Littérature traduite

  • Une Terre où la nature recouvre peu à peu ses droits sur la ville après la disparition de l'espèce humaine.
    Une architecture bunkerisée dédiée à la sécurité et au contrôle comme réponse à l'effondrement des Twin Towers. Des répliques d'immeubles allemands et japonais érigées dans le désert de l'Utah pour servir de laboratoire au dernier grand projet du New Deal : la destruction par le feu des villes ennemies. Dévastée par les bombes ou les stylos rouges des spéculateurs immobiliers, la Grande Ville capitaliste s'est révélée particulièrement apte à réaliser certaines prophéties catastrophistes.
    Dans ce livre, Mike Davis nous montre que, depuis son émergence, elle n'a cessé d'être associée dans l'esprit des hommes au spectre apocalyptique de sa propre destruction. S'inscrivant dans la tradition marxiste d'Ernst Bloch, il affirme que l'aliénation cognitive produite par la mise au ban de la nature dans l'expérience collective a suscité une angoisse constante tout au long du xxe siècle. Dans une veine à la fois mélancolique et optimiste (le système capitaliste n'est qu'un stade de l'histoire humaine appelé à être dépassé), Mike Davis invite donc à une nouvelle science urbaine qui s'appuierait sur la " dialectique ville-nature ".
    Celle-ci permettrait d'envisager la ville dans la totalité des interactions qu'elle entretient avec son " dehors naturel ", et de déjouer les limites actuelles des études urbaines. Cela passe ici par un travail spéculatif s'appuyant sur une hypothèse - la disparition de l'homme - et sur un extraordinaire corpus littéraire et scientifique, où les espèces végétales et animales dansent sur les cendres de nos villes mortes.
    ¦

  • L'aspect des villes reflète la grande peur cachée qu'ont leurs habitants de s'exposer. Dans leur esprit, « s'exposer » suggère davantage le risque d'être blessé que la chance d'être stimulé. La peur de l'« exposition » renvoie d'une certaine façon à une conception militarisée de la vie de tous les jours, comme si le modèle « attaque et défense » s'appliquait aussi bien à la vie subjective qu'à la guerre.
    Avec cet ouvrage, Richard Sennett retrace la naissance de cette crainte et comment s'est édifié le mur séparant la vie intérieure de la vie extérieure. La construction de ce mur s'explique en partie par notre histoire religieuse : le christianisme engagera la culture occidentale sur la voie de la séparation de l'expérience intérieure et de l'expérience extérieure. L'ombre de ce mur continue d'obscurcir la société laïque Un des traits caractéristiques de l'urbanisme moderne est qu'il dissimule derrière ses murs les différences qui existent entre les individus. Ainsi, les urbanistes n'ont créé dans nos villes que des espace « inoffensifs », insignifiants, des espaces qui dissipent la menace du contact social : miroirs sans tain des façades, autoroutes isolant les banlieues pauvres du reste de la cité, villes-dortoirs. Cette approche compulsive de l'environnement s'enracine, en partie, dans des malheurs anciens, dans la peur du plaisir, qui ont conduit les individus à traiter leur environnement de façon

  • L'expérience moderne atteste d'un vaste mouvement de réformes constitutionnelles entreprises dans toutes les régions du monde. Leur étude permet à Mme Khabrieva d'en saisir à la fois les caractéristiques propres, les conditions de possibilité et les limites - à la lumière notamment des positions de la Commission Européenne pour la démocratie par le droit, dite Commission de Venise -, et de proposer, par-delà cette diversité une réflexion théorique et personnelle sur la notion même de réforme constitutionnelle.

  • L'eau

    Marq De Villiers

    Indispensable et précieuse pour tous, l'eau est une ressource fort mal répartie.
    Aucune commune mesure entre les 59 m3 annuels à la disposition d'un habitant de gaza et les 630 000 m3 d'un islandais. bien sûr, de tout temps les hommes ont essayé de maîtriser l'eau : canalisations, aqueducs, puits, éoliennes, réservoirs, barrages. et aujourd'hui, devant l'urgence, les projets les plus fous se multiplient : convoyage d'icebergs du nord au sud, poche d'eau de la taille d'un zeppelin tirée par bateau.
    Sans oublier les usines de dessalement de plus en plus performantes ou les fleuves artificiels comme celui récemment créé en libye. alors que la terre va compter 9 milliards d'êtres humains au milieu du siècle, de nombreux pays d'afrique et d'asie vont prochainement rejoindre les régions qui souffrent de la rareté de l'eau. ainsi la chine et l'inde, qui utilisent plus d'eau que les etats-unis, l'union européenne, le japon et la russie réunis, seront bientôt en situation de " stress hydrique ".
    S'appuyant sur de nombreuses disciplines, l'auteur s'attache aussi à mettre en lumière les aspects géopolitiques des ressources hydrauliques. il suffit de voir à quel point la question de l'eau est maintenant au centre des négociations israélo-arabes ou des tensions entre la turquie et ses voisins. résultat d'une enquête menée à l'échelle mondiale, de rencontres avec les meilleurs experts, cet ouvrage milite pour une prise de conscience.
    L'ère des travaux pharaoniques est révolue, il s'agit de mettre en oeuvre une approche patrimoniale donnant la priorité à des solutions écologiques. l'alternative est simple : il faut soit utiliser moins d'eau et arrêter le gaspillage, soit en importer ou en "fabriquer". tel cet homme qui, il y a cent ans en crimée, recueillait et canalisait l'eau de la rosée !.

