Histoire de l'Afrique subsaharienne

  • Cobalt blues : la sape d'un géant Congo 1960-2020

    Erik Bruyland

    • Editions racine
    • 13 Juillet 2021

    Dans Cobalt blues le journaliste Erik Bruyland plonge dans l'histoire postcoloniale de son pays natal, la République Démocratique du Congo. Le passé colonial belge s'est transmué en scènes quasid'esclavagedanslesmineslesplusrichesaumonde. Alors pourquoi ce pays tellement riche est-il si pauvre ? Son travail fouillé de journalisme d'investigation dévoilecomment desopportunistes et despéculateursont -commedesvautours -pu mettremain-bassesurlesrichesses minières. Bruyland détricote les carrousels économiques et financiers et les manigances géopolitiques qui ont abouti à la tragédie du Cobalt blues: l'or bleu qu'engrangent des sociétés offshore, la sueur noire n'en récoltant rien. Et tout ça pour satisfaire notre besoin de téléphones intelligents ou de voitures électriques. Une analyse tranchante du dépérissement économique et politique de la RDC,avecenmiroirlerôleetlaresponsabilité del'ancien colonisateurbelge.

  • L'Afrique dans le monde ; capitalisme, empire, Etat-nation

    Frederick Cooper

    • Payot
    • 7 Octobre 2015

    Pourquoi l'Afrique occupe-t-elle une place cruciale dans l'histoire mondiale ? Que voulurent réellement les Africains aux différents moments de leur histoire ? Quelles furent leurs résistances à la colonisation et au capitalisme, mais aussi leurs adaptations ? L'État-nation était-il la seule solution quand vint le temps de l'indépendance ? Avec cette fresque de l'Afrique, de ses connexions et de ses interactions avec les autres puissances depuis le XVe siècle jusqu'à nos jours, Frederick Cooper offre une réflexion passionnante sur la fin des grands empires coloniaux européens qui se lit également comme une histoire du monde.

    Spécialiste incontesté de l'Afrique et l'un des rares historiens à prendre en compte la période de l'indépendance, Frederick Cooper est professeur à la New York University. Son oeuvre, très influente en France aujourd'hui, est publiée chez Payot, notamment L'Afrique depuis 1940, Le Colonialisme en question, et, avec Jane Burbank, Empires. De la Chine ancienne à nos jours.

  • À Paris, on entend de toute part le même refrain : « La Françafrique est morte et enterrée ! » Pourtant, de Ouagadougou à Libreville, de Dakar à Yaoundé, de Bamako à Abidjan, la jeunesse se révolte contre ce qu'elle perçoit comme une mainmise française sur son destin.

    Quinze ans après la Seconde Guerre mondiale, la France a officiellement octroyé l'indépendance à ses anciennes colonies africaines. Une liberté en trompe l'oeil. En réalité, Paris a perpétué l'Empire français sous une autre forme : la Françafrique. Un système où se mêlent des mécanismes officiels, assumés, revendiqués (militaires, monétaires, diplomatiques, culturels...), et des logiques de l'ombre, officieuses, souvent criminelles. Un système érigé contre les intérêts des peuples, avec l'assentiment d'une partie des élites africaines et qui profite toujours aux autocrates africains « amis de la France ». Un système que tous les présidents français ont laissé prospérer, en dépit des promesses de « rupture ».

    Exceptionnel par son ampleur, inédit par son contenu, cet ouvrage retrace cette histoire méconnue, depuis les origines coloniales de la Françafrique jusqu'à ses évolutions les plus récentes. Rédigées par des spécialistes reconnus - chercheurs, journalistes ou militants associatifs -, les contributions rassemblées dans ce livre montrent que le système françafricain, loin de se déliter, ne cesse de s'adapter pour perdurer.

