• Les Lumières, selon Kant, c'est le fait pour chacun de se libérer des autorités et des préjugés qui l'empêchent de penser par soi-même. Mais penser par soi-même, cela ne veut pas dire se replier sur soi. C'est au contraire exposer ses idées dans l'espace public pour les partager avec toute l' humanité. Car les Lumières sont un progrès collectif : émancipation de la raison, liberté d'expression, éducation de la jeunesse - autant d'idéaux contenus dans cette devise, que Kant t'adresse : ose savoir !

    Dossier : Chronologie / Introduction à l'oeuvre / Plan du texte /Glossaire / Fiches thématiques / Enjeux contemporains / Bibliographie.
    En GF PHILO', le texte de l'oeuvre est donné à lire, dans son intégralité, sur la page de droite. En regard, des extraits tirés d'autres oeuvres viennent l'éclairer, le questionner, le prolonger.

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  • Profondément déçu par la vie, Baruch Spinoza cherche un bonheur qui ne soit pas "vain et futile", mais au contraire qui lui procurerait "une joie continuelle et suprême pour l'éternité". Un vaste programme qui va amener progressivement le jeune homme sur la voie de la philosophie.Cette démarche est le sujet du Traité de la réforme de l'entendement, oeuvre initiatique fondamentale pour aborder la pensée de Spinoza, ici vulgarisée avec talent et humour.

  • Dans cette fresque, Élisabeth Badinter, observatrice de l'évolution des moeurs et des mentalités, éclaire de façon inédite la société des Lumières, cette « tribu » intellectuelle qui inaugure les Temps modernes, ses grandeurs et ses faiblesses. Les savants et philosophes qui jusque-là constituaient la République des Lettres travaillaient le plus souvent en vase clos. Assujettis aux institutions, ils n'échangeaient qu'entre eux et pour leur seul profit. Avec l'émergence, au milieu du XVIIIe siècle, d'une opinion publique éclairée et de plus en plus puissante, le pouvoir change de camp. On voit naître chez les intellectuels trois « passions » successives qui suscitent rivalités et surenchères au prix d'affrontements parfois terribles.
    La première de ces passions est le désir de gloire, et à travers lui l'apparition d'une nouvelle figure incarnée par d'Alembert, codirecteur de l'Encyclopédie avec Diderot : celle du philosophe soucieux de s'imposer comme le meilleur, qui aspire tout à la fois à séduire l'opinion et à s'attirer la reconnaissance de ses pairs. C'est ce même d'Alembert qui introduit une deuxième passion : l'exigence de dignité. Ayant conquis notoriété et autonomie aux yeux de leurs contemporains, les encyclopédistes, conscients du savoir dont ils sont les détenteurs, appellent désormais au respect de leur indépendance et se refusent à toute concession à une autorité extérieure. C'est alors qu'on assiste à la naissance et à l'affirmation de leur troisième grande passion : la volonté de pouvoir, représentée par Voltaire avec un courage qui force l'admiration. Autour de lui se forme un vrai parti politique, le parti des philosophes, qui modèle peu à peu la pensée de la bourgeoisie et prépare l'avènement de la Révolution au nom de la justice, de la liberté et de l'égalité entre les hommes.
    Dans cette étude de grande ampleur, Élisabeth Badinter fournit autant de clés pour comprendre et décrypter l'histoire d'un monde intellectuel dont l'influence sur celui d'aujourd'hui est loin d'être dissipée.

  • Emmanuel Kant est un philosophe allemand du milieu du XVIIIe siècle fondateur du criticisme (philosophie critique tendant à se baser sur les fondements, étendues et limites de notre connaissance). Son ouvrage le plus connu, La critique de la raison pure, explore cette thématique: que puis-je connaître? Que dois-je faire? Que m'est-il permis d'espérer?
    Dans cet ouvrage, l'auteur vulgarise les principes fondamentaux de la philosophie kantienne qui selon lui est une philosophie positive, raisonnable dans ce que nous pouvons connaître, altruiste, et faite d'une vision saine de l'homme.

  • Être « le pays des Lumières » est l'un des grands thèmes nourrissant l'autosatisfaction française. Mais la révérence obligée n'a-t-elle pas édulcoré le message de ces Lumières et gommé la force polémique qui anime leur oeuvre, de Montesquieu à Voltaire, d'Helvétius à Diderot ? Dans ce livre, Bertrand Binoche montre combien ces auteurs aujourd'hui vénérés furent tout sauf consensuels en leur temps - au point de passer pour certains quelque temps en prison. Il éclaire les luttes, souvent violentes, qu'ils ont menées contre ce qu'ils nomment les « préjugés », contre la superstition qui nourrit « l'idolâtrie et le despotisme », contre l'esclavage - et l'on est esclave de ses préjugés comme de ses tyrans.

