• « Qu'est-ce que les Contemplations ? C'est ce qu'on pourrait appeler, si le mot n'avait quelque prétention, les Mémoires d'une âme » (Préface).

    Peu d'oeuvres poétiques se réfèrent plus ouvertement à leur contexte historique et biographique que celle-ci. Publiées en 1856, Les Contemplations portent la marque d'un double deuil : la perte de la fille du poète, Léopoldine, et la mort symbolique que représente l'exil. Mais ce qui s'y joue touche à la puissance de la parole poétique : par la contemplation, plongée aux tréfonds de soi d'où doit émerger la poésie, Hugo fait du déchirement un acte créateur et du verbe lyrique l'instrument d'une recherche d'absolu.

    Dossier
    1. Les Contemplations et leur réception
    2. Deuil, poésie et force de vivre
    3. Écrire pour résister
    4. La littérature post-apocalyptique

  • "L'avenir arrivera-t-il ? il semble qu'on peut presque se faire cette question quand on voit tant d'ombre terrible. Sombre face-à-face des égoïstes et des misérables. Chez les égoïstes, les préjugés, les ténèbres de l'éducation riche, l'appétit croissant par l'enivrement, un étourdissement de prospérité qui assourdit, la crainte de souffrir qui, dans quelques-uns, va jusqu'à l'aversion des souffrants, une satisfaction implacable, le moi si enflé qu'il ferme l'âme ; - chez les misérables, la convoitise, l'envie, la haine de voir les autres jouir, les profondes secousses de la bête humaine vers les assouvissements, les coeurs pleins de brume, la tristesse, le besoin, la fatalité, l'ignorance impure et simple.

    Faut-il continuer de lever les yeux vers le ciel ? le point lumineux qu'on y distingue est-il de ceux qui s'éteignent ? L'idéal est effrayant à voir ainsi perdu dans les profondeurs, petit, isolé, imperceptible, brillant, mais entouré de toutes ces grandes menaces noires monstrueusement amoncelées autour de lui ; pourtant pas plus en danger qu'une étoile dans les gueules des nuages."
    IVe partie, livre 7, chap. IV.

    4 Autres éditions :

  • Victor Hugo a vingt-six ans quand il écrit, en deux mois et demi, Le Dernier Jour d'un Condamné, roman qui constitue sans doute le réquisitoire le plus véhément jamais prononcé contre la peine de mort.
    Nous ne saurons pas qui est le Condamné, nous ne saurons rien du crime qu'il a commis. Car le propos de l'auteur n'est pas d'entrer dans un débat mais d'exhiber l'horreur et l'absurdité de la situation dans laquelle se trouve n'importe quel homme à qui l'on va trancher le cou dans quelques heures.
    Ce roman - aux accents souvent étrangement modernes - a une telle puissance de suggestion que le lecteur finit par s'identifier au narrateur dont il partage tour à tour l'angoisse et les vaines espérances. Jusqu'aux dernières lignes du livre, le génie de Victor Hugo nous fait participer à une attente effarée : celle du bruit grinçant que fera le couperet se précipitant dans les rails de la guillotine.
    Quiconque aura lu ce livre n'oubliera plus jamais cette saisissante leçon d'écriture et d'humanité.

    3 Autres éditions :

  • "Qu'est-ce que Les Contemplations ? C'est ce qu'on pourrait appeler, si le mot n'avait quelque prétention, Les Mémoires d'une âme.
    Ce sont, en effet, toutes les impressions, tous les souvenirs, toutes les réalités, tous les fantômes vagues, riants ou funèbres, que peut contenir une conscience, revenus et rappelés, rayon à rayon, soupir à soupir, et mêlés dans la même nuée sombre. C'est l'existence humaine sortant de l'énigme du berceau et aboutissant à l'énigme du cercueil ; c'est un esprit qui marche de lueur en lueur en laissant derrière lui la jeunesse, l'amour, l'illusion, le combat, le désespoir, et qui s'arrête éperdu "au bord de l'infini". Cela commence par un sourire, continue par un sanglot, et finit par un bruit du clairon de l'abîme.
    Une destinée est écrite là jour à jour."
    Victor Hugo.