  • Arrachés violemment à leur terre et à leurs proches, ils furent des millions à se retrouver enchaînés, entassés comme des bêtes dans des bateaux, contraints à traverser à pied forêts ou déserts dans des conditions tellement inhumaines que presque la moitié d'entre eux en mouraient. Ce crime effroyable, qui a dévasté l'Afrique subsaharienne, a pris de nombreux visages au cours des siècles. Car ses exécuteurs et ses commanditaires sont issus de tous les horizons : de l'Afrique elle-même avec la traite interne, des différentes terres musulmanes avec les traites orientales, de l'Europe avec la traite atlantique.
    Pour comprendre l'ampleur et la complexité historique de l'esclavage des Noirs, il faut donc en faire la géographie, qui passe par les routes des différentes traites. C'est cette synthèse que Catherine Coquery-Vidrovitch nous présente ici avec rigueur et pédagogie, loin de toute polémique. Elle s'appuie sur son savoir immense d'historienne de l'Afrique, mais aussi sur le riche matériau réuni dans une série de quatre films intitulée Les Routes de l'esclavage, diffusée par la chaîne ARTE, dont elle a été la conseillère historique, et où interviennent les meilleurs spécialistes issus de nombreux pays.
    Un ouvrage aussi passionnant que terrible, qui révèle les rouages d'un système criminel sur lequel s'est construit en grande partie notre monde actuel.

  • Si les premiers contacts d'Européens avec les habitants de l'Afrique noire ont eu lieu dès le XVIème siècle, ils n'ont été qu'épisodiques jusqu'aux débuts de la traite négrière à la fin du XVIIème siècle. Les traficants de chair humaine, ensuite, ne se donnèrent évidemment pas la peine de connaître les gens qu'ils razzaient et expédiaient en Amérique pour en faire des esclaves.

    C'est assez tard, sous l'influence des premiers « amis des Noirs » d'Europe, et aussi sous celle de la soif de connaissance qui s'était emparée du siècle des Lumières que se mirent en place, à la toute fin du XVIIIème siècle et au début du suivant, un grand mouvement d'exploration à l'intérieur de l'Afrique et non plus seulement sur les côtes. Les animateurs de ce mouvement, principalement français et anglais, ne sont donc pas animés par l'esprit de lucre, et ce sont seulement leurs successeurs du milieu et de la fin du XIXème siècle qui verront l'Afrique comme un continent à coloniser. Les récits de ces voyageurs-là constituent les meilleurs documents sur ce que l'on pourrait appeler la première rencontre. Tous ne sont pas racistes, loin de là, beaucoup sont antiesclavagistes, certains montrent de la sympathie pour les gens qu'ils visitent.

  • Entre le VIIIe et le XVe?siècle ont existé au Sahel nombre de villes-marchés, de cité-États, de royaumes et de sultanats. La plus célèbre et la mieux documentée de ces formations politiques est le sultanat du Mali (XIIIe-XVe siècle). S'y rapportent tant l'épopée de Sunjata, texte monument de la tradition orale, que la «?charte du Manden?», parfois présentée comme la première déclaration des droits humains. Il est évoqué dans plusieurs des «?manuscrits de Tombouctou?» rédigés au XVIIe?siècle. Au milieu du XIVe, Ibn Battuta aurait séjourné dans la capitale du sultanat, relatant son voyage dans sa fameuse Rihla. Quelques décennies plus tôt, en 1323-1325, son chef Mansa Musa avait défrayé la chronique des savants mamelouks lors de son pèlerinage vers La?Mecque via Le?Caire. C'est alors, sans doute, que nous sommes au plus proche du Mali médiéval.
    À défaut de sources internes, ce pôle majeur de l'Afrique au Moyen Âge n'est en effet accessible qu'au travers de ces regards portés sur lui au fil du temps. D'où la nécessité d'une archéologie du savoir, à même de démêler et de comprendre les multiples transformations des manières d'appréhender le Mali, du XIVe?siècle à nos jours. C'est à cette ambitieuse entreprise qu'est consacré cet ouvrage qui, de manière régressive, restitue les métamorphoses des représentations du Mali, pour mieux éclairer ce qu'il est possible de connaître de son histoire.

