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"Le Paris des poètes", cela aurait pu, pourrait être le sujet d'une thèse importante rendant compte de la vie poétique à Paris et faisant appel à grand nombre de poètes ayant vécu au cours des siècles dans cette ville ou l'ayant marquée de leur oeuvre, de leur esprit. Tel ne fut pas notre objectif. Il nous a plu d'aller dans la ville pour y ren-contrer, chacun en un lieu important pour sa vie et son oeuvre. Pour nous guider dans ce labyrinthe nous avons eu la chance d'avoir Ariane pour guide, une Ariane sortie d'un rêve où elle avait Alice pour complice dans ce pays des merveilles dont les deux volets sont la poésie et Paris.
Nous sommes partis de la place des Vosges, qui fut place royale, où nous avons rencontré Victor Hugo, le poète majeur qui domine l'histoire de notre littérature et qui nous a entraîné à Notre-Dame, que nous avons récemment vue renaître de ses cendres et où Paul Claudel nous attendait au pied d'un pilier. De là nous sommes allés au Quartier Latin avec Arthur Rimbaud et Paul Verlaine pour saluer François Villon et Lautréamont au Panhéon avant d'accompagner André Breton place Dau-phine et traverser la Seine pour saluer rue de Rivoli Marceline Desbordes-Valmore. Par les Grands Boulevards où passait Charles Baudelaire nous avons atteint la rue Notre-Dame de Lorette où nous attendait Tristan Corbière. De là nous sommes montés à Montmartre où de la Cité Véron et du Bateau-Lavoir nous ont fait signe Jacques Prévert et Max Jacob. Gertrude Stein qui passait par là nous a entraînés rue de Fleurus et par l'intermédiaire d'Henri Maisse elle nous a conduits auprès d'Aragon qui s'égarait aux Buttes-Chaumont avant de revenir rue de Varenne où il était voisin de l'hôtel de Biron qu'habita Rainer Maria Rilke. Celui-ci parmi ses nombreuses correspondantes échangea des lettres avec Catherine Pozzi, poète se-crète et méconnue habituée de l'avenue Montaigne d'où la tour Eiffel chère à Blaise Cendrars n'est pas loin, monument moderne à l'opposé de la gothique tour Saint-Jacques où est toujours présent Gérard de Nerval dans ce quartier Saint-Merri hanté par Robert Desnos et Guillaume Apollnaire, le chantre du pont Mirabeau d'où Paul Celan s'est jeté dans la Seine.
Un poète meurt mais reste vivant dans le champ de la poésie qui n'a pas de frontières et dans lequel d'une époque à l'autre le phénix est toujours flamboyant. Aussi est-ce dans la salle des antiquités orientales du Louvre qu'Adonis, poète français de langue arabe nous a assurés de l'universalité de la poésie. -
La vie parisienne des frères Goncourt. Ayant hérité de quelques rentes, Edmond et Julse de Goncout décident « de ne rien faire » et entrent en littérature par le journalisme. Dans L'Eclair et Paris, ils veulent « chaque matin éveiller Paris » avec quelques nouvelles fraîches, sur la vie des théâtres, des caf'conc, des restaurants courus par les actrices, les gens de presse, les politiques. Faire le portrait des silhouettes à la mode, de la lorette, de la partageuse, de la lionne, de la grisette. Rapporter la rumeur de la rue. Ils parcourant sans cesse les rues de ce Paris que Haussmann transforme sous leurs yeux, pour prendre des notes, et faire des portraits au vitriol de la bourgeoisie louis-philipparde, de bohême littéraire du Second Empire, du monde de hôpitaux, des prisons, des lupanars. Journalisme, histoire, roman : écritures tournées vers la vie concrète, quotidienne, à la manière des naturalistes, qu'ils précèdent. Et tout au long de leur vie tenant un Journal, qui est à la République des lettres ce que sont les Mémoires de Saint-Simon à la cour de Versailles. Une galerie de portraits sans complaisance, une dénonciation d'une rare méchanceté des intrigues et des bassesses de la ménagerie humaine, préfigurant les intrigues du Prix qu'ils ont fondé et qui porte leur nom.
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Le Paris de Berlioz
Christian Wasselin
- Alexandrines
- Le Paris Des Artistes
- 7 Avril 2023
- 9782370890825
Compositeur, chef d'orchestre, organisateur de concerts, journaliste, Hector Berlioz (1803-1869) fut pendant plus de quarante ans une figure infatigable de la vie parisienne. Pour Berlioz, Paris est la ville de toutes les illusions et de tous les déchirements ; celle qu'il faut fuir et qu'on ne peut pas s'empêcher de vouloir conquérir. Les écrits de Berlioz sont riches de phrases contradictoires sur Paris : « Il n'y a au monde que Paris, écrit-il ; c'est une ville électrique qui attire et repousse successivement mais vers laquelle en définitive il faut toujours revenir quand on l'a habitée et surtout quand on est français » ; mais aussi : « Nous descendons du palais des nuages, pour tripoter dans ce grand et sale bazar de Paris ». Et « Paris, ville barbare ». Le Paris de Berlioz fait revivre le Paris de la Restauration, de la Monarchie de Juillet, de la Seconde République, du Second Empire via les révolutions de 1830 et de 1848.
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