Faits de société / Actualité

  • Stéphane Charbonnier, dit Charb, est mort assassiné dans l'attentat de Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015.
    Pour la première fois, sa mère prend la parole. Elle se souvient de l'enfant qu'il fut. Du dessinateur passionné, farouchement attaché à la liberté d'expression, qui le paya de sa vie.
    Denise Charbonnier raconte, « du dedans », ce mois de janvier 2015, les années qui ont suivi jusqu'au procès qui s'est tenu de septembre à décembre 2020. Elle ne cache pas sa colère contre les politiques qui n'ont pas pris la mesure du danger, ni contre la protection policière qui ne fut pas à la hauteur des menaces reçues.
    Le récit poignant d'une mère debout.

  • Au-delà de l'affaire de la chloroquine Nouv.

    Ne vous y trompez pas : ce livre, certes inspiré par l'affaire de la chloroquine, qui a valu au Pr Raoult des attaques d'une violence inouïe, va beaucoup plus loin dans la description des dérives de notre gestion sanitaire.
    On le sait, malgré un succès spectaculaire dans le traitement de la Covid-19 à l'IHU de Marseille et une innocuité prouvée depuis longtemps, la chloroquine a fini par être interdite au profit du Remdesivir, pourtant pas dénué de dangers, mais qui présentait un avantage certain : contrairement à sa concurrente, médicament générique donc pas cher, il n'était pas tombé dans le domaine public, et sa distribution internationale a permis au laboratoire qui le produit de réaliser des bénéfices astronomiques.
    Et ce n'est pas une exception ! Des centaines de vieux remèdes efficaces et sans réactions dommageables disparaissent en faveur de nouveaux produits qui n'ont pas toujours fait l'objet de tous les contrôles nécessaires.
    Ce livre dénonce dans le détail les procédés douteux qui assurent le « lancement » des nouveautés pharmaceutiques. Journalistes scientifiques achetés pour en faire la promotion, médecins « financés » pour les prescrire, médias « incités » à démolir un produit concurrent... Et, en matière de contrôle, des études parfois faussées par des liens d'intérêt (financiers, culturels ou relevant de toute autre dépendance), des essais cliniques imparfaits ou tronqués... Sans compter les responsables des instituts de recherche et de médecine, corrompus, eux, par leur ego ou leurs haines personnelles, qui distribuent leurs faveurs ou leurs condamnations comme des ukases sans appel.

  • Citoyens sous surveillance : la fin de la vie privée Nouv.

    Sociologue et philosophe majeur, Wolfgang Sofsky analysait il y a dix ans, dans son livre Verteidigung des Privaten : Eine Streitschrift, les pratiques de surveillance de notre époque, et plus encore les motivations de ceux qui les mettent en place. Il y voyait une menace réelle et immédiate contre la liberté des citoyens, y compris dans les démocraties qui semblent les plus solides.
    Ce qu'il décrivait comme des mesures d'anticipation il y a plus de dix ans, semblent devenues aujourd'hui une réalité. Dans cette nouvelle édition, où l'auteur a réécrit l'ensemble du premier chapitre et l'épilogue, il analyse brillamment les problèmes posés par la responsabilité individuelle et la surveillance collective dans une société envahie par la collecte de données que permettent les avancées technologiques. Dans un dernier chapitre, il s'interroge avec prudence sur la manière dont l'épidémie de covid a influé la surveillance exercée par l'État.

  • Vous ne connaissez pas les « nudges » ? C'est normal. Pourtant, ils sont partout. Telle la mouche au fond de l'urinoir, ces « coups de pouce pour aider à prendre la bonne décision » sont arrivés en France ces dernières années, en provenance des États-Unis. Leur théoricien, Richard Thaler, s'est vu décerner en 2017 le prix Nobel d'économie. L'État français en raffole et y forme ses élites. Emmanuel Macron a accéléré le recours à des cabinets de conseil privés chargés d'orienter nos comportements. À la faveur de la pandémie, le marketing a infiltré l'État. Masques « grand public », visuels de distanciation sociale et autorisations dérogatoires de déplacement, autant « d'incitations douces », de nudges, qui se sont imposés sans qu'on n'y prenne garde.

