• Nous sommes en 2003. Lily est taxi. Elle accompagne un couple de vieux agriculteurs sur la route de Cannes, en pleine fournaise. Et si la canicule se prolongeait indéfiniment ? Sur l'autoroute, les bolides klaxonnent de loin, fusillent le rétroviseur d'appels de phares et passent en trombe. À mesure que la température monte, les personnages se dévoilent, entre amour et violence. Lily pense à sa fille aînée, Jessica, que l'adolescence expose aux premières déconvenues sentimentales. À son ex-mari, qui l'a quittée pour une femme plus jeune. À leurs anciens jeux érotiques... Il y a quelque chose de pourri dans l'atmosphère. Et toute cette poussière qui s'élève de la terre et vient coller à leurs songes, finirat-elle par les ensevelir ?
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  • Charlemagne Persant, né au milieu du XIXe siècle dans une ferme pauvre de la région lyonnaise, aurait dû avoir la vie toute tracée d'un paysan désargenté.
    C'était sans compter sur son grand-père qui, persuadé de l'inverse, allait forcer le destin en donnant à l'enfant un étonnant prénom d'empereur. À lui répéter si souvent que sa destinée serait exceptionnelle, il développa chez lui un charisme qui plia le monde à son bon vouloir. Son sens aigu du commerce et sa froideur lui dicteront au fil des années une ligne de conduite inflexible qui le conduira, y compris par un mariage bien au-dessus de son rang, à gravir tous les échelons. Jamais l'empathie, le remords ou la compassion n'auront de place dans ses choix. Jamais sinon peut-être pour une prostituée aussi noire de peau qu'il l'était de coeur et pour laquelle il fera preuve de la seule tendresse dont il fut capable un jour. À ne rien donner, on ne transmet pas non plus sinon la ruine et le malheur. Les amours manquées feront de la fin de Charlemagne un brasier bien cruel.
    Femme et enfant tenteront d'exister au-delà même de son souvenir. L'Affaire des vivants, formidable évocation d'un destin hors norme, saga historique de la France de la fin du XIXe, a tous les ingrédients de la tragédie classique.

  • Salammbô, raté comme un chef-d'oeuvre Nouv.

    Critique apaisé de Salammbô de Flaubert, Christian Chavassieux rappelle les volontés presque têtues de l'auteur et son travail acharné pour faire naître un roman qui veut lui échapper. Entre modernité de l'abstrait et recherche flaubertienne de la perfection viennent se glisser les ratés assumés d'un récit épique. Idéal pour redécouvrir un chef-d'oeuvre de la littérature française par le prisme d'une vision contemporaine.

  • Pangée, terre immense au milieu de l'océan unique, continent de terre sèche et d'embruns où vit le peuple de Ghiom, dont l'histoire, en ce jour de la dixième chasse à l'Odalim, bascule.
    Les Grands de Pangée ont parlé : le monstre marin doit mourir. Pour la paix. Pour l'ordre.
    Pour la promesse d'une nouvelle ère faste à venir, dans ce monde rongé par les mésalliances et les guerres fratricides.
    Pourtant, quand les Nefs s'engagent sur l'Océan, une seule question demeure : si la traque échoue, si l'Odalim survit, si l'union faillit, les enfants de Pangée se dévoreront-ils ? Cette dixième chasse ne serait-elle alors qu'un chant du cygne ?

  • La reine Marie-Antoinette a longtemps désespéré d'être grosse, comblant son manque d'enfants par l'adoption d'orphelins. Comme ce gosse recueilli au bord d'une route et qu'elle prénomme Martin. Il a une bouille de chérubin, et un sourire permanent qui ne trahit pas ses angoisses intimes. Parce qu'il ne parle pas, il gagne très vite à Versailles une réputation de petit sauvage. C'est au Hameau, près du Petit Trianon, qu'il grandit, vacher d'une ferme modèle où la monarque aime s'imaginer une bergère. Mais est-ce réellement sa place ?

