• Congo ; Kinshasa aller-retour

    Colette Braeckman

    • Nevicata
    • 4 Octobre 2016

    Un pays ? Pas tout à fait, tant ses frontières sont convoitées et disputées. Un continent ? Pas complètement. Un peuple ? Pas si sûr. Alors, une fresque ? Évidemment !

    Le Congo est un tableau peint au rythme de l'Afrique, sur une toile immense où l'ardeur de survivre et l'ingéniosité forment les ressorts d'une naïveté apparente et si séduisante.

    Le Congo est musical, il danse, il chante, il vibre quand il rit et quand il pleure, sur les rives du grand fleuve, cette artère profonde de l'Afrique remontée par des aventuriers tout droits sortis du coeur des ténèbres.

    Ce petit livre n'est pas un guide. C'est un décodeur. La rumba congolaise y rythme l'amour et les folies de la vie. Le courage des femmes outragées par les guerres interminables y révèle la détermination de surmonter les décennies d'horreur. Un récit à l'image des Congolaises, rempli de leur folle énergie et ode à l'éternelle maternité de l'Afrique.

    Récit suivi d'entretiens avec Isidore Ndaywel (La colonisation belge a engendré un esprit de dépendance), Maddy Tiembe (Au Congo, une femme doit obligatoirement avoir des attributs) et Freddy Tsimba (Les artistes congolais sont des créateurs d'identité nationale).

  • Dans l'amas des archives de la principale institution chargée de l'histoire et de la mémoire du génocide au Rwanda, plusieurs liasses de fragiles petits cahiers d'écoliers renfermaient dans le silence de la poussière accumulée les récits d'une centaine d'enfants survivants.
    Rédigés en 2006 à l'initiative d'une association rwandaise de rescapés, dans une perspective testimoniale et de catharsis psychologique, ces témoignages d'enfants devenus entre-temps des jeunes hommes et des jeunes femmes, racontent en trois scansions chronologiques souvent subverties ce que fut leur expérience du génocide, de la « vie d'avant » puis de la « vie d'après ». Leurs mots, le cruel réalisme des scènes décrites, la puissance des affects exprimés, livrent à l'historien une entrée incomparable dans les subjectivités survivantes et permettent, aussi, d'investir le discours et la gestuelle meurtrière de ceux qui éradiquèrent à jamais leur monde de l'enfance.
    Le livre tente une écriture de l'histoire du génocide des Tutsi à hauteur d'enfant. Il donne à voir et à entendre l'expression singulière d'une expérience collective, au plus près des mots des enfants, au plus près du grain de la source. Tentative historiographique qui est aussi une mise à l'épreuve affective et morale pour l'historienne face à une source saturée de violence et de douleur. Loin des postulats abstraits sur l'« indicible », le livre propose une réflexion sur les conditions rendant audibles les récits terribles d'une telle expérience de déréliction au crépuscule de notre tragique XXe siècle.

  • Kenya ; les séismes du Rift

    Bruno Meyerfeld

    • Nevicata
    • 13 Septembre 2018

    D'abord des paysages. Ensuite un envoûtement.
    Le Kenya, c'est cette fracture géologique de la grande vallée du Rift que le visiteur se prend comme un coup de poing, dès la sortie de Nairobi. L'Afrique en miroir.
    Toute l'Afrique, résumée dans l'histoire d'un pays et dans ses convulsions depuis l'indépendance. Le Kenya est un mythe entretenu par les images de films romantiques et de récits de voyage. Mais dans ses soutes, la fureur n'a jamais été contenue. Les rages ethniques, politiquement exploitées, sont toujours à fleur d'actualité. La mémoire des massacres coloniaux y reste vive. L'ambiance coloniale des clubs si britanniques ne pourrait être plus trompeuse.
    Ce petit livre n'est pas un guide. C'est une odyssée africaine, une plongée, page après page, dans le coeur du continent noir.