    Les Lumières, « effervescence générale des esprits » disait d'Alembert. « On n'y trouve certes pas une philosophie en bonne et due forme, mais l'infatigable agitation d'intelligences se mouvant en tous sens avec audace et agilité », écrit Binoche. « Qu'est-ce donc que les Lumières ? Une nouvelle appréhension de l'activité philosophique tout entière ordonnée à détruire collectivement le «préjugé» et contrainte de ce fait à s'inventer de nouveaux modes d'existence. Il y en eut beaucoup. C'est pourquoi l'on dit les Lumières. Et ce pluriel est une merveille.

  • Il s'agit donc de la représentation d'un système philosophique sous la forme d'un lexique dans lequel chaque terme est librement développé. L'idée est simple : un philosophe n'est intelligible que dans sa langue, dans son vocabulaire propre.

  • Thomas de Quincey - pour marquer la prépondérance de Kant dans la philosophie occidentale - osait affirmer que si un lecteur prétendait être indifférent à sa philosophie, il faudrait supposer qu'il soit «parfaitement inintellectuel» ou, encore, « feindre, par politesse, de supposer le contraire».
    Avec ce tome III s'achève, dans la Pléiade, la publication des oeuvres du philosophe. Le lecteur, saisissant - ne serait-ce qu'intuitivement - les modifications apportées aux structures de la pensée par la construction de Kant, pourra ainsi avoir un libre et facile accès à l'-uvre d'un des philosophes qu'on ne peut «éviter». On sait trop que c'est à Kant d'abord qu'Heidegger dut s'affronter.
    L'éditeur a voulu restituer les oe uvres dans la simplicité de leur évolution chronologique. Si on peut penser que ce dernier volume n'apporte plus de découvertes majeures (il ne faudrait néanmoins pas oublier de quel poids la Métaphysique des moeurs pèse sur nos sociétés et ne pas nier que nous relevons encore du fantasme d'un Projet de paix perpétuelle), on pourra cependant mesurer de quel incessant travail de reprise et d'affinement la pensée de Kant est capable. Ferdinand Alquié - le maître d'oeuvre de cette publication - déclarait qu'«une édition de Kant n'est pas une thèse sur Kant». C'est donc à un humble travail de balisage que se sont attachés ses divers collaborateurs pour guider l'homme curieux - donc susceptible de philosopher - dans cette oeuvre gigantesque qui, incontestablement et peut-être à notre insu -, nous a tous «fondés».

    Ce volume contient : Les écrits de 1792-1793 : La religion dans les limites de la simple raison - Lettres à Fichte (1792-1793) - Sur le lieu commun : Il se peut que ce soit juste en théorie mais, en pratique, cela ne vaut point. Des réflexions sur la fin de toutes choses à l'examen d'un prétendu droit de mentir par humanité : La fin de toutes choses - Projet de paix perpétuelle - À propos de l'ouvrage de Sömmering sur l'organe de l'âme - Sur un ton supérieur nouvellement pris en philosophie - Annonce de la prochaine conclusion d'un traité de paix perpétuelle en philosophie - Sur un prétendu droit de mentir par humanité. La métaphysique des moeurs et le conflit des facultés : Métaphysique des moeurs - Lettres à Tieftrunk - Le conflit des facultés. Anthropologie et pédagogie : Anthropologie du point de vue pragmatique - Propos de pédagogie. oeuvres inachevées : Déclaration à l'égard de la doctrine de la science de Fichte - Sur la question mise au concours par l'Académie royale des Sciences pour l'année 1791 : Quels sont les progrès réels de la métaphysique en Allemagne depuis le temps de Leibniz et de Wolff?.

    Trad. de l'allemand par Ferdinand Alquié, Alexandre J.-L. Delamarre, Victor Delbos, Jean Ferrari, Luc Ferry, François de Gandt, Pierre Jalabert, Jean-René Ladmiral, Marc de Launay, Bernard Lortholary, François Marty, Joëlle et Olivier Masson, Alexis Philonenko, Alain Renaut, Jacques Rivelaygue, Jean-Marie Vaysse, Heinz Wismann et Sylvain Zac. Édition publiée sous la direction de Ferdinand Alquié avec la collaboration de Claude Berry, Luc Ferry, Pierre Jalabert, François Marty, Joëlle et Olivier Masson, Alexis Philonenko, Alain Renaut, Jacques Rivelaygue et Heinz Wismann.

