• Les mots importent. Dans la vie politique et syndicale, le choix des mots n'est jamais anodin. En effet, le langage n'est pas un simple outil qui reflète le réel, mais il crée également du réel en orientant les comportements et la pensée. Et vivre dans l'omission de cette évidence peut faire des ravages. Les mots portent, emportent avec eux une vision du monde, une logique politique, des signes de démarcation. Les mots classent, trient, délimitent et les fondés de langage du capital n'ont eu de cesse de décréter quels étaient les mots usés et les mots obsolètes.
    Si nous n'y prenons garde, nous finirons nous-mêmes par ne plus parler notre propre langue mais la leur.
    Cet ouvrage procède modestement à un travail systématique de traque et de déconstruction de ces pirouettes sémantiques, ces ruses de langage afin de faire le tri entre les mots qui libèrent et les mots qui oppriment. Car les mots sont des forces politiques : la reconquête idéologique sera lexicale ou ne sera pas et la bataille des mots est indissociable de la bataille des idées.

  • L'individu privatisé, c'est nous, c'est vous!
    Jadis citoyens, nous avons été transformés en entrepreneurs de nos vies dans la société néolibérale. Une société qui régit la quasi-totalité de la vie et torpille les fondements de la démocratie politique. Or, tout ceci n'est pas vain. Personne ne peut devenir ou redevenir citoyen là où ne subsiste aucune cité.
    Comment développer une contre-offensive permettant l'avènement d'un modèle de société propice à l'épanouissement du citoyen? Après avoir été mis à l'encan ou géré selon les critères du privé dans ce modèle néolibéral, pourquoi et comment le service public devrait-il et peut-il être le fer de lance de cette émancipation politique? Comment le service public, non pas présenté comme l'inertie de ce qui est mais comme la créativité de ce qui devient, est-il à même d'induire et de favoriser ce changement? Telles sont les questions auxquelles ce modeste ouvrage envisage de répondre.

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