  • Hernani

    Victor Hugo

    En imposant Hernani, chef-d'oeuvre du drame romantique, à la Comédie-Française, temple du classicisme, Victor Hugo fut à l'origine de l'une des plus célèbres batailles de l'histoire littéraire. « Tissu d'extravagances », fruit d'un « esprit humain affranchi de toute règle et de toute bienséance », selon la censure, Hernani marquait l'avènement d'un théâtre mariant le sublime au trivial et investi par le lyrisme, l'épique et la politique.
    Drame historique retraçant l'accession à l'Empire de Charles Quint, comédie d'intrigue mettant en scène un roi, un vieillard et un bandit épris de la même femme, tragédie héroïque sous-tendue par la loi de l'honneur aristocratique, Hernani incarne le mélange des genres. Consacrant le triomphe de l'avant-garde artistique, la création de cette pièce flamboyante, au printemps 1830, entérinait la révolution française du goût.
    Dossier
    1. La réception de l'oeuvre
    2. Fortune d'Hernani à la scène
    3. Le vers hugolien
    4. Histoire et politique dans Hernani

    3 Autres éditions :

  • Claude Gueux

    Victor Hugo

    Édition enrichie d'Arnaud Laster comportant une préface et un dossier sur l'oeuvre. S'inspirant du cas d'un homme exécuté à Paris en 1832, et quelques années après Le Dernier Jour d'un Condamné, Victor Hugo écrit un nouveau plaidoyer contre la peine de mort. Il dénonce la misère qui frappe les classes laborieuses et l'enchaînement fatal qui les conduit au crime. Pour lui, ce n'est pas l'individu qu'il faut condamner, c'est la société qu'il faut réformer. Dans un débat toujours actuel, Hugo prône l'éducation contre la prison.

    2 Autres éditions :

  • L'Angleterre a connu, cent quarante ans avant la France, une révolution, un parlement régicide, une république et une restauration fertile en règlements de comptes. Victor Hugo a choisi ce dernier épisode pour brosser un tableau épique de l'aristocratie anglaise à travers la destinée extraordinaire de Gwynplaine, l'Homme qui Rit.
    À la fois roman d'aventures, exposé historique et social, drame injouable et poème visionnaire, ce roman est le plus fou de tous les romans de Hugo. C'est aussi le plus riche de toutes les obsessions de son auteur. On a cru pouvoir, à son propos, citer Freud et le surréalisme.
    Le bateau pris dans la tempête, la vision du pendu servant de vigie, la cabane-théâtre des saltimbanques, les tirades philosophiques d'Ursus, les machinations du traître Barkilphedro, la chirurgie monstrueuse d'Hardquanonne, le portrait de la princesse perverse, l'or des palais et le scandale à la Chambre des lords sont, plus que des morceaux de bravoure, des morceaux d'anthologie.

  • D'abord destiné à la troisième partie des Misérables, et originellement intitulé Les Fleurs, ce texte a été retiré du manuscrit, écarté mais non oublié, l'auteur souhaitant le réserver pour un autre projet, 'mon travail sur L'Âme', note-t-il. Preuve que ces pages, venues du roman de 1862, portées par les silhouettes difformes des voleurs et des escarpes, se détachent et regardent vers un autre horizon ; elles désignent un plan supérieur, idéal, spirituel et métaphysique, auquel Hugo entendait sans doute consacrer les dimensions d'un livre. Retenons simplement l'impératif qui s'en dégage : scruter le fond de l'âme. Et pour ce faire, procéder par degrés, aller du fini à l'infini, de l'immanent au transcendant.'
    Henri Scepi.

    ' Prostitution, vice, crime, qu'importe! La nuit a beau s'épaissir, l'étincelle persiste. Quelque descente que vous fassiez, il y a de la lumière. Lumière dans le mendiant, lumière dans le vagabond, lumière dans le voleur, lumière dans la fille des rues. Plus vous vous enfoncez bas, plus la lueur miraculeuse s'obstine.

  • Paris, 1482. Autour de la belle bohémienne Esmeralda, dont la danse résonne sur le parvis de Notre-Dame, gravitent trois prétendants prêts à tout pour la conquérir : Phoebus, noble capitaine, Claude Frollo, prêtre sans foi, et le célèbre Quasimodo, bossu au grand coeur... Surplombant le roman, la cathédrale, vivifiante Babel, lieu de refuge et d'épouvante aussi, voit se presser autour d'elle le peuple, acteur de l'Histoire en marche.
    Récit historique à la langue pittoresque et roman noir tout de meurtres et de mystère, Notre-Dame de Paris connaît, aujourd'hui encore, une popularité sans égale. Ainsi que l'écrivait Lamartine à l'auteur en 1831 : « C'est une oeuvre colossale, une pièce antédiluvienne. [...] Je ne vois rien à comparer dans nos temps à Notre-Dame. C'est le Shakespeare du roman, c'est l'épopée du Moyen Âge, c'est je ne sais quoi ; mais grand, fort, profond, immense, ténébreux comme l'édifice dont vous en avez fait le symbole. »
    Dossier :
    1. L'histoire de l'oeuvre
    2. Victor Hugo : le patrimoine en débat
    3. Roman historique et roman noir
    4. Les adaptations de Notre-Dame de Paris

    3 Autres éditions :

  • L'Art d'être grand-père (1877) est le testament poétique de Victor Hugo : à soixante-quinze ans, il écrit ses derniers vers. Entièrement dédié à ses petits-enfants Georges et Jeanne, le recueil marque une parenthèse intimiste au sein d'une oeuvre majoritairement engagée, et livre une ode à l'innocence enfantine.
    Longtemps méconnu, «L'Art d'être grand-père, dit Aragon, est un livre d'avenir». C'est qu'il ne s'agit pas seulement «d'obéir aux petits» et de sourire à leurs enfantillages : Hugo, parvenu à l'âge de savoir pardonner, se dévoile apaisé et plein d'espoir, lui «qu'un tout petit enfant rend tout à fait stupide».

  • Quatrevingt-treize

    Victor Hugo

    Le marquis de Lantenac, vieil aristocrate aux moeurs austères, est l'âme de l'insurrection vendéenne ; Cimourdain, issu du peuple, fait montre du stoïcisme intraitable des délégués de la Convention ; Gauvain, neveu du marquis et fils adoptif de Cimourdain, est un noble qui a rejoint les rangs du peuple. À travers l'histoire de ces trois hommes condamnés à s'affronter, les péripéties sanglantes de la Révolution sont rachetées par l'intégrité morale de quelques-uns. Quatrevingt-treize, ou l'épopée de la Révolution française...

    1 autre édition :

  • Dans un XIXesiècle encore à écrire, un jeune écrivain du nom de Victor Hugo s'insurge de la destruction de l'ancienne France et de ses monuments. Texte de jeunesse qui témoigne de l'acuité précoce de son auteur, Guerre aux démolisseursnous met face à un homme engagé dans les débats de son temps, et dont le diagnostic sévère laisse le lecteur toujours aussi dubitatif. Quelle place pour la protection du passé dans une époque obsédée par le progrès industriel ?
    Victor Hugo met ici toute sa verve pour répondre à cette question et se fait le défenseur de ce qui constitue rien de moins que l'âme et l'histoire d'un pays : ses monuments. Le texte d'Hugo fascine en ce qu'il pose les jalons d'un débat ancien de presque deux siècles, qui reste aujourd'hui encore plus que jamais d'actualité.

    Faut-il le rappeler ? Victor Hugo (1802-1885) est le fameux auteur de Notre-Dame de Paris et des Misérables...