  • Par les caprices du labyrinthe monstrueux au-dessus duquel elle s'est étendue, Saint-Étienne vibre et danse, questionne le regard du minotaure égaré entre ses murs. C'est une ville où, singulièrement, la verticale des immeubles impose cet exercice rare au piéton : penser à sa propre verticalité. C'est une ville dont le dessin des rues reprend ponctuellement le méandre des eaux. C'est une ville couchée sur des kilomètres de rivière turbulente et des kilomètres de galeries éteintes. C'est vivant et c'est mort, c'est demain et c'est ancien, c'est là et ce n'est pas là, c'est là.

  • Mausolées

    Christian Chavassieux

    Dans un futur indéterminé, mais situé après de vastes troubles géopolitiques, au coeur de Sargonne, cité aux ruelles sombres où les portes s'ouvrent sur des vieillards acariâtres, une bâtisse cistercienne abrite un palais et une fabuleuse bibliothèque. Une des dernières de ce monde, car les livres sont atteints d'une lèpre qui les répand en cendres, inéluctablement... Livre complexe, labyrinthique, aux entrées multiples, sa trame et ses personnages se rattachent à plusieurs genres littéraires : polar, SF, fantastique, intimiste, poétique, historique. Influencé par George Orwell, Kafka, Buzzatti, il semble un hybride de Serge Brussolo et d'Umberto Eco.

  • Christian Chavassieux n'a pratiquement jamais quitté Roanne, il la connaît physiquement, par le son de ses rues, la respiration de son air, la voix de ses habitants. Il la connait intellectuellement, par la multiplicité des références historiques, par ses lectures, par le regard des grands auteurs et des grands personnages qui sont passes là.

    En convoquant historiens, écrivains, artistes mais aussi clochards, passants, ouvriers, par le savoir, l'érudition ou simplement par la persistance d'une mémoire familiale, par l'expérience physique de la déambulation. par l'expérience sensible de la méditation, l'auteur brasse en un élan toutes les perceptions, les mêlent aux ré?exions les plus intimes et parvient a offrir aux Roannais [et aux autres], le portrait le plus original et le plus riche que cette ville a jamais inspire.

    Voici donc un texte, annonce son préfacier Daniel Arsand, qui peut prendre aisément sa place aux côtés de ces joyaux que sont La Forme d'une ville de Julien Gracq, Canisy suivi de Chef-lieu de Jean Follain, de L'Etoile Vesper de Colette et de certaines pages inspirées de Histoire de ma vie de George Sand.

    Dans une écriture très soignée, sinueuse, tissant tous ces éléments disparates en un flot continu.

  • Psychopompe, nom masculin (du grec psukhopompos) : celui qui conduit les âmes des morts. Tel se veut Nathan Charon, journaliste misanthrope et alcoolique, chargé de la rubrique nécrologique de l'unique hebdomadaire de la petite ville de Croizan-sur-Loire. La mort, Il se la représente comme un bloc découpé dans la nuit posé sur le ventre du cadavre. "La fréquentation des êtres enfin rendus à la modestie de la mort ne provoquait chez lui d'autre plaisir que de lui permettre de rendre à la personne qui fut vivante et factice, la vérité de son existence." Dans un style féroce et sardonique, Christian Chavassieux nous entraîne à la suite de son psychopompe dans une série d'aventures saignantes qui agitent le morne quotidien d'une ville endormie dans son ennui !

  • « Si je ferme les yeux, je retourne sans effort près de ce fleuve. Voici ses eaux, tranquilles sous la lune. Et parmi les gazelles venues s'abreuver, trois fois plus haut que leurs échines, te voici, Enkidu. Enkidu, je te devine dans la nuit, massif comme un roc, vif pourtant, ramassé dans un geste au milieu des roseaux, la chevelure hirsute tombée sur ton visage, ta bouche qui lampe à grand bruit l'eau du Tigre. Le jour, les bergers effrayés fuient ta silhouette immense, ton regard fauve, tes muscles couverts de pelage. Le soir, ils redoutent tes cris sauvages, ta folie, ton mystère. Tu chasses leur gibier, tu mènes ta harde, impunie, au milieu de leurs champs. Et contre toi, les chiens sont impuissants. »

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