  • ? Contribution majeure au problème de la justice constitutionnelle alors naissante dans l'Europe de l'Entre-deux-guerres.
    ? Concepts fondamentaux de la pensée constitutionnelle.

  • Ce livre dessine les contours d'une sociologie de l'austérité susceptible de dévoiler les mécanismes économiques, politiques, culturels et sociaux globaux qui transforment, dans le domaine du travail, l'action publique et l'action individuelle. Inséparable de la sociologie des émotions, celle de l'austérité montre que, si la peur sociale - construction sociale collective - légitime la mise en place des mesures économiques d'exception, celles-ci sont plus à l'aise pour procéder à la déconstruction des droits sociaux. Le modèle économique et politique de l'austérité, qui constitue un « modèle d'attache », relie en permanence l'échelle systémique financière à celles des organisations et des acteurs ordinaires de la vie sociale, désormais placés face à une « politique de réquisition » et « d'appropriation » des biens. Du coup, l'austérité peut être vue comme un modèle économique et politique punitif, mettant en péril la cohésion sociale et la démocratie représentative, elle-même prisonnière des enjeux économiques globaux.
    Ces nouvelles modalités économiques et politiques sont observées à travers deux biais connexes : celui de la reconfiguration de mécanismes de reconnaissance et de redistribution des droits en accord avec les prémisses de l'agenda néolibéral, et celui de l'émergence d'une logique ancrée dans une sorte de « cristallisation » des institutions et des pratiques sociales sous-jacentes à une nouvelle configuration du pouvoir. Désormais méta-étatique, ce pouvoir indifférent à l'éthique se trouve à la base d'une « naturalisation » des inégalités sociales. Il renvoie à une nouvelle forme de domination méta-gouvernamentale : les institutions internationales déterminent et organisent les modes d'agencement entre les acteurs sociaux non élus de la « Troïka » et les acteurs élus démocratiquement aux commandes des gouvernements nationaux. Une progressive déstabilisation normative du droit du travail s'installe partout, créant les conditions de la permanence d'un droit du travail d'exception.

  • Traduction inédite d'un article de Raymond Saleilles, datant de 1895, sur les lois constitutionnelles de 1875, textes fondateurs de la IIIe République.
    Eclectique, Raymond Saleilles s'est distingué par son intérêt pour l'histoire et sa conviction de l'utilité de la méthode historique; il enseigne le droit comparé, le droit pénal et le droit civil, milite pour une évolution de la jurisprudence dans plusieurs domaines du droit civil: théorie de l'abus de droit, responsabilité pour risque et contrats d'adhésion, participe à la commission de révision du Code civil, fait connaître l'importance du droit allemand, prône pour la séparation de l'Eglise et de l'Etat etc.
    C'est dans ce cadre, qu'il rédige un article sur les lois constitutionnelles de 1875, paru dans les Annals of the American Academy of political and social Science.
    Il propose par ce texte une première explication universitaire systématisée des lois constitutionnelles de 1875 et expose une conception originale de la souveraineté nationale, réussissant à ne pas condamner explicitement le suffrage universel tout en le minorant.
    Cette traduction inédite permet d'illustrer le fait que Saleilles était alors considéré comme le leader des professeurs de droit public contestataires de la IIIe République, rappelle que la doctrine française avait une renommée internationale et restaure la pensée de Saleilles aujourd'hui répertorié par erreur exclusivement comme privatiste.

  • Quand Mikhaïl Gorbatchev lança sa politique de transparence et de réorganisation, la société soviétique entra en effervescence et, cinq ans plus tard, la face du monde avait changé.
    Aujourd'hui, il réclame la transparence et la réorganisation de tout ce qui touche à notre vie sur la planète. Evoquant son enfance dans la puissante nature du Caucase, il retrace son cheminement personnel, l'impact de Tchernobyl et la prise de conscience écologique qui lui fit créer l'association Green Cross. Face à la crise globale, il appelle à une refonte des valeurs et de la conscience collective, à une gigantesque perestroïka planétaire sans laquelle toutes les mesures seront vouées à l'échec.
    Mettant une expérience et une réflexion uniques au service de tous, il livre, pour la première fois dans ce manifeste, ses propositions pour que s'engage le combat de survie de notre planète.

  • Cet ouvrage est la traduction et l'adaptation francophone de La référence des ouvrages sur l'analyse économique des décisions publiques.

    Il en présente de manière synthétique et didactique les principales théories et les principaux résultats empiriques accumulés depuis soixante ans. Il couvre la plupart des champs de la discipline : les fondements de l'État, les règles de vote, le fédéralisme, la théorie des clubs, les systèmes électoraux, la recherche de rente, les cycles politico-économiques, la participation électorale, les théories de la bureaucratie, les interactions entre les performances macroéconomiques et la compétition politique, etc.

    La structure du livre et des chapitres permet une lecture linéaire de l'ouvrage ou bien son utilisation comme un dictionnaire des analyses des décisions publiques.
    />
    Ce livre s'adresse aux étudiants de niveaux L, M et D ainsi qu'aux professeurs et chercheurs en science politique, en science économique, en administration publique et en gestion publique. