Gallimard

  • « Pour Clarisse, le bonheur n'existait pas dans la durée et la continuité (cela, c'était le mien), mais dans le fragment, sous forme de pépite qui brillait d'un éclat singulier, même si cet éclat précédait la chute. » Deux femmes : Clarisse, ogre de vie, grande amoureuse et passionnée de l'Asie, porte en elle depuis l'origine une faille qui annonce le désastre ; Ève balance entre raison et déraison, tout en développant avec son mari une relation profonde et stable. L'une habite Paris, l'autre New York. À leur insu, un lien mystérieux les unit.
    À travers l'entrelacement de leurs destinées, ce roman intense dresse la fresque d'une époque, des années quatre-vingt à nos jours, et interroge le rapport des femmes au corps et au désir, à l'amour, à la maternité, au vieillissement et au bonheur.

  • «Peut-être n'éprouverait-il plus jamais de passion comme celle qu'il avait sentie pour Peter, peut-être n'y aurait-il plus d'union parfaite, mais il restait la perfection de l'amitié, la beauté des cyprès sur les collines et la joie que donnait le travail. Et s'il oubliait Peter, s'il réussissait à vivre sans lui, ce dernier ne reviendrait-il pas? Personne n'était attiré par la tristesse et la mélancolie. Mais par la gaieté, la force, le bonheur, oui».

    Né en 1937 dans une petite ville du nord de l'Angleterre, David Hockney a dû se battre pour devenir un artiste. Il a vécu entre Londres et Los Angeles, traversé les années sida et secoué le monde de l'art avec une vitalité et une liberté que n'ont entamées ni les chagrins amoureux, ni la maladie, ni les conflits, ni le deuil. Sous la plume incisive de Catherine Cusset, ce livre à mi-chemin du roman et de la biographie dresse un portrait intime, émouvant, habité, du peintre anglais vivant le plus connu.

  • «Quand tu penses à ce qui t'arrive, tu as l'impression de te retrouver en plein David Lynch. Blue Velvet, Twin Peaks. Une ville universitaire, le cadavre d'un garçon de vingt ans, la drogue, la police, une ravissante étudiante, une histoire d'amour entre elle et son professeur deux fois plus âgé : il y a toute la matière pour un scénario formidable.
    Ce n'est pas un film. C'est ta vie».
    L'autre qu'on adorait fait revivre Thomas, un homme d'une vitalité exubérante qui fut l'amant, puis le proche ami de la narratrice, et qui s'est suicidé à trente-neuf ans aux États-Unis. Ce douzième roman de Catherine Cusset, où l'on retrouve l'intensité psychologique, le style serré et le rythme rapide qui ont fait le succès du Problème avec Jane, de La haine de la famille et d'Un brillant avenir, déroule avec une rare empathie la mécanique implacable d'une descente aux enfers.

  • Elena, une jeune Roumaine née en Bessarabie et ballottée par l'Histoire, rencontre à un bal en 1958 un homme dont elle tombe passionnément amoureuse. Il est juif, et ses parents s'opposent au mariage. Elena finit par épouser Jacob et par réaliser son rêve : quitter la Roumanie communiste et antisémite de Ceausescu. Émigrer aux États-Unis.
    Elle devient américaine, et se fait appeler Helen. Elle a rompu avec le passé, mais l'avenir n'est plus un rêve. Helen est maintenant confrontée à une réalité qui lui échappe : la maladie et la dépression de son mari ; l'indépendance de ce fils à qui elle a tout sacrifié, et qui épouse une Française malgré l'opposition de ses parents.
    Cette jeune femme égoïste, arrogante, imbue d'un sentiment de supériorité presque national, Helen ne l'aime pas. Cette belle-mère dont le silence recèle une hostilité croissante, Marie en a peur. Pourtant, entre ces deux femmes que tout oppose - leur origine, leurs valeurs et leur attachement au même homme -, quelque chose grandit qui ressemble à de l'amour.