  • 1990 : la guerre civile éclate au Rwanda, opposant le Front patriotique rwandais (FPR) aux Forces armées rwandaises (FAR).
    L'année suivante, le colonel Delort - conseiller Afrique du chef d'état-major des armées - se rend sur place et devient une cheville ouvrière de la politique française au « pays des mille collines ». Jusqu'en 1994 et la fin du conflit - avant donc le terrible génocide qui allait suivre -, il participe aux négociations politiques entre les deux camps, mène des missions diplomatiques et conduit des actions militaires. Il est présent lors des négociations d'Arusha, en Tanzanie, qui devaient permettre de trouver une solution politique. Il a directement négocié, pour la France, avec les dirigeants voisins ; il a été le commandant opérationnel des soldats français au Rwanda. Et c'est également lui qui pilota l'évacuation d'une partie de nos compatriotes en 1993.
    Il a choisi de raconter son expérience, d'exposer les affrontements politiques et militaires des Rwandais, de témoigner de ce que fut la politique de la France, tout en s'interrogeant avec pragmatisme sur la volonté des belligérants d'aboutir à un accord durable et sur le désintérêt de la communauté internationale pour ce pays en guerre.
    Des reconnaissances tactiques sur les frontières aux entrevues politiques à Kigali, des réunions « de crise » au Quai d'Orsay aux affrontements sur le terrain entre « gouvernementaux » et « rebelles », des débriefings à l'état-major des armées boulevard Saint-Germain aux délicates missions d'évaluation des forces en présence, le lecteur est ainsi entraîné au coeur des événements.
    Guerre au Rwanda, L'Espoir brisé constitue le témoignage exceptionnel d'un acteur de premier plan : on comprend, en le lisant, comment ce terrible drame s'est noué et quel fut le but politique de la France.

  • La légende veut que la France, « patrie des droits de l'homme », ait généreusement offert l'indépendance à ses anciennes colonies d'Afrique noire en 1960. Ce livre raconte une tout autre histoire : celle d'une guerre brutale, violente, meurtrière, qui a permis à Paris d'inventer un nouveau système de domination : la Françafrique.
    Cette guerre secrète a pour théâtre le Cameroun des années 1950 et 1960. Confrontées à un vaste mouvement social et politique, porté par un parti indépendantiste, l'Union des populations du Cameroun (UPC), les autorités françaises décident de passer en force. En utilisant les mêmes méthodes qu'en Algérie (torture, bombardements, internements de masse, action psychologique, etc.), elles parviennent en quelques années à éradiquer militairement les contestataires et à installer à Yaoundé une dictature profrançaise.
    En pleine guerre froide, et alors que l'opinion française a les yeux tournés vers l'Algérie, la guerre du Cameroun, qui a fait des dizaines de milliers de morts, est à l'époque passée inaperçue. Elle a ensuite été effacée des mémoires par ceux qui l'ont remportée : les Français et leurs alliés camerounais. Le crime fut donc presque parfait : les nouvelles autorités camerounaises ont repris les mots d'ordre de l'UPC pour vider l'« indépendance » de son contenu et la mettre au service... de la France ! Mais la mémoire revient depuis quelques années. Et les fantômes du Cameroun viennent hanter l'ancienne métropole. Laquelle, de plus en plus contestée sur le continent africain, devra tôt ou tard regarder son passé en face.

  • Retracer les chemins de l'histoire malgache : beaucoup s'y sont essayés, mais le besoin se faisait sentir d'une publication d'accès facile, qui intègre les résultats des recherches les plus récentes. Tel est l'objectif de ce livre. À leur arrivée, les premiers occupants de la Grande Île peuplent les côtes, et certains gagnent progressivement l'intérieur des terres. Suit une phase de constructions politiques, au terme de laquelle l'une d'entre elles se fait reconnaître comme Royaume de Madagascar. Son échec, suivi de la colonisation, n'entrave pas la détermination de la population. L'indépendance ouvre enfin la voie à un processus de longue haleine : la quête de la démocratie et du développement. L'ouvrage décrit ainsi la marche d'un peuple vers son unité. C'est toute cette histoire qui est ici retracée ; elle relativise l'idée convenue d'une origine des Malgaches, au profit d'une intégration progressive dans l'océan Indien et d'une ouverture croissante sur le monde.

