Diversités / Discriminations

  • Voracisme Nouv.

    "La race est particulièrement visible dans l'alimentation. D'abord parce que le concept fut inventé pour justifier la gourmandise de certain·es Européen·nes. Ensuite parce que la nourriture prend une telle place dans nos vies - la majorité d'entre nous mange trois fois par jour - que les restaurants, les supermarchés ou les cuisines sont des lieux privilégiés pour créer et perpétuer les constructions sociales.
    Si je vous dis maintenant que le racisme, tel qu'on le connaît aujourd'hui, trouve son origine dans une histoire de sucre, vous risquez d'avoir du mal à l'avaler. C'est pourtant vrai. Le racisme s'est installé dans les têtes des Européen·nes en même temps que le sucre arrivait sur leurs tables. La corrélation n'a rien de fortuit. Ce système de pouvoir fut précisément créé pour que les Européen·nes puissent consommer du sucre en ayant la conscience tranquille.
    Et l'industrie alimentaire l'entretient depuis". Dans Voracisme, l'auteur mène l'enquête sur les liens consubstantiels entre racisme et alimentation, depuis l'esclavagisme dans les cultures de cannes à sucre au 17e siècle jusqu'aux cuisines de nos restaurants, en passant par l'histoire du marketing alimentaire.

  • Comment penser la question raciale lorsqu'on est blanc ?? Telle est la question que pose ce livre. La mort de George Floyd - après tant d'autres - et le mouvement qu'elle a suscité ont montré que la question raciale ne concerne pas seulement les "? racistes ? " ou les personnes qui en sont victimes, mais bien l'ensemble de la société. Pourtant, la question raciale reste largement impensée du côté des Blancs.
    Cet essai montre comment, du fait de l'héritage des systèmes raciaux européens, les Blancs vivent toujours dans une "? maison blanche ? " ? : une disposition intellectuelle, psychologique et affective qui altère leur regard et leur façon d'être au monde. L'auteur retrace, à partir d'expériences personnelles, les contours et les formes de cette situation, sans céder à la culpabilisation ou à l'angoisse que suscite souvent cette question.
    L'objectif de la prise de conscience qu'il propose n'est pas "? d'aider ? " ceux qui ont été ou sont les cibles des systèmes raciaux européens, mais de nous défaire de ce biais cognitif et affectif fondamental, afin de faire advenir un nouveau rapport au monde, et à nous-mêmes. Gauthier Marchais est enseignant-chercheur à l'Institute of Development Studies de l'Université du Sussex, en Grande-Bretagne.
    Il publie ici son premier livre.

  • L'épreuve de la discrimination ; enquête dans les quartiers populaires Nouv.

    La France n'a pas encore pleinement pris la mesure de l'ampleur et des incidences du racisme et des discriminations qui la déchirent. Des millions d'individus, notamment issus de l'immigration postcoloniale, subissent au quotidien micro-agressions et stigmatisation. Ils voient leurs opportunités d'ascension sociale entravée, leurs vies écourtées. Ces épreuves suscitent bien souvent colère et sentiments d'injustice.
    Elles poussent parfois à l'engagement des personnes qui n'y étaient pas disposées. A partir d'une enquête inédite dans plusieurs quartiers populaires en France et en Amérique du Nord, ce livre démontre les conséquences du déni de reconnaissance qui entoure les discriminations : dépression, exil, repli sur soi... Au regard du drame silencieux qui s'opère sous nos yeux, il invite à une prise de conscience collective.
    /> Mais le racisme suscite aussi des conséquences plus positives : une jeunesse se lève face aux violences policières, se mobilise dans des associations ou investit les partis politiques, en développant des savoirs et savoir-faire nouveaux, et par là son pouvoir d'agir. Peut-être est-ce l'émergence d'une nouvelle génération militante, engagée dans des luttes pour l'égalité ?

  • «De telles listes sont dressées depuis les années 1970. Compilées par plusieurs générations de militants, elles sont enfouies dans les caves des archives associatives et présentent toutes le même format, à la fois sec et funeste. On y trouve la date du crime, le nom de la victime, suivis d'une ou deux phrases laconiques. Elles frappent par leur rudesse, leur longueur et leur nombre. Poser une liste conduit inexorablement à en trouver une autre quelques jours plus tard. Ces listes expriment l'idée d'une injustice. Elles dénoncent le racisme et l'impunité du racisme. Elles pointent du doigt les crimes, mais également la grande majorité des procès qui ont fini par des peines légères avec sursis ou des acquittements, quand ce n'est pas un non-lieu qui est venu clore l'affaire.
    Elles disent en substance que la racialisation, autrement dit le fait de placer des personnes dans une catégorie raciale afin d'asseoir un rapport de pouvoir et d'en tirer profit, tue deux fois. La première violence touche à l'intégrité physique de la personne. La seconde violence a lieu à l'échelle institutionnelle. Elle est une conséquence du traitement pénal qui ignore la nature raciste des crimes jugés.» De la grande vague de violence de 1973 dans le sud de la France aux crimes policiers des années 1990 en passant par les crimes racistes jalonnant les années 1980, cet ouvrage, issu d'une base de données de plus de 700 cas, nous invite à prendre la mesure de cette histoire à l'heure où le racisme institutionnel et l'action de la police continuent chaque année à être à l'origine de nombreux morts.

  • On pense tout connaître de l'antisémitisme, en avoir fait le tour, ne plus rien pouvoir découvrir. Pourtant le public le perçoit essentiellement à travers le prisme de la Shoah et de la résurgence de l'antisémitisme ces dernières années. Mais depuis quand existe-t-il ? Où sévit-il ? Pourquoi ? Sous quelles formes ? En réalité le phénomène est si ancien, étendu et complexe, que la plupart de ses aspects échappent au plus grand nombre.
    Dans cet ouvrage, l'auteur pose un regard historique et sociologique sur ce phénomène et aborde les questions dérangeantes, notamment celles qui dérangent le plus et qu'on n'ose généralement pas poser : Les Juifs pratiquent-ils la « double allégeance » ? Israël instrumentalise-t-il l'antisémitisme ? La Bible peut-elle être un ferment d'antisémitisme ? La Shoah fut-elle la cause de la création de l'État d'Israël ?
    Concepts, histoire, fantasmes, Israël, moyens de lutte, toutes les facettes du phénomène sont décryptées en de brefs chapitres pédagogiques, qui laissent s'exprimer les protagonistes, dans un style simple et direct.
    Stéphane Encel apporte des clefs essentielles pour comprendre ce phénomène qui n'en finit pas de faire peur autant que de fasciner, et qui représente un perpétuel danger à l'image de la multiplication des actes antisémites ces dernières années.

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  • En un demi-siècle, depuis les lois sur les droits civiques aux États-Unis, le combat pour la libération emmené par les luttes noires américaines a pris une dimension internationale ; il a joué à la fois le rôle de révélateur des grandes injustices et de catalyseur des espérances du moment.
    Angela Davis a été un témoin majeur de ce demi-siècle. Militante communiste et proche des Black Panthers dès 1968, elle accompagne la radicalisation des mouvements noirs et leur engagement sur une multiplicité de fronts, de la guerre du Vietnam à la lutte contre l'apartheid en Afrique du Sud.
    Ce recueil d'entretiens et de textes inédits d'Angela Davis donne à voir cet engagement sans trêve pour la libération.
    Figure iconique et mondialement reconnue, le parcours et l'engagement d'Angela Davis sont bien connus en France - notamment à travers son Autobiographie (récemment rééditée) - tout comme sa lutte contre l'enfermement et la prison, déployée dans Les Goulags de la démocratie.
    Ce recueil d'articles et d'entretiens rassemble des textes et interventions contemporaines d'Angela Davis. Derrière une grande pluralité d'enjeux se dégagent deux grandes thématiques.
    Davis y décrit d'abord la violence d'État et l'oppression comme des phénomènes mondiaux :
    Elle souligne ainsi la porosité entre l'oppression des Palestiniens et l'incarcération en masse des Africains-américains, ou encore les liens entre les violences policières et la guerre sans fin menée au Moyen-Orient. Depuis sa perspective états-unienne, Angela Davis revient ainsi sur une série d'événements qui ont scandé la dernière séquence de la politique d'émancipation : les mobilisations autour de Ferguson, puis le mouvement Black Lives Matter contre les violences policières racistes, condensent un plus large spectre de résistances à l'échelle du monde.
    D'autre part, le livre trace une continuité entre les luttes du passé et les luttes présentes.
    On y rencontre d'abord les grandes figures ou séquences des luttes africaines-américaines :
    Non seulement Malcolm X et les Black Panthers, mais aussi la guerre de Sécession et W.E.B Du Bois. Davis rappelle ainsi combien ces luttes se sont nourries des luttes de libération en Asie, en Afrique, en Amérique latine, et les ont inspirées en retour.
    Mais ce livre porte aussi un regard optimiste sur les formes émergentes de résistance, et sur la capacité des nouvelles générations à reprendre le flambeau d'une lutte sans frontières contre l'injustice et l'oppression.

  • Il existe de grandes différences entre les hommes et les femmes dans la façon d'être surdoué et de vivre cet état. Les femmes à haut potentiel ne répondent pas de la même manière que les hommes aux contraintes d'une société dans laquelle les schémas de réussite sont encore imprégnés de sexisme. Le défi est double pour elles : dans un monde fondé sur l'image d'une femme au corps parfait et non d'une femme dotée d'un cerveau, il leur faut réussir à articuler leur féminité et leur intelligence et se faire accepter.
    En se fondant sur les dernières études sociologiques et scientifiques, et sur de nombreux exemples de patientes, Monique de Kermadec met en lumière les nombreuses barrières sociales et professionnelles auxquelles se heurtent ces femmes qui se sentent en décalage. Elle leur donne des clés pour optimiser leur potentiel afin d'arriver à assumer le rôle qu'elles pourraient avoir dans notre société pour le bénéfice de tous.

  • Quels sont les discriminations et les comportements racistes dont sont victimes les musulmans de France ? Quelles sont les situations où ils indiquent avoir fait l'objet de comportements discriminants en raison de leur appartenance religieuse ?
    Grâce à une enquête réalisée par la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah) et la Fondation Jean-Jaurès, un certain nombre de réponses sont apportées afin d'objectiver du mieux que possible une situation finalement mal connue, et donner ainsi aux pouvoirs publics comme aux observateurs une idée précise de l'ampleur des discriminations subies en France par les musulmans en raison de leur religion.

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  • Alors qu'existait, depuis au moins la fin de la Seconde Guerre mondiale, un consensus scientifique sur l'inexistence biologique des races dans l'espèce humaine, celui-ci a éclaté, et le vocabulaire de la race a envahi le champ académique et médiatique. Pour un certain nombre d'auteurs, qui, pour la plupart d'entre eux, se disent appartenir à la pensée décoloniale, il faudrait, la lucidité serait à ce prix, briser ce consensus. Il s'agira ici, d'une part, de rechercher les sources de ce retour à des conceptualisations que l'on pouvait croire oubliées et, d'autre part, d'en mesurer les effets sur la vie intellectuelle, principalement dans l'espace français.

  • Du 6 mai au 11 juillet 2019 s'est tenu le procès France Télécom. Didier Lombard, ex-président du groupe, comparaissait aux côtés de son ancien bras droit, Louis-Pierre Wenès, de l'ex-directeur des ressources humaines, Olivier Barberot, et de quatre autres cadres pour des faits de harcèlement moral ayant conduit à de multiples suicides entre 2007 et 2010. Au premier rang des parties civiles, le syndicat Sud PTT et l'Union syndicale Solidaires, à l'origine de la plainte contre la direction de l'entreprise.
    Porte-parole de Solidaires, Éric Beynel a lancé une démarche éditoriale inédite de suivi du procès, conviant chaque jour une personnalité (romancier.ère, chercheur.se, artiste) à rédiger ou dessiner un récit d'audience. Chaque texte constitue un épisode haletant, une plongée dans l'espace ritualisé, tragique, du tribunal.
    À gauche les avocat.e.s des parties civiles, à droite ceux des prévenu.e.s, deux fois plus nombreux.ses. Au centre des débats, des hommes, des femmes immolé.e.s, défenestré.e.s sur leur lieu de travail, pendu.e.s à leur domicile. Les dirigeant.e.s de France Télécom paraissent patauger dans leurs contradictions...

  • Qu'est-ce que le racisme systémique ? Comment parler d'un phénomène qui, selon l'idée même de "système", est si vaste qu'on en perçoit difficilement les frontières ? Par racisme systémique il faut entendre les oppressions diverses, mais toujours connexes, vécues par les personnes racisées dans des domaines comme le travail, la justice, la santé, l'éducation, le logement...

    Ce livre montre que la lutte contre le racisme n'est pas l'affaire de quelques individus isolés ou d'idéalistes. Il faut passer de l'aveuglement à la prise de conscience collective pour agir et établir des normes politiques et sociales valables pour toutes et tous. Sous la direction de Christian Nadeau et Amal Zaazaa.

  • Le dossier du sixième numéro de Panthère Première portera sur le Déni de travail : travail qui ne dit pas son nom, travail gratuit, travail sans emploi, travail qui imprègne toute la trame de la vie quotidienne... Et si le meilleur moyen d'extorquer un travail était tout simplement d'en nier l'existence, ou du moins la valeur ? S'inspirant des analyses féministes du travail, ce dossier ne se contente pas de rendre visible des formes de travail niées, mais interroge la façon dont le déni opère.
    Et en hors thème : une entretien sur l'autonomie énergétique, une enquête sur la période invisibilisée du post-partum, un plongée dans les pages d'une impertinente revue de jardinage, parmi d'autres réjouissances...

  • La discrimination, les oppressions et les préjugés que subissent les "gros" et les "grosses" restent aujourd'hui parmi les formes de stigmatisation les plus banalisées. Au nom de la santé, les personnes grosses sont marginalisées, ridiculisées, condamnées, isolées.

    Renforcées autant par les médias, les productions culturelles ou un certain discours médical, les déclarations grossophobes circulent aujourd'hui librement en ne provoquant que de rares réactions, sinon des rires. Entre témoignage, analyse sociale et discours militant, La vie en gros propose un regard sur ses violences diverses et quotidiennes.

  • Un livre pédagogique qui fait le point sur la notion de « racisme d'Etat », qui a récemment fait l'objet de polémiques fortement médiatisées. Il s'appuie sur les apports de la sociologie et de l'histoire du racisme. Sans chercher à trancher la question de la « bonne catégorie » pour parler des choses - plan sur lequel les quatre auteurs ont des positions différentes, dans leurs propres travaux -, l'ouvrage donne aux lecteurs les outils pour construire une culture sur le sujet et une attitude plus constructive quant aux débats passionnés en cours.
    Comment le racisme fonctionne-il aujourd'hui en France ? Que sait-on du racisme dans les champs de l'école, du logement, des pratiques policières mais également dans le domaine des politiques relatives aux migrations ? Ce livre interroge les conditions auxquelles il serait ou non pertinent de parler de « racisme d'Etat » (ou encore de « racisme institutionnel ») pour qualifier les processus et les responsabilités à l'oeuvre.
    Enfin, ce livre propose de mettre en regard les controverses et les usages de la notion de « racisme d'Etat » dans les champs politiques, médiatiques et académiques. Il prend également en considération les réponses judiciaires et institutionnelles aux polémiques successives qui visent la définition officiellement acceptable de ce qu'est le racisme aujourd'hui en France (plaintes contre le syndicat Sud éducation pour usage de l'expression « racisme d'Etat », contre des auteurs pour « racisme anti-blanc », contre des militants pour usage du terme « police raciste », etc.).

