Asie

  • Développement économique vertigineux, montée en puissance impressionnante, modernisation militaire sans précédent, passions nationalistes souvent incandescentes, confrontation de plus en plus intense avec les États-Unis, tous ces ingrédients connus semblent conduire immanquablement la Chine à la guerre.Les causes immédiates d'un conflit armé ne manquent pas:les prétentions de Pékin en mer de Chine du Sud, le conflit territorial sinojaponais autour des Senkaku (Diaoyu) et surtout la volonté farouche de Xi Jinping de réunifier Taiwan à la République populaire constituent les principaux barils de poudre qui peuvent à tout moment exploser. De fait, les prédictions d'un affrontement militaire dans le détroit de Formose d'où la Chine sortirait vainqueur se multiplient.Pour l'heure, ce que l'on observe avant tout est une utilisation de plus en plus fréquente par le gouvernement chinois de ce qu'on appelle les «zones grises» entre la paix et la guerre. Cette stratégie s'est étendue, en 2020, à la longue frontière sino-indienne. Ce nouveau modus operandi permet aussi à l'Armée populaire de libération (APL) et aux autres agences de sécurité chinoises d'améliorer leur capacité de projection de forces et leur préparation au combat. Mais les enjeux d'une guerre ouverte, et pas uniquement avec les États-Unis, restent énormes, incitant l'APL à d'abord envisager des «opérations extérieures» plus limitées et moins dangereuses.Pour ces raisons, bien que nul ne puisse contrôler les passions humaines, et sans pour autant exclure l'irruption de crises militaires, la Chine et les États-Unis s'orientent plus vers une guerre froide d'un nouveau type que vers une guerre chaude qui pourrait rapidement se nucléariser.

  • Que se passe-t-il en Chine ? Les publications se multiplient à foison sur la dictature du Parti communiste, ses ambitions, sa volonté de contrôler la pensée et d'exercer la plus sourcilleuse des censures. Mais que se pense-t-il en Chine ? L'originalité profonde de cet ouvrage collectif, qui rassemble les meilleurs spécialistes des différentes questions traitées, est de présenter au lecteur occidental les débats, enjeux, directives et chemins de traverse qui constituent la vie intellectuelle et politique. Quatre parties permettent de découvrir au plus près la circulation des idées, officielles comme alternatives, dans leur volonté de penser et dire autrement. Projections de la Chine-monde : le débat essentiel est celui qui se conduit sur la différence de nature entre la philosophie chinoise et les valeurs universelles, et qui est au fondement du fantasme d'un Empire-monde et de la propagande du parti à travers la multiplication dans le monde des Instituts Confucius. Récit national et réécritures de l'histoire : face au grand récit unique que le Parti veut imposer, nombre d'historiens soulignent la pluralité d'approches, la difficile application à l'histoire de la Chine des grandes étapes historiques imaginées par Marx et Engels, sachant que des contre-récits au discours officiel sont portés par le cinéma. Modes de contrôle de la société civile : la vie intellectuelle se déploie sur fond des rapports de force entre le Parti et la société civile. Elle passe depuis 1989 par l'essor d'intellectuels noninstitutionnels, de groupes plus ou moins formels de parole où chacun dit la réalité de sa vie, loin des récits officiels ; mais aussi par le système du crédit social, plus complexe que la simple vidéo-surveillance des populations, et la vitalité d'une religion bouddhiste qui doit à chaque instant négocier sa place et son rôle avec le Parti. Points de tensions : la réalité résiste à son enfermement dans les grilles de la pensée officielle : le socialisme aux caractéristiques chinoises est ni plus ni moins qu'un capitalisme d'État ; l'intégration harmonieuse des peuples a le visage du génocide des Musulmans au Xinjiang, « nouvelle frontière » de la purification nationale ; les conflits de l'eau au Tibet font rage au détriment de la population ethnique locale. Enfin, l'image que la Chine entend donner d'elle est fortement fissurée par les crises sanitaires et environnementales, dont la dernière en date sévit encore partout dans le monde.

    En stock

    Ajouter au panier
  • Pourquoi et comment Reccep Tayip Erdogan, que l'Occident adulait en 2005, lors du référendum sur le Traité européen, comme un «?islamo-démocrate?» défenseur des libertés publiques, est devenu un despote islamiste incarcérant d'innombrables journalistes, intellectuels, artistes, avocats, juges, universitaires, militaires... Pourquoi et comment cet «?ami de l'Occident?» est devenu l'un de ses pires ennemis, forçant l'embargo des armes sur la Libye au point «?d'illuminer?» dangereusement une frégate française, violant les eaux territoriales grecques et chypriotes pour y prospecter les gisements gaziers, poussant l'Azerbaïdjan musulman à attaquer les Arméniens chrétiens du Haut-Karabakh, multipliant les chantages au lâcher de réfugiés vers l'Europe... Pourquoi et comment ce musulman «?modéré?» a longtemps soutenu Daech, attaqué les Kurdes fer-de-lance de la lutte antidjihadiste en Syrie, et envoyé les égorgeurs de la poche d'Idleb combattre en Libye et dans le Haut-Karabakh...

    La crise économique érodant sa popularité, Erdogan détourne l'attention de son opinion publique par des provocations internationales, au risque de graves conflits. Les militaires français planchent sur un scénario de guerre avec la Turquie.

  • Le patrimoine s'avère un extraordinaire vivier pour l'élaboration d'une nouvelle diplomatie. Le contexte géopolitique actuel nous incite en effet à repenser le patrimoine non plus sur le mode des représentations postcoloniales, mais bien d'après d'autres critères, moins univoques que le rapport idéologiquement stérile qu'entretiennent à ce sujet les pays du Nord et ceux du Sud. À travers 5 cas emblématiques du continent asiatique (Abou Dhabi et son environnement régional ; Le Monde chinois ; Le vandalisme en terres d'Islam ; Le Japon et l'ambivalente question patrimoniale ; Un patrimoine partagé entre l'Inde et le Pakistan), Emmanuel Lincot, chercheur associé à l'IRIS, aborde la question du soft power aussi bien que des luttes d'influences sous un angle inédit pour penser une nouvelle diplomatie internationale.

  • Aujourd'hui naît en Chine un régime comme le monde n'en a jamais vu. Une néo-dictature entièrement remodelée par les armes du XXIe siècle, les nouvelles technologies. Il est temps de nous en inquiéter.
    « Au-dessus de lui, il n'y a plus que le ciel » : Xi Jinping concentre aujourd'hui un pouvoir plus important que Mao lui-même. À l'intérieur du pays, la Chine est en train d'arriver à un État de surveillance numérique parfait. Les technologies les plus modernes, notamment l'intelligence artificielle, propulsent l'économie chinoise dans le futur. Elles recueillent, relient et exploitent, dans de gigantesques banques de données, chaque pas et chaque pensée de plus d'un milliard de citoyens et de tous les visiteurs. L'objectif ? Le contrôle total du Parti sur tout et tous avec pour mesure étalon le fameux « crédit social », un système inédit fondé sur les bonus décernés par le Bureau de la fiabilité. Ainsi émerge une Chine nouvelle, défi direct pour nos démocraties qui importent massivement ces technologies.
    Dans un livre choc, Kai Strittmatter nous propulse au coeur d'une Chine contemporaine digne d'Orwell. Cette Chine-là veut remodeler l'ordre international à son image. Les démocraties occidentales doivent réagir et y faire face avec lucidité.

  • Jean-Pierre Cabestan, sinologue français qui enseigne à Hong-Kong propose ici une réflexion sur l'évolution politique de la Chine. Il démolit méthodiquement la thèse communément admise selon laquelle le développement économique et l'enrichissement d'une classe moyenne vont finir par entraîner la libéralisation du régime et une évolution plus ou moins douce ou plus ou moins violente vers la démocratie. Il explique, de manière très claire et très forte, les raisons qui rendent infiniment plus probable le maintien d'un monopole autoritaire du Parti communiste, la principale étant le large consensus des élites autour de ce programme.
    Cette thèse à contre-courant, argumentée par un spécialiste de premier ordre, sur une des questions majeures pour l'avenir du monde, devrait normalement retenir l'attention et toucher une large audience.

  • L'Occident n'a pas su voir que du crime de Tiananmen surgissait la Chine d'aujourd'hui. En 1989, après la répression du mouvement démocratique, nombreux sont ceux qui prédisent la chute du régime communiste chinois. « Un pouvoir qui tire sur sa jeunesse n'a pas d'avenir », déclare le président François Mitterrand. Trente ans plus tard, le régime de Pékin lui donne tort.

    De la tragédie est né un nouveau modèle : Tiananmen est le terreau - et le secret de famille - de la dictature qui se déploie sous nos yeux. Dans le sillage de juin 1989 triomphe un courant d'idées connu sous le nom de néo-autoritarisme chinois. D'abord conceptualisé à des fins de justification du massacre puis comme étape nécessaire avant la démocratisation, il n'a cessé de monter en puissance jusqu'à la version « dure » qui est celle d'aujourd'hui. « Il existe une solution chinoise », a déclaré Xi Jinping. Il est temps que les démocraties occidentales comprennent la logique à l'oeuvre dans ce pays depuis trente ans pour éventuellement la contrer.

  • Promise à la première place mondiale, la Chine entend jouer un rôle décisif sur la scène internationale. Quelle est sa vision et comment aborde-t-elle le monde et la mondialisation ? Avec quelles conséquences pour l'Occident et l'Europe ?

    Écrit par deux fins connaisseurs de la Chine et de l'Asie du Sud-Est, ce livre montre comment le président Xi Jinping et le Parti communiste chinois ont recyclé l'antique formule du « Tianxia » - qui désigne traditionnellement « tout ce qui est sous le ciel » - pour placer la Chine au centre des flux mondiaux. Il explique aussi comment elle mobilise toutes ses ressources (influence économique, attrait de sa culture, propagande et intimidation) pour transformer les règles du jeu dans des domaines aussi divers que le droit, les normes industrielles, l'environnement, l'alimentation ou la recherche universitaire. Ce faisant, Pékin modifie à son avantage un système international largement dessiné par l'Occident.

    Dès lors se pose une question : l'ambition chinoise n'est-elle pas un risque, d'abord pour les Chinois eux-mêmes, mais aussi pour le reste du monde et les biens communs de l'humanité ?

  • En avril-mai 2019, l'Inde a conduit ses dix-septièmes élections générales qui ont vu le Bharatiya Janata Party reconduit au pouvoir avec une majorité accrue. Rédigé dans les semaines qui ont précédé la plus vaste consultation démocratique au monde (900 millions d'électeurs inscrits), ce numéro d'Hérodote dresse un bilan géopolitique du premier mandat de Narendra Modi et brosse le portrait d'une Inde en mouvement qui se hausse au rang de cinquième puissance économique mondiale, dépassant ainsi la France et le Royaume-Uni, sans être encore, comme le nationalisme hindou le souhaiterait, une grande puissance incontestable. Sans négliger les dynamiques internes du BJP et l'impact du fédéralisme sur la politique économique, l'essentiel du numéro porte sur l'insertion du pays dans sa région et dans le monde incertain d'aujourd'hui : état présent des questions anciennes mais toujours décisives que sont les relations avec le Pakistan et avec la Chine ; politique de défense et stratégie nucléaire face à ces deux rivaux ; nouveaux horizons que sont les espaces océaniques de l'Indo-Pacifique et l'Afrique. Est interrogée aussi la posture diplomatique indienne vis-à-vis du multilatéralisme, alors que le pays plaide toujours pour une réforme lui ouvrant les portes du Conseil de sécurité de l'ONU.
    Experts chevronnés ou jeunes auteurs, l'équipe réunie pour ce numéro entend éclairer une Inde incontestablement émergente dont les interrogations s'inscrivent dans le grand concert contemporain, entre nationalisme identitaire, volonté d'autonomie, quête de puissance et multipolarité.

  • Trump, Poutine, Erdogan ou Bolsonaro : à mesure que les défis nés de la mondialisation et des nouvelles technologies se multiplient, une vague de leaders populistes se hissent à la tête des plus grands pays du monde. L'Inde n'y a pas échappé avec l'arrivée en 2014 au poste de Premier ministre de Narendra Modi.
    Le livre se compose de trois parties. Tandis que la première offre une biographie critique du chef de l'État, le coeur de l'ouvrage se penche sur les transformations culturelles et sociétales à l'oeuvre dans le pays, montrant que c'est finalement « une certaine idée de l'Inde », laïque, ouverte et égalitaire qui disparaît à marche forcée. Réinterprétation de l'histoire, communautarisme, homosexualité, place de l'islam, protection animale, accueil des réfugiés, réseaux sociaux... Autant de thèmes qui ne manquent pas de nous interpeller, tant ils font parfois étonnement écho aux problèmes et aux défis qui sont aussi les nôtres en France et en Europe.
    Enfin, la dernière partie s'attaque à la politique conduite par Modi et à ses nombreux échecs dans le domaine de l'économie et des relations internationales.

  • Aucun pays, comme la Chine, n'a changé en si peu de temps.
    L'empire du Milieu est arrivé aujourd'hui au pic de sa puissance et de ses contradictions : bientôt première économie du monde et en même temps économie socialiste de marché, pays influent et pourtant encore dénué d'un vrai soft power. Au contraire de Deng Xiaoping qui recommandait de s'appuyer sur les pierres du gué pour traverser la rivière du changement, le président Xi Jinping a déclaré que la Chine était entrée en eaux profondes.
    Mais le rêve chinois sera-t-il le cauchemar des Occidentaux ? À quel prix cette conquête se fait-elle ? Et ce Dragon est-il pacifique ou belliqueux ?
    Sylvie Bermann a connu de l'intérieur mieux que personne cet immense bouleversement, la fin de la Révolution culturelle comme étudiante sortie de Sciences Politiques (1976-1977), les débuts de la politique de réforme sous Deng Xiaoping (1980-1982), et le retour au pouvoir fort avec Xi Jinping, en tant qu'ambassadeur de France (2011-2014).
    Elle aura vécu dans deux Chine : l'archaïque et la moderne. Une des questions auxquelles ce livre passionnant répond est de savoir si cet essor est irréversible.
    Et comment nous devons agir quand la Chine change le monde.

  • La Corée du Nord est le pays le plus haï, mais aussi le plus mal connu de la planète. Comprendre les mécanismes d'un système totalitaire sans équivalent par son monolythisme idéologique, l'inscrire dans son espace et dans son temps pour en saisir l'ancrage et décrypter le fonctionnement d'une économie émergente : tel est l'objet de ce livre.
    Kim Il Sung au pouvoir a élevé la lutte de libération au rang de récit fondateur. La résilience de cet «État-guérilla» est à chercher moins dans son caractère stalinien que dans un nationalisme invétéré. La Corée du Nord évolue néanmoins vers une économie de facto de marché, ce qui génère de profondes mutations sociales. Cette évolution ne va pas elle-même sans enjeux géostratégiques majeurs du fait des ambitions nucléaires de Pyongyang, des visées hégémoniques du voisin chinois et du retour de la Russie dans le grand jeu diplomatique.

  • Le terrible exode des Rohingyas - « un génocide » selon l'ONU - vient de remettre la Birmanie, qui s'ouvre chaque année un peu plus aux Occidentaux, sous les feux d'une actualité cruelle. Plus de 500 000 personnes ont été déplacées de force de l'État du Myanmar vers le Bangladesh. Des massacres ont été perpétrés par l'armée birmane et des Bouddhistes contre des femmes et des enfants. Effarée et paralysée, l'opinion internationale assiste une fois de plus à un crime contre l'humanité alors que la Chine et l'Inde soutiennent ouvertement le gouvernement birman. La situation est d'autant plus trouble qu'Aung San Su Kyi est désormais à la tête de la Birmanie avec le titre de conseillère d'Etat, c'est-à-dire de chef de l'Etat.

    Aujourd'hui, les chancelleries, les gouvernements, les intellectuels, les ONG réclament que la Dame de Rangoun soit destituée de son prix Nobel de la Paix. L'Occident en avait fait une icône, elle est devenue un monstre. La fée s'est transformée en sorcière. Comment la Birmanie est-elle parvenue à engendrer cette apocalypse ?