  • Le génocide des Rwandais tutsis et les événements qui l'ont accompagné furent une tragique démonstration du désengagement des États et des institutions internationales face à des actes de violence radicale. MSF fut alors confronté à une situation inédite : tandis que généralement les travailleurs humanitaires interviennent à distance des lieux où les crimes de masse sont perpétrés, les équipes furent, entre 1994 et 1997, les témoins oculaires de meurtres et de massacres à grande échelle au Rwanda et au Zaïre.

    Dans cette situation, comment une association de secours humanitaire pouvait-elle agir, a-t-elle agi ? Comment dans l'urgence saisir les dynamiques propres aux différentes situations ? Comment éviter de devenir victime ou auxiliaire des forces criminelles ? Les archives inédites de MSF permettent de restituer les activités des équipes médicales et logistiques mais aussi les tensions entre agences internationales humanitaires, les indispensables négociations locales, nationales et internationales et les campagnes médiatiques.

  • Le 7 avril 2021, la France a commémoré le 27e anniversaire du génocide des Tutsi. En cent jours, cet événement tragique, que la communauté internationale n'a pas su empêcher, faisait près d'un million de victimes.Conformément à l'engagement du Président de la République en 2018, une Commission d'étude dirigée par Vincent Duclert a consulté l'ensemble des fonds d'archives françaises relatifs à la période pré-génocidaire et à celle du génocide lui-même et a rédigé un rapport en toute impartialité grâce à un accès à titre exceptionnel, personnel et confidentiel aux documents secret-défense.Cette démarche souhaite ainsi réunir les conditions de l'expression d'une vérité historique et consacre la place du génocide des Tutsi dans la mémoire collective française.

  • Rwanda ; au fond de l'enfer le ciel ouvert

    Daniel Ange

    • Des beatitudes
    • 1 Juillet 2019

    Le 7 avril 1994 à Kigali est déclenché le génocide perpétré contre les Tutsis et Hutus modérés. Durant 100 jours, quelques 800 000 innocents sont massacrés.
    Au milieu des horreurs largement relayées par les médias, un nombre important d'actes d'amour, de dévouement et de générosité ont été rapportés, mais n'avaient pas encore été rendus publics.
    Ce sont des jeunes, des enfants, des familles ou des communautés entières qui nous parlent de courage et de don de soi, de pardon et de réconciliation héroïque, de foi et d'invincible espérance.
    Au fil de ces pages s'ébauche le martyrologe du peuple du Rwanda qui a donné à l'Église tant d'authentiques témoins de la Foi et de l'Amour.
    « On ne dit pas assez les témoignages de charité et de foi qu'il y a dans ce peuple ».
    Cardinal Etchegaray

  • Si le Congo m'était conté

    Clementine Nujzi

    • Jourdan
    • 16 Juillet 2020

    Professeure à l'Université catholique de Louvain, l'auteure, née au Congo dans une famille bourgeoise, raconte son enfance et son adolescence dans le pays, au temps de la colonisation. Elle y décrit, jusqu'au lendemain de l'indépendance, son quotidien marqué par de nombreux voyages et déménagements, en raison de la profession de son père, assistant médical au service de l'administration coloniale.

  • Tous ceux qui s intéressent sérieusement à l histoire, constatent le manque d objectivité, de préjugés et de critiques malveillantes de trop nombreuses publications, qui n hésitent pas de recourir à des affabulations pour dénigrer l oeuvre des Belges en Afrique Centrale. Mettant en lumière des événements historiques avérés et incontournables, les auteurs démontrent le caractère manipulatoire des accusations portées en se basant sur des faits incontestables et rétablissent une vérité historique plus équilibrée en rappelant, notamment, tout le côté positif de l'action des Belges. Certains semblent avoir oublié qu en 1960 le Congo se situait au deuxième rang parmi tous les pays africains! Cette 3e édition est enrichie de nombreuses photos, d un chapitre supplémentaire sur les Parcs Nationaux et la protection de la nature et d une actualisation par rapport aux événements récents, tant au Congo qu en Belgique.

