Moyen Age tardif (XIVe - XVe siècle)

  • Le temps de la Guerre de Cent Ans (1328-1453)

    Boris Bove

    • Folio
    • 1 Octobre 2020

    La France des xiv e et xv e siècles est marquée par la tragédie : famines, pestes, révoltes populaires, conflits civils et militaires... C'est le siècle de la « Guerre de Cent Ans ». La durée du conflit, les souffrances de ceux qui l'ont provoqué ou en ont pâti, interdisent cependant de le résumer à l'apparence des événements dramatiques. Ainsi, ce livre s'attache moins à la narration circonstanciée des malheurs de ces guerres sans fin qu'à les comprendre, afin de restituer l'ordre qui se cache derrière le chaos des apparences. L'« automne du Moyen Âge » est marqué par l'affirmation de l'État monarchique, une construction territoriale unifiée par la soumission à la souveraineté du roi. La conscience d'une identité « nationale », incarnée par Jeanne d'Arc, s'est forgée dans la douleur d'un siècle de fer, alors que Charles VII (1422-1461) n'est plus un prince féodal mais un véritable chef d'État. Boris Bove renverse des idées reçues à propos de « la crise » des xiv e et xv e siècles : il invite à se méfier des chroniqueurs, trop enclins à détecter les signes annonciateurs de l'Apocalypse. Le temps de la guerre de Cent Ans n'est pas celui d'une décadence globale mais une période tourmentée et féconde, comme en témoigne l'éclat des arts, des lettres et de la vie de cour et qui parvient, malgré tout, à renaître et à édifier les fondements d'un monde nouveau.

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  • À la différence de son encombrante rivale, Agnès Sorel, l'épouse de Charles VII, Marie d'Anjou reste dans l'ombre de l'Histoire. Elle n'est pas la seule. La plupart des souveraines des XIVe et XVe siècles sont tombées dans l'oubli, à l'exception d'Isabeau de Bavière et d'Anne de Bretagne, ancrées dans la mémoire de la « nation France », l'une par le rôle politique qu'elle joua, l'autre par son statut mythifié de dernière duchesse de Bretagne. Or, bien avant Catherine ou Marie de Médicis, ces femmes ont joué un rôle essentiel pour la Couronne, non seulement parce qu'elles portaient les destinées de la dynastie, mais encore parce qu'elles incarnaient la majesté royale. Murielle Gaude-Ferragu redonne ici une mémoire à ces reines oubliées et s'interroge sur la véritable nature de leur pouvoir au sein de la cour et du royaume de France.

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  • La guerre de cent ans

    Jean Favier

    • Pluriel
    • 31 Janvier 2018

    Fallait-il écrire l'histoire d'une guerre ? Jean Favier montre que ce conflit n'est pas seulement un phénomène en soi mais exprime les mouvements profonds qui animent la société médiévale : par-delà les batailles, où il arrive que le sort d'un royaume se joue en quelques heures, la guerre devient un facteur déterminant des infléchissements de l'histoire dès lors que le noble et le clerc, le bourgeois et le paysan pensent et se comportent en fonction de cette guerre.
    La guerre de Cent Ans a été le lot commun des individus comme des groupes humains, celui des féodaux encore pris dans leurs fidélités contractuelles, celui des officiers royaux découvrant le service de l'Etat à mesure qu'ils le conçoivent, celui de maîtres de l'Université que leurs engagements intellectuels mènent à des conflits qui n'étaient point les leurs. En un étonnant contrepoint, Jean Favier fait jouer les thèmes divers qui s'appellent le nationalisme naissant, la réforme de l'Etat ou encore l'unité de l'Eglise.

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  • Jeanne d'Arc ; le procès de Rouen

    Jacques Trémolet De Villers

    • Tempus/perrin
    • 4 Mai 2017

    Les minutes du procès de Jeanne d'Arc qui dura cent jours en 1431, relues, commentées et éclairées par un avocat de renom. Jacques Trémolet de Villers, en voix off, nous révèle une jeune femme, prétendue analphabète, seule à la barre, capable en réalité de déjouer les pièges des hommes d'Église et de loi qui l'accusent. Il nous conduit de façon minutieuse, à partir des actes authentiques (en latin et en français), vérifiés aux meilleures sources et complétés par les dépositions du procès d'annulation, jusqu'à sa plus profonde conviction : et si Jeanne était docteur de l'Église ?