  • Ruy Blas

    Victor Hugo

    À la cour des Habsbourg d'Espagne, alors que le règne de Charles II touche à sa fin, un valet revêt les habits de son maître et accède aux plus hautes sphères du pouvoir. Très vite, l'homme du peuple se révèle un être d'exception et suscite l'admiration de la reine dont il est secrètement amoureux. Mais le laquais, instrument d'une vengeance infâme, s'expose malgré lui à une chute funeste.
    En 1838, cinq ans après l'immense succès de Lucrèce Borgia, Hugo met en scène un royaume qui expire et fait d'un manant l'égal des puissants. À ses contemporains, qui ont vu 1830 succéder à 1789, il fait entendre la voix du peuple et offre une méditation sur le devenir des régimes politiques. Emblème du drame romantique, alliant le grotesque au sublime et le comique au tragique, Ruy Blas est, selon le mot de Jean Vilar, une pièce « intense ».

    1 autre édition :

  • Préface de Cromwell

    Victor Hugo

    Hugo est âgé d'à peine vingt-cinq ans lorsqu'il rédige, en 1827, la Préface de Cromwell. Acclamé par nombre de contemporains, le texte acquiert, par sa force et son
    autorité, une forme d'autonomie à l'égard du drame qu'il accompagne.
    Alors que la France est prise dans l'étau de la Restauration, Hugo défie tous les conservatismes et prône avec ferveur le renouveau d'un théâtre étouffé sous le carcan des conventions classiques. Le drame, ultime forme théâtrale, a désormais la responsabilité d'être politique et de se confronter aux préoccupations de l'époque. À cette fin, son esthétique doit être révolutionnée. Mélange des genres, souplesse de la langue, liberté créatrice de l'écrivain, intrusion du grotesque par contraste avec le sublime : tels sont les principes énoncés dans ce texte polémique qui propulsa Hugo comme chef de file de l'école romantique.

    Dossier
    1. La préface théâtrale du XVIIe au XIXe siècle
    2. Préfaces hugoliennes
    3. Le grotesque dans le théâtre hugolien
    4. De la querelle du Cid à la bataille d'Hernani.

  • Les châtiments

    Victor Hugo

    Dix jours après le coup d'État du 2 décembre 1851, Victor Hugo se retrouve en exil, chassé de son pays. Il renonce au confort de sa vie bourgeoise, à son siège de député et à son fauteuil d'académicien pour s'engager dans une lutte sans répit contre l'empereur Napoléon III, qu'il a rebaptisé « Napoléon le petit ». Sur l'île de Jersey, il compose ses Châtiments, arme politique qui fait du poète le porte-parole du peuple, de la République et de la justice.
    Parce qu'il lui semble inconcevable dans ces conditions d'écrire un « volume de poésie pure », Hugo donne à cette oeuvre pamphlétaire une dimension poétique nouvelle,agrandie par la sincérité de la colère et le voisinage de l'océan
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    Dossier
    1. Petit Traité de versification
    2. La satire
    3. Le mélange des genres
    4. Les Châtiments dans « l'année terrible » (1870)

  • En 1860, Hugo reprend le manuscrit des Misérables, qu'il avait laissé de côté pendant douze ans. Mais avant de se remettre à l'écriture du roman, il consacre plusieurs mois à la rédaction d'un essai, en lui donnant pour titre Philosophie, suivi de l'indication Commencement d'un livre. De cet essai, Hugo dit qu'il « contient un quasi-ouvrage sur [sa] philosophie religieuse personnelle, pouvant servir, soit de préface spéciale aux Misérables, soit de préface générale à [ses] oeuvres ».
    Ces pages sont une méditation cosmique et politique, une réflexion sur l'organisation de l'univers et de la société, un laboratoire où Hugo cherche à penser le mystère de l'infini.
    Énumérant les singularités et les extravagances de la nature, il se heurte à l'incompréhensible, à l'inexplicable, au prodige. Parce que la réalité se dérobe à une intelligence totale, il faut en conclure qu'un principe supérieur est nécessaire à la compréhension de ce qui échappe aux seules données de l'expérience. Ce principe, c'est Dieu.

  • Pour obtenir la main de celle qu'il aime, le pêcheur Gilliatt, solitaire et contemplatif, honni des autres hommes, entreprend de sauver le moteur de la Durande, bateau échoué au large de l'île de Guernesey. Engageant une lutte à mort avec l'océan, il devra braver la fureur des flots, plonger dans les abîmes et vaincre les créatures cauchemardesques qui peuplent les fonds marins... Roman d'amour narrant la quête tragique d'un héros herculéen et damné, épopée sublime de la mer et du progrès, Les Travailleurs de la mer est aussi une puissante méditation sur les pouvoirs du songe et les mystères de la création. D'une plume virtuose, Victor Hugo y explore «l'innommable, le grouillement des formes, les profondeurs insondables ; il interroge le ciel nocturne, les météores. Il pose la question du sens de l'univers et de la destinée. Et il le fait avec un rare frisson d'authenticité.» Patrick Grainville

  • Ce ne devait être que l'histoire d'un homme condamné au bagne pour avoir volé un pain. Mais entre 1845, date qui figure en tête du manuscrit, et 1862, date de la publication du roman, l'histoire s'amplifie, gonfle, déborde, jusqu'à devenir une énorme machine aux innombrables intrigues. Et pourtant, tout se tient. Toutes les ficelles que Hugo s'emploie à dévider, il les réunit par un seul geste : interroger la misère, bien qu'elle échappe au discours, et lui donner un sens, bien qu'elle n'en ait pas.
    Le livre est un « chef-d'oeuvre », un « monument », l'expression du « génie » de son auteur ; mais l'écart entre le roman et nous est immense. Beaucoup de ses références ont cessé d'avoir pour nous la signification qu'elles avaient pour ses premiers lecteurs. Cette nouvelle édition se propose de restaurer les lisibilités perdues, en tenant compte de l'historicité de l'écriture. Travail tous azimuts, sur tous les plans : politique, sociocritique, économique, philosophique, poétique. Ce qui est en jeu, c'est de saisir la force symbolique de la fiction, de comprendre le texte, d'en retrouver le sens. En somme, de lire Les Misérables.

  • Ce ne devait être que l'histoire d'un homme condamné au bagne pour avoir volé un pain. Mais entre 1845, date qui figure en tête du manuscrit, et 1862, date de la publication du roman, l'histoire s'amplifie, gonfle, déborde, jusqu'à devenir une énorme machine aux innombrables intrigues. Et pourtant, tout se tient. Toutes les ficelles que Hugo s'emploie à dévider, il les réunit par un seul geste : interroger la misère, bien qu'elle échappe au discours, et lui donner un sens, bien qu'elle n'en ait pas.
    Le livre est un « chef-d'oeuvre », un « monument », l'expression du « génie » de son auteur ; mais l'écart entre le roman et nous est immense. Beaucoup de ses références ont cessé d'avoir pour nous la signification qu'elles avaient pour ses premiers lecteurs. Cette nouvelle édition se propose de restaurer les lisibilités perdues, en tenant compte de l'historicité de l'écriture. Travail tous azimuts, sur tous les plans : politique, sociocritique, économique, philosophique, poétique. Ce qui est en jeu, c'est de saisir la force symbolique de la fiction, de comprendre le texte, d'en retrouver le sens. En somme, de lire Les Misérables.

  • Lucrèce Borgia

    Victor Hugo

    Crime, débauche, inceste : Lucrèce Borgia, fille et soeur de papes, est accusée des maux les plus infâmes. Un seul homme, pourtant, la fait trembler : son fils, Gennaro, jeune soldat au coeur pur qui se croit orphelin. Par amour pour lui, cette femme vénéneuse veut racheter son passé et laver son nom, honni de l'Italie tout entière. Par-delà le monstre, Hugo dresse le portrait d'une femme qui s'efforce de métamorphoser son âme. Signe de son triomphe immédiat, la pièce a fait l'objet de plusieurs parodies. Cette édition reproduit la plus réussie d'entre elles, Tigresse Mort-aux-Rats, réécriture burlesque et satirique qui dissèque les rouages du théâtre hugolien. Elle comprend également un entretien avec le metteur en scène David Bobée, qui revient sur sa lecture politique et esthétique de l'oeuvre. Dossier : 1. Création et réception 2. Du texte à sa représentation 3. La mise en scène de David Bobée : «épurée, âpre, râpeuse et sensuelle» 4. Figures de la violence au théâtre 5. Les femmes criminelles à l'époque romantique.