  • Tyrans d'Afrique

    Vincent Hugeux

    • Perrin
    • 4 Mars 2021

    Soixante ans après son lever, le « soleil des indépendances », occulté par la persistance de la tentation despotique, peine à éclairer l'Afrique. Au fil des décennies, la cohorte des tyrans, adeptes du pouvoir absolu, du repli clanique et du parti unique, se seront échinés à dévoyer une souveraineté en trompe-l'oeil, moins conquise qu'octroyée.
    Qu'il s'agisse de l'Ougandais Idi Amin Dada, de Sa Majesté Bokassa Ier, empereur de Centrafrique, du Congolo-Zaïrois Mobutu ou du Zimbabwéen Robert Mugabe, les ex-tuteurs européens se repaissent des frasques, tantôt grotesques, tantôt cruelles, de satrapes qui furent leurs élèves, leurs soldats puis leurs alliés. Feignant d'oublier que tous, du bouffon ubuesque au dictateur à l'implacable froideur, n'auront été au fond que les rejetons monstrueux de l'aberration coloniale.
    Bien sûr, l'ancien tirailleur togolais Gnassingbé Eyadéma ne ressemble guère au Guinéen Ahmed Sékou Touré, l'homme qui osa défier Charles de Gaulle ; pas plus qu'au Tchadien Hissène Habré, premier chef d'Etat du continent condamné par une juridiction africaine. Pour autant, on déniche souvent aux sources de leurs dérives respectives les ingrédients du même élixir toxique : enfance chaotique, appétit de revanche, blessures narcissiques, ivresse messianique et paranoïa.
    Dans cette édifiante galerie de portraits biographiques, Vincent Hugeux croque également d'une plume incisive d'autres personnages étrangers au « pré carré » francophone mais tout aussi romanesques, fût-ce dans l'abjection : Yahya Jammeh (Gambie), Teodoro Obiang (Guinée-Equatoriale) ou Issayas Afeworki (Erythrée).
    Les uns ont disparu, d'autres règnent encore. Et chacun d'entre eux nous raconte autant notre histoire que la sienne.

  • Dans l'amas des archives de la principale institution chargée de l'histoire et de la mémoire du génocide au Rwanda, plusieurs liasses de fragiles petits cahiers d'écoliers renfermaient dans le silence de la poussière accumulée les récits d'une centaine d'enfants survivants.
    Rédigés en 2006 à l'initiative d'une association rwandaise de rescapés, dans une perspective testimoniale et de catharsis psychologique, ces témoignages d'enfants devenus entre-temps des jeunes hommes et des jeunes femmes, racontent en trois scansions chronologiques souvent subverties ce que fut leur expérience du génocide, de la « vie d'avant » puis de la « vie d'après ». Leurs mots, le cruel réalisme des scènes décrites, la puissance des affects exprimés, livrent à l'historien une entrée incomparable dans les subjectivités survivantes et permettent, aussi, d'investir le discours et la gestuelle meurtrière de ceux qui éradiquèrent à jamais leur monde de l'enfance.
    Le livre tente une écriture de l'histoire du génocide des Tutsi à hauteur d'enfant. Il donne à voir et à entendre l'expression singulière d'une expérience collective, au plus près des mots des enfants, au plus près du grain de la source. Tentative historiographique qui est aussi une mise à l'épreuve affective et morale pour l'historienne face à une source saturée de violence et de douleur. Loin des postulats abstraits sur l'« indicible », le livre propose une réflexion sur les conditions rendant audibles les récits terribles d'une telle expérience de déréliction au crépuscule de notre tragique XXe siècle.

  • Histoire des révoltes panafricaines propose, à une époque où la quasi- totalité du monde noir vit encore sous le joug colonial, une histoire mondiale de la résistance des Noirs, de Saint-Domingue aux colonies africaines, en passant bien sûr par les États-Unis et les autres îles des Antilles. L'épilogue, écrit par James en 1969, revient sur la décolonisation de l'Afrique, le mouvement des droits civiques aux États-Unis, les conflits dans les Caraïbes, prolongeant, précisant et corrigeant les positions avancées à la fin des années 1930. L'une des premières originalités de l'ouvrage est de rompre avec le cliché des primitifs subissant passivement leur exploitation. « Le seul endroit où les Noirs ne se sont pas révoltés, écrivait James, c'est dans les pages écrites par les historiens capitalistes. » Aussi place-t-il les travailleurs noirs au centre de l'histoire mondiale, incluant, sans les hiérarchiser, un ensemble très divers de rébellions : révoltes d'esclaves, grèves, mouvements millénaristes ou antiracistes. Ce sont les masses qui font l'histoire, dans les conditions et avec les croyances qui sont les leurs ; les leaders, Toussaint comme Nkrumah, Garvey comme Nyerere, ont toujours été portés et produits par des processus collectifs. Manière de sortir aussi bien des approches marxistes axées sur l'ouvrier de l'industrie que des visions hagiographiques exaltant les « grands hommes de l'histoire ». Par son sujet et par son traitement, le livre de James n'a pas pris une ride ; au contraire, il pourrait même être encore en avance sur notre temps.