  • " jane ne recevait jamais de paquet chez elle.
    Elle le ramassa. solide, rectangulaire et plutôt lourd : sans doute un livre. l'écriture sur le paquet lui plut : rapide et vive, dansante et équilibrée. elle se battit contre l'enveloppe rembourrée, agrafée et collée. elle en sortit une chemise en carton jaune. une disquette tomba sur le sol carrelé avec un bruit sec. la chemise contenait un manuscrit en feuilles détachées. sur la première page, elle lut : le problème avec jane - roman pas de nom d'auteur.
    D'après le timbre, le paquet avait été posté à new york cinq jours plus tôt. elle parcourut rapidement les premières pages. il s'agissait d'elle. quelqu'un de bien informé. le manuscrit comptait trois cent soixante pages et s'achevait sur cette phrase : "en bas elle trouva le paquet avec le manuscrit. " jane tressaillit et leva les yeux. on ne voyait rien derrière le carreau sauf la pluie et les fleurs du magnolia dégoulinantes d'eau.
    " nous lisons en même temps que jane le récit qui dévoile sa propre vie dans ses aspects les plus intimes, et nous participons à ses tentatives pour découvrir l'auteur du, manuscrit anonyme. a travers ce thriller psychologique, dans un style simple et tendu, c'est une radiographie des rapports amoureux et sociaux dans l'amérique contemporaine que nous propose catherine cusset.

  • J'ai toujours été une plante d'appartement, une petite nature, une trouillarde. C'est par hasard que je me suis retrouvée à boire le thé avec Julie et que je lui ai dit : «Génial, ton trek au Népal ! Voilà quelque chose que je ne pourrais jamais faire, moi qui n'arrive pas à marcher avec un sac à dos !» Julie m'a répondu : «Justement au Népal il y a des porteurs !» Et voilà : un mois et demi plus tard, nous y sommes. » Catherine Cusset nous raconte trois voyages : un trek au Népal avec son mari et sa fille adolescente ; un séjour cauchemardesque dans un paradis tropical ; une escale dans le futur quand l'auteure est invitée en Chine. Ces voyages sont reliés par un fil invisible-celui qui fait qu'on part loin, pour retrouver ce qui est proche.

  • «"Remarque, je la comprends. C'est plus amusant de lire un roman que d'aller à la messe." Papa, furieux, se retourne contre maman et l'accuse de saper les fondements de ma foi. Elle rétorque qu'elle n'a rien dit de mal, que de toute façon chacun est libre de penser comme il veut, et que je suis bien capable de juger par moi-même ce qui, de la lecture d'un roman ou de la messe, est le plus amusant.
    "Elle n'a qu'à rester à la maison! hurle papa. Puisque c'est comme ça, j'irai seul!" Vite je ferme mon livre, je me lève, je mets mon manteau, je suis papa.» Marie, la narratrice de La haine de la famille et d'Un brillant avenir, raconte ici les rapports qu'elle a entretenus avec la religion au cours de son enfance et de sa jeunesse, entre un père croyant et une mère athée. Elle évoque la naissance du désir à travers des passions successives, et la découverte de l'amour, vécu d'abord comme une crucifixion, puis comme une rédemption.

  • Le football familial, ou comment survivre en famille.

    Déterminez le défaut le plus irritant de chaque membre de votre famille et attribuez-lui une couleur.
    Dès que votre père hurlera pour un torchon disparu, vous lui crierez : " carton vert! " chaque fois que votre mère se lamentera sur sa vie ratée, vous vous exclamerez : " carton rouge! " lorsque votre soeur vous traitera de mollasson incapable de passer une éponge, vous répliquerez : " carton jaune! " quand votre frère se lancera dans le récit d'une fête sublime que vous avez manquée, vous l'interromprez : " carton gris! " seul, vous surprenant à bouder parce que personne ne vous aime, vous vous direz soudain, dans un éclair de lucidité " carton bleu! " , et vous éclaterez de rire.

  • Indigo

    Catherine Cusset

    Un festival culturel rassemble pendant huit jours en Inde quatre Français, deux hommes et deux femmes, qui ne se connaissent pas. Une surprise attend chacun d'eux et les confronte avec leur passé. Cette semaine bouleverse leur vie. De Delhi à Kovalam, dans le Sud, ils voyagent dans une Inde sur le qui-vive où, juste un an après les attentats de Bombay, se fait partout sentir la menace terroriste. Une Inde où le jeune accompagnateur indien des Français déclare ouvertement sa haine des États-Unis. Une Inde où la chaleur exacerbe les sentiments, où le ciel avant l'orage est couleur indigo. Tout en enchaînant les évènements selon une mécanique narrative précise et efficace, ce nouveau roman de Catherine Cusset nous fait découvrir une humanité complexe, tourmentée, captivante.