  • Histoire du congo racontée aux enfants

    Collectif

    • Jaguar
    • 5 Février 2016

    L'histoire du Congo racontée de la préhistoire à nos jours.

  • Congo. Ambitions et désenchantements est un livre consacré au déroulement d'une étape, à la fois courte et décisive, dans le long passé de cette région. Au point de départ, les années 1880. Elles virent la concrétisation de vieux rêves de découpage de l'Afrique en grands ensembles transcontinentaux. Rien n'annonçait toutefois que le fleuve Congo devienne un marqueur géopolitique. Ce coup de crayon sur la carte porte la griffe de Léopold II, personnalité hors normes, grand rêveur et maître-manoeuvrier au sein de différents mondes, ceux de la diplomatie, du capital et des « affaires », mais qui fut aussi porté par les grandes inspirations de l'époque, le mouvement scientifique, le réveil chrétien, la vague antiesclavagiste tout comme par les recompositions alors en cours en Afrique même. Sans lui, il n'y aurait eu ni « Congo belge », ni page congolaise dans l'histoire de Belgique.
    Le livre rassemble un bouquet d'essais et de questions. Quels furent les grands seuils de la période ? Quelles ambitions économiques, technocratiques, scientifiques, morales, mais aussi quels itinéraires, plus humbles ? Quelle place de la région sur l'échiquier mondial des puissances et du mouvement des idées ? Quid de l'insubmersible Afrique, de son économie de production et de trafics, mais aussi de sa pauvreté ? Quid de sa vie spirituelle toujours renouvelée mais jamais contrôlée, de sa vie artistique, elle aussi toujours novatrice ? Autant de coups de projecteur portés sur trois générations, avec d'occasionnelles excursions dans leurs passés et dans les représentations portées par le présent.
    En 1960, au sortir de l'épisode colonial, une semaine d'indépendance confirma que le « Congo belge avait été conquis mais non soumis.
    On ne trouvera ici ni complaisances ni ressentiments, mais le sillage d'une génération d'historiens dont l'engagement fut d'inscrire le passé de l'Afrique dans les grands chapitres de l'histoire universelle. De nouveaux chantiers s'ouvrent désormais, ceux des sensibilités, des mémoires. Le défi reste de repérer les ruptures, mais aussi le long fil des généalogies qui, en Afrique comme ailleurs, relient le présent au passé.

  • Rwanda demain ! une longue marche vers la transformation

    Jean-Paul Kimonyo

    • Karthala
    • 19 Octobre 2017

    Plus de 20 ans après le génocide de 1994 au Rwanda, c'est aujourd'hui le processus de reconstruction du pays qui suscite de vifs débats. Pourtant les études approfondies de ce processus sont encore rares. C'est cette lacune que l'ouvrage de Jean-Paul Kimonyo tente de combler.

    Plus de 20 ans après le génocide de 1994 au Rwanda, c'est aujourd'hui le processus de reconstruction du pays qui suscite de vifs débats. Pourtant les études approfondies de ce processus sont encore rares. C'est cette lacune que l'ouvrage de Jean-Paul Kimonyo tente de combler.

    Comment ce pays parmi les plus pauvres au monde, totalement déchiré, a-t-il pu se reconstruire aussi rapidement ? Comment la population divisée a-t-elle fini par vivre, travailler ensemble et participer à la reconstruction du pays ? Quels liens existent-ils entre le succès à consolider mais inespéré du pays et sa gouvernance sujette, elle, à controverse ? De façon succincte mais couvrant une longue période historique et un large spectre de domaines, ce livre tente d'apporter une réponse à ces question et à fournir une explication précise sur les modalités de mise en place de ce processus de reconstruction post-génocide au Rwanda.

    A cette fin, l'auteur retrace les origines et les évolutions du Front patriotique rwandais (FPR), la force politique dominante au Rwanda. Il relate comment des communautés réfugiées, chassées de chez elles à la veille de l'indépendance, éparpillées dans toute la région des Grands Lacs, en sont arrivées 35 ans plus tard à prendre le pouvoir dans leur pays, dans des conditions calamiteuses.

