• Au-dessus de la mêlée est le plus célèbre manifeste pacifiste de la Grande Guerre. Comparable au J'accuse de Zola, il fut publié par Romain Rolland le 24 septembre 1914 dans Le Journal de Genève. Ce texte exceptionnel, qui exhorte les belligérants à prendre de la hauteur pour saisir l'ampleur du désastre, provoqua aussitôt de nombreuses réactions violentes et haineuses envers son auteur, dont la lucidité, l'idéal de non-violence et de communion entre les peuples furent néanmoins récompensés, dès l'année suivante, par le prix Nobel de littérature.

  • Vie de Beethoven

    Romain Rolland

    Roman Rolland, prix Nobel de littérature, retrace ici la vie du célèbre compositeur Beethoven.

  • Jean-Christophe

    Romain Rolland

    Jean-Christophe est un roman de Romain Rolland publié en dix volumes de 1904 à 1912 et ayant reçu en 1905 le prix Femina. Il est ici publié en un seul volume. Le roman contribua sans doute grandement à l'attribution à Romain Rolland du prix Nobel de littérature. Romain Rolland, est un écrivain français, lauréat du prix Nobel de littérature de 1915. D'une culture sculptée par la passion de l'art et de la musique et le culte des héros, il rechercha durant toute sa vie un moyen de communion entre les hommes. Son exigence de justice le poussa à souhaiter la paix « au-dessus de la mêlée » pendant et après la Première Guerre mondiale. Il est animé par un idéal humaniste et la quête d'un monde non violent, puis par le « monde nouveau » qu'il espérait voir se construire en Union soviétique. en 1915. Jean-Christophe Krafft est un musicien allemand. Ce héros qui incarne un espoir d'une humanité réconciliée, notamment en montrant la complémentarité de la France et l'Allemagne, est aussi un héros romantique comme le Werther de Goethe et l'image de Beethoven y apparaît en filigrane. La vie du héros se transforme ainsi en quête d'une sagesse : il doit passer par une série d'épreuves, les « cercles de l'Enfer », maîtriser ses passions, avant de dominer sa vie et d'atteindre à l'Harmonie, qui est coïncidence avec le rythme de la Vie universelle. Extrait : Christophe n'entendit rien : il était trop heureux d'en être quitte ; et, dans la crainte qu'on ne le fît recommencer encore, il se sauva dans les champs. Il n'avait nulle idée de ce qu'il avait écrit, et il ne s'en souciait point. Mais le vieux, après avoir terminé sa lecture, la reprit encore une fois, pour la mieux savourer ; et quand ce fut fini, Melchior et lui déclarèrent que c'était un maître morceau. Ce fut aussi l'avis du grand-duc, à qui la lettre fut présentée, avec une copie de l'oeuvre musicale. Il eut la bonté de faire dire que l'une et l'autre étaient d'un style charmant. Il autorisa le concert, ordonna de mettre à la disposition de Melchior la salle de son Académie de musique, et daigna promettre qu'il se ferait présenter le jeune artiste, le jour de son audition...

  • Liluli

    Romain Rolland

    C´est en pleine Première Guerre mondiale, pendant l´année 1917 que Romain Rolland écrit Liluli - Liluli c´est l´illusion, « Liluli, reine du monde » - une farce satirique qui met en scène des guignols grimaçants englués dans la guerre, deux princes de contes qui s´entretuent pour les beaux yeux d´une déesse, métaphore de la France et de l´Allemagne qui s´étripent pour la conquête de l´Alsace-Lorraine. C´est une oeuvre d´amertume aux accents douloureux dont Stefan Zweig dit qu´elle « dégage une ironie tragique dont Rolland se sert comme d´une arme défensive contre sa propre émotion. » Cette oeuvre, illustrée avec les bois originaux de Frans Masereel, a été publié pour la première fois en juin 1919 par les éditions du Sablier à Genève.

  • "Jamais voix pareille à celle de Tolstoï n'avait encore retenti en Europe. Comment expliquer autrement le frémissement d'émotion que nous éprouvions alors à entendre cette musique de l'âme, que nous attendions depuis si longtemps et dont nous avions besoin ? Mais c'était trop peu pour nous d'admirer l'oeuvre : nous la vivions, elle était nôtre."La découverte des grandes oeuvres de Tolstoï en France entre 1885 et 1887 a été une révélation pour la jeune génération des intellectuels français. Parmi eux, Romain Rolland, futur prix Nobel de littérature, qui fut, avec Gandhi, un des disciples de l';écrivain russe. D'un même mouvement, Romain Rolland raconte, dans ce portrait publié en 1928, la vie mouvementée et les grandes fresques de celui qui fut pour lui autant un "Titan des lettres" qu'un messager spirituel. Il montre en quoi sa vie fut une épopée : enfance aristocratique, guerre de Crimée, fuite dans l'inconnu et mort dans la petite gare d'Astopovo ; ou encore comment Tolstoï fut un mystique et un prédicateur, un prophète de génie et, dès lors, l'ennemi de l'Eglise orthodoxe et des religieux.Cette biographie est à la fois le récit d'une oeuvre et le roman d'un homme en quête d'absolu. À l'occasion du centenaire de la mort du grand écrivain russe, un classique à découvrir pour comprendre un mouvement de pensée qui allait révolutionner la littérature.

  • Colas Breugnon

    Romain Rolland

    « Colas Breugnon est une réaction contre la contrainte de dix ans dans l'armure de Jean-Christophe, qui, d'abord faite de mesure, avait fini par me devenir trop étroite. J'ai senti un besoin invincible de libre gaieté gauloise, oui, jusqu'à l'irrévérence. En même temps, un retour au sol natal, que je n'avais pas revu depuis ma jeunesse, m'a fait reprendre contact avec ma terre de Bourgogne nivernaise, a réveillé en moi un passé que je croyais endormi pour toujours, tous les Colas Breugnon que je porte en ma peau. Il m'a fallu parler pour eux ».
    « Que les facteurs prennent ce livre comme il est, tout franc, tout rond, sans prétention de transformer le monde, ni de l'expliquer, sans politique, sans métaphysique, un livre à la « bonne françoise », qui rit de la vie, parce qu'il la trouve bonne, et qu'il se porte bien. Bref, comme dit La Pucelle (il était inévitable que son nom fût invoqué, en tête d'un récit gaulois), amis, prenez en gré...

  • Romain Rolland (1866-1944) a été un des plus proches compagnons de combat de Péguy (1873-1914). Son roman Jean-Christophe, a d'abord été publié par Péguy dans les Cahiers de la quinzaine. Ils se sont battus côte à côte pour Dreyfus et ont vibré pour les mêmes idéaux socialistes.
    À la fin de sa vie, en pleine désillusion sur l'URSS, Romain Rolland nous livre une biographie de Péguy qui reste inégalée. Il reconstitue le parcours du poète philosophe, raconte la genèse et le contenu de ses oeuvres tout en dressant un portrait saisissant des fabuleuses années 1900 où Einstein formule sa première théorie, où le pape condamne le relativisme et met Bergson à l'index. Mais il ne cache pas non plus l'exaltation nationaliste de Péguy avant la guerre de 1914 et sa haine de Jaurès. On est frappé par la profondeur du travail et le style de Romain Rolland. Il sait nous entraîner dans ce fleuve qui le (et nous) déborde de toute part.
    Le sens des engagements de Péguy - que l'ami Rolland n'a, loin de là, pas toujours partagés - fait l'objet d'un décryptage minutieux. Son dreyfusisme " mystique ", son socialisme irréductible, sa détestation de la Sorbonne et du " parti intellectuel ", son bergsonisme jamais pris en défaut et son appel à la révolution dans l'Église deviennent enfin compréhensibles dans leur complémentarité.
    À qui appartient Péguy ? Romain Rolland montre comment cette oeuvre immense est irrécupérable par l'extrême droite et en quoi elle réjouira tous ceux qui ne se résignent pas au pouvoir de l'argent.

  • En 1935, au moment où, signant un pacte d'alliance, la France et l'U.R.S.S. se rapprochent, Romain Rolland se rend à Moscou, invité par Gorki. Il y séjourne un mois, rencontre les dignitaires du régime : Iagoda, Boukharine..., et passe plusieurs heures avec Staline. Il note ses impressions, ses rencontres, il résume ses conversations. Rentré à Villeneuve, il fait le point, dresse les portraits des uns et des autres, s'interroge sur les contradictions qu'il a perçues. Malgré tout il reste fidèle à son engagement et défend l'U.R.S.S. Mais la mort de Gorki en 1936, puis les procès de Moscou commencent à ébranler sa foi. En 1938 il ajoute des « Notes complémentaires » au récit de son voyage. En 1939, après la signature du pacte germano-soviétique, il rompt nettement avec Moscou : « Cette magistrale scélératesse me dégoûte à jamais du Kremlin. »Bernard Duchatelet, professeur à l'université de Brest, spécialiste de l'oeuvre de Romain Rolland, retrace dans une présentation nourrie l'évolution politique du partisan de l'Indépendance de l'Esprit, depuis son enthousiasme, en 1895, pour le socialisme, jusqu'à l'aveu, en 1940, de ses erreurs rappelant quels furent entre ces deux dates ses refus, ses hésitations, ses doutes et son engagement.Voyage à Moscou contribue à éclairer les ambiguïtés et les difficultés de l'engagement des intellectuels de l'entre-deux-guerres pris entre la nécessité de la lutte contre le fascisme et l'inévitable reconnaissance des dérives du régime stalinien.

  • Écrivain, musicologue, biographe, essayiste, romancier et dramaturge, Roman Rolland (1866-1944) est l'auteur d'une oeuvre considérable. Si de nombreux textes inédits - notamment son Journal - éclairent le parcours de cet homme, sa véritable personnalité demeure méconnue.Victime de partis pris et de préjugés, Romain Rolland vécut une Histoire qui a bouleversé l'Europe, avec deux guerres mondiales et l'avènement des totalitarismes. Il fut aussi un Européen convaincu qui a lutté contre le fascisme et le nazisme, un internationaliste qui a jeté une arche entre l'Occident et l'Orient.

  • Écrivain, musicologue, biographe, essayiste, romancier et dramaturge, Roman Rolland (1866-1944) est l'auteur d'une oeuvre considérable. Si de nombreux textes inédits - notamment son Journal - éclairent le parcours de cet homme, sa véritable personnalité demeure méconnue.Victime de partis pris et de préjugés, Romain Rolland vécut une Histoire qui a bouleversé l'Europe, avec deux guerres mondiales et l'avènement des totalitarismes. Il fut aussi un Européen convaincu qui a lutté contre le fascisme et le nazisme, un internationaliste qui a jeté une arche entre l'Occident et l'Orient.

  • Écrivain, musicologue, biographe, essayiste, romancier et dramaturge, Roman Rolland (1866-1944) est l'auteur d'une oeuvre considérable. Si de nombreux textes inédits - notamment son Journal - éclairent le parcours de cet homme, sa véritable personnalité demeure méconnue.Victime de partis pris et de préjugés, Romain Rolland vécut une Histoire qui a bouleversé l'Europe, avec deux guerres mondiales et l'avènement des totalitarismes. Il fut aussi un Européen convaincu qui a lutté contre le fascisme et le nazisme, un internationaliste qui a jeté une arche entre l'Occident et l'Orient.

  • Le temps viendra

    Romain Rolland

    Écrivain, musicologue, biographe, essayiste, romancier et dramaturge, Roman Rolland (1866-1944) est l'auteur d'une oeuvre considérable. Si de nombreux textes inédits - notamment son Journal - éclairent le parcours de cet homme, sa véritable personnalité demeure méconnue.
    Victime de partis pris et de préjugés, Romain Rolland vécut une Histoire qui a bouleversé l'Europe, avec deux guerres mondiales et l'avènement des totalitarismes. Il fut aussi un Européen convaincu qui a lutté contre le fascisme et le nazisme, un internationaliste qui a jeté une arche entre l'Occident et l'Orient.

  • Clérambault

    Romain Rolland

    Écrivain, musicologue, biographe, essayiste, romancier et dramaturge, Roman Rolland (1866-1944) est l'auteur d'une oeuvre considérable. Si de nombreux textes inédits - notamment son Journal - éclairent le parcours de cet homme, sa véritable personnalité demeure méconnue.
    Victime de partis pris et de préjugés, Romain Rolland vécut une Histoire qui a bouleversé l'Europe, avec deux guerres mondiales et l'avènement des totalitarismes. Il fut aussi un Européen convaincu qui a lutté contre le fascisme et le nazisme, un internationaliste qui a jeté une arche entre l'Occident et l'Orient.

  • Robespierre

    Romain Rolland

    J'avais trente ans, lorsque j'entrepris d'écrire une vaste épopée dramatique de la Révolution française, en une douzaine de drames. J'ai soixante-douze ans, lorsque j'achève le drame, qui, dans ma pensée, devait constituer le sommet de la courbe : « Robespierre », Je n'avais jamais cessé d'y songer ; mais j'attendais de me sentir en pleine possession du sujet. Cette année, il m'a paru que le temps était venu.
    La tragédie se résume en peu de mots :
    Trois mois et demi s'écoulent entre le début et la fin de la pièce, entre l'exécution de Danton et celle de Robespierre.
    Tous les hommes que je mets en scène sont de sincères et passionnés Républicains. Leurs convictions s'allient à leur intérêt pour les obliger tous à sauver la République : car leur sort est lié au sien ; ils se sont tous compromis irrévocablement, en votant la mort du Roi. Et cependant, ils vont s'acharner à détruire leur oeuvre : la République. Ils seront pris par leurs passions, par leurs fureurs, par leurs soupçons, dans une véritable frénésie qui ne leur permettra plus de voir où ils vont, qui les jettera même dans les bras des pires ennemis de la République. Par moments, ces hommes auront des lueurs de l'abîme où ils courent, et ils seront épouvantés, - mais incapables de revenir en arrière.
    Je n'ai pas cherché à les idéaliser. Je n'ai ménagé ni aux uns ni aux autres les erreurs et les fautes. J'ai été pris moi-même par la grande vague qui les emporte. J'ai vu la sincérité de tous ces hommes, qui s'exterminent, et la fatalité terrible des Révolutions. - Elle n'est pas d'un temps. Elle est de tous les temps. J'ai tâché de l'exprimer.
    Romain Rolland

  • « Compagnons de Route », paru en 1936 aux Éditions du Sablier, n'a pas été composé par Romain Rolland d'un seul tenant, mais rassemble une série d'articles écrits et publiés au cours des années et des occasions les plus diverses. (On en trouvera les dates dans les notes en fin de volume.) Le titre choisi par Romain Rolland ne réunit donc pas tous ceux qu'il a considérés, à telle ou telle époque, comme ses compagnons de route, mais seulement une partie d'entre eux. Si la composition du livre avait obéi à une idée préconçue, Romain Rolland y aurait certainement introduit d'autres noms, comme celui de Mazzini, pour une Vie duquel il avait réuni une quantité de documents et qui aurait dû paraître dans les Cahiers de la Quinzaine, où elle fut annoncée, - et celui de Diderot, auquel il aurait voulu consacrer un livre. Sans doute y aurait-il aussi ajouté un chapitre sur Stendhal et un autre sur René de Chateaubriand.Nous avons introduit dans notre édition un article que Romain Rolland écrivit en 1918 sur Empédocle d'Agrigente, et qui parut la même année en plaquette, sous le titre Empédocle d'Agrigente ou l'Âge de la Haine, aux Éditions du Carmel (Genève) ; il fut repris en 1931 par les Éditions du Sablier à Paris, et publié sous le titre Empédocle d'Agrigente, suivi de l'Éclair de Spinoza.
    L'Éclair de Spinoza faisait partie d'un chapitre du Voyage Intérieur (Les trois Éclairs), alors inédit, et qu'on trouvera maintenant à sa place dans l'édition définitive de cet ouvrage.Marie Romain Rolland.