  • «Kant (1724-1804) est un professeur : c'est à travers son enseignement et ses lectures que sa pensée acquiert sa forme propre. Il marque la fin de la métaphysique sous son aspect dogmatique : s'interrogeant sur le pouvoir de connaître, il montre qu'il n'est pas à la mesure de sa prétention à saisir l'inconditionné. Mais il a pris au sérieux l'ambition métaphysique, qu'il attribue à la raison elle-même. L'inconditionné, refusé au savoir, mais manifesté dans l'autonomie de la raison pratique et anticipé dans l'espérance, est le vrai fil conducteur de sa pensée qui le découvre non plus dans l'objet mais dans l'acte, la spontanéité et la liberté.» Alexandre J.-L. Delamarre.

  • Kant (1724-1804) est un philosophe très sérieux, auteur (entre autres) de la Critique de la raison pure et de la Critique de la faculté de juger, son nom reste indissolublement lié à l'idéalisme transcendantal, doctrine en laquelle il démontre que nos connaissances sont issues de l'organisation des données de la sensibilité par les catégories de l'entendement, ce qui les fonde universellement, mais non absolument. Sa vie fut toute de rigueur, réglée à l'image de la machine:
    Horaires inflexibles et immuables, promenades à l'identique chaque jour, siestes millimétrées, etc. Ce que l'on sait moins c'est qu'il fut l'inventeur du portejarretelles transgenre, qu'il inventa une gymnastique anti-transpiration, et qu'il écrivit un petit précis sur les extraterrestres que nous vous livrons ici.

  • " l'homme ne peut devenir homme que par l'éducation.
    Il n'est que ce que l'éducation fait de lui. il faut bien remarquer que l'homme n'est éduqué que par des hommes et par des hommes qui ont également été éduqués. [. ] ordinairement, les parents élèvent leurs enfants seulement en vue de les adapter au monde actuel, si corrompu soit-il. ils devraient bien plutôt leur donner une éducation meilleure, afin qu'un meilleur état pût en sortir dans l'avenir. toutefois deux obstacles se présentent ici : 1) ordinairement les parents ne se soucient que d'une chose : que leurs enfants réussissent bien dans le monde, et 2) les princes ne considèrent leurs sujets que comme des instruments pour leurs desseins.
    [. ] mais de qui faut-il attendre un meilleur état du monde ? est-ce des princes ou des sujets ? " (e. kant, réflexions sur l'éducation, p. 98-99).

  • La Doctrine de Saint-Simon. Ce texte collectif des disciples du grand penseur de l'industrie du début du XIXe siècle, élaboré et rédigé à plusieurs voix et à plusieurs mains, s'il a été très lu au XIXe siècle, a été largement oublié, comme digéré par les systèmes de pensée ultérieurs : le comtisme, l'anarchisme, le marxisme, le socialisme républicain.
    Cette édition vise à rendre accessible ce texte pour un très large public. C'est un ouvrage sans la connaissance duquel toute une partie des courants théoriques et politiques du XIXe et du XXe siècles sont difficilement compréhensibles.
    Faut-il redire l'influence sur la longue durée des idées saint-simoniennes dans des milieux très différents, des polytechniciens aux militants du monde ouvrier ?
    Il nous paraît donc essentiel de republier ce texte qui a constitué un événement considérable dans l'histoire intellectuelle et sociale. La Doctrine de Saint-Simon peut aujourd'hui rencontrer un nouveau lectorat. Le saint-simonisme suscite un nouvel intérêt. N'a-t-on pas, étrangement d'ailleurs, comparé la pensée de l'actuel Président de la République, à celle de Saint-Simon ? Mais surtout ce texte nous parle mieux que beaucoup d'autres des fondations du monde contemporain. À un moment où le monde industriel tremble sur ses fondations, il est urgent de revenir sur les croyances fondamentales qui l'ont constitué.

  • Kant ne cessa de porter un intérêt profond aux sciences de la nature, depuis ses Premiers articles sur la physique de la terre et du ciel (1754-1764), donnés ici en annexe, jusqu'aux présents Principes métaphysiques de la science de la nature (1786) et au-delà. Au coeur de cet ouvrage se trouve alors la question de la matière, point d'articulation entre la physique et la métaphysique, et plus précisément les principes métaphysiques qui interviennent dans la détermination du concept de matière, tel qu'il est posé au fondement des sciences de la nature, à savoir comme « matière mobile ». Ainsi le projet de construire le concept même de matière - au travers des quatre chapitres que sont la phoronomie, la dynamique, la mécanique et la phénoménologie - présente-t-il le premier échantillon de la métaphysique kantienne de la nature.

