• Le 25 mai 2020 à Minneapolis, l'homicide d'un homme noir par un policier blanc suscite des manifestations géantes dans l'ensemble des États-Unis. En quelques jours, « Black Lives Matter » devient un slogan universel, tout en inscrivant son action dans la longue histoire des luttes politiques des Noirs américains.
    L'histoire des Africains-Américains, nous rappelle Pap Ndiaye, est marquée au fer rouge par l'esclavage, la ségrégation et les violences raciales. Sans oublier les résistances, les victoires remportées dans la douleur et les cultures artistiques d'une richesse inouïe, notamment les spirituals, le gospel et le jazz.
    De la révolte de Nat Turner en 1831 à l'abolition de l'esclavage en 1865, des lois qui imposent la ségrégation et la privation du droit de vote dans le Sud des États-Unis au fameux I Have a Dream de Martin Luther King, du mouvement Black Power à l'élection de Barack Obama, l'auteur analyse les combats, les conquêtes et les espoirs vécus par les Noirs américains depuis deux siècles.

  • La condition noire

    Pap Ndiaye

    Pap Ndiaye, historien, est maître de conférences à l'École des hautes études en sciences sociales (Paris). Son ouvrage est d'ores et déjà considéré comme le travail fondateur des black studies à la française

  • Le 20 janvier 2009, Barack Obama est devenu le premier président noir des États-Unis. Un événement historique pour le monde entier, mais d'abord pour cette nation au lourd passé raciste. En effet, à l'abolition de l'esclavage par Lincoln en 1865 ne succède qu'un bref printemps démocratique : les lois Jim Crow imposent aux Noirs la ségrégation et la privation du droit de vote dans le Sud des États-Unis. À partir de 1915, ils migrent par millions dans les grandes villes du Nord. Naissent alors les ghettos : Harlem à New York, le South Side à Chicago où, malgré des conditions de vie très dures, la culture afro-américaine se réinvente à travers le jazz et la littérature. En 1955, une certaine Rosa Parks refuse de céder sa place à un Blanc dans un bus. L'incident met le feu aux poudres. Sous la conduite inspirée de Martin Luther King, le mouvement pour les droits civiques va gagner en dix ans le combat de l'égalité juridique. Depuis, reste à remporter la bataille contre la misère et la marginalité...
    Au rythme des violences, des luttes, des conquêtes et des espoirs vécus par les Noirs américains, Pap Ndiaye retrace un siècle et demi d'histoire des États-Unis.

  • Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la modernité made in America a deux symboles, le nylon et la bombe.
    Le premier est soyeux, brillant, léger, inusable. Il révolutionne les textiles, donne naissance aux plastiques, trame bientôt la mémoire collective du siècle. L'autre incarne la guerre froide et la course aux armements : le plutonium, principal composant des bombes atomiques, est le fruit d'une aventure scientifique et industrielle menée par de célèbres physiciens, des militaires et les ingénieurs de la firme américaine Du Pont de Nemours qui avaient auparavant inventé le nylon.
    C'est l'histoire du rôle méconnu de ces ingénieurs dans la mise au point du nylon puis des bombes atomiques que retrace cet ouvrage. L'auteur montre comment les ingénieurs chimistes associèrent l'invention et l'affirmation de leur profession à l'essor de la société de consommation et du complexe militaro-industriel. Il jette un regard neuf sur le fameux projet Manhattan, qui aboutit aux explosions atomiques d'août 1945 sur Hiroshima et Nagasaki.
    En reconstituant les carrières, les projets techniques, les organisations, les cultures d'entreprise, il dessine le portrait collectif d'hommes qui ont été, pour le meilleur et pour le pire, les acteurs du siècle américain. Avec le nylon et la bombe, les ingénieurs ont cru en l'avènement d'une ère nouvelle d'harmonie politique et sociale protégée par le bouclier nucléaire, avant que les mutations politiques et culturelles de notre fin de siècle ne sapent dans ses fondements l'idéologie moderniste dont ils étaient les hérauts.

  • De Géricault à Matisse, le travail des peintres, sculpteurs, photographes a été profondément influencé par l'histoire : l'esclavage et ses abolitions, la colonisation, les migrations des colonies vers la métropole, les expositions coloniales, la Première Guerre mondiale et ses soldats noirs, le Paris noir de l'entre-deux-guerres... Les représentations que les artistes ont pu faire des modèles noirs en témoignent et constituent une clé de lecture de la vie des Noirs de France de la première abolition de l'esclavage au congrès des écrivains et artistes noirs de 1956.
    Illustré de documents d'époque et d'oeuvres de Chassériau, Cordier, Manet, Degas ou Gauguin, cet ouvrage propose un parcours chronologique qui entrecroise commentaires d'oeuvres, biographies des artistes et de leurs modèles, le plus souvent méconnus, ainsi que des événements politiques, sociaux et culturels révélateurs de l'histoire longue de la présence noire en France.

  • Histoire de Chicago

    ,

    • Fayard
    • 18 Septembre 2013

    Depuis un siècle et demi, la ville de Chicago attire et fascine les observateurs de l´Amérique tant elle incarne une modernité urbaine spectaculaire et triomphante. Barack Obama, qui s´y installa et y entama sa carrière politique, la qualifie de « ville éminemment américaine ». D´autres avant lui l´ont surnommée la « ville aux larges épaules », en référence à ses foules laborieuses.Car, pendant des décennies, c´est par centaines de milliers que des ouvriers d´Europe, mais aussi des Noirs du sud des États-Unis et des Hispaniques sont venus travailler dans ses abattoirs, ses aciéries et ses usines rugissantes, faisant de Chicago la capitale manufacturière du pays. Ils ont construit les gratte-ciel orgueilleux du centre-ville - le fameux Loop -, posé des kilomètres de rails, creusé des canaux et empli les bateaux de grain.À l´image de la violence des abattoirs, l´histoire politique et syndicale de Chicago est d´une grande brutalité, en partie parce que des richesses considérables y sont concentrées entre les mains de quelques-uns. La municipalité a ainsi longtemps été tenue par des « machines » politiques corrompues liées aux milieux d´affaires, et parfois à la mafia - celle d´Al Capone ou de ses successeurs. Au-delà de son statut de symbole industriel, la ville fut également un haut lieu du jazz et du blues, en même temps que « la ville la plus ségréguée du pays ». À ce titre, elle devint la capitale incontestée de l´Amérique noire au milieu du XXe siècle, jouant un rôle déterminant dans la lutte pour les droits civiques.Richement documenté et illustré, ce livre n´est pas seulement une histoire « populaire » de Chicago, des gens ordinaires qui y ont vécu, travaillé, consommé, prié ou joué de la musique. Il propose l´histoire sociale et politique, jusqu´à nos jours, d´une ville américaine à la fois archétypale et exceptionnelle.

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