  • Danton

    Romain Rolland

    Romain Rolland s'était souvenu du décret du Comité de Salut Public projetant, le 20 ventôse an II, d'instituer un Théâtre du Peuple destiné à « célébrer les principaux événements de la Révolution française. » Il voulait donner là « le spectacle d'une convulsion de la nature, d'une tempête sociale, depuis l'instant où les premières vagues se soulèvent du fond de l'océan jusqu'au moment où elles semblent de nouveau y rentrer et où le calme retombe lentement sur la mer. [...] Le 14 Juillet en était la première page et Danton le centre, la crise décisive, où fléchit la raison des chefs de la Révolution et où leur foi est sacrifiée à leurs ressentiments. » (Théâtre de la Révolution, préface).

  • On a tellement écrit sur l'amour, comment se fait-il que l'on se soit si peu occupé de ce sentiment plus pur et plus mystérieux que l'on appelle l'amitié ? de cette élection et de cette étude par notre âme de quelqu'un que nous réalisons à notre propre atteinte sensible et à qui nous ne demandons rien d'autre que lui-même ? Le monde est entièrement fait de la même étoffe, et qui sait si pour expliquer l'âme rien vaille mieux que les découvertes les plus délicates de la physique ? Imaginons donc que chacun de nous est le foyer, chacun de nous est le pôle ou l'électrode d'un rayonnement continuel, sans cesse puisant à nos sens, à notre coeur, à notre volonté, à notre mémoire, à notre intérêt, et qualifié par le timbre, par l'accent, par l'arome indéfinissable de la personne. Ce rayonnement, comment s'étonner qu'il soit électif, et qu'il lui arrive de se réjouir, pour s'en nourrir, plus ou moins longuement et peut-être toujours, d'une rencontre entre toutes appropriée ? Nous voyons bien que tel livre, tel penseur, tel artiste, a pu exercer sur nous une telle action qu'elle nous recrée, pour ainsi dire, quoique pas forcément à son image, et modifie radicalement notre « manière d'être ». Que sera-ce si, au lieu d'une érection inerte à travers l'onde, notre poste personnel de radar en travail continuel d'émission se sente sondeur par l'écho d'un autre poste à lui adapté, amorcé à quelqu'un de vivant en état soi-même par rapport à lui de sensibilité, de compréhension et de réponse ? si une telle communication est de l'un à l'autre établie que l'un apprenne ce que l'autre pour lui s'est mis en position de comprendre ? Rare fortune, réservée, fût-ce aux jours seuls de la jeunesse, à des êtres exceptionnels. Celle de Louis Gillet et de Romain Rolland dont s'enregistre ici la correspondance.Paul Claudel

  • La première édition du Voyage intérieur parue en 1942 ne comportait que cinq chapitres ; il existait encore quatre chapitres qui étaient terminés, et une série d'autres dont la rédaction était plus ou moins avancée, ainsi que quelques amorces et notes qui devaient servir à d'autres thèmes.La nouvelle édition que nous présentons aujourd'hui comporte les quatre chapitres terminés :- Le Périple, qui aurait dû faire partie de la première édition, mais qu'au dernier moment Romain Rolland en a éliminé, car la censure qui sévissait alors ne l'aurait pas laissé passer (et aurait même peut-être interdit le livre à cause de ce texte),- Le Royaume du T, Le Seuil, et La Ceinture.Nous donnons aussi les amorces des chapitres non terminés, ainsi que la presque totalité des notes retrouvées dans les manuscrits du Voyage, et devant servir à des chapitres qui n'ont jamais été écrits.De plus, la nouvelle édition diffère un peu, par endroits, du texte des cinq chapitres parus en 1942 ; Romain Rolland qui, au moment où il écrivait le livre, n'en prévoyait la publication qu'après sa mort, et qui ne s'était décidé à l'édition de 1942 qu'à cause des difficultés matérielles où il se trouvait alors, en avait éliminé, par ci par là, au moment de cette première édition, certains passages qu'il considérait comme étant d'ordre trop intime pour paraître de son vivant.D'autres passages, vu les circonstances d'alors, furent coupés par lui pour des raisons politiques. Nous avons cru devoir réintroduire tous les passages en question.Enfin, nous replaçons au début de ce livre un texte « prélude », écrit par Romain Rolland en 1940, au début de l'invasion allemande, - et qui avait aussi été éliminé par lui de l'édition de 1942, à cause de la censure.