  • " Je suis radine mais j'aimerais ne pas l'être.
    La première victime de ma radinerie, c'est moi. En effet je crois que vivre c'est dépenser, jouir, donner sans compter. Surtout, ne pas compter. Je peux me mettre en colère contre moi. Je peux réagir contre. Il n'en reste pas moins : mon premier instinct, c'est d'être radine. Je finirai comme grand-maman : invitant les autres, payant avec mon fric laborieusement économisé. Je serai la femme-qui-paie-plus-vite-que-son-ombre, mais je resterai la radine : celle qui calcule.
    Parfois je me demande si c'est par radinerie aussi que j'écris. Pour que rien ne se perde. Pour recycler, rentabiliser tout ce qui m'arrive. Pour amasser mon passé, le constituer en réserve sonnante et trébuchante. Pour y entrer comme dans une salle au trésor et contempler mes pièces d'or. Pour investir et faire fructifier mon capital de sensations et de douleurs. "

  • à vous

    Catherine Cusset

    D'amérique oú elle a suivi son mari, marie t s'adresse à aloïs man, l'écrivain parisien séducteur dont la rencontre a changé sa vie.
    Inspirée par l'apprentissage difficile de la vie de couple, marie écrit le roman qu'aloïs man attend. elle le lui envoie. il ne répond pas. le silence d'aloïs man obsède la jeune femme. elle l'entend comme un défi qui la pousse à l'adultère. entrée dans le mensonge et la trahison, marie n'a plus qu'un désir : se débarrasser d'aloïs man. elle retourne à paris pour revoir l'homme qui joue avec elle depuis cinq ans, et pour en finir.
    Sur un rythme tendu comme celui d'un thriller, l'histoire d'une possession.

  • «Quand elle avait quitté le studio à la tombée de la nuit, elle était éperdument amoureuse, elle juive, d'un Allemand trouvé en Italie. Il était beaucoup plus âgé qu'elle : trente-trois ans. Pendant des mois elle n'avait pu se réveiller sans voir le visage de Hans. Elle lui avait écrit une lettre. Il n'avait pas répondu. Elle n'avait jamais oublié Hans et cette délicatesse qui l'avait conduit à la laisser vierge.» Le souvenir de Hans habite Myriam, qui est mariée à Xavier, qui tombe amoureux de Camille, qui rencontre Luis, qui aime Margarita, qui est morte. Ainsi s'entrelacent les fils de ces amours transversales - ces amours qui ne sont pas celles sur lesquelles on fonde sa vie, mais qui n'en sont pas moins importantes - jusqu'à la tragédie finale.

  • Sur un ton innocent et pervers, Marie raconte sa vie entre douze et vingt ans. Huit années défilent à toute allure, scandées par des amours qui ont nom tour à tour Jean, Bruno, David, Sebastian, Walter. Marie découvre le monde et pose des questions simples : Comment peut-on être vierge à vingt ans ? Comment peut-on ne pas parler anglais ? Comment peut-on ne pas devenir folle ?
    À trois reprises, dans la vie de Marie, l'amour rencontre la mort. Trois cadavres jalonnent le récit des passions enfantines. Trois notes aiguës, les trois temps d'une valse aberrante.

  • Indigo cd

    Catherine Cusset

    «De l'Inde elle avait vu pour l'instant un hôtel de luxe, des bâtiments universitaires, une ambassade, une place ronde poussiéreuse, un musée décati dont elle n'avait rien retenu sinon que l'histoire de l'Inde remontait à des temps très anciens [...]. L'Inde était invisible. Elle était invisible...» Un festival littéraire réunit pendant huit jours en Inde quatre Français qui ne se connaissent pas. De Dehli à Kovalam, sur les routes saturées et électriques de l'Inde du Sud, leurs destins se croisent. Cette plongée dans l'immensité et l'urgence d'un pays où plane la menace terroriste va bouleverser leur vie, les confronter au plus intime d'eux-mêmes, à leur identité française.

    Vive, incisive, Cécile Cassel fait vibrer les voix entrelacées d'Indigo au rythme des tablas et des cythares. Avec cette lecture, l'écriture ciselée de Catherine Cusset se révèle : teintée d'autodérision, habitée par le désir.

    L'écoute en classe de ce CD est autorisée par l'éditeur.

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