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  • À la fin du Moyen Âge, après des siècles d'abandon du lexique maritime antique, les écritures souveraines s'agitent soudain, car les mots d'une nouvelle accusation pénale sublime - le crime de piraterie des Latins - s'infiltrent dans les archives. Peu à peu, le lexique médiéval des « larrons de mer » se retire des rivages, tandis que s'avance le « pirate » : la France réinventait son criminel en mer au seuil de la modernité. Cette mécanique fut avant tout atlantique et royale : une invention, ou découverte, de la piraterie, telle une relique sainte du passé romain qui serait remontée à la surface avant d'être exploitée par les Valois pour ses vertus pénales.
    Cette apparition médiévale du pirate français est remarquable en ce qu'elle scrutait désormais l'obéissance des gens de mer, ainsi mis en sujétion par une inflexion terrible de la doctrine pénale. Le royaume de France, devenu une puissance maritime au XV siècle, livrait ici un nouveau récit pénal des navigations, dans lequel pirates et rois se combattaient, pour mieux transformer le statut de ses frontières atlantiques.

  • Les orateurs, c'est le nom que se donnaient ceux que nous appelons les humanistes et dont Baxandall étudie la doctrine esthétique, contemporaine de la naissance de la grande peinture florentine du xvie siècle. À dessein de restituer le latin dans sa pureté, ils adoptent une esthétique intégralement marquée par un projet qui porte sur le langage. D'où l'essai d'appliquer aux tableaux des catégories grammaticales ou rhétoriques, comme le prouve la notion de compositio inventée par Alberti, qui permet de traiter un tableau comme une période : une phrase composée de parties ordonnées et hiérarchisées à des fins de beauté oratoire.

    Michael Baxandall donne à voir les oeuvres de la Renaissance d'un regard neuf : celui des intellectuels qui en ont forgé l'esthétique.

  • De l'an mil à 1789, la noblesse fut en France une qualité transmise par le sang, dans le cadre, prépondérant sinon exclusif, du mariage chrétien. Spécifiquement, son histoire visait à s'inscrire sous le signe de la reproduction sociale. De?1300 à?1500, le fort sentiment d'identité de ses membres se trouva encore renforcé par l'intervention des hérauts d'armes. Quoique très minoritaires, les nobles persistèrent alors à jouer un rôle central, malgré les crises auxquelles ils furent confrontés et les contestations dont ils furent l'objet.
    Les études ici réunies traitent de ce vaste sujet, l'accent étant mis sur le château, vu de l'intérieur et de l'extérieur, la seigneurie comme source de pouvoir et de revenus et les chevaux «?de nom?». Parmi les activités propres à ce milieu - telle la chasse avec chiens ou oiseaux et plus encore les armes -, les joutes et les tournois, ce sport aristocratique pratiqué dans le cadre de la vie de cour, ne sont pas oubliés.
    Certes, juridiquement et idéologiquement, on est en présence d'une société d'ordres, ce qui aurait dû conduire à un immobilisme structurel. Mais la réalité est plus complexe, comme le montre, au sein des «?bonnes villes?», la place des nobles face aux notables. La noblesse?? Une «?élite?» parmi d'autres, qui, de facto sinon de jure, se renouvelait régulièrement. Ici comme ailleurs, la vie l'emportait sur les principes.