  • Quelle est la dimension culturelle des inégalités ? Les sociétés de culture et d'éducation de masse demeurent des sociétés de classes, traversées par des inégalités qui mettent davantage en jeu la distribution des ressources de la diversité et de l'altérité culturelle que celles de la culture savante. Une attention particulière est prêtée au cas français. Il part du constat d'une certaine atténuation de l'expression des clivages de classes dans les styles de vie et les attitudes culturelles. Ces évolutions relèvent davantage d'une recomposition que d'une disparition des clivages de classes et de leur expression symbolique. La première partie du livre met en évidence l'impact général de la distribution des ressources culturelles sur les inégalités. La deuxième partie aborde les conséquences sociales et culturelles du mouvement d'expansion scolaire observé un peu partout dans le monde au cours du XXe siècle. La troisième partie expose les caractéristiques de la recomposition contemporaine des frontières culturelles entre les classes sociales. La quatrième et dernière partie porte sur les prolongements politiques de cette recomposition.

  • La fabrique des émotions

    Louis Quéré

    • Puf
    • 8 Septembre 2021

    Notre manière d'interpréter les affects paraîtrait étrange à quelqu'un d'une autre époque ou d'une autre culture. L'accent est désormais mis sur leur caractère d'expériences subjectives, auxquelles les personnes sont censées avoir un accès privé, direct et privilégié. Cette interprétation est en partie due à la relocalisation des sentiments, à l'époque moderne, dans l'intériorité du moi. La première partie du livre examine les différents problèmes posés par ce tournant internaliste, rappelant que les concepts psychologiques ne sont pas des noms pour des expériences subjectives. Pour soustraire les émotions à cette interprétation, il propose de les reconduire à l'action et de les replacer dans leur environnement et leurs situations. Il redéfinit également leur dimension cognitive en évitant de l'intellectualiser.
    La seconde partie est consacrée aux émotions collectives. Après avoir évoqué leur explication par la psychologie des foules de la fin du XIXe siècle, et sa critique par Émile Durkheim, Louis Quéré présente et interroge différentes approches actuelles du phénomène en philosophie, en psychologie sociale et en théorie des organisations. Pour éviter leurs présupposés problématiques, il esquisse une explication inspirée de l'anthropologie des rituels de Marcel Mauss.

  • Sommes-nous condamnés à vivre dans des bulles et à déserter la réalité ? Fuite dans des mondes imaginaires, apologie de la vie domestique, explosion du marché du "bien-être" , bulles de filtres et pensée magique. Chaque jour, nous déployons un véritable arsenal de protections psychiques et physiques pour nous mettre à distance d'un monde qui nous oppresse : bienvenue dans la civilisation du cocon ! Un nouveau monde de l'entre-soi, sous perfusion de bien-être, en passe de nous transformer, petit à petit, en êtres hypersensibles et ne supportant plus le moindre frottement avec la réalité.
    Comment sommes-nous passés d'un idéal de la vie "intense" à celui d'un quotidien "subi" que nous préférons fuir, bien à l'abri derrière nos forteresses de coussins ? Et surtout, ces bulles sont-elles en train de remplacer, dans nos principales préoccupations, un safe-space commun qui semble aujourd'hui nous échapper : notre planète et celles et ceux qui l'habitent avec nous ? Ce livre invite à prendre conscience de ce repli généralisé et à éclater ces bulles de confort où l'on commence à suffoquer.

  • « Rien ne relève plus du rêve et de la poésie, rien n'est aussi radical, subversif et psychédélique que la mathématique... » Dans cet essai engagé, aussi drôle qu'instructif, Paul Lockhart se désole de la manière dont les mathématiques sont enseignées aux élèves et perçues par le grand public. Tout en dénonçant avec vigueur les manquements de l'école, cet amoureux des maths partage sa vision passionnée de cette « aventure de l'imagination ». Un livre savoureux qui nous fait (re)découvrir cette discipline joyeuse, exaltante et accessible à tous !

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  • Le seul antidote à la tentation barbare est l'humanisme régénéré que propose Edgar Morin. Le seul antidote aux aveuglements que produit la connaissance morcelée, compartimentée, réductrice, manichéenne est dans une connaissance et une pensée complexes. Les bienfaits de notre civilisation s'amenuisent. Ses carences - s'accroissent. Nous avons besoin à la fois d'une nouvelle civilisation politique et d'une politique de civilisation. Edgar Morin, sociologue et philosophe viscéralement en lutte, ausculte la civilisation contemporaine, dissèque les innervations de son dépérissement et défriche les voies de sa revitalisation.