    Ce travail montre comment les choix politiques et idéologiques qui menèrent à la formation du FPR à l'extérieur du Rwanda ont fortement orienté la reconstruction du pays. Sa narration couvre toutes les étapes de celle-ci, jusqu'à la période actuelle, plus focalisée sur les activités de développement.

    L'auteur situe son analyse dans le débat sur les reconstructions post-conflit de cette décennie, dans la région des Grands Lacs, l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient, le poussant à prendre ses distances avec les catégories normatives qui avaient été élaborées en ce domaine à la suite de la chute du mur de Berlin.

  • Les missionnaires face au nationalisme à Madagascar ; parcours et enjeux (1920-1960)

    Luc Garcia

    • Karthala
    • 8 Décembre 2017

    À Madagascar, la «Grande Île», le colonisateur français a exporté et imposé sa langue mais aussi sa religion simple et complexe, en somme le modèle culturel européen.
    Après 1945, à la suite des transformations dues à la modification des mentalités et des jugements de valeurs, la transmission de ce modèle a été assurée efficacement, et même accélérée, par l'action multiforme des congrégations religieuses catholiques et des sociétés missionnaires protestantes anglo-saxonnes et françaises.
    Pourtant, leur place et leur rôle dans le processus de décolonisation et dans la lente montée des Malgaches vers leur émancipation ont été très souvent ignorés, en tout cas peu soulignés, surtout en ce qui concerne l'action des communautés féminines.

    Comment les missionnaires ont-ils perçu les évolutions du contexte malgache qui les ont poussés à infléchir progressivement leur position dans le sens des nationalistes? Tel est le thème que le présent ouvrage propose de découvrir ou de revisiter à travers les archives parfois inédites des autorités religieuses. Le terrain religieux présente l'avantage appréciable d'apporter à la fois un éclairage et une grille de lecture inhabituels sur les changements qui ont affecté Madagascar entre 1920 et 1960.

  • "Je m'appelle Albert Nsengimana et j'aimerais vous raconter mon histoire. Je voudrais d'abord parler de ma vie avant l'année 1994. Je pense que cette année est lourde de signification pour nous, les Rwandais, car c'est alors qu'a eu lieu le génocide contre les Tutsis. J'avais à peine sept ans." Vingt-cinq ans après cette tragédie qui aura duré cent jours et conduit au massacre de près d'un million de personnes, Albert, aujourd'hui âgé de trente et un ans, témoigne pour la première fois dans ce document exceptionnel.

    Alors que sa mère, une Hutue, a orchestré et accompagné la tuerie de ses propres enfants, qu'elle a pour certains d'entre eux livrés elle-même à des miliciens hutus qui perpétraient les massacres, Albert échappe miraculeusement à la mort.

    À travers ce récit qui dépasse l'entendement, Albert a trouvé la force de dire au monde : "Plus jamais ça." Son histoire démontre la capacité de résilience du peuple rwandais, les difficultés que ce pays doit affronter et la nécessité du pardon à l'heure où les premiers génocidaires sortent de prison... Face à des drames personnels d'une telle ampleur et d'une insoutenable violence, la voie de la résilience est-elle concevable ?

  • Taillé à l'échelle d'un mini-continent (quatre fois et demie la France), l'ex- Soudan anglo-égyptien est structuré autour du Nil et de ses affluents. Bien doté en voies d'accès par ce puissant réseau hydrographique et sans frontières naturelles très dissuasives, il est depuis toujours une terre de passage, largement ouverte sur les neuf pays de son voisinage : l'Égypte, la Libye, le Tchad, la République Centrafricaine, la République Démocratique du Congo, l'Ouganda, le Kenya, l'Éthiopie, l'Érythrée. Cette position stratégique constitue un atout précieux, mais l'expose à tous les dangers et à toutes les convoitises, d'autant plus qu'il est bien doté en richesses naturelles.

