• Barbe-Noire est sans doute le plus illustre, Anne Bonny la plus féminine et Jack Sparrow le plus attirant (et surtout le moins réel !), mais que sait-on véritablement des pirates, corsaires et flibustiers ? S'il est certain que les pilleurs des mers ont régné sur les Caraïbes au XVIIIe siècle, on ne peut toutefois pas résumer leur histoire à ce truisme.
    En effet, dès l'Antiquité, le monde maritime est conçu comme un espace où il n'y a aucune règle si ce n'est celle de la loi du plus fort. Dans la mer Méditerranée, les marines crétoise, phénicienne et grecque sont donc confrontées à des pirates qui usent de force et de ruse pour parvenir à leurs fins. Mais une forme de collaboration s'installe progressivement entre les bandits des mers et le pouvoir politique : les premiers écoulent facilement leur butin dans les ports et sur les marchés, tandis que les seconds se procurent des marchandises inédites à bon prix. Ainsi se développe la piraterie. Puis, dès le Moyen Âge, apparaissent la course et les corsaires, ces fameux « pirates d'État » autorisés à piller et attaquer les bateaux ennemis. À partir du XVIe siècle et des grandes découvertes, on rencontre le flibustier - savant mélange entre le pirate et le corsaire - qui sévit essentiellement dans le bassin caribéen.
    Dans cette grande synthèse complète et inédite, Alain Blondy retrace avec maestria leur histoire. Au gré des incursions terrestres, des razzias, des attaques de navires et des prises de butin, l'auteur nous fait voyager, à travers les siècles (Xe siècle av. J.-C. - XIXe siècle) et les peuples (Vikings, Chinois, Ottomans...), de la Méditerranée à l'Océan Pacifique en passant par les mers du Nord.

  • Paul Ier

    Alain Blondy

    • Perrin
    • 9 Janvier 2020

    L'Histoire et les Russes se sont empressés d'oublier Paul Ier. Fils illégitime de la grande Catherine II, il fut pourtant tsar de Russie de 1796 jusqu'à sa mort, en 1801. Homme fantasque, marqué sa vie durant par les stigmates d'une enfance douloureuse, il n'accéda au pouvoir qu'au décès de sa mère, après avoir été tenu à l'écart de tout pendant quarante-deux ans.
    Prenant le contrepied du règne précédent, il réforma le pays et durcit la politique à l'égard de la noblesse. Ses mesures, nombreuses et vétilleuses, mécontentèrent à la fois la cour, l'armée et le peuple. À l'extérieur, il se brouilla avec ses alliés, notamment l'Angleterre, en raison de sa marotte qui lui fit se proclamer maître de Malte.
    Passé maître dans l'art de se faire des ennemis, Paul Ier fut sordidement assassiné par un groupe d'officiers de son entourage, dans la nuit du 21 mars 1801. Ce tsaricide, dû à la lassitude de la haute société russe, apparut aussi comme le résultat d'une sourde manoeuvre de l'Angleterre.
    Se fondant sur de multiples sources, Alain Blondy ressuscite le destin shakespearien de ce tsar mal aimé dont les actes traduisirent autant son désir névrotique de revanche que son génie à tisser sa propre apocalypse.

  • « Raconter » l'histoire des idées depuis Platon jusqu'aux nouveaux philosophes, telle est l'ambition de ce livre écrit par un pédagogue d'exception. Sans jamais s'appesantir, Alain Blondy résume les idées-force et les livres cardinaux des grands penseurs de l'humanité, en faisant toute leur part aux principaux courants et écoles de pensée laïcs et religieux. Dans la lignée d'un Jean-François Revel ou d'un Lucien Jerphagnon, l'auteur cultive l'art de la formule - qualité essentielle pour l'histoire de la pensée cantonnée dans des manuels épais, dans tous les sens du terme.