  • Jean-Christophe V

    Romain Rolland

    Jean-Christophe est un roman de Romain Rolland publié en dix volumes de 1904 à 1912 et ayant reçu en 1905 le prix Femina. Le roman contribua sans doute grandement à l'attribution à Romain Rolland du prix Nobel de littérature. Romain Rolland, est un écrivain français, lauréat du prix Nobel de littérature de 1915. D'une culture sculptée par la passion de l'art et de la musique et le culte des héros, il rechercha durant toute sa vie un moyen de communion entre les hommes. Son exigence de justice le poussa à souhaiter la paix « au-dessus de la mêlée » pendant et après la Première Guerre mondiale. Il est animé par un idéal humaniste et la quête d'un monde non violent, puis par le « monde nouveau » qu'il espérait voir se construire en Union soviétique. en 1915. Jean-Christophe Krafft est un musicien allemand. Ce héros qui incarne un espoir d'une humanité réconciliée, notamment en montrant la complémentarité de la France et l'Allemagne, est aussi un héros romantique comme le Werther de Goethe et l'image de Beethoven y apparaît en filigrane. La vie du héros se transforme ainsi en quête d'une sagesse : il doit passer par une série d'épreuves, les « cercles de l'Enfer », maîtriser ses passions, avant de dominer sa vie et d'atteindre à l'Harmonie, qui est coïncidence avec le rythme de la Vie universelle. Extrait : Il rentra dans son infâme logis. À jeun, les yeux brûlants, le coeur et le corps courbaturés, il s'affaissa sur une chaise, dans un coin de sa chambre ; il y resta deux heures, incapable de bouger. Enfin il s'arracha à cette apathie, et il se coucha. Il tomba dans une torpeur fiévreuse, d'où il s'éveillait à chaque minute, avec l'illusion d'avoir dormi des heures. La chambre était étouffante ; il brûlait des pieds à la tête ; il avait une soif horrible ; il était en proie à des cauchemars stupides, qui continuaient de s'accrocher à lui, même quand il avait les yeux ouverts ; des angoisses aiguës le pénétraient comme des coups de couteau. Au milieu de la nuit, il s'éveilla, pris d'un désespoir si atroce qu'il en aurait hurlé ; il s'enfonça les draps dans la bouche, pour qu'on ne l'entendît pas : il se sentait devenir fou. Il s'assit sur son lit, et il alluma. Il était trempé de sueur. Il se leva, il ouvrit sa valise, pour y chercher un mouchoir. Il mit la main sur une vieille Bible, que sa mère avait cachée au milieu de son linge. Christophe n'avait jamais beaucoup lu ce livre ; mais ce lui fut un bien inexprimable de le trouver, en cet instant. Cette bible avait appartenu au grand-père, et au père du grand-père. Les chefs de la famille y avaient inscrit, sur une feuille blanche à la fin, leurs noms et les dates importantes de leur vie : naissances, mariages, morts. Le grand-père avait marqué au crayon, de sa grosse écriture, les dates des jours où il avait lu et relu chaque chapitre ; le livre était rempli de bouts de papier jauni, où le vieux avait noté ses naïves réflexions.