    À l'indépendance, proclamée le 1er janvier 1956, les gouvernants (nordistes) se trouvent confrontés à un défi redoutable : comment reconstruire cet espace immense - fruit d'une épopée « égypto-ottomane » bicentenaire - dont le devenir a été fragilisé par 56 années de colonisation britannique ? Le Soudan vivra son demi-siècle d'existence dans une instabilité chronique, sur fond de coups d'État et de guerre civile, à la recherche d'une identité controversée (arabo-musulmane ou arabo-africaine), en quête d'une paix insaisissable entre l'État « nordiste » et les mouvements sudistes. Par un mauvais coup du destin, l'accord signé à Naivasha entre Khartoum et le SPLM de John Garang, censé privilégier l'unité, débouchera sur la partition (par référendum), sans même amener une paix véritable, la « communauté internationale » se débarrassant cyniquement d'un conflit qu'elle avait attisé et laissant aux protagonistes le soin de régler les modalités de leur divorce.

    La République du Soudan du Sud est née le 9 juillet 2011, sonnant ainsi le glas de l'unité pour le géant arabo-africain. Le nouvel État, le plus déshérité de la planète, est déjà sous la coupe américano-israélienne et sous la menace des prédateurs (multinationales, financiers...). Pour sa part, le « Soudan maintenu », amputé en territoire, en population et en ressources, est au pied du mur, sous pression des « pays de l'arrogance », l'Occident ayant trouvé au Darfour le nouveau Sud-Soudan dont il rêvait et dans la Cour Pénale Internationale un nouvel instrument d'ingérence. Dans ce contexte, l'établissement de relations « fraternelles » entre les deux Soudans paraît illusoire. Pourtant, l'espace soudanais demeure, à l'épreuve du temps...

  • Histoire du Gabon, de ses origines à 1964

    Gildas Nyame Mendendy Boussambe

    • L'harmattan
    • 17 Juin 2019

    "Cet ouvrage présente de façon chronologique et détaillée l'histoire de ce pays d'Afrique centrale tout en la mettant en lien avec les grands évènements historiques à l'échelle de la planète. L'ouvrage insiste en particulier sur des périodes encore méconnues de l'histoire gabonaise, à savoir celle précédant les premiers contacts avec les Européens et celle allant de 1472 à 1964. - "

  • Afrique centrale ancienne, histoire et cultre ; en partage avec Jan Vansina

    Ndaywel E Nziem I.

    • L'harmattan
    • 15 Janvier 2021

    "Jan Vasina est l un des pionniers d écriture de l histoire de l Afrique ancienne. Historien, anthropologue et linguiste, il a été façonné par son intense fréquentation du terrain congolais et rwando-burundais. Sa méthode reposait sur un double pilier : la recherche sans concession de la vérité et la nécessaire intervention de l imagination historique. En plaçant le passé de l Afrique sous la dure lumière de l histoire, il reconnaissait la place originale que ce passé occupait dans le concert des grandes cultures du monde. Ce recueil d études sur l Afrique centrale ancienne se veut un témoignage en hommage à ce grand africaniste belgo-américain."

  • être métis ; en Imerina (Madagascar) aux XIXe-XXe siècles

    Violaine Tisseau

    • Karthala
    • 23 Mai 2017

    L'histoire de Madagascar est marquée, depuis l'origine de son peuplement, par l'importance des courants migratoires. De ce fait, les relations intimes entre vazaha (étrangers) et malgaches y sont anciennes. La colonisation de l'île, en 1896, va pourtant conduire à l'émergence de la « question des métis », commune à l'ensemble de l'empire français. Soucieuses de maintenir une situation coloniale hiérarchisée, ordonnée et cloisonnée, les autorités entreprirent une politique particulière à l'égard des métis, qui s'est concrétisée notamment par leur dénombrement, leur prise en charge dans des institutions spécifiques et l'aménagement de la législation pour faciliter leur accès à la citoyenneté française.