  • L'Irlande et Bordeaux entretiennent depuis des siècles d'intenses relations commerciales. Si les marchands britanniques ont une réelle antériorité, ils ont été suivis par les Irlandais soucieux d'avoir dans ce port important d'actifs représentants pour suivre les échanges, le vin et le cognac gagnant Cork, la laine ou le beurre remontant la Garonne. Parmi eux, les Lawton dont un quai bordelais porte désormais le nom, avec Abraham, le premier d'une dynastie qui ne s'est plus interrompue depuis 1739.
    En chercheur passionné et attentif, Alain Blondy expose la généalogie de cette famille riche en personnalités et en destins. Mariages, maladies, crises de vignobles, guerres traversent la vie, parfois tumultueuse, de ceux qui ont imposé leur nom dans le monde des courtiers en vin. Dans cette lignée et issu de la sixième génération, Daniel Lawton nous a laissé ses Mémoires, source précieuse qui donne à l'analyse de l'historien des tonalités où le récit d'une guerre dans laquelle il fut actif prend un relief particulier.
    En passant par l'intime des différentes couches générationnelles, c'est tout un portrait politique de la France qui est dressé, dans une démarche similaire à celle de l'École des Annales. Les événements politiques majeurs du xxe siècle servent de toile de fond aux passions et aux engagements idéologiques des Lawton, amenés tout au long des siècles à côtoyer des hommes illustres.

  • Le monde méditerranéen

    Alain Blondy

    • Perrin
    • 19 Avril 2018

    Alain Blondy, dans une grande synthèse dont il a le secret, retrace l'histoire du monde méditerranéen de la préhistoire à nos jours. Ce creuset de la civilisation vit, tour à tour, s'élaborer la pensée antique qui constitua la philosophie, le droit et le politique, puis le monothéisme donnant naissance aux trois religions révélées : judaïsme, christianisme, islam.
    Longtemps poumon économique de l'Occident, le découverte des océans le rétrograda dans un rôle plus secondaire avant de se trouver à nouveau au coeur de l'humanité par l'expansion des nationalités, le triomphe de la révolution industrielle et le choc des empires.
    En appréhendant le monde méditerranéen dans un "temps long", en équilibrant les points de vu occidentaux et orientaux, Alain blondy met en évidence l'érosion empires, les enjeux des frontières et les récentes tensions politiques et religieuses. Une synthèse limpide et ambitieuse qui permet de comprendre le rôle et l'importance du monde méditerranée au centre des événements historiques qui modèlent et bouleversent le Proche-Orient, l'Europe et l'Afrique du nord.

  • Jean-François de Villages-Villevieille (1742-1791), chevalier de Malte et officier de marine, a rédigé et illustré, sa carrière durant, des journaux de toutes ses campagnes, tant à bord des vaisseaux de la Religion que de ceux du Roi. Le second volume de ces comptes rendus qui couvre la période allant de 1765 à 1773, est le seul qui semble conservé dans des collections publiques (en l'occurrence la National Library de Malte) et c'est lui qui fait l'objet de cette publication. Ayant participé à de nombreux événements maritimes de l'histoire de France, le chevalier de Villages a eu une carrière bien remplie, assombrie à la fin par le douloureux épisode de Toulon où il fut fait prisonnier par les révolutionnaires de Toulon et par sa mort de maladie lors de l'expédition de Saint-Domingue de 1791 qu'il commandait avec le grade de chef de division.
    Embarqué en 1767 à bord de la frégate chargée d'amener à Naples le vicomte de Choiseul-Praslin qui venait d'y être nommé ambassadeur, il donne d'excellentes descriptions de la ville, mais aussi des ruines déjà connues de la région de Baies ou de Cumes, ou de celles qui venaient d'être découvertes au pied du Vésuve. Sa description du premier musée archéologique, à Portici, est un document d'importance.
    À l'occasion de sa participation à la prise en main de la Corse par les Français en 1768, il montre en quelques lignes l'importance et la réussite de la tactique de guérilla contre les partisans de Paoli et il décrit successivement Bastia, Calvi, Ajaccio, mais aussi Portoferraio, Florence, Pise, Livourne.
    Dans l'état-major de la flotte chargée de faire la guerre à la Régence de Tunis en 1770, il décrit avec minutie les échanges épistolaires entre le chef d'escadre, le Bey et le Divan, montre l'impréparation française qui par chance était inférieure à l'impéritie tunisienne et décrit les villes qu'il voit, notant aussi tous les événements en mer comme l'apparition de la flotte d'Orlov en Méditerranée.
    C'est en effet au nouveau jeu russe en Méditerranée qu'il est confronté en 1773. Il est alors à bord d'une corvette chargée de protéger les convois de bâtiments marchands destinés au Levant et qui subissaient de plein fouet les rapines des Barbaresques mais aussi des corsaires que l'on disait alors moscovites. Parvenu à Smyrne, il est témoin d'un soulèvement mené par des chefs janissaires contre les représentants du pouvoir ottoman mais aussi contre les intérêts francs et principalement français.
    Ces documents inédits, publiés avec l'introduction et les annotations d'Alain Blondy, professeur à l'université Paris-Sorbonne, constituent un apport intéressant à l'histoire du monde méditerranéen et de la politique navale du règne de Louis XV.

