à l'intimité de la famille. Car c'est le même Je qui dans l'oeuvre désigne l'individu, le citoyen et le prophète, et adresse au lecteur une parole où lui-même se retrouve : « Nul de nous n'a l'honneur d'avoir une vie qui soit à lui. Ma vie est la vôtre, votre vie est la mienne, vous vivez ce que je vis ; la destinée est une. Prenez donc ce miroir et regardez-vous-y. » Chaque génération, depuis plus d'un siècle, s'est  construit son anthologie de Hugo. A son tour, celle-ci cherche à rassembler les poèmes consacrés par notre mémoire collective - et à restituer au plus près l'image d'un poète qui maintenant encore nous regarde.
    Anthologie établie, présentée et annotée par Claude Millet.

  • Paris, 1831. Les regards de Cosette et de Marius se sont croisés, un matin, dans le jardin du Luxembourg. Deux âmes disposées à s'aimer. Mais Jean Valjean veille, lui, l'ancien bagnard dont Cosette est devenue la seule raison de vivre. Promenades supprimées, déménagement : il croit tout danger écarté, quand soudain, une figure menaçante ressurgit du passé.

  • Paris, révolution de février 1848. Gavroche devient le symbole de la liberté guidant le peuple. Les barricades sont tombées ! Ployant sous le poids de Marius mourant, Jean Valjean s'enfonce déjà dans les eaux boueuses de l'égout. Au terme de cette traversée des enfers, un étrange rendez-vous l'attend.

  • Une planche pour dormir, la chiourme, les coups, les boulets au pied, dix-neuf ans de cet implacable bagne ont fait du forçat Jean Valjean un homme meurtri, brisé. Tout ça pour avoir cassé un carreau et pris un pain. Pourtant, lorsqu'il est enfin libéré en 1815, l'espoir renaît lorsque l'ancien bagnard croise sur sa route Fantine et Cosette.

  • Poésies, discours politiques, plaidoyers, nouvelles, ce recueil présente les engagements et les combats de Victor Hugo, ses prises de position en faveur de l'abolition de la peine de mort, pour le respect des droits de l'homme, et contre l'ordre moral et religieux.

  • A la fin du XVIIe siècle, un jeune lord est enlevé sur ordre du roi et atrocement défiguré, la bouche fendue jusqu'aux oreilles. Abandonné une nuit d'hiver, il parvient à rejoindre la cahute d'un philosophe ambulant, et devient saltimbanque. Quinze ans plus tard, rétabli dans ses droits, il est pair d'Angleterre. Mais sa mutilation ne s'effacera pas, et celui qui se serait voulu prophète à la chambre des lords restera condamné à n'être qu'un bouffon. Lorsqu'il publie le livre en 1869, Hugo le présente comme le roman de l'aristocratie, premier volume d'une trilogie consacrée à une Histoire de la Révolution que Quatrevingt-Treize achèverait. Et ce livre sombre dénonce bien en effet le despotisme de l'aristocratie. Mais si L'Homme qui rit est une méditation historique et métaphysique, c'est aussi une oeuvre foisonnante et baroque, une manière de drame qui réclame un « lecteur pensif », puisque Hugo nous donne à réfléchir sur la misère et sur le peuple, sur l'amour et sur le désir, aussi bien que sur le Mal.

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