    Pour comprendre l'exode des Rohingyas, Bruno Philip a rencontré Aung San Su Kyi. Il a fouillé la psychologie de cette femme longtemps persécutée par la junte militaire, assignée à résidence, éloignée de son mari britannique, le tibétologue Michael Aris, à l'enterrement duquel elle ne put même pas assister, et de ses enfants. Cette Antigone bouddhiste est tout d'abord la fille de son père, son grand amour méconnu. Elle avait 2 ans quand le général Aung San, architecte de l'Indépendance, fut assassiné par un rival. Or rien ne prédisposait cette jeune fille éduquée à Oxford et New York à se lancer dans la politique. Choisie par le peuple pour incarner la figure charismatique de l'opposante, elle connut de longues périodes de prison ou de résidence surveillée tout en faisant preuve d'un courage, d'une détermination mais aussi d'un humour qui forcent l'admiration. Aung San Suu Kyi veut venger son père. Le nationalisme birman coule dans ses veines. Elle aurait tout fait pour écarter les opposants à l'intérieur de son propre parti. Le caractère inflexible et autocratique de la « Lady » est l'une des clés pour comprendre le drame des Rohingyas.

    Ce récit est une enquête psychologique captivante. Il s'ouvre sur un chapitre écrit par Rémy Ourdan qui a couvert l'exode des Rohingyas du côté du Bangladesh, dans la région de Cox's Bazar. Choses vues sur le terrain, qualité de l'observation et de l'analyse font de ce livre une contribution essentielle à l'Histoire immédiate de la Birmanie.

  • Au tournant du 21e siècle, l'Asie affichait des résultats de croissance parmi les plus rapides au monde et des avancées politiques qui donnaient corps à l'idée de «?troisième vague de démocratisation?».
    Les sociétés civiles, plus encore que les États, apparaissaient comme les chevilles ouvrières des transitions en cours et leurs résistances étaient auréolées de légitimité.
    Vingt ans plus tard, l'optimisme a cédé la place au désenchantement.
    Une majorité de pays du continent sont en «?récession démocratique?».
    Glisser son bulletin de vote dans l'urne n'a pas suffi à produire les changements escomptés en termes de droits sociaux et politiques.
    Au contraire. De Rangoun à Manille, de Bangkok à Delhi, ces processus ont plusieurs fois conduit à l'avènement de forces politiques régressives et autoritaires, porteuses de nationalismes populistes et liguées aux minorités économiquement dominantes.
    Là où il y a domination, il y a résistance.
    Si cette affirmation se vérifie souvent, les offensives réactionnaires sapent néanmoins les oppositions en réduisant leurs champs de manoeuvre et leurs ressources.
    Elles jettent en outre une lumière crue sur les tensions qui les traversent.
    Les manifestations anti-blasphèmes en Indonésie, l'appui des chemises jaunes aux coups d'État militaires en Thaïlande, les exactions des organisations intégristes hindoues en Inde ou bouddhistes en ­Birmanie démontrent la plasticité des acteurs sociaux qui peuvent autant défendre que s'opposer aux idées démocratiques et progressistes.
    Une vingtaine d'auteur·es asiatiques, au profil universitaire ou acteurs de terrain, analysent dans ce livre les dynamiques sociales à l'oeuvre dans leur pays, ainsi que les principaux enjeux rencontrés par les sociétés civiles dans des contextes marqués par la croissance des inégalités et la poussée des forces politiques conservatrices et réactionnaires.

  • De la Crimée, nouvellement russe, à la mer Caspienne et son or noir en passant par les nouvelles stratégies du Kremlin, toutes les facettes de la Russie s'offrent à nous dans ce nouveau numéro de XXI.
    Nous irons également à la rencontre des « transplanteurs » d'organes de l'hôpital de Caen, ou encore en Californie où la culture du cannabis est monnaie courante. Une enquête sur Pierre Gattaz, le patron du Medef, comme un entretien avec un docteur en physique quantique seront au sommaire.
    La BD sera consacrée aux ouvriers d'une usine, montés en Scop pour sauver leurs emplois.

  • La Diète japonaise : pour un Parlement qui débatte Nouv.

    La Diète, lieu de débat pour les représentants des citoyens, symbole de la démocratie parlementaire, sert-elle convenablement ces fonctions au Japon ? Cet ouvrage destiné à tout citoyen intéressé par la mécanique sous-jacente et la fabrique du débat public, emmène le lecteur à la rencontre d'une démocratie peu étudiée par la science politique générale : le Japon. Il l'explore sous l'angle hautement symbolique du parlement pour « dé-couvrir » les arcanes de son système politique. Et ses insuffisances... qui donnent relief aux nôtres.