  • Les pyramides de Méroé ont fait rêver des générations de voyageurs, mais le Soudan dont elles sont l'emblème demeure largement méconnu. D'où cet ouvrage encyclopédique, première synthèse sur les brillantes civilisations qui s'y sont succédé, de la Préhistoire à la conquête de Méhémet Ali, en 1820.
    Préfacé par Nicolas Grimal, professeur au Collège de France, membre de l'Institut (Académie des Inscriptions et Belles-Lettres) et secrétaire général de la commission consultative des fouilles françaises à l'étranger du ministère de l'Europe et des Affaires étrangères, cet ouvrage s'inscrit dans la collection « études d'égyptologie » qu'il dirige. Des spécialistes reconnus font état des découvertes scientifiques les plus récentes ; ce livre n'en est pas moins facile d'accès grâce à la clarté des contributions et à l'abondance de l'iconographie.

    Cette édition révisée et corrigée correspond à la partie « Antiquité » d'Histoire et civilisations du Soudan de la Préhistoire nos jours (études d'égyptologie n°15, publié en septembre 2017), augmenté de la préface « Le Soudan carrefour des cultures » de Nicolas Grimal et de la postface « Aux racines de la nation soudanaise » de Claude Rilly.

  • 60 ans après les indépendances, l'histoire des colonies d'Afrique nous revient comme un boomerang: la France devrait s'excuser du mal qu'elle y a fait. Martelée, l'idée trouve un écho chez les jeunes issus des migrations africaines, les faisant douter de leur avenir comme citoyens d'un pays sous l'emprise d'un «â€¯racisme systémique ». L'assimilation a fait place à une coexistence pour l'instant pacifique. Mais la menace est sérieuse. Pour avancer, il faut faire sauter les obstacles accumulés par les mésusages de l'histoire coloniale. Pas pour en faire un conte de fées, mais pour la remettre dans sa banale humanité, contradictoire et ambigüe. Assumer le passé, sans rien cacher ni céder aux mensonges, permettra seul de le remettre à sa vraie place: derrière nous. C'est le parcours d'un fonctionnaire colonial ordinaire qui nous y aide ici en permettant d'esquisser le portrait d'une Afrique que la France a rêvé sans toujours bien la comprendre, ni comprendre ce qu'elle y cherchait.

  • Longtemps passées sous silence, la sexualité dans les empires coloniaux et la domination sur les corps apparaissent aujourd'hui comme des sujets de recherches majeurs. Les héritages de cette histoire font désormais débats dans nos sociétés de plus en plus métissées et mondialisées. Six siècles d'histoire ont construit des imaginaires, des fantasmes et des pratiques analysés dans cet ouvrage au fil des cinquante contributions de spécialistes internationaux.
    Coordonné par un collectif paritaire de dix chercheur.e.s de plusieurs disciplines, l'ouvrage Sexualités, identités et corps colonisés tisse des liens entre passé et présent, et explore les nombreuses facettes de cette histoire. La publication de Sexe, race & colonies en 2018 a initié débats et polémiques, mais a aussi reçu un écho sans précédent. Ce nouveau livre va plus loin.
    Aux quinze articles majeurs du précédent ouvrage, réédités pour les rendre accessibles au plus grand nombre, ont été ajoutées trente contributions inédites éclairant la transversalité de cette question dans tous les empires coloniaux jusqu'aux sociétés postcoloniales actuelles. Ce livre permet de saisir comment la sexualité et les hiérarchies raciales ont été consubstantielles à l'organisation du pouvoir dans les empires et à l'invention d'imaginaires transnationaux. Déconstruire les regards coloniaux qui sont omniprésents dans nos représentations suppose de regarder en face cette hégémonie sexuelle mondialisée et ce passé, aussi complexe soit-il. C'est à ce prix qu'une décolonisation des imaginaires sera possible.