    Parce que les institutions recueillant les métis y étaient localisées, parce que ces derniers y étaient les plus nombreux et parce que les relations avec l'étranger y étaient ambivalentes, l'Imerina devint le lieu principal d'expression de cette « question métisse ». Or, cette société était organisée en groupes statutaires hiérarchisés dont les unions étaient réglementées. Son fonctionnement en foko (dèmes) associait en outre territorialité et ancestralité. Dès lors, comment les métis, dont l'origine dérogeait en partie à ces règles, ont-ils pu inscrire leurs trajectoires dans cette région ?

    Si cet ouvrage est centré sur le moment colonial (1896-1960), il remonte néanmoins au XIXe siècle précolonial pour montrer comment la colonisation a construit la catégorie « métis ». Il intègre aussi des prolongements contemporains, en analysant, notamment à travers les récits de vie, comment les métis ont su contourner ou se réapproprier cette catégo-risation en jouant de leurs appartenances multiples.

  • Histoire et pragmatisme ; le Rwanda, sur sa route

    Isaie Nzeyimana

    • Editions du net
    • 6 Octobre 2017

    Cet essai une proposition de lecture de l'histoire selon la direction de la causalité finale, en référant les moments historiques, les acteurs et les historiens aux projets politiques que chacune des écritures vient justifier.
    Les regrets, les complicités, les conflits de donation du sens aux événements et les contradictions entre mémoires individuelles/collectives, pourtant toutes vraies, perdent leurs significations aussitôt que le lecteur, au-delà d'espérer trouver la vérité totale historique, impossible par ailleurs, saisit chaque moment de l'histoire selon les projets qui motivent le choix des faits.
    Le débat est d'un autre ordre : la pragmatique et l'éthique des projets politiques. La réconciliation, assise fondamentale dans la conduite de cette réflexion, trouve ses conditions de possibilité dans une fraternité nationale rwandaise, parfois manquée, mais toujours permanente même dans le déchirement et les controverses de l'historiographie rwandaise.
    Avec le peuple, la politique post génocide fait et écrit aussi l'histoire ; elle est une révolution. Elle n'est cependant pas la première que le Rwanda a connue. Quels sont à cet effet les acquis positifs des révolutions précédentes ? Quelles sont leurs occasions manquées ? Quelles sont les circonstances favorables actuelles ? Quel est le modèle politique assez pertinent pour intégrer les révolutions historiques et actuelles ?
    Ce livre est une pédagogie des mémoires contradictoires ; il est une philosophie de l'histoire qui libère l'histoire et la politique des contextes qui la produisent pour fixer leur idéalité ; il est un dialogue entre la philosophie et la vie, entre les philosophes et les acteurs politiques ; il est une éthique et une pratique politique qui tire des leçons des révolutions historiques passées ; il est un outil didactique à la pratique politique et au développement pour l'homme.

  • La société militaire à Madagascar ; une question d'honneur

    Olivier Vallée

    • Karthala
    • 23 Octobre 2017

    Ce livre est né d'une interrogation, voire d'un paradoxe, suite au renversement en 2009 à Madagascar de Marc Ravalomanana par Andry Rajoelina. Alors que le pays traverse de nouveau une grave crise politique, économique et sociale, pourquoi l'armée n'a-t-elle pas conservé le pouvoir que lui avait remis le président déchu et préféra-t-elle le confier au maire de la capitale ? La sociologie historique de la société militaire malgache offre de nombreuses réponses à ce choix, tout en révélant la nature symbolique et les faiblesses réelles des « Forces de sécurité » de ce pays.

    La genèse de l'armée malgache débute au cours de la période précoloniale avec les guerres entre les différents royaumes de l'île. L'occupation française infléchira alors son rôle jusqu'à l'Indépendance. Les différentes phases politiques postcoloniales parachèveront la formation d'une corporation d'officiers qui ne se caractérise pas uniquement par le fait d'être des « hommes en armes ». Une élite « martiale » spécifique s'est bien constituée, perpétuée et adaptée à travers l'histoire.
    Loin de représenter une continuité identitaire, il s'agit plutôt ici de formes de réinventions selon des contextes, rapidement globaux, mais dépendant cependant de la structure sociale et économique insulaire et des références à la communauté imaginée malgache. Se consolide ainsi une société militaire située ailleurs, dans une hétérotopie qui alimente ses répertoires d'action et de représentation et la disculpe de ses failles et de ses échecs.