  • À Cateura, un quartier pauvre d'Asunción, la capitale du Paraguay, enfants et adolescents n'ont que les déchets auxquels se raccrocher. Situé à quelques mètres d'une décharge à ciel ouvert, le bidonville n'offre à ses 25 000 habitants que misère, chômage et délinquance et comme unique perspective d'avenir, le recyclage.
    Lorsque Favio Chávez entreprend de donner des leçons de musique aux jeunes de Cateura, il se heurte rapidement à un obstacle : il ne dispose pas de suffisamment d'instruments pour ses élèves. La solution à ce problème est pourtant sous ses yeux. Aidé de Nicolás Gómez, menuisier et bricoleur de génie, il va créer des instruments à partir des déchets qui s'amoncellent dans la décharge. Naît alors l'Orchestre des instruments recyclés.
    /> Depuis 2006, l'orchestre se produit partout dans le monde. En 2015 est sorti le documentaire Landfill Harmonic.
    Hua Lin Xie relate avec poésie et émotion la naissance de cet orchestre qui témoigne du pouvoir de la musique, celui de sublimer l'existence !

  • Les premiers sociologues, parce qu'ils s'interrogeaient sur la société moderne, ont été conduits à étudier les phénomènes religieux, en particulier les changements que la modernité impliquait pour la religion. Le regard sociologique sur l'univers religieux n'a cessé depuis de se renouveler et de s'enrichir.
    En dressant un tableau des diverses approches depuis Weber et Durkheim jusqu'aux questionnements les plus contemporains sur la sécularisation, les intégrismes et progressismes, etc., Jean-Paul Willaime montre que les religions sont des faits sociaux dont l'analyse permet de mieux comprendre les sociétés et leurs évolutions.

  • L'empire des croyances

    Gérald Bronner

    Comment comprendre les métamorphoses et les formes actuelles de la croyance ?
    Pourquoi certaines croyances se diffusent-elles rapidement dans l'opinion publique et d'autres non ? Quels sont les contextes sociaux qui favorisent l'émergence des croyances ?
    Ce livre propose plusieurs réponses à partir de divers exemples décrivant les logiques qui sous-tendent nos adhésions cognitives et les phénomènes collectifs qui les favorisent. L'ouvrage théorise également l'idée que l'empire des croyances se distingue en grande partie de la déraison.

  • Ce livre rassemble deux textes essentiels de Stéphane Hessel : tout d'abord, son Engagez-vous ! , un entretien avec Gilles Vanderpooten réalisé en 2009, juste avant le succès international de Indignez-vous ! (Indigène éditions). Hessel y met l'accent sur le plus fédérateur des combats contemporains : celui pour l'environnement. L'entretien est suivi de deux courts dialogues, l'un entre Stéphane Hessel et le journaliste du Monde Nicolas Truong, qui nous révèle la passion de Hessel pour la philosophie.
    Enfin, Stéphane Hessel échange avec son ami Edgar Morin sur la politique. Les deux nonagénaires livrent ensemble leur vision de notre société contemporaine et nous appellent à continuer d'espérer... et à nous engager ! Un ensemble stimulant et rafraîchissant, à l'image de Stéphane Hessel.

  • Rassemblée pour la première fois dans cet ouvrage dirigé par Whitney Battle-Baptiste et Britt Rusert, la collection entière de ces images colorées, riches de sens et d'inventivité, est enfin à la portée des imaginaires contemporains. Ces représentations ont non seulement influencées la manière dont l'auteur des Âmes du peuple noir envisageait lui-même la sociologie, mais sont également riches d'instruction pour ce que l'on appellerait aujourd'hui « la représentation graphique de données statistiques » à savoir la traduction de l'information dans un format visuel qui favorise l'accessibilité et la transmission des données, et génère, par l'acte même de faire voir, de nouvelles tendances et connaissances. Les représentation visuelles conçues par W.E.B. Du Bois témoignent autant une véritable culture visuelle que d'une volonté de rendre les statistiques socio-scientifiques accessibles aux communautés et aux personnes auprès desquelles ces mêmes données sont collectées.

  • Des « Petits blancs » de banlieue aux cadres supérieurs des grandes villes, une panique identitaire se répand dans toutes les couches de la société, alimentée par la menace du déclassement. Sur leur dos, des PME de la colère recrutent, en se reconvertissant dans le coaching masculin, les sciences alternatives, les jeux vidéo ou le tuning... Les plus radicaux charpentent le « communautarisme blanc » de demain, au risque d'une sécession, déjà engagée.
    Avec un nouveau lifestyle et des codes culturels qui irriguent la société, cette « droite alternative » de plus en plus mainstream s'immisce désormais dans nos conversations, dans les familles, sur les réseaux sociaux, ... Le combat est-il déjà perdu ?

  • Une société démocratique doit traiter tous ses membres comme des égaux. Mais doit-elle admettre leurs différences pour permettre à leurs identités de s'exercer librement et de s'épanouir ? Jusqu'où peut-elle aller dans la reconnaissance de leurs spécificités ? Cette légitimation est-elle nécessaire à la dignité des individus ? Ces interrogations sont au coeur de la controverse sur le multiculturalisme.
    La réflexion historique et philosophique de Charles Taylor permet de mieux penser l'enjeu fondamental qu'est la demande de reconnaissance exprimée par tous les groupes - communautés religieuses, associations féministes, minorités culturelles, etc. - coexistant au sein d'un même État.
    Ce texte devenu classique pose une question cruciale : la démocratie, soucieuse de garantir les droits et le bien-être de ses citoyens, doit-elle privilégier une culture, celle qui la fonde, ou s'accommoder de toutes?

    Précédé d'un entretien inédit avec Michel Wieviorka. Commentaires d'Amy Gutmann, Steven C. Rockefeller, Michael Walzer et Susan Wolf.

  • Comment vivent les familles fortunées ou moins fortunées de ce que l'on appelle la grande bourgeoisie et l'aristocratie française ? Quels sont leurs réseaux de relations, leurs codes de reconnaissance et d'appartenance à ce milieu social ? L'originalité de l'ouvrage tient aux dix années d'enquêtes et d'entretiens dans cet « espace social ». C'est aussi une analyse du regard que ces familles portent sur elles-mêmes à travers les divers articles qu'elles suscitent dans les médias. Les auteurs expliquent la pratique des entretiens, l'observation, et l'écriture de cette enquête exemplaire.

  • Qu'est-ce que la richesse ? Peut-on être riche sans avoir beaucoup d'argent ? Quelles sont les différences entre le socialisme et le communisme ?
    Quelle valeur donner au travail ? Quel rapport entre éducation et richesse ? En quoi la richesse peut-elle être violente ?
    Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon abordent toutes ces questions - et bien d'autres - de façon extrêmement accessible, dans cet échange avec un adolescent avide de comprendre le monde qui nous entoure. Les deux chercheurs nous invitent à aller à la rencontre de l'essentiel de leur pensée et la restituent avec clarté et concision. Il en résulte un entretien original, exigeant, admirablement souligné par le trait incisif de Pascal Lemaître.

  • Devenir soi

    Jacques Attali

    • Pluriel
    • 30 Septembre 2015

    « Dans un monde aujourd'hui insupportable et qui, bientôt, le sera bien plus encore, il est temps pour chacun de se prendre en main, sans attendre indéfiniment des solutions miraculeuses. Il ne s'agit pas de résistance, ni de résilience. Mais de devenir soi.

    De Gandhi à Steve Jobs, de Bouddha à Picasso, ils sont nombreux, ceux qui se sont libérés des déterminismes et des idéologies, pour choisir leur destin et changer le monde.

    Aujourd'hui, mille trajectoires humaines, célèbres ou anonymes, donnent le signal d'une nouvelle Renaissance. Toutes incitent à réfléchir au chemin que chacun peut emprunter, pour choisir et réussir sa vie.
    Où que vous soyez, qui que vous soyez, agissez comme si rien ne vous était impossible.
    Ayez le courage d'agir. Prenez le pouvoir sur votre vie ! »

  • Un « moment » inédit dans l'histoire de l'Humanité, un « moment » tout aussi singulier dans l'histoire de leur propre humanité. Mais surtout un « moment » qu'ils auscultent, interprètent, et mettent en perspective d'un « après » empli de folles espérances et d'indicibles défis, un « après » dont les manifestations, le déroulement, l'issue encore inconnus dévoilent, dans ces pages, un « possible ». En dialogue avec Denis Lafay pendant la stricte période de réclusion, ces contributeurs extraient de leur expérience du confinement matière à penser, à imaginer, et déjà à façonner une « autre civilisation ». Quelle démocratie ? Quelle politique ?
    Quelle éthique ? Quel modèle économique ? Quel rapport au vivant ? Quel vivre-ensemble voudrons-nous « après », quelle planète pourrons-nous modeler ?