  • Cet ouvrage consiste en une présentation actualisée de l'ensemble des problématiques relatives à la société chinoise contemporaine. Les mutations accélérées qui ont permis à la Chine de sortir du sous-développement et de devenir une grande puissance économique et politique sont ici rappelées, dans la perspective de la longue durée. La prise en compte de la dimension historique est incontournable pour qui veut appréhender la complexité du monde chinois contemporain. L'accent est mis sur les bouleversements et les tensions générées par l'entrée de la Chine dans la globalisation : évolutions du régime face à l'émergence de la société civile, rôle croissant d'internet, urbanisation et problèmes environnementaux, inégalités et montée en puissance de nouveaux groupes sociaux, nouveaux modes de vie, survivance des modèles traditionnels face à l'irruption de la modernité, place de la Chine en Asie et dans le monde ou encore évolution des flux migratoires.
    Une chronologie, une carte et des graphiques complètent cet ouvrage.

  • En Chine, sous l'ombre tutélaire de Mao, les dra- peaux rouges flottent sur un capitalisme débridé, cor- rompu et féroce.
    L'immense Chine est autant saturée de corruption que de pollution. Comment expliquer cet impossible paradoxe issu d'une révolution communiste ? Pour El- liott Liu, il faut remonter aux sources de la formation du Parti communiste. Fortement imprégné de l'idéo- logie stalinienne, dont il ne se déféra jamais, Mao a conçu dès l'origine le « socialisme » comme une forme de capitalisme d'État où le Parti serait le médiateur unique des contradictions de la société chinoise.
    L'ouvrage examine la formation idéologique du Parti communiste et les différentes étapes de sa longue marche vers le pouvoir qu'il exerce sans partage de- puis 1949. Durant la guerre de libération, les premiers signes d'un maoïsme tout à la fois autoritaire et op- portuniste apparaissent : l'émancipation des femmes (« la moitié du ciel » selon Mao) est bridée et reléguée au second plan pour ne pas bousculer la société pay- sanne patriarcale qui constitue la base sociale de la révolution ; les prises de terres des paysans qui veulent accomplir leur réforme agraire est freinée et entravée pour ne pas perdre l'appui de l'aristocratie foncière alliée au Parti communiste.
    Cependant, la lente construction de ce nouveau ca- pitalisme d'État ne va pas sans contradictions violentes dont la « Révolution culturelle » est le paroxysme, no- tamment en 1967 lors de la Commune de Shanghai qui vit l'irruption d'un violent mouvement de la classe ouvrière disputer à la bureaucratie parasitaire sa posi- tion dirigeante. Dans sa lutte contre d'autres fractions bureaucratiques, après en avoir appelé à la mobilisa- tion de la toute jeune classe ouvrière et de la paysan- nerie, Mao les abandonne et les réprime violemment.
    Pour Elliott Liu, la défaite de ce mouvement indé- pendant, qui portait cependant des illusions sur la na- ture du pouvoir maoïste, signera l'accélération des ré- formes pro-capitalistes, notamment sous l'ère de Deng Xiaoping, dont la Chine d'aujourd'hui est le produit.
    Un livre qui propose des clés pour comprendre la Chine d'aujourd'hui, devenue un acteur de premier plan du capitalisme mondialisé.

  • Le pouvoir en Chine est-il si centralisé et tout-puissant ? Quel est le rôle de la propagande ? La lutte contre la corruption est-elle une illusion ? Que signifie la fin de la politique de l'enfant unique ? Pourquoi la censure se renforce-t-elle ? Que pèse la dette chinoise ? L'APL est-elle vraiment la deuxième armée du monde ? Quelles sont ses ambitions maritimes ? La Chine est-elle une puissance nucléaire responsable ?
    En quelques décennies, la Chine est devenue la deuxième puissance économique mondiale. L'ampleur de son marché, ses échanges, mais aussi ses choix stratégiques régionaux ou environnementaux, orientent l'avenir du monde. Pourtant, le ralentissement de la croissance économique constaté depuis 2015 a entraîné un brutal retour de balancier. Après avoir été encensé comme le « sauveur » de nos économies en crise, le modèle chinois se trouve soudain remis en cause.
    En 100 questions/réponses, Valérie Niquet dresse un tableau contrasté et parfois inquiétant de la puissance économique, culturelle, démographique, militaire que représente la Chine aujourd'hui. Elle éclaire le fonctionnement du système chinois et analyse la réalité d'un pays, objet d'une fascination sans recul. Avec ses promesses, ses signes de faiblesse et ses failles inéluctables.

