République des Lettres

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Virginia Woolf. Poème du silence, de l'unité perdue, "Entre les actes" illustre avec un art sans défaut la conquête de Virginia Woolf, sa connaissance intuitive de l'être, de son caractère irrémédiablement isolé et fragmentaire, son perpétuel mouvement intérieur, son déchirement, sa double vie, le silence enfin qui recouvre toute explication. Dans l'ordre même de Marcel Proust, de James Joyce, de Henri Bergson, Virginia Woolf a vécu et créé "entre les actes", entre les apparences, la citadelle légère et indestructible de la plus secrète réalité intérieure.


  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Virginia Woolf. Préface et traduction de Marguerite Yourcenar. Avec ses longs monologues intérieurs dont les courbes se succèdent et s'entrecroisent, "Les Vagues" est une composition musicale à six instruments sur le thème de la vie. Libérée de l'espace et du temps, l'intrigue s'amenuise au point de disparaître et rien ne permet de différencier les vies individuelles des six personnages, ainsi que le langage dans lequel ils expriment leur histoire de la naissance à la mort. Ce sont moins des héros qu'une suite d'impressions multiples se déroulant comme le flux et le reflux des vagues. Dans la succession des instants la romancière choisit le moment d'être qui cristallise une réalité mouvante. Derrrière la diversité des modes d'existence elle tente de retrouver l'être continu. Qu'est-ce que la vie, qui suis-je ? "Des pièces, des morceaux, des fragments" dit-elle. En faisant du monde invisible qui habite le plus profond de notre conscience et de notre inconscience l'essence du roman, Virginia Woolf atteint ici à l'essence de la poésie. "La vie n'est pas une série de lanternes disposées symétriquement; la vie est un halo lumineux, une enveloppe à demi transparente où nous sommes enfermés depuis la naissance de notre conscience jusqu'à la mort".

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Virginia Woolf. Rachel, à vingt-quatre ans, ne connaît rien de la vie, rien de l'amour. Elle joue du piano dans le vague espoir d'un événement inattendu. Prisonnière encore du cocon qui la protège, elle traverse l'existence, inerte, somnolente, presque inanimée. Tout en elle est réserve, isolement. Elle gît comme une princesse endormie jusqu'au baiser qu'un homme lui donnera un jour de tempête. Mais cet éveil à la vie, loin d'être bienheureux, la plonge dans des cauchemars sans fin. La prémonition de l'eau et de la noyade l'enveloppe de terreur. Elle découvre que l'amour est une fatalité et qu'elle est la proie, en apparence, d'une fièvre tropicale, en réalité de la folie. Virginia Woolf a vécu toutes les visions de l'héroïne de son premier roman. Aucun de ses livres ne sera aussi prémonitoire que "La Traversée des apparences".

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