    1 autre édition :

  • Bug-Jargal

    Victor Hugo

    Racontant la révolte des esclaves de Saint-Domingue en 1791, le premier roman de Hugo est un roman d'aventures visionnaire, foisonnant et baroque. En même temps que Bug-Jargal se bat pour l'affranchissement des siens, Hugo entend se libérer de l'esclavage des conventions littéraires. Un livre sur la révolte doit s'écrire dans une langue révoltée. Dans ce roman riche en abîmes et fertile en monstres, Hugo est révolutionnaire, et ne le sait pas encore.

  • Le 7 novembre 1831, un certain Claude Gueux, emprisonné pour un petit larcin, tue le directeur de sa prison. Il est condamné à mort et guillotiné en juin 1832. Le fait divers, relayé par la presse, inspire Victor Hugo. L'auteur du Dernier Jour d'un condamné s'empare de l'histoire de cet homme ordinaire que la souffrance et le désespoir ont transformé en meurtrier. Réquisitoire contre la peine de mort et plaidoyer pour l'éducation du peuple, cette nouvelle met en scène avec brutalité une société sclérosée, une justice inique et l'État indifférent qui ont poussé un individu honnête à commettre un crime.
    Claude Gueux est suivi d'autres textes contre la peine de mort, dont la Préface au Dernier Jour d'un condamné et le Discours à l'Assemblée constituante du 15 septembre 1848.

  • Ce qui devait n'être qu'une préface à la traduction de Shakespeare par le fils, François-Victor Hugo, devient grâce au père un véritable traité sur le génie, paru en 1864. À partir d'une dynastie qui comprend Homère, Eschyle, Dante, Rabelais ou encore Cervantès, Hugo élabore une théorie et une nouvelle histoire, celle des génies, qui remplace celle des généraux et des tyrans. Il les présente dans un récit poétique d'idées, d'une forme si originale qu'on ne la retrouve que chez Nietzsche, Péguy, Valéry ou Malraux. C'est aussi l'occasion pour Hugo, en exil à Guernesey, de dresser un bilan du Romantisme - en faisant, à peine déguisée, son autobiographie intellectuelle - et d'annoncer la modernité littéraire.
    Livre-monstre, d'une érudition folle, William Shakespeare est surtout l'hommage rendu par Hugo à l'éternité de l'art et à l'immortalité des créateurs.

    1 autre édition :

  • Alors que la querelle du Cid fait rage et qu'un décret de Richelieu, ministre de Louis XIII, a interdit les duels, la célèbre
    courtisane parisienne, Marion de Lorme, se réfugie à Blois, à l'abri des regards : bien décidée à changer de vie, elle attend son amant, Didier, qui ne la connaît pas encore sous son vrai nom, mais sous celui de Marie. Et pour cause : il exècre Marion de Lorme, "une femme, de corps belle, et de coeur difforme". Rien n'aurait pu assombrir cette histoire d'amour, si Didier n'avait pas provoqué en duel un certain Saverny, ancien amant de Marion...
    Marion de Lorme figure parmi les premières pièces de l'auteur. D'abord interdit par la censure en 1829, le drame le plus cornélien de Victor Hugo sera finalement joué en 1831, un an après Hernani. Au moment où Victor Hugo l'écrit, Marion de Lorme prépare déjà la révolution du romantisme au théâtre : la représentation inédite de la
    querelle du Cid au coeur du drame préfigure en effet les enjeux de la bataille d'Hernani.

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