  • Jeanne d'Arc et son époque

    Philippe Contamine

    • Cerf
    • 27 Août 2020

    Jeanne d'Arc est-elle apparue en son temps comme l'incarnation de la résistance contre l'envahisseur ? A-t-elle été la stratège militaire que la chronique a retenue ? Est-elle morte telle l'image de la sainteté que l'Église a fini par consacrer ? Comment ses contemporains, le roi Charles VII et sa cour qui peinent à la suivre, Henri VI et ses troupes qui la combattent, l'évêque Cauchon qui instruit son procès en hérésie, l'ont-ils perçue ? Comme une folle illuminée, une prophétesse inspirée, une guerrière héroïque ou une figure providentielle ?
    Philippe Contamine revient ici sur l'édification de la légende de la Pucelle d'Orléans. Exhumant archives oubliées et documents inédits, il départage la vérité du mythe et inscrit Jeanne dans son temps, entre les chaos et les fracas de la guerre de Cent ans. Il la restitue à l'univers chevaleresque qui anime l'Europe d'alors. Il en fait la clé d'une fresque culturelle sur la période la plus pré-moderne du Moyen Âge.
    Un tableau vivant, indispensable pour déchiffrer et comprendre l'imaginaire français. Un antidote aux instrumentalisations.

  • Les femmes de la Renaissance florentine régnaient-elles sur la ville, comme tant d'images du Quattrocento et d'historiens depuis le XIXe siècle l'ont suggéré ? Cette vision idéalisée est-elle confirmée par la documentation historique touchant aux rapports de genre et à la vie familiale ?
    En Toscane, dans la pratique, les femmes ne sont pas encouragées par le droit et la coutume à investir ou à gérer de façon autonome leurs affaires. La tradition confine les femmes dans la sphère domestique. Même les missions qui sont le plus volontiers abandonnées aux mères, l'éducation des tout-petits par exemple, tombent sous le feu de la critique des clercs. Christiane Klapisch-Zuber suit le fil de la vie des Florentines avant, pendant et après leur mariage. En étudiant les représentations mentales et figurées, elle éclaire les multiples facettes de la domination masculine dans une société renaissante où l'écriture et la culture sont largement partagées par les maris, mais encore fort peu par leurs soeurs et leurs épouses. L'historienne nous conduit ainsi, au-delà des témoignages et des images de l'époque qui sont presque toujours produits par des hommes, au plus près de la vie des femmes et de la manière dont elles ont vécu, entre exclusion et intégration.

  • Les procès de Jeanne d'Arc

    ,

    • Folio
    • 13 Octobre 1995

    De la condamnation de 1431 à la réhabilitation de 1456, les deux procès de Jeanne d'Arc racontent l'hitoire sous la légende. Ils disent les exigences et la prudence des rois, le lourd juridisme des clercs retranchés derrière les règles de la procédure, l'inquiétude d'une Église de l'ordre face aux élans, aux espoirs et aux révoltes de la religiosité populaire. En composant un dossier qui sera classique, Georges et Andrée Duby montrent comment, autour de la voix de Jeanne, raisons et silences dessinent le champ de forces d'un siècle : voici l'envers de notre plus grand mythe national.

  • La fortune des Médicis

    Jean-Yves Boriaud

    • Perrin
    • 19 Septembre 2019

    Le siècle dit « des Médicis » passe pour un moment d'exception, un modèle d'équilibre politique comme de perfection esthétique. Au xve siècle affluent effectivement à Florence, en ce brillant Quattrocento, artistes, architectes, érudits et philosophes qui en font le phare de la Renaissance italienne. Mais rien n'aurait été possible sans la toile économique patiemment tissée depuis des dizaines d'années par les fondateurs méconnus de la dynastie des Médicis, des banquiers qui, en dépit des graves soubresauts qui agitèrent l'histoire de la ville, montèrent un réseau de succursales qui firent la fortune de la famille. Fort de sa connaissance intime de la période, Jean-Yves Boriaud montre comment les Médicis, appuyés sur cette solide infrastructure, réussirent à s'emparer, sous Cosme (1434-1464) puis Laurent « le Magnifique » (1469-1492), de la réalité du pouvoir politique dans cette « république » aux rouages compliqués et à conforter cette puissance en se constituant une cour de haute culture, à même de célébrer les exceptionnels mérites du clan. Cela avant que le système montre ses limites et qu'en sollicitant à l'excès les ressources de la banque familiale, Laurent et ses successeurs ne le conduisent à l'échec final, la faillite de 1494.
    L'ascension, l'apogée et la chute d'une famille mythique, racontée avec brio par l'historien des Borgia.