  • Jean-Christophe I

    Romain Rolland

    Jean-Christophe est un roman de Romain Rolland publié en dix volumes de 1904 à 1912 et ayant reçu en 1905 le prix Femina. Le roman contribua sans doute grandement à l'attribution à Romain Rolland du prix Nobel de littérature. Romain Rolland, est un écrivain français, lauréat du prix Nobel de littérature de 1915. D'une culture sculptée par la passion de l'art et de la musique et le culte des héros, il rechercha durant toute sa vie un moyen de communion entre les hommes. Son exigence de justice le poussa à souhaiter la paix « au-dessus de la mêlée » pendant et après la Première Guerre mondiale. Il est animé par un idéal humaniste et la quête d'un monde non violent, puis par le « monde nouveau » qu'il espérait voir se construire en Union soviétique. en 1915. Jean-Christophe Krafft est un musicien allemand. Ce héros qui incarne un espoir d'une humanité réconciliée, notamment en montrant la complémentarité de la France et l'Allemagne, est aussi un héros romantique comme le Werther de Goethe et l'image de Beethoven y apparaît en filigrane. La vie du héros se transforme ainsi en quête d'une sagesse : il doit passer par une série d'épreuves, les « cercles de l'Enfer », maîtriser ses passions, avant de dominer sa vie et d'atteindre à l'Harmonie, qui est coïncidence avec le rythme de la Vie universelle. Extrait : Le nouveau-né s'agite dans son berceau. Bien que le vieux ait laissé, pour entrer, ses sabots à la porte, son pas a fait craquer le plancher : l'enfant commence à geindre. La mère se penche hors de son lit, afin de le rassurer ; et le grand-père allume la lampe en tâtonnant, pour que le petit n'ait pas peur de la nuit. La flamme éclaire la figure rouge du vieux Jean-Michel, sa barbe blanche et rude, son air bourru et ses yeux vifs. Il vient près du berceau. Son manteau sent le mouillé ; il traîne en marchant ses gros chaussons bleus. Louisa lui fait signe de ne pas s'approcher. Elle est d'un blond presque blanc ; ses traits sont tirés ; sa douce figure mouton est marquée de taches de rousseur ; elle a des lèvres pâles et grosses, qui ne parviennent pas à se rejoindre et qui sourient avec timidité ; elle couve l'enfant des yeux --- des yeux très bleus, très vagues, où la prunelle est un point tout petit, mais infiniment tendre.

  • Jean-Christophe est un roman de Romain Rolland publié en dix volumes de 1904 à 1912 et ayant reçu en 1905 le prix Femina. Le roman contribua sans doute grandement à l'attribution à Romain Rolland du prix Nobel de littérature. Romain Rolland, est un écrivain français, lauréat du prix Nobel de littérature de 1915. D'une culture sculptée par la passion de l'art et de la musique et le culte des héros, il rechercha durant toute sa vie un moyen de communion entre les hommes. Son exigence de justice le poussa à souhaiter la paix « au-dessus de la mêlée » pendant et après la Première Guerre mondiale. Il est animé par un idéal humaniste et la quête d'un monde non violent, puis par le « monde nouveau » qu'il espérait voir se construire en Union soviétique. en 1915. Jean-Christophe Krafft est un musicien allemand. Ce héros qui incarne un espoir d'une humanité réconciliée, notamment en montrant la complémentarité de la France et l'Allemagne, est aussi un héros romantique comme le Werther de Goethe et l'image de Beethoven y apparaît en filigrane. La vie du héros se transforme ainsi en quête d'une sagesse : il doit passer par une série d'épreuves, les « cercles de l'Enfer », maîtriser ses passions, avant de dominer sa vie et d'atteindre à l'Harmonie, qui est coïncidence avec le rythme de la Vie universelle. Extrait : Le coeur rayonnant, il descendit l'escalier. Il croisa deux morveux très laids, qui montaient l'un une miche, l'autre une bouteille d'huile. Il leur pinça les joues amicalement. Il sourit au concierge renfrogné. Dans la rue, il marchait en chantant à mi-voix. Il se trouva au Luxembourg. Il s'étendit sur un banc à l'ombre, et ferma les yeux. L'air était immobile ; il y avait peu de promeneurs. On entendait, affaibli, le bruit inégal d'un jet d'eau, et parfois le grésillement du sable sous un pas. Christophe se sentait une fainéantise irrésistible, il s'engourdissait comme un lézard au soleil ; l'ombre était depuis longtemps partie de dessus son visage, mais il ne se décidait pas à faire un mouvement. Ses pensées tournaient en rond ; il n'essayait pas de les fixer ; elles étaient toutes baignées dans une lumière de bonheur. L'horloge du Luxembourg sonna ; il ne l'écouta pas ; mais, un instant après, il lui sembla qu'elle avait sonné midi. Il se releva d'un bond, constata qu'il avait flâné deux heures, manqué un rendez-vous chez Hecht, perdu sa matinée. Il rit, et regagna sa maison en sifflant. Il fit un Rondo en canon sur le cri d'un marchand. Même les mélodies tristes prenaient en lui une allure réjouie.