  • Dans son livre, Émilie Notéris propose une approche queer pour réparer les binarismes qui abîment le monde et les relations que nous entretenons avec lui et les autres - elle regarde du côté de la culture populaire, du cinéma américain et des séries télé pour re-pe/anser le dualisme sexe-genre, examine la philosophie contemporaine pour dépasser l'opposition nature-culture et expérimente dans la forme même de son essai la ré-articulation entre théorie et fiction.

  • Dans ce Petit manuel, Djamila Ribeiro, philosophe et féministe brésilienne, aborde le racisme dans le milieu professionnel et culturel, parle de négritude, de blanchité, de désirs et affects. En dix chapitres courts et impactants, elle présente des pistes de réflexion pour reconnaître les discriminations, prendre conscience de certains privilèges, adopter des pratiques antiracistes et féministes et, ainsi, assumer la responsabilité de faire bouger les choses.
    C'est une pratique qui commence dans les attitudes quotidiennes, et nous concerne toutes et tous. Djamila Ribeiro, chercheuse en philosophie politique, est la référence du mouvement féministe noir, antiraciste, pro-LGBT et antimachiste au Brésil. Chroniqueuse pour la presse et la TV, elle donne des conférences dans le monde entier. Avec un demi-million de suiveurs sur les réseaux sociaux, c'est une activiste de poids.
    Préface de Françoise Vergès, militante féministe décoloniale et politologue. Pratique, direct et fort.

  • Depuis quelques temps, les deux sexes semblent s'affronter et la masculinité toxique est au coeur de tous les débats. Mais qu'en disent les hommes ? Que veulent-ils ? Quels rapports entretiennent-ils aux femmes, et à eux-mêmes ? Aurélie Lévy s'appuie sur son expérience de réalisatrice de documentaire et décide de leur donner la parole, pour tenter de les comprendre, sans parti pris et sans jugements. Ils sont artistes, universitaires, paysans, banquier, chômeur, détective privé... Dans une enquête aux allures de road trip, elle met à nu l'homme sous toutes ses facettes, à travers vingt témoignages, saisis dans l'époque. Et quelque chose de fort se produit : ils livrent tous, avec une désarmante sincérité leurs espoirs, leurs doutes, leurs contradictions, leurs limites - et parfois leurs secrets les plus intimes.
    Une chose est sûre, le contenu de ce livre ne laissera personne indifférent.

    Aurélie Lévy est réalisatrice de documentaires et écrivaine. Après des études supérieures au Japon et aux États-Unis, elle a passé les dix premières années de sa vie professionnelle dans les coulisses d'Hollywood. Son premier roman, Ma vie pour un Oscar, (Plon, 2012) est une chronique de cette décennie.

  • Une étude consacrée aux les langages de la stigmatisation et les réponses que des sujets stigmatisés peuvent produire, individuellement ou collectivement, pour s'en défendre.
    La stigmatisation se manifeste dans les discours d'une société donnée à un moment donné, elle se nourrit d'une culture de la haine et repose sur la construction arbitraire d'une domination. Désigner une différence, attribuer un nom injurieux, assigner un rôle, exclure, légitimer des actes de violence, telles sont les étapes qui scandent le processus de stigmatisation.
    Classes sociales, genres, origines, couleurs de peau, professions, confessions, appartenances politiques, maladies, handicaps apparaissent alors comme la justification de rejets, de violences symboliques et physiques.
    Pour lutter contre la discrimination et la ségrégation, des formes multiples de résistances voient le jour qui peuvent s'inscrire dans le registre du politique et du militantisme. Certains groupes se saisissent des mots et des images qui stigmatisent pour les resignifier, et ainsi proposer des représentations qui combattent les préjugés.