  • Leurs vies sont si inséparables qu'ils ont écrit leurs oeuvres en écho les uns aux autres : entre Spinoza, Jellesz et Meyer, l'amitié est aussi forte, l'intimité aussi grande qu'entre Montaigne et La Boétie. Meyer a donné à Spinoza l'essentiel de sa physique ; Jellesz l'a introduit à une spiritualité faite de dialogues. À la mort de leur ami, ils publient un témoignage d'amitié jeté à la face de la mort et l'un des textes fondateurs du spinozisme. Ce texte sobre et pudique est la première apparition publique de l'homme. Le livre est complété de l'index des «Opera posthuma» de Spinoza dont ils furent les éditeurs.

  • La philosophie allemande du début du XIXe siècle a donné lieu à une réflexion intense sur le rôle politique et culturel de l'Université et des institutions éducatives en général. L'idéal de la Bildung qui fonde cette réflexion n'est sans doute plus le nôtre aujourd'hui, pas plus que l'époque qui l'a vu naître. Mais il nous reste encore à comprendre pourquoi l'exigence qu'il exprime continue malgré tout à nous inspirer, à nous faire penser, mais aussi à nous inquiéter, face aux évolutions récentes de l'enseignement supérieur et du sens même de la culture, au moment où l'on se demande si l'Université peut ou doit encore dispenser une culture.
    C'est peut-être dans l'oeuvre de Fichte, et particulièrement dans ses leçons de 1805 Sur l'essence du savant et ses apparitions dans le domaine de la liberté, que l'idéal de la Bildung trouve sa plus ambitieuse expression. Mais tout aussi intéressante est pour nous l'étonnante reformulation que Schelling lui donnera, quand il s'attachera à répondre à ce texte dans une de ses confrontations les plus systématiques à la philosophie fichtéenne : la Présentation du véritable rapport de la philosophie de la nature à la doctrine fichtéenne, rédigée en 1806. Ces deux textes, dont nous proposons ici la première traduction française intégrale, constituent, par leur valeur polémique autant que par leur statut systématique, une pièce centrale dans le dossier de la controverse spéculative entre les deux idéalistes, mais aussi dans l'histoire plus large de la philosophie allemande de la Bildung.

    Présentation, traduction, notes et commentaires par P. Cerutti et Q. Landenne.

  • La philosophie est une connaissance rationnelle hautement technique, mais elle concerne ce qui nécessairement intéresse tout le monde. Elle consiste dans l'articulation systématique de trois questions : « Que puis-je savoir? », « Que dois-je faire? », « Que m'est-il permis d'espérer? ». Toutes questions que récapitule cette dernière : « Qu'est-ce que l'homme? ».
    On rappelle quelle fut la vie de Kant, dont il est devenu d'usage de croire qu'il n'en eut pas. On explicite les grands moments de la philosophie critique, qui se comprend comme l'interrogation rigoureuse d'une liberté finie. On présente les oeuvres qui firent de Kant un auteur cardinal : depuis leur parution, il est impossible de faire sans elles.
    Philosopher après Kant, c'est philosopher avec lui, fût-ce pour philosopher autrement que lui.

  • « Spinoza veut un salut total ; il veut le bonheur, la li- berté, la paix, l'éternité atteints en ce monde, et dès ce monde.
    En ce sens, qu'est-ce que l'Éthique ? L'Éthique, c'est l'énoncé de l'ensemble des conditions a priori, si je peux dire, nécessaires pour que ce bonheur, ce salut de l'homme, puisse être réalisé dans le monde mathéma- tique, scientifique que Spinoza croit être le vrai monde.
    Car Spinoza est d'abord convaincu que les idées reli- gieuses ne sont que des erreurs, et que la vérité est ma- thématique. Il est convaincu que la nature dans laquelle nous vivons est une nature mathématisée. Et c'est pour- quoi toutes les notions qu'il met en jeu sont en grande partie des notions polémiques, des notions critiques, qui débarrassent l'idée de Dieu et l'idée de l'homme de toutes les illusions qui y sont jointes. » Ferdinand Alquié.