  • La crise sanitaire s'est abattue sur une planète déjà fragilisée par un système qui engendre des dégâts considérables sur l'environnement et accroît les inégalités. Ce livre identifie les dix défis, tous interdépendants, auxquels nous sommes désormais confrontés.
    Gérard Mermet propose des pistes d'action concrètes pour mettre en oeuvre un véritable changement de paradigme social, économique et environnemental.
    Il analyse nos atouts et handicaps et identifie les conditions indispensables à la réussite d'un Grand Pacte de Solidarité (GPS). Définissant les responsabilités de chacun pour y parvenir, il montre qu'un monde meilleur et durable est possible, si nous le désirons vraiment.

  • Et si l'économie sociale et solidaire était la meilleure des solutions pour faire face à la mondialisation de l'économie et au libéralisme débridé ? Donnant la priorité aux personnes plutôt qu'à la recherche du profit, celle-ci rassemble les entreprises qui cherchent à concilier activité économique et utilité sociale. Le progrès de ce secteur, qui propose de vraies avancées sociales, mérite qu'on lui accorde une grande attention et un soutien politique plus marqué.
    Ces entreprises adoptent des modes de gestion démocratiques et participatifs. Elles encadrent strictement l'utilisation des bénéfices qu'elles réalisent : le profit individuel est proscrit et les résultats réinvestis. Mais l'économie sociale et solidaire ne s'arrête pas là : elle favorise le commerce équitable et l'épargne solidaire, mais aussi les innovations sociales dans le champ de la protection de l'environnement et de la lutte contre l'exclusion, de la santé ou de l'égalité des chances.
    Pour analyser le développement de l'économie sociale et solidaire, Roland Berthilier s'appuie sur son expérience en tant que président de la MGEN. Car cette nouvelle voie économique semble aujourd'hui proposer les réponses les plus adaptées aux exigences, aux limites et aux errements d'une économie nationale et mondiale toujours plus voraces.

  • Les machines ressemblent à d'étranges créatures qui aspirent les matières premières, les digèrent et les recrachent sous forme de produit fini. Le processus de production automatisé simplifie les tâches des ouvriers qui n'assurent plus aucune fonction importante dans la production. Ils sont plutôt au service des machines. Nous avons perdu la valeur que nous devrions avoir en tant qu'êtres humains, et nous sommes devenus une prolongation des machines, leur appendice, leur serviteur. J'ai souvent pensé que la machine était mon seigneur et maître et que je devais lui peigner les cheveux, tel un esclave. Il fallait que je passe le peigne ni trop vite ni trop lentement. Je devais peigner soigneusement et méthodiquement, afin de ne casser aucun cheveu, et le peigne ne devait pas tomber. Si je ne faisais pas bien, j'étais élagué.
    Foxconn est le plus grand fabricant du monde dans le domaine de l'électronique. Ses villes-usines, qui font travailler plus d'un million de Chinois, produisent iPhone, Kindle et autres PlayStation pour Apple, Sony, Google, Microsoft, Amazon, etc. En 2010, elles ont été le théâtre d'une série de suicides d'ouvriers qui ont rendu publiques des conditions d'exploitation fondées sur une organisation militarisée de la production, une taylorisation extrême, l'absence totale de protection sociale et une surveillance despotique jusque dans les dortoirs où vivent les ouvriers.
    Ce livre propose quelques éléments d'analyse du système Foxconn à partir du portrait que fait la sociologue Jenny Chan d'une ouvrière qui a survécu à sa tentative de suicide en 2010. Complété par le témoignage de Yang, un étudiant et ouvrier de fabrication à Chongqing, il retrace également le parcours de Xu Lizhi, jeune travailleur migrant chinois à Shenzen, qui s'est suicidé en 2014 après avoir laissé des poèmes sur le travail à la chaîne, dans « L'atelier, là où ma jeunesse est restée en plan ».

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