  • Notre monde est pris de vertige. Dans nos vies quotidiennes, un entrelacs d'abstraction, de virtualité et de complexité s'introduit avec l'invasion des nouveaux médias technologiques. Le Manifeste Xénoféministe façonne un féminisme adapté à ces réalités, en s'emparant de l'aliénation comme d'un levier pour générer de nouveaux mondes. Le naturalisme essentialiste empeste la théologie - le mieux est de l'exorciser au plus vite.

    L'innovation technoscientifique doit s'assortir d'une pensée politique et théorique collective au sein de laquelle les femmes, les queers et ceux.celles qui ne se conforment pas aux normes de genre joueront un rôle sans précédent.

  • LA PLACE DE LA PAROLE NOIRE questionne qui a droit à la parole dans une société où la masculinité, la blanchité et l'hétérosexualité sont la norme.

    S'appuyant sur les réflexions de féministes historiques comme Simone de Beauvoir et de féministes noires modernes, Djamila Ribeiro révèle la position critique de la femme noire : elle est l'autre de l'autre, à la marge du débat sur le racisme centré sur l'homme noir, et à la marge du débat sur le genre centré sur la femme blanche.

    Le féminisme noir ne crée pas de scissions, bien au contraire : il rompt avec la scission créée par une société inégale et réfléchit à la façon dont les oppressions de race, de genre, et de classe s'entrecroisent.

    Djamila Ribeiro, maître en philosophie politique, est la référence du mouvement féministe noir, antiraciste, pro-LGBT et antimachiste au Brésil. Chroniqueuse pour la presse papier et TV, elle donne aussi des conférences dans le monde entier. Avec un demi-million de suiveurs sur les réseaux sociaux, c'est une activiste de poids.

  • Qu'y a-t-il de commun entre le mouvement des camps pour la paix en Grande-Bretagne dans les années 1980, la résistance qu'a opposé la population de Plogoff à l'implantation d'une centrale nucléaire dans la commune, la lutte contre la dévastation du territoire de Campanie par les trafics illégaux de déchets ?

    L'engagement en nombre de femmes dans la défense de lieux, pour des questions de vie, de communauté, de répartition inégale des risques et des dommages humains et sanitaires. Dans son dossier éEnvironnement et territoire", le cinquième numéro de Panthère Première explorera ces mobilisations de femmes qui réinventent la politique.

    Varia : histoire des ronds-points, street-medics et travail gratuit.

  • Sourde colère

    Grant Stan

    En réponse à de récentes vagues de racisme, de haine et d'oppression en Australie à l'encontre du peuple Aborigène, Stan Grant a écrit un ouvrage poignant, intime et passionné, soulignant la dureté de l'histoire envers cette population et les épreuves endurées jusqu'à ce jour. Son récit débute par un voyage initiatique réalisé avec son fils, sur les terres de leurs ancêtres Aborigènes à Poison Waterhole Creek, puis nous présente le parcours de ses parents et ainsi, il revient sur l'histoire de leur peuple. Un peuple noir dans un pays résolument blanc.

  • Tant de luttes ont été menées pour que les lesbiennes sortent de l'ombre. Pourtant, les adolescentes qui prennent conscience aujourd'hui de leur homosexualité refont le même chemin tortueux, de l'invisibilité à l'affirmation. Et le récit de ces expériences demeure rare, étouffé, voire phagocyté par le tapage continu du discours hétérosexiste. Ce livre rassemble et analyse les témoignages sans fard d'une vingtaine de jeunes femmes qui ont accepté de dévoiler pour nous ces parcours intimes. Quand prend-on conscience de son orientation sexuelle? Que faire des désirs homosexuels naissants? Comment agissent les représentations culturelles de l'hétérosexualité? Et qu'est-ce qui fait que l'on s'identifie, au final, comme lesbienne? Toutes se souviennent de l'homophobie latente à l'école, des relations hétérosexuelles malheureuses, du sentiment d'être normales ou déviantes, des réactions de leur famille, de leur propre déni. Et du silence aussi, qu'elles ont brisé pour cet essai, qui veut aider d'autres jeunes femmes à surmonter la détresse et les blessures.

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