• C'est une région méconnue des Français, prise entre les terrils du nord, et un sud si proche et si lointain, comme un pôle balzacien : Paris.
    Au coeur de la Picardie, entre Amiens et le Vimeu, grandissent deux jeunes garçons que tout oppose. A quelques années d'écarts, ils ne fréquentent pas les mêmes écoles, pas les mêmes rues, pas les mêmes soirées. L'un a un père neurologue, et une professeur de français merveilleuse, sa grand-mère dit « Manette ». L'autre vit dans une maison abîmée, loin de tout, et rêve en mots.
    Tous deux vont fuir vers la capitale pour accomplir leur destin personnel, et se faire un nom. Eddy Bellegueule devient Edouard Louis, romancier célèbre, traduit dans le monde entier, gay, très engagé à gauche, proche du sociologue Didier Eribon. Emmanuel Macron, Manu pour ses amis d'Amiens, sera Président de la République. Ainsi cette ville - où ont aussi grandi François Ruffin et Najat Vallaud-Belkacem -, a-t-elle été le terrain d'enquête d'Hervé Algalarrondo. Il a sillonné la Picardie pour comprendre et retracer le seul monde impénétrable des gloires françaises : la jeunesse. Il a retrouvé les enseignants, les très proches ou anciens amis, les histoires méconnues et les rêves de nos jeunes Rastignac.
    Portraits, récits, engagements, secrets : personne n'avait jusqu'ici fait ce travail de rencontre et de traque minutieuse, mené avec talent et tendresse.

  • Un troc ! C´est à un véritable changement de peuple qu´a procédé la « gauche bobo » depuis Mai 1968. Hier, elle était pleine de sollicitude pour la classe ouvrière censée détenir, selon Marx, les clés de la société future. Aujourd´hui, elle manifeste une « préférence immigrée » : dans les catégories populaires, ce sont les enfants des anciens peuples colonisés qui trouvent désormais grâce à ses yeux. Oubliés, relégués, les ouvriers sont accusés d´avoir sombré peu à peu dans le lepénisme, de vouloir une France coupée du reste du monde. Pour cette « gauche bobo », les immigrés représentent au contraire la « jeunesse du monde » qui, seule, peut régénérer un vieux pays sur le déclin, la France. Le problème est que cette « préférence immigrée » fait figure de lepénisme à rebours : comme la « préférence nationale » du FN, elle a une dimension discriminatoire.Hervé Algalarrondo, journaliste auNouvel Observateur, est l´auteur de plusieurs ouvrages qui vont de l´essai au roman, parmi lesquelsLes Beaufs de gauche(Jean-Claude Lattès, 1994), un pamphlet sur la gauche réflexe, etLes Derniers Jours de Roland B.(Stock, 2006), un récit sur la mort lente de Roland Barthes.

  • Le statut de star ne protège pas contre les aléas de la vie. Roland Barthes l'a durement éprouvé. À la fin des années 1970, ce maître à penser était internationalement reconnu. Professeur au Collège de France, auteur de best-sellers, il traînait derrière lui une foule de disciples. Journaux et magazines se disputaient sa parole. Pourtant, Barthes ne s'est jamais remis de la mort de sa mère, survenue alors qu'il avait soixante et un ans. Sa mère avec qui il avait toujours vécu, en compagnie de son frère. Les derniers jours de Roland Barthes a pour ambition d'emmener le lecteur dans l'intimité d'une célébrité. Le projecteur est mis sur l'homme, non sur l'oeuvre. L'homme, ce " misérable tas de secrets ", selon le mot d'André Malraux. Un tel attachement à la mère résulte d'une histoire familiale particulière. Pourquoi un grand esprit comme Barthes n'est-il jamais parvenu à couper le cordon ombilical

  • Malheureuse. " C'est ainsi que Charles Pasqua définit la principale différence entre la gauche et la droite...
    En tardant à prendre la mesure des souffrances engendrées, surtout dans les quartiers défavorisés, par la montée de l'insécurité, les socialistes ont cependant trahi ce qu'ils appelaient avec emphase, en 1981, le " peuple de gauche ".
    La réalité s'est vengée. Elle est cruelle pour la gauche gouvernementale : au moment de voter, les couches populaires se détournent d'elle. La vraie trahison de la gauche est là : elle est en passe de devenir le parti des couches moyennes. Le parti des " bobos " !
    Aujourd'hui, pour reconquérir leur électorat, les partis de gauche n'ont plus qu'une seule voie : devenir sécuritaires. Sans démagogie. Et sans faux-fuyant.
    Écrit par un journaliste de gauche, cet essai très politiquement incorrect bouscule les idées reçues.