  • « Le temps est venu de panser nos blessures », proclame Nelson Mandela en devenant en 1994 le premier président noir de la République d'Afrique du Sud. Comment expliquer le long chemin d'intolérance qui a mené au système durable de l'apartheid, plaçant ce pays leader de l'Afrique à contre-courant de l'Histoire ?
    La pointe sud de l'Afrique fut toujours une terre de migrations. Rien ne laissait pourtant présager que du simple comptoir fondé en 1652 au Cap par le Hollandais Jan van Riebeeck sur la route des Indes naîtrait une colonie si florissante. Calvinistes du Nord de l'Europe et huguenots chassés de France s'implantent dans cette nouvelle terre promise, au prix de luttes à mort avec la mosaïque d'ethnies qui la composent. L'espoir d'une cohabitation pacifique s'éloigne tandis que les Afrikaners se défont partiellement de la tutelle britannique en 1910. Dès lors, la suprématie blanche guide sa destinée jusqu'à ce que le célèbre détenu de Robben Island, Nelson Mandela sonne l'heure de la réconciliationraciale.
    Des premiers peuplements à l'émergence de l'empire Zoulou, de la violence inédite des guerres anglo-boers aux premières élections libres, en passant par l'aventure fondatrice du Grand Trek, c'est l'épopée des identités sud- africaines qui renaît dans cette synthèse riche et vivante. Nombreux restent les défis à relever pour cette société très inégalitaire et au malaise racial encore prégnant. Mais la « nation arc-en-ciel », membre des Brics, n'en reste pas moinsun pays d'avenir.

  • 1990 : la guerre civile éclate au Rwanda, opposant le Front patriotique rwandais (FPR) aux Forces armées rwandaises (FAR).
    L'année suivante, le colonel Delort - conseiller Afrique du chef d'état-major des armées - se rend sur place et devient une cheville ouvrière de la politique française au « pays des mille collines ». Jusqu'en 1994 et la fin du conflit - avant donc le terrible génocide qui allait suivre -, il participe aux négociations politiques entre les deux camps, mène des missions diplomatiques et conduit des actions militaires. Il est présent lors des négociations d'Arusha, en Tanzanie, qui devaient permettre de trouver une solution politique. Il a directement négocié, pour la France, avec les dirigeants voisins ; il a été le commandant opérationnel des soldats français au Rwanda. Et c'est également lui qui pilota l'évacuation d'une partie de nos compatriotes en 1993.
    Il a choisi de raconter son expérience, d'exposer les affrontements politiques et militaires des Rwandais, de témoigner de ce que fut la politique de la France, tout en s'interrogeant avec pragmatisme sur la volonté des belligérants d'aboutir à un accord durable et sur le désintérêt de la communauté internationale pour ce pays en guerre.
    Des reconnaissances tactiques sur les frontières aux entrevues politiques à Kigali, des réunions « de crise » au Quai d'Orsay aux affrontements sur le terrain entre « gouvernementaux » et « rebelles », des débriefings à l'état-major des armées boulevard Saint-Germain aux délicates missions d'évaluation des forces en présence, le lecteur est ainsi entraîné au coeur des événements.
    Guerre au Rwanda, L'Espoir brisé constitue le témoignage exceptionnel d'un acteur de premier plan : on comprend, en le lisant, comment ce terrible drame s'est noué et quel fut le but politique de la France.

  • Tanger, une histoire-monde du maroc

    Bahri Farid

    • Bibliomonde
    • 10 Février 2022

    Tanger se situe sur le détroit, entre Atlantique et Méditerranée. Cette position ne cesse d'attirer la convoitise et d'inspirer son histoire. Comptoir phénicien et carthaginois, puis ville romaine, elle vit au rythme des empires méditerranéens jusqu'à échoir aux Arabes musulmans. Son destin, partagé entre Al-Andalus et le Maroc la projette dans une autre mondialité, celle de dar al-islam. Puis, c'est au tour des Portugais et des Anglais de s'en emparer jusqu'au moment où un sultan chérifien réintègre Tanger dans le giron marocain pour en faire sa capitale diplomatique. Légations et consulats s'y installent et les étrangers affluent. Un statut de ville internationale lui est attribué. Écrivains et milliardaires américains, artistes français et espagnols s'y bousculent. Cet âge d'or mondial dure une trentaine d'années. Que reste-t-il à présent de ces mondialisations anciennes à l'heure où l'ouverture au monde se fait par de nouveaux équipements : port Tanger-Méd et aéroport Ibn Batouta ?