  • La guerre de cent ans

    Nicolas Lemas

    • Armand colin
    • 5 Juillet 2017

    La guerre de Cent ans est un événement essentiel dans la constitution des royaumes de France et d'Angleterre et a marqué de son empreinte les relations entre les deux pays.
    Cette synthèse accessible et facilement utilisable donnera aux étudiants les clés pour décrypter les raisons, le contexte et le déroulement d'un conflit qui dura de 1330 à 1453. L'ouvrage propose un parcours thématique qui envisage la guerre de Cent ans comme un phénomène global : politique, idéologique, militaire, sociétal..., vu aussi bien du côté français qu'anglais.
    S'appuyant sur de nombreuses sources - officielles, littéraires, iconographiques -, un appareil cartographique et des études de cas de textes et d'images, ce volume permettra à l'étudiant de construire un exposé, élaborer une dissertation ou rédiger un commentaire de document sur le sujet.
     

  • Agnès Sorel : dame de beauté

    Pascal Dubrisay

    • Hugues de chivre
    • 22 Mai 2021

    Le 9 février 1450, meurt à Jumièges Agnès Sorel, Dame de Beauté, première maîtresse officielle d'un roi de France, Charles VII. Ainsi s'achève l'une des plus belles histoires du Moyen-Âge.
    Sa fin est à l'opposé de la vie qu'elle a menée auprès du roi : une vie faite d'influence très bénéfique au souverain qu'elle aide à tout instant dans sa reconquête du royaume. Sous son impulsion, la France se réveille et retrouve un lustre perdu pendant la guerre de Cent ans.
    Le pays des lys reconstitué va désormais pouvoir s'engager avec succès dans une nouvelle ère, celle de la Renaissance, qui en fera l'un des modèles du monde. Chateaubriand ne s'y trompait pas en écrivant que « de toutes les maîtresses royales, Agnès Sorel a été la seule à être utile à la France et à son roi. » Elle va pourtant mourir soudainement à l'âge d'environ 25-27 ans. En 2004, une étude scientifique de ses restes apporte enfin la preuve formelle de son assassinat et permet d'identifier le moyen utilisé.
    La rencontre entre cette jeune femme inconnue et son royal amant donne naissance à une descendance inouïe : presque toutes les familles royales, impériales d'Europe, voire au-delà, ainsi que deux familles présidentielles et plusieurs dizaines de milliers d'anonymes ont en partage ce précieux héritage qui en fait la plus belle et la plus attachante « Grand-mère » de l'Europe.

  • Comment la guerre de Cent Ans a-t-elle été vécue en France et en Angleterre ? Derrière les événements militaires et politiques, comment les populations ont-elles réagi au conflit ? En retard dans le domaine des finances et de l'organisation militaire, la France commença par essuyer de nombreux revers avant de retourner la situation à son profit. Mais, loin du champ de bataille, c'est dans les sociétés elles-mêmes que les changements et les évolutions furent les plus profonds. À travers une étude comparative des deux nations, Christopher Allmand s'attelle ainsi à déchiffrer ce que la guerre signifia pour les hommes des XIVe et XVe siècles, tandis que, peu à peu, on voit émerger de part et d'autre de la Manche les prémices d'un sentiment national. Préface inédite de Jean-Philippe Genet.

  • Le droit et la loi en Occident ; IIIe-IXe siècle

    Soazick Kerneis

    • Puf
    • 14 Mars 2018

    Sur le plan de l'histoire juridique, dans l'Europe de l'ouest qui relevait de Rome et de son droit, la persistance d'une Antiquité tardive jusqu'à l'orée du Moyen Âge que Duby qualifiait de « classique » semble se confirmer : la survivance des codes impériaux, la constitution d'un premier droit de l'Église, le maintien d'une pratique formulaire, les calques romains dans les lois dites « barbares » et les échos d'Isidore de Séville jusqu'en Irlande. Pourtant, à y regarder de plus près, le droit romain est un droit populaire, qui compose avec des pratiques provinciales, et si le droit qu'établit l'Église au IVe siècle respecte celui de la res publica, il n'en est pas moins une nouveauté. Les lois barbares s'efforcent d'adapter les coutumes des nations aux exigences de l'ordre impérial : la permanence de l'Antiquité en droit, surtout dans le nord de l'Europe, est peut-être plus une illusion de forme qu'une réalité de fond. C'est ainsi que tous ces courants confluent pour former un droit vivant qui, à travers ses déclinaisons multiples, peut être qualifié d'« européen ».