    Le néo-libéralisme des années 2000 ouvre alors la voie à une « bureaucratie galonnée » où s'encastrent les officiers et suscite une gouvernance criminelle accentuée sous le régime de la Haute Autorité de Transition. La figure du chef militaire se retrouve ainsi à la croisée des réseaux de pouvoir et d'affaires, poursuivant des trajectoires singulières dans les registres de la coercition, de la gestion et de la complicité avec l'accumulation oligarchique des richesses.

  • Depuis un demi-siècle, une historiographie scientifique de l'Afrique s'est développée. La contribution des chercheurs africains à cette avancée majeure est souvent méconnue. Or, sans ignorer la dimension internationale des recherches sur les sociétés africaines, il faut se rappeler qu'une première génération d'historiens issus des pays devenus récemment indépendants a joué un rôle décisif dans la motivation même de ces recherches, nourrie de la connaissance intime de la culture des pays où ils étaient nés et dont ils voulaient promouvoir le rayonnement.

    Parmi ces historiens figure Émile Mworoha qui a travaillé sur l'histoire ancienne du Burundi depuis les années 1960. Formé à l'université de Paris 1, chercheur infatigable, il a été un des premiers à fréquenter les archives européennes concernant son pays et il s'est intéressé très tôt à la mine d'informations que représentent les traditions orales burundaises. Il a formé plusieurs générations d'étudiants à l'École normale supérieure de Bujumbura et à l'Université du Burundi.

    Le présent recueil est un témoignage de leur reconnaissance. Les auteurs, majoritairement burundais, mais aussi étrangers, ont rédigé des études originales portant sur l'histoire, la culture et l'enseignement au Burundi, ainsi que sur l'histoire politique et sociale du temps présent dans ce pays et sur des aspects du passé de la région des Grands Lacs, notamment au Rwanda et en Ouganda.

  • Alors que les combats de la Seconde Guerre mondiale achevaient de dissoudre le mythe de la supériorité de l'homme blanc, le Soudan était disputé par ses deux maîtres officiels, la Grande-Bretagne et l'Égypte. Le territoire s'acheminait-il vers l'indépendance ou une union politique avec son voisin méditerranéen ? La rivalité anglo-égyptienne, couplée à un impérialisme britannique soucieux de « préparer » les sociétés africaines à la souveraineté nationale, déboucha sur l'unification hâtive du Nord et du Sud-Soudan en 1947. Parvenues à des positions de pouvoir une décennie avant l'indépendance (1956), les élites du Nord s'attachèrent à faire du Soudan, pays à forte pluralité ethnolinguistique et religieuse, un État-nation arabe et musulman.

    Dans ce contexte, un nouvel enseignement d'histoire fut élaboré pour les écoles élémentaires soudanaises. Quels en étaient les acteurs, les récits, les pratiques ? Cet ouvrage décortique les représentations, les apprentissages et les rapports sociaux sous-tendant la production et l'usage de manuels en langue arabe dans le Soudan colonial tardif. L'auteure propose également un éclairage comparatif sur l'histoire enseignée dans d'autres territoires de l'empire britannique en voie d'émiettement.

    Ce livre offre de nouvelles clés de compréhension d'une séquence charnière dans l'histoire du monde contemporain. Au regard de l'actualité plus récente, il montre quel rôle l'histoire scolaire a pu jouer dans l'éclatement du cadre national soudanais après 1956, aboutissant à la scission du Soudan en deux États en 2011.

    Iris Seri-Hersch est maître de conférences au Département d'études moyen-orientales (DEMO) d'Aix-Marseille Université et rattachée à l'Institut de recherches et d'études sur les mondes arabes et musulmans (IREMAM). Ses travaux portent sur l'histoire contemporaine du Soudan et de l'espace israélo-palestinien.

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