  • L'Afrique depuis 1940

    Frederick Cooper

    • Payot
    • 15 Octobre 2008

    L'Afrique depuis 1940 est l'un des plus remarquables ouvrages écrits depuis longtemps sur l'histoire de l'Afrique contemporaine. Clair, concis, documenté, il propose une approche à la fois chronologique et thématique pour jeter un pont entre les périodes coloniale et postcoloniale, en étudiant les changements qui ont accompagné la fin des empires, mais aussi tous les processus qui se sont perpétués après l'indépendance. En abordant les questions économiques et sociales sur l'ensemble de la période 1945-2000 et en montrant qu'entre les sociétés africaines et le reste du monde se tenait un " Etat garde-barrière ", il dépasse un débat stérile, celui qui attribue les causes de la situation actuelle de l'Afrique soit à l'héritage colonial, soit à une mauvaise gouvernance. Il analyse enfin les divers moyens que les Africains ont trouvés pour vivre avec - mais aussi pour lutter contre - les contraintes économiques et politiques auxquelles ils devaient faire face.

  • La 2e édition de cet ouvrage d' histoire globale retrace l'évolution du continent : 8 parties couvrant l'histoire de l'Afrique de -10 000 ans à aujourd'hui , Les points forts de chaque période, 2 cahiers de cartes en couleur .

  • Afrique subsaharienne, un continent d'histoires

    Collectif

    • Nouveau monde
    • 20 Janvier 2021

    Il n'y a pas si longtemps un président français affirmait que » l'homme africain n'était pas assez entré dans l'histoire « . En partant des traces des ancêtres de Lucy il y a 7 millions d'années, des vestiges néolithiques ou encore des » Bushmen « , les auteurs de cet ouvrage nous dévoilent la partie subsaharienne du continent à travers ses multiples identités et les hommes qui l'ont façonnée.
    Ils nous plongent au coeur des royaumes et des empires, en Éthiopie, au Sahel, au Zimbabwe, au Soudan, ou au Mali, où s'épanouit un Moyen Âge relaté notamment par le célèbre voyageur Ibn Battûta.
    Longtemps contournée par les explorateurs, l'Afrique sera colonisée, exploitée. Une période qui marque les débuts de la traite des Noirs, de l'esclavage et de la déportation vers l'Amérique - autant de sujets abordés ici sous des angles parfois méconnus. Enfin, de la colonisation européenne aux combats et révoltes menant aux indépendances, on comprendra les forces à l'oeuvre dans différents pays du continent après la Seconde Guerre mondiale et jusqu'à aujourd'hui, où l'ingérence occidentale se développe sur de nouveaux terrains.
    Une introduction indispensable à l'histoire de l'Afrique subsaharienne, qui invitera le lecteur à une exploration plus profonde.

  • Le togo des rois

    Collectif

    • Gourcuff gradenigo
    • 3 Décembre 2021
  • De la veille de la colonisation à nos jours, la condition féminine en Afrique noire a connu d'extraordinaires mutations, à des rythmes différents d'un point à l'autre du Continent, du Sénégal à l'Afrique du Sud et du Kenya au Zaïre.
    Dans ce monde où modes de vie anciens et nouveaux se côtoient et se mêlent, la vie, le rôle et les activités des femmes offrent un éventail de situations extrêmement diversifiées. En un siècle, tout y a changé, à commencer par le déplacement, à un rythme accéléré, des femmes de la campagne vers les villes. De leurs tâches quotidiennes à leurs activités économiques, de leur éducation à leur sexualité, de leur influence sociale à leur rôle politique, de leur affectivité à leur créativité, tout contribue à faire des femmes africaines un des moteurs de leurs sociétés.
    Connaître leur histoire, c'est comprendre le rôle essentiel qu'elles ont joué dans l'histoire du Continent, mais aussi, par l'espoir dont elles sont porteuses, les possibilités d'évolution des sociétés africaines.

  • Histoire de l'Angola, de 1820 à nos jours

    David Birmingham

    • Chandeigne
    • 21 Février 2019

    Cette histoire de l'Angola, du célèbre africaniste David Birmingham, commence en 1820 alors que le Portugal tente de créer un troisième empire, africain, après la perte des empires d'Asie et d'Amérique. Au XIXe siècle, la ressource la plus précieuse extraite de l'Angola était la main-d'oeuvre, d'abord exploitée en tant qu'esclaves et ensuite en tant qu'employés conscrits. La colonie angolaise était dirigée par des officiers de marine nommés par Lisbonne, plusieurs centaines de prisonniers politiques blancs et quelques milliers d'Angolais noirs ayant adopté la langue et la culture portugaises. Le centre de ce « nouvel empire » était la ville portuaire de Luanda qui s'est développée pour devenir une métropole dynamique de plusieurs millions d'habitants.