  • Préface à Amok

    Romain Rolland

    • Myriel
    • 12 Janvier 2018

    L'amitié entre Romain Rolland et Stefan Zweig fut comme un coup de foudre. D'un côté, il y eut le Français, grand germanophone et très fin connaisseur des littératures germaniques. De l'autre, on trouve l'un des écrivains phares de son époque, un auteur lu par tout le monde. S'ajoute à cela la curiosité des langues et des cultures, concernant Zweig, et l'évident souci d'universalité en ce qui concerne ces deux hommes. La différence d'âge et les péripéties de la vie n'y firent rien : entre Rolland et Zweig s'installera une relation faite de conseils et d'éloges. Rolland avait quinze ans de plus que Zweig, les deux hommes appartenaient presque à deux générations différentes. C'est certainement ce qui expliquera que l'Autrichien voyait en Rolland un maître, comme un sage chez qui trouver écoute et recommandations.
    Ne restait dès lors, pour chacun d'eux, que l'évident travail de défense de l'autre, afin que chacun puisse mutuellement présenter l'oeuvre de son interlocuteur.

  • Jean-Christophe II

    Romain Rolland

    Jean-Christophe est un roman de Romain Rolland publié en dix volumes de 1904 à 1912 et ayant reçu en 1905 le prix Femina. Le roman contribua sans doute grandement à l'attribution à Romain Rolland du prix Nobel de littérature. Romain Rolland, est un écrivain français, lauréat du prix Nobel de littérature de 1915. D'une culture sculptée par la passion de l'art et de la musique et le culte des héros, il rechercha durant toute sa vie un moyen de communion entre les hommes. Son exigence de justice le poussa à souhaiter la paix « au-dessus de la mêlée » pendant et après la Première Guerre mondiale. Il est animé par un idéal humaniste et la quête d'un monde non violent, puis par le « monde nouveau » qu'il espérait voir se construire en Union soviétique. en 1915. Jean-Christophe Krafft est un musicien allemand. Ce héros qui incarne un espoir d'une humanité réconciliée, notamment en montrant la complémentarité de la France et l'Allemagne, est aussi un héros romantique comme le Werther de Goethe et l'image de Beethoven y apparaît en filigrane. La vie du héros se transforme ainsi en quête d'une sagesse : il doit passer par une série d'épreuves, les « cercles de l'Enfer », maîtriser ses passions, avant de dominer sa vie et d'atteindre à l'Harmonie, qui est coïncidence avec le rythme de la Vie universelle. Extrait : À peine eut-il jeté sa lettre à la boîte qu'il eut la terreur de ce qu'il avait fait. Il essaya de n'y plus penser ; mais certaines phrases lui revenaient à la mémoire ; et il avait une sueur froide, en songeant que madame de Kerich lisait ces énormités. Au premier moment, il était soutenu par son désespoir même ; mais, dès le lendemain, il comprit que sa lettre n'aurait d'autre résultat que de le séparer tout à fait de Minna : et cela lui parut le pire des malheurs. Il espérait encore que Madame de Kerich, qui connaissait ses emportements, ne prendrait pas celui-ci au sérieux, qu'elle se contenterait d'une sévère remontrance, et, --- qui sait ? --- qu'elle serait peut-être touchée par la sincérité de sa passion. Il n'attendait qu'un mot pour se jeter à ses pieds. Il l'attendit cinq jours. Puis vint une lettre. Elle disait

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