  • Un homme quitte sa femme, son fils, son travail, Paris... Pourquoi ? Il ne le sait pas lui-même, il suit son corps, saisi par des pulsions buissonnières, vagabondes. Commence une drôle de cavale qu'il n'a pas programmée et qui va l'entraîner sur les routes du Sud, jusqu'à Gibraltar, avant qu'il revienne à Paris pour devenir " l'archer du pont de l'Alma " : le héros d'un fait divers à peine croyable qui va bouleverser tout un pays.
    Que lui est-il arrivé ? Comment en est-il arrivé à ne plus maîtriser sa vie, son destin ? Comment a-t-il pu se retrouver ainsi propulsé à la une des journaux ? L'homme enquête sur sa propre histoire, sur les motivations de son corps, sur les raisons profondes de son comportement, sur son goût très inattendu pour le tir à l'arc - où il excelle soudain. Mais sait-on jamais ce qui vous porte ? L'homme veut le savoir à tout prix, pour se réconcilier avec lui-même. Pour cela, il n'hésite pas à s'appuyer sur l'enquête de la police, se lançant dans un étonnant pas de deux avec le commissaire chargé de le confondre...
    L'archer du Pont de l'Alma, second roman d'Hervé Algalarrondo, fait entrer le lecteur dans un univers décalé. On songe au Camus, de L'Etranger, au Kafka de La Métamorphose, au Pérec de L'homme qui dort : à chaque page, l'anormal grignote la norme, l'atypique chasse le stéréotype, le fantastique se mêle au quotidien. Est-ce un rêve que fait le héros, ou est-il plongé dans une mécanique implaquable, qui le révélera à lui-même ?
    Il y a au moins deux lectures à ce roman : l'une policière, qui s'attache strictement aux pas du héros, lancé dans une course effrénée, dont il ne perçoit pas l'issue ; l'autre onirique, qui fait apparaître le héros comme un somnambule, jouet de ses névroses : son corps se venge, parce qu'il a trop longtemps été bridé, son corps vit sa vie, parce qu'il a trop longtemps été placé sous l'éteignoir. La scène finale - que l'on ne dévoilera pas - ne tranche pas sur la nature du récit : il apparaît simplement que le corps est un compagnon indocile...

  • Le prochain président sera-t-il celui du redressement de la France ? Tous les cinq ans, les Français y croient. Et puis, rapidement, ils déchantent. Pourquoi ? Qu'est ce qui coince ? Pourquoi la France se révèle-t-elle incapable de faire les réformes qu'ont menées la plupart des autres pays européens ? Et si la France souffrait d'abord d'anémie démocratique ? Depuis le début de ce siècle, les différents présidents ont eu tout pouvoir de faire.
    Mais dans une démocratie, disposer d'une majorité à l'Assemblée ne suffit pas. Encore faut-il représenter une majorité d'électeurs, si l'on veut vraiment gouverner ! Or combien pèsent aujourd'hui dans l'opinion les partis dits de gouvernement ? Moins de 30 % ? Et si on arrêtait les conneries ? Comme chez nos voisins, il faut dépasser le clivage droite-gauche, envisager des gouvernements de coalition.

  • Qu'est-ce qui coince ? La France n'est pas la Grèce, mais elle se révèle tout aussi incapable de faire les réformes qui lui permettraient d'échapper à un lent déclin. En 2007, Nicolas Sarkozy a promis une « rupture » : elle a été invisible. En 2012, François Hollande a promis le « changement » : il est homéopathique. Pourquoi nos présidents, dotés de larges pouvoirs, se contentent-ils de réformettes ?
    Et si la France souffrait d'abord d'anémie démocratique ? Et si on avait juste oublié qu'en démocratie, un gouvernement doit représenter une majorité d'électeurs. S'il veut vraiment gouverner ! Combien pèsent les Républicains dans l'opinion ? Moins de 25% ! Combien pèse le PS ? Pas davantage !
    Et si on arrêtait les conneries ? Comme dans la plupart des autres pays européens, il faut former un gouvernement de coalition. Si Marine Le Pen est au deuxième tour en 2017, c'est un président droite-gauche (hier, on aurait dit UMPS) qui sera élu. Depuis les régionales de décembre 2015, on sait qu'on ne pourra plus tricher avec cette réalité.
    Que cela plaise ou non aux partis, la France doit changer de culture politique. Passer du culte de l'homme providentiel à la recherche de compromis. Ce serait se condamner à l'impuissance ? Au contraire ! C'est la condition pour retrouver un dynamisme collectif, en démocratie.


    #stoplesconneries

  • Tous savaient, sa famille, ses amis, les gendarmes de son quartier, les vigiles du centre commercial où elle travaillait. Depuis leur rupture, Audrey était harcelée par son ancien compagnon. Insultée. Traitée par texto de « salput ». Menacée de mort. Battue. Tous savaient, même si elle en parlait peu, par peur de déranger. Elle a porté plainte plusieurs fois à la gendarmerie de son village. Les gendarmes n´ont pas bougé. Ils avaient mieux à faire. Personne n´a eu le réflexe qui sauve. Alors son ex l´a tuée de neuf coups de couteau, dans le magasin où elle était vendeuse. Il venait de découvrir, grâce à un système d´espionnage sophistiqué, qu´elle avait rencontré un autre homme. Les vigiles l´ont arrêté, trop tard. Il purge une peine de vingt cinq ans de prison. Audrey était belle, elle venait d´avoir trente ans. Elle repose dans le petit cimetière de son bourg. Sa famille et ses amis ont collaboré à ce livre pour la faire revivre, comme pour atténuer leur sentiment de culpabilité. Les auteurs reconstituent son calvaire dans un livre à mi-chemin entre le récit froid à l´américaine et le pamphlet engagé à la française. Une histoire qui bouleverse, interroge et accuse, comme celle que vivent des milliers de femmes, dans l´indifférence générale.

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