    L'exportation de main-d'oeuvre a été progressivement remplacée par l'exploitation des travailleurs angolais noirs pour produire de la canne à sucre, du coton, du maïs et surtout du café au sein de la colonie vers laquelle avait afflué un grand nombre d'immigrants portugais blanc en quête de fortune ou meilleure vie.

    Au XXe siècle, cette richesse a été complétée par le cuivre du Congo, les diamants et le pétrole off-shore. Bien qu'une grande partie du pays ait conservé une économie paysanne à un dollar par jour, ces nouvelles richesses ont généré des conflits qui ont opposé le blanc au noir, le nord contre le sud, la côte aux hautes terres, les alliés américains aux alliés russes. L'Angola a été un des derniers pays d'Afrique a devenir indépendant (1975). La génération de la guerre a finalement pris fin en 2002 lorsque la reconstruction nationale a pu commencer sur les fondations coloniales portugaises.

  • à la recherche du sauvage idéal

    Francois-Xavier Fauvelle

    • Seuil
    • 31 Août 2017

    Ce livre nous entraîne au bout de l'Afrique sur les traces d'un peuple oublié, ce peuple dont est issu la tristement célèbre « Vénus hottentote ». Dès qu'il paraît, au temps des Grandes Découvertes, son étrangeté radicale effraie ou émerveille. Voici donc le pire ou le meilleur des sauvages, en tout cas le plus exemplaire : il est ce que nous - Européens, modernes, conquérants - ne pouvons plus être. Inadaptés au monde qui se construit à leurs dépens, ces femmes et ces hommes deviennent la caricature d'un peuple meurtri, bientôt retranché de la terre et de l'histoire.

    Parce qu'il retrace leur disparition en même temps que l'enquête qui part à leur recherche, ce livre raconte l'histoire à rebours. Il suit des pistes qui remontent le temps et les retrouve, là, en 1670, entourés de vaches et d'esprits, dans le campement où un chirurgien allemand, notre meilleur informateur, les a rencontrés. Ils ont un nom : les Khoekhoe.

    « Je ne sais pas s'il faut haïr les voyages et les explorateurs. Ils vous convient, quelquefois malgré eux, à un outre-passement auquel il faut consentir. Au bout de la piste, si vous y avez consenti, si nous y avons mis assez de désir et de ténacité, peut-être serons-nous tous, le narrateur à coup sûr, la lectrice, le lecteur peut-être, devenus sauvages ».

    F.-X. F.

  • L'Afrique atlantique ; des origines au siècle d'or (XVIIIe siècle)

    Jean-Michel Deveau

    • Karthala
    • 23 Septembre 2021

    Depuis quelques décennies historiens, archéologues, et anthropologues mettent au jour l'existence de brillantes civilisations sur l'ensemble de l'Afrique subsaharienne. Si l'histoire de ce continent, berceau de l'humanité, a longtemps été sous estimée voire niée, il est temps d'en reconnaître aujourd'hui toutes les richesses. Dans cet ouvrage, l'auteur présente la spécificité de la partie occidentale, bornée par l'Atlantique. Face à cet océan hostile, seuls les plus hardis ont osé s'aventurer sur de frêles pirogues monoxyles, limitant toute vocation maritime à cet occident africain.

    C'est donc le long des fleuves que se sont constitués, entre autres, les puissants empires du Niger et du Congo suzerains de royaumes vassaux dont l'histoire intérieure comme celle de la géopolitique suit une logique d'adaptation aux milieux naturels de la savane ou de la forêt dense. Les hommes y ont répondu en développant des systèmes agricoles et artisanaux qui permettaient des échanges interrégionaux prolongés jusqu'en Méditerranée grâce aux caravanes transsahariennes. Cet ensemble économique très élaboré était sous tendu par une organisation politique et sociale qui reposait sur des monarchies secondées par des administrations et des aristocraties tout à fait comparables aux systèmes européens. Devant la puissance de la nature, les religions et les philosophies développèrent des systèmes d'explication sous formes de mythes qui font toute la richesse d'une littérature orale que se sont transmis les griots.

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