• Dans la tradition populiste américaine, l'histoire et les enjeux politiques sont réduits à une opposition agressive entre un peuple « majoritaire, homogène et travailleur » et une élite « minoritaire, hétérogène et paresseuse ». Et si le populisme n'est pas un système d'idées en tant que tel, il se greffe sur des idéologies, de droite et de gauche, parfois aux extrêmes.

    Cet ouvrage se penche sur la signification du populisme aux États-Unis dans une perspective idéologique et historique. Avec le People's Party, Huey Long et Jesse Jackson à « gauche », Arnold Schwarzenegger et Donald Trump à « droite », Ross Perot et le Tea Party (populisme fiscal), et enfin Pat Buchanan à l'extrême droite, les exemples foisonnent.

    /> L'auteur montre ainsi que le populisme est profondément ancré dans la vie politique américaine depuis ses origines. Il ne se résume donc pas à l'une de ses formes les plus connues - le populisme d'extrême droite - et ne constitue pas automatiquement une menace pour la démocratie américaine.

  • Si les notions de populisme, de droite radicale et d'extrême droite sont souvent utilisées dans un sens flou, et qu'elles s'apparentent même parfois à des injures, elles continuent à structurer le débat public, et surtout, elles restent plus que jamais des concepts complexes mais utiles en Science politique.

    Avec de nombreuses contributions qui couvrent différents pays d'Europe, des approches comparatives et des analyses transversales, l'ouvrage offre un regard approfondi sur la question de l'extrême droite en Europe en 2016. Il prend d'abord la mesure de l'évolution des phénomènes depuis plus de trente ans, et intègre ensuite, dans la réflexion, la naissance de dynamiques, certes connexes, mais déterminantes. Ainsi, à l'approche « pays par pays », il ajoute des travaux sur les rapports entre l'extrême droite et la construction européenne, sur le rôle d'Internet dans la structuration de certains mouvements et dans la circulation des idées, sur l'évolution du discours raciste et l'émergence d'un langage codé face à la législation antiraciste, il propose également une réflexion sur la question de l'islam comme nouvelle cible de nombreux partis classés à l'extrême droite de l'échiquier politique.

    Au final, l'ouvrage offre un portrait complexe et extrêmement diversifié d'un phénomène global en pleine mutation. Il s'adresse aux universitaires qui s'intéressent à la démocratie face aux mouvements radicaux, plus particulièrement en Science politique, en Sociologie politique, en Communication et en Histoire. En parallèle, il offre un cadre d'analyse relativement accessible pour les journalistes et les commentateurs politiques qui couvrent la question des populismes et des radicalismes en Europe.

  • «Ce que personne ne sait et qui ne laisse pas de trace n´existe pas » expliquait Italo Svevo. Si chez certains le temps suffit pour qu´un événement tombe dans l´oubli et qu´on vienne à penser qu´il n´a jamais existé. Pour d´autres, au contraire, le souvenir est resté vivace, entretenu par un groupe ou une communauté d´individus, souvent organisés en associations, et prêts à tout pour faire connaître et reconnaître un massacre, un attentat, un génocide, une catastrophe naturelle... Confrontés les uns aux autres, ces souvenirs suscitent parfois une compétition malheureuse, parfois volontaire, souvent inconsciente, qui s´alimente d´un univers sur-médiatisé où les images récentes et plus anciennes se multiplient et se télescopent. La concurrence des mémoires défie les imaginaires nationaux et remet en question le droit des États à dicter ce qui leur semble bon pour la Nation. Souvent considérée comme un effet secondaire lié à des problèmes plus fondamentaux, la concurrence mémorielle est en réalité un enjeu structurant et déterminant pour la cohésion sociale de nos sociétés.

  • Dans un monde de plus en plus interdépendant, il nous arrive de nous sentir manipulés par les acteurs dominants que sont les institutions économiques internationales, les entreprises mondialisées, les grands médias ou les principaux responsables politiques. Pour autant, l'homme ordinaire d'aujourd'hui n'est-il vraiment qu'une marionnette comme le prétend toute une partie de la critique de gauche ? Ne sommes nous pas davantage acteurs qu'on nous le prétend et n'avons-nous pas mieux à faire que de voir partout des manipulations et des « agendas cachés » ? C'est à cette réflexion que nous invitent les auteurs.

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