  • Le peuple templier ; 1307-1312

    Alain Demurger

    • Cnrs
    • 2 Janvier 2020

    Le mystère des templiers exerce une fascination particulière chez nos contemporains. La simple évocation d'un grand-maître, d'une commanderie ou d'une baillie suffit à déclencher un puissant imaginaire, mêlant trésor perdu, guerre sainte et complot royal.
    Pour sortir des idées reprises en boucle, l'auteur, spécialiste incontesté des ordres religieux-militaires, réunit dans cet ouvrage une somme de données précises sur la réalité templière.
    Ni biographie collective ni dictionnaire, ce livre recueille et décompte toutes les informations mentionnées sur des templiers dans les procès et autres procédures qui s'étalèrent de la rafle du 13 octobre 1307 jusqu'à la fin de l'ordre en 1312.
    Origines, carrières, lieux... qu'ils soient chevaliers, chapelains, sergents, c'est tout un peuple qui surgit à travers les 2 336 templiers recensés, actifs pour le plus ancien depuis 1248, et 1 135 physiquement présents dans l'une ou l'autre des procédures.
    À la fois catalogue et base documentaire, cet ouvrage renseigne une période importante de l'histoire de l'ordre qui envoie alors massivement des recrues à Chypre dans la perspective de reprendre pied en Terre sainte.

  • Le procès des templiers du Roussillon

    Robert Vinas

    • T.d.o
    • 1 Novembre 2009

    De l'affaire des Templiers, le public français n'a souvent qu'une vision partielle, limitée à la lutte entre Philippe le Bel et la papauté, et culminant avec l'épisode dramatique du grand maître Jacques de Molay brûlé vif à Paris sur l'île aux Juifs.
    Tout en déroulant les étapes de ce processus qui a conduit à la suppression de l'ordre, Robert Vinas a choisi de mettre en exergue le cas des Templiers roussillonnais, grâce à deux ensembles de documents essentiels, miraculeusement parvenus jusqu'à nous : les interrogatoires conservés à la BnF, et les correspondances templières des Archives de la Couronne d'Aragon à Barcelone.
    Cet ensemble précieux permet non seulement de comprendre l'importance des problèmes internationaux provoqués par cette affaire entre le Saint-Siège et les royaumes de France, de Majorque et d'Aragon, mais aussi de découvrir certaines personnalités jusqu'ici méconnues. C'est ainsi qu'au destin tragique de Jacques de Molay répond en contrepoint celui du commandeur Ramon Saguardia, prenant les armes contre le roi d'Aragon mais finalement innocenté par l'Église, après un procès unique dans les annales de la chrétienté.

  • Histoire de France t.6 ; Louis XI

    Jules Michelet

    • Des equateurs
    • 6 Mars 2014

    " C'est que Louis XI, sans être pire que la plupart des rois de cette triste époque, avait porté une plus grave atteinte à la moralité du temps. Pourquoi? II réussit. On oublia ses longues humiliations, on se souvint des succès qui finirent ; on confondit l'astuce et la sagesse. Il en resta pour longtemps l'admiration de la ruse, et la religion du succès. (...) Sous ce règne, il faut le dire, le royaume, jusque-là tout ouvert, acquit ses indispensables barrières, sa ceinture de Picardie, de Bourgogne, Provence et Roussillon, Maine et Anjou. Il se ferma pour la première fois, et la paix perpétuelle fut fondée pour les provinces du Centre. "Si je vis encore quelque temps, disait Louis XI à Comines, il n'y aura plus dans le royaume qu'une coutume, un poids et une mesure. Toutes les coutumes seront mises en français, dans un beau livre. Cela coupera court aux ruses et pilleries des avocats; les procès en seront moins longs... Je briderai, comme il faut, ces gens du Parlement... Je mettrai une grande police dans le royaume."

  • Ainsi que le dit Brantôme : « Je crois qu'il ne fut jamais quatre plus grands ducs les uns après les autres, comme furent ces quatre ducs de Bourgogne ». Le premier, Philippe-le-Hardi, commença à établir la puissance bourguignonne et gouverna la France durant plus de vingt ans. Le second, Jean-sans-Peur, pour conserver sur le royaume le pouvoir qu'avait eu son père, commit un des crimes les plus éclatants de l'histoire moderne; par là il forma de sanglantes factions et alluma une guerre civile, la plus cruelle peut-être qui ait jamais souillé notre sol. Succombant sous un crime semblable, sa mort livra la France aux Anglais. Philippe-le-Bon, son successeur, se vit l'arbitre entre la France et l'Angleterre ; le sort de la monarchie sembla dépendre de lui. Son règne, long et prospère, s'est signalé par le faste et la majesté dont commença à s'investir le pouvoir souverain, et par la perte des libertés de la Flandre, de ce pays jusqu'alors le plus riche et le plus libre de l'Europe. Enfin le règne de Charles-le-Téméraire offre le spectacle continuel de sa lutte avec Louis XI, le triomphe de l'habileté sur la violence, le commencement d'une politique plus éclairée, et l'ambition mieux conseillée des princes, qui, devenus maîtres absolus de leurs sujets, font tourner au profit de leurs desseins les progrès nouveaux de la civilisation et du bon ordre.
    C'était un avantage que de rattacher de la sorte le récit de chaque époque à un grand personnage ; l'intérêt en devient plus direct et plus vif; les événements se classent mieux ; c'est comme un fil conducteur qui guide à travers la foule confuse des faits... (extrait de la Préface, éd. de 1860).
    La présente réédition se base sur l'édition de 1860.

  • La Renaissance est accusée de nourrir le roman de la supériorité européenne, technique, culturelle et économique. Elle est également à l'origine des figures contestées de l'État et d'une première mondialisation, forcément brutale et malheureuse.
    Quant à l'humanisme, il a légué l'élitisme scolaire et un spécisme en faveur de l'homme au détriment de l'animal. Bref, la période illustre toutes les dérives de l'esprit moderne, individualiste et narcissique, dont le transhumanisme serait le dernier avatar.
    Ce livre expose le bien fondé de certaines critiques, mais aussi les fantasmes qu'elles mobilisent. Il revient notamment sur la genèse du terme, la Renaissance s'opposant au « Moyen Âge » inventé au XVIe siècle par des hommes qui voulaient faire renaître l'Antiquité, ainsi que sur le Quattrocento italien, son véritable modèle, et sur les Réformes religieuses qui ont marqué la naissance de la modernité. Tenant compte des critiques, de l'historiographie ancienne et la plus récente, l'ouvrage propose de fixer les principaux traits de la Renaissance que l'on peut retenir aujourd'hui. Non, la Renaissance n'est pas morte.

  • La guerre de cent ans ; la fin du Moyen Âge

    Boris Bove

    • Belin
    • 22 Octobre 2015

    La guerre de Cent ans a-t-elle existé ? On le suppose, puisque les livres d'histoire, qui caractérisent ainsi le conflit entre France et Angleterre entre 1337 et 1453, l'affirment depuis le XIXe siècle. La guerre de Cent Ans n'a pourtant pas de fin officielle, puisqu'il n'y a jamais eu de traité de paix, et certains ont voulu faire remonter l'inimitié entre les Capétiens et les Plantagenêt au XIIe siècle. Face à cette alternative, le présent livre voudrait présenter la guerre de Cent ans comme la manifestation spectaculaire, entre la fin du XIIIe siècle et le milieu du XVe siècle, du passage à un nouvel politique. Les progrès de la souveraineté et de l'Etat royal ont en effet rendu caduque le partage féodal de la souveraineté entre seigneur et vassaux, poussant à la révolte le plus puissant d'entre eux, le duc de Guyenne qui était aussi roi d'Angleterre.

  • La cité de Liège au Moyen Âge t.2 ; le XIVe siècle

    Godefroid Kurth

    • Editions des regionalismes
    • 10 Juin 2018

    Il n était pas facile d'écrire l'histoire de la Cité de Liège. Cette grande ville n'a pas d'archives. Cinq catastrophes, marquées par les dates de 1212, de 1408, de 1467, de 1468 et de 1794, ont anéanti la plupart des documents qui auraient pu nous renseigner sur son passé. On se tromperait si l'on croyait trouver un dédommagement dans les sources narratives. Certes,l'historiographie du pays de Liège est, au moyen-âge, d'une richesse extraordinaire mais les chroniqueurs liégeois ne se sont guère intéressés qu'à l'histoire des princes-évêques n'ont parlé de la Cité qu'à l'occasion des conflits qui la mettaient aux prises avec le prince.
    Si la ville de Liège a perdu toutes ses archives, cela ne veut pas dire que toutes soient détruites.
    Les documents relatifs a sa vie intime, à sa comptabilité, aux séances de son Conseil communal, au fonctionnement de ses diverses institutions, sont peut-être irrémédiablement perdus, mais il n'en est pas de même grand nombre d'autres qui, à cause de leur caractère d'utilité quotidienne, ont été conservés ailleurs que dans le coffre de la Cité. Recueillir et classer tous ces documents épars était le premier travail qui s'imposait. Je ne m'y suis pas dérobé, et je crois avoir réuni à peu près tout ce qui existe... (extrait de la Préface, éd. orig. de 1909).
    Publiée en 3 tomes (1909-1910), la Cité de Liège au Moyen-Âge couvre la période allant des origines connues au début du XIVe siècle (tome Ier) ; le XIVe siècle (Tome 2) ; le XVe siècle (Tome 3), jusqu'à la destruction de la ville par Charles-le-Téméraire.

  • Régine-Catherine et Bonet de Lattes

    Danièle Iancu-Agou

    • Cerf
    • 2 Juin 2017

    Qui sait qu'au XVe siècle une communauté juive vivait tolérée sur les terres provençales d'un souverain oublié, le roi René ? Comment s'organisait cette coexistence religieuse ? À quoi ressemblait le quotidien de ces habitants d'alors ? Quel a été leur destin ? Comment ont-ils survécu à la fin de cet âge d'or ?
    Danièle Iancu-Agou retrace cette épopée à travers celle d'un des plus singuliers couples de l'époque : Régine et Bonet de Lattes. À la mort du roi René, la Provence est aspirée par le royaume de France et les juifs n'ont d'autres choix que l'exil - Bonet est déjà parti pour l'Italie où il allait devenir astronome de la cour du pape -, ou la conversion pour laquelle Régine avait optée depuis longtemps.
    Fondé sur des archives inédites, cet ouvrage révèle non seulement un formidable destin, mais encore un pan ignoré de la fin du Moyen Âge. C'est aussi la fresque d'un monde jusqu'ici inconnu, un monde d'avant les expulsions, un monde où les juifs ont vécu relativement libres, un monde qui n'a duré qu'un temps dans une Europe intolérante.

  • Prélats et hommes de guerre dans la France du XVe siècle

    Fabien Roucole

    • Pu de provence
    • 13 Février 2020

    Tout au long du Moyen Âge, des hommes d'Église s'impliquent dans les conflits armés, certains allant même jusqu'à combattre les armes à la main.
    Ce phénomène n'est pas limité aux croisades : bien souvent, évêques et abbés combattent dans les armées des rois, empereurs et autres princes pour des motifs qui n'ont rien de religieux. Ce sont en effet des seigneurs en plus d'être des prêtres, et dans une certaine mesure le droit leur permet de justifier leurs actes, malgré les critiques dont ils sont souvent l'objet. Cet ouvrage se propose d'examiner ce phénomène sous ses aspects culturels, juridiques et moraux, à travers l'exemple de la France du XVe siècle, qui voit les prélats combattants disparaître peu à peu en raison de l'évolution politique, intellectuelle et culturelle de la société.

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