  • Le présent outil de recherche bibliographique n'a aucunement la prétention d'être une bibliographie, ni exhaustive ni raisonnée, de la question.
    En effet, il entend n'être qu'un instrument, à la disposition du chercheur moderniste qui s'intéresse à l'histoire des échanges commerciaux et des relations économiques, politiques et humaines entre les divers horizons du pourtour de la Méditerranée : pays chrétiens, monde ottoman, Régences barbaresques ou Echelles levantines, mais aussi pays de la Baltique, de la Mer du Nord, de l'Atlantique ou de la Mer Rouge qui venaient y commercer.
    Cet outil de recherche bibliographique se présente en deux parties : - la première est un index alphabétique, par nom d'auteur, des ouvrages et articles de revues internationales parus sur l'ensemble de la question ; - la seconde est un index par clefs de recherche qui renvoient aux auteurs des ouvrages et articles.

  • Chypre

    Alain Blondy

    Ile la confluence de l'Orient et de l'Occident, Chypre a toujours t une zone de fractures, aux influences multiples. Le monde grec y a tabli sa tradition, subissant ou se heurtant, au cours des sicles, des dominations multiples. Une histoire de l'le, de la prhistoire au XXe sicle, qui prsente une vue synoptique.

  • Le manuscrit Usages et éthiquettes observées à Malte, à la Cour du Grand Maître, au Conseil, à l'Église, daté de1762 et conservé à la Bibliothèque nationale de Malte, est un document inédit d'une grande importance qui montre la volonté des grands maîtres du XVIIIe siècle de se démarquer à la fois de leur vassalité à l'égard du roi de Naples et de leur sujétion à l'égard de R ome, incarnée par l'inquisiteur. Rédigé en français, ce mémoire n'est nullement anodin. Dans un monde où la Contre-Réforme et l'absolutisme étaient parvenus avec retard, la codification des usages de cour apparut comme un des moyens de soutenir les prétentions des grands maîtres à la souveraineté. Malheureusement pour Emmanuel Pinto, le fastueux grand maître régnant alors, il fut l e dernier acte de ce rêve de grandeur que les cours des Lumières brisèrent sans ménagement.

  • Les lettres écrites par l'abbé Boyer, prêtre conventuel de l'Ordre de Malte à la vie hésitant entre scandale et malhonnêteté, sont davantage des «nouvelles à la main» qu'une chronique de l'Ordre de Malte au XVIIIe siècle. L'Ordre, à cette époque, n'était plus qu'un conservatoire prébendé pour des cadets de familles nobles et des fils de juristes. Toutefois, à la différence des autres ordres, il avait une aura sociale très importante et la croix octogone à ruban noir valait toutes les autres décorations car, tout comme aujourd'hui les grandes écoles, le plus difficile était de passer les sélections à l'entrée. Mais l'Ordre était aussi une principauté de Méditerranée, avec un rôle politique important, d'autant qu'à partir de la Guerre de Sept Ans, il fut totalement intégré à la diplomatie française, d'abord par le biais du Secret du Roi, puis, plus ouvertement, par la direction que Choiseul et Vergennes exercèrent sur lui. Petite Cour de province, république conventuelle élective, des nobles de tous âges et de toutes nationalités s'y entassaient, exaspérant leurs ambitions et exacerbant leurs passions, avec les Maltais pour spectateurs. Boyer, trublion patenté, se fit rapporteur de ragots pour gagner quelques écus d'un grand seigneur français, dignitaire de l'Ordre, le bailli de Breteuil, alors ambassadeur de la Religion de Malte à Rome et qui songeait à se porter candidat au magistère. Grâce à lui, on voit l'Ordre et la vie de Malte par le petit bout de la lorgnette. Il notait tout, d'un style bref, sans fioritures littéraires, mais il livrait une mine d'anecdotes qu'il convient de lire en ne succombant pas aux déformations que ses haines et ses inimitiés imposèrent à la vérité. Témoin important - il était Secrétaire du Pilier de la Langue d'Allemagne qui deviendra le dernier Grand Maître -, il connaissait tous les secrets et, en bon informateur, il ne manqua jamais d'en révéler un. Pour déplaisant que soit le procédé, l'abbé Boyer est pour tout historien et pour tout curieux de la vie de l'Ordre, l'équivalent de ces corbeilles à papier d'où l'on tire mille fois plus d'informations que d'un rapport officiel.

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