• Patrick Rödel imagine un roman pour et sur Raymond Mauriac, le frère aîné de François, le grand écrivain de la famille. Sous la plume de l'auteur, «le frère de l'autre» se souvient, s'enthousiasme, se plaint... Patrick Rödel lui donne une voix en créant un journal intime. Premier fils, Raymond, né en 1880, fut désigné pour reprendre le flambeau des affaires familiales, laissant Pierre se consacrer à la médecine et François à la littérature. Ce n'est donc que sur le tard qu'il ose se tourner vers sa passion, la littérature. Il publie deux romans Individu (1934, Grasset) et Amour de l'amour (1936, Grasset). Condamné au pseudonyme au regard de l'importance de son frère, déjà académicien, il choisit celui d'Housilane en souvenir de sa lande bien-aimée et de l'une des métairies familiales. S'appuyant sur des documents familiaux inexploités, Patrick Rödel s'intéresse à ce personnage quasiment effacé de l'histoire des Mauriac en choisissant, non pas la biographie classique, mais la narration romanesque. L'auteur rend ainsi sa vérité à une figure souvent oubliée, à ce doux «rêveur, toujours absent, toujours ailleurs» comme le décrivait si bien François Mauriac : ce frère qui « n'aimait que les livres et les idées ».

  • Au départ de ce livre, une admiration. Celle du philosophe Patrick Rödel pour Michel Serres et sa pensée, sa langue, sa liberté d'esprit, son humour aussi... Et surtout pour cette étrange relation qui existe dans son oeuvre entre fonds et forme, entre pensée et écriture, dont il tente ici de nous révéler les puissants ressorts. Une réflexion en deux parties, «Michel Serres-écrivain » et « Michel Serres-philosophe », complétée par un « gloserre » qui recense 350 mots du vocabulaire foisonnant que Michel Serres aime à dénicher. À ces mots s'ajoutent certains concepts-clefs de sa pensée, illustrés par des exemples tirés d'une oeuvre résolument tournée vers l'avenir...
    Conjuguant l'école buissonnière aux bancs de l'université, Michel Serres parcourt les savoirs comme il arpente la langue, pour nous aider à mieux connaître et penser le monde d'aujourd'hui. L'image traditionnelle du sage cède la place à celle de la sage-femme qui aide la vie à éclore.

  • On ne choisit pas sa famille... Patrick Rödel, philosophe et écrivain, se trouve être le neveu d'Henri Guillemin. Ce qui ne fut pas toujours facile à vivre... Le portrait qu'il nous donne ici de cet oncle parfois encombrant, est sans complaisance. Impertinent, parfois, sans doute. Irrévérencieux ? juste ce qu'il faut : pas mécontent le neveu de prendre l'oncle en défaut sur une déclinaison latine ! Mais toujours respectueux, d'un respect fraternel teinté d'humour, jusque dans les petits arrangements qu'on prend avec son histoire et de la trace qu'on veut laisser au-delà des célèbres petits papiers de l'historien. « Voici venu le moment d'apurer mes comptes avec lui, de dresser le bilan de ce que je lui dois et de ce que je lui reproche, de ce que j'admire en lui et ce qui, chez lui, me déçoit... » P. R.

  • Le point de départ de ce livre est le travail photographique d'un jeune artiste, Victor Cornec, sur les tombes isolées qui parsèment les vignes et les champs de Gironde et de Dordogne.
    Loin de vouloir recenser un patrimoine oublié, le but de cette promenade photographique est de mettre face à face des tombes et le paysage que l'on peut contempler à partir d'elles. Il fallait un texte, non pas pour les légender, mais pour donner en contrepoint une méditation sur l'histoire - pourquoi ces tombes ? Pourquoi là et pas ailleurs ? Elles sont pour la plupart d'entre elles protestantes - et sur l'enfouissement des morts dans la solitude et l'écart imposé ou revendiqué et non dans la communauté assumée des cimetières. Patrick Rödel à mis son talent au service de cette démarche artistique. Sa double vocation de philosophe et d'écrivain - il a publié des romans, des nouvelles, des biographies imaginaires ou non, et des essais - lui a permis de tracer un parcours personnel en marge des photos de Victor Cornec. Le résultat est un livre qui invite à regarder ce que généralement on ne voit pas et à réfléchir sur ce qui se joue dans le choix d'une dernière demeure. ?

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