  • Ni apologie, ni accusation : ce livre propose une lecture des passages du Traité théologico-poli- tique sur la prophétie ou la révélation visant à comprendre le rôle qu'elles jouent dans la pensée de Spinoza. Il y est donc question de connais- sance, naturelle ou surnaturelle, de la vérité, de ce et de ceux qui y résistent (l'imagination, le vulgaire), de l'Écriture (prophétie) et de la loi (politique) et de la manière dont Spinoza, qui connaissait l'hébreu, comprenait les versets bibliques relatifs à la prophétie sur lesquels il appuie ses analyses.
    Aux définitions rigoureuses, mais parfois surpre- nantes, Spinoza associe un certain nombre de figures : Adam, Abraham, Moïse, Jésus, mais aussi Salomon, qui illustre magistralement à ses yeux la différence entre sage et prophète.
    Chacune d'elles est examinée et les interpré- tations de Spinoza rapportées aux versets sur lesquelles elles portent.
    Cette lecture cherche à mettre en lumière la stratégie spinoziste d'interprétation, inspirée par l'idée que la philosophie seule permettrait d'accéder au texte initial, le texte naturel, dont tous les autres textes, à commencer par les Écri- tures, ne seraient qu'autant de traductions.

  • L'Essai sur l'origine des connaissances humaines, paru pour la première fois en 1746, et portant au début le sous-titre Ouvrage où l'on réduit à un seul principe tout ce qui concerne l'entendement humain, se compose de deux parties dans lesquelles Condillac interroge d'une part les matériaux de nos connaissances (les idées, les sensations), en accordant une place majeure aux opérations de l'âme, telles la perception, l'imagination, l'attention, la mémoire, la réflexion et bien d'autres, et d'autre part les différents types de signes et systèmes d'expression (gestuelle et/ou orale) de la pensée, qu'il rapporte à une seule source, à savoir le langage d'action, avant de conclure par des considérations sur la méthode.

    Edition critique, introduction et notes par Jean-Claude Pariente et Martine Pécharman

  • Médecin-philosophe, chef de file (avec Destutt de Tracy) de l'Idéologie, Cabanis a construit sa pensée sous la triple influence des matérialistes du XVIIIe siècle, du vitalisme et de l'analyse condillacienne. Pour n'être pas le premier à avoir soutenu que le moral n'est jamais que le physique envisagé sous un autre point de vue, on lui doit en revanche d'avoir donné, au-delà de la simple formule, un véritable contenu à cette approche. En mettant en lumière le fonctionnement du système nerveux et en identifiant plusieurs types d'impressions dont certaines échappent à la conscience, il s'est donné les outils conceptuels qui lui ont permis de renouveler les conceptions en vigueur de l'instinct, de la sympathie ou de la folie. S'il est resté prisonnier d'une méthode qui a été battue en brèche à chaque fois que la médecine a fait des progrès décisifs au XIXe siècle, son mérite reste d'avoir fait percevoir l'étendue d'un continent scientifique qui sera exploré avec de nouveaux moyens par d'autres que lui, qu'ils soient médecins, philosophes, psychologues ou praticiens des neurosciences et des sciences cognitives.

  • L'éloquence et la conviction du cours inaugural de Fichte arrivant à Iéna comptèrent pour beaucoup dans l'impression que produisit le jeune professeur sur ses étudiants de philosophie. Il leur transmettait avec force et noblesse le programme de leurs devoirs communs. C'est en effet la destination de l'homme en général et la visée de toute association humaine que de se perfectionner à l'infini. Mais c'est la destination du savant de veiller sur le progrès de la culture, de lui donner sa direction, de lui en prescrire le sens et d'en annoncer les bienfaits.

  • On voudrait nous faire croire que les Lumières ont été totalement lumineuses. Mais la Révolution française a débouché sur la Terreur, avant d'accoucher de l'Empire. Est-ce un accident ? Il n'en est rien. Il y a dans la Révolution française une double contradiction. Alors qu'elle se veut antireligieuse, elle donne naissance avec Robespierre au culte de l'Être Suprême. Alors qu'elle se veut morale, elle fait le lit du libertinage poussé au paroxysme par Sade. Il y a une raison à cela. La Révolution française a voulu être révolutionnaire. Elle a cru qu'elle pouvait l'être. Mais elle a été dévorée inconsciemment par l'Ancien Régime dont elle ne s'est jamais vraiment débarrassée. Cette ombre a pesé sur elle. Elle pèse encore sur nous.

  • Tout savoir et comprendre de la philosophie de Rousseau.

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