  • Ce livre répond de manière objective et argumentée aux questions que chacun se pose sur le Tibet: Quelle est l'origine du conflit entre la Chine et le Tibet? Pourquoi les Tibétains se sont-ils soulevés en 1979, en 1989 et en mars 2008? Le Tibet fait-il historiquement partie de la Chine? Qui est le dalaï-lama? Qu'est-ce que le bouddhisme tibétain? Le Tibet traditionnel était-il une société féodale pratiquant le servage? Quels enjeux stratégiques et économiques représente le Tibet pour les Chinois? Quelle est la situation réelle des droits de l'homme en Chine et au Tibet ? Autant de clés pour comprendre aussi pourquoi la question tibétaine concerne et passionne l'Occident.

  • Pourquoi un traité sur la bonne gouvernance datant de 25 siècles serait-il anachronique quand sa partie sur l'art de la guerre est toujours considérée comme un chef-d'oeuvre de la littérature militaire ?

    Arthashastra peut-être traduit comme le « traité de la Prospérité des nations ». Kautylia y fait la synthèse des débats de sciences politiques dans l'Inde antique.
    Jamais traduit en français, à l'exception des chapitres sur l'art de la guerre (Traité du politique, Gérard Chaliand, éditions du Félin, 1998) et de quelques parties secondaires (chez Marcel Rivière en 1971), sa lecture pourra sans doute éclairer le citoyen ordinaire à un moment où tous les symptômes d'une crise de la gouvernance sont là et notamment la dévaluation des élites politiques, administratives mais aussi de la justice, du monde des affaires ou des médias.
    Or on trouve dans ce traité tout un ensemble de principes régissant le choix du bon souverain, du bon gouvernement, de la bonne administration, l'art d'exercer et surtout d'appliquer la justice, pour in fine atteindre la prospérité de tous.

  • "Boukhara fut une étape incontournable sur la route de la soie reliant l'Orient et l'Occident et un centre religieux important à l'époque médiévale. Cet ouvrage s intéresse à l interaction entre histoire(s) et mémoire(s) dans l espace urbain boukhariote. L'étude des traces de l'histoire et les traces de la mémoire dans l'espace ont permis de comprendre la planification urbaine de la ville, la construction de l'habitat soviétique et leurs rapports au patrimoine historique et touristique. L'étude des pratiques sociales a apporté une connaissance des habitus boukhariotes et des transformations sociales de l'espace. Elle a mis à jour une relation dialectique entre le passé, le moderne et le contemporain qui fonde les conditions d'un patrimoine vivant dépassant les dualités communes de nos sociétés occidentales. - - "

  • Dix ans après l'effondrement du système bipolaire, le nucléaire civil et militaire demeure un enjeu de puissance majeur entre les nations. Dans ce contexte, la politique nucléaire de la Chine, ses transferts de technologies nucléaires, sont devenus une source de tensions entre Pékin et Washington.

  • Le sutra de la Mahamayuri (la Grande Paonne) est un écrit atypique bouddhiste qui consiste en listes de divinités indiennes et qui invoque leur aide protectrice.
    En cela, ce rituel ne possède pas de discours philosophique proprement bouddhiste. Par contre, ce texte très prisé a été traduit pas moins de six fois en chinois. Sa divinité principale, la Grande Paonne, fut l'objet de grands rites aux cours chinoises et japonaises du VIe jusqu'au XIIIe siècle. Cet écrit fut un modèle pour le nouveau genre de littérature bouddhiste des sectes ésotériques et tantriques.
    Cet essai étudie son histoire, sa pratique et sa place dans le développement de la magie et de l'ésotérisme dans le bouddhiste ainsi que les raisons de sa popularité en Chine. Une traduction française de sa dernière version chinoise datée du VIIIe siècle est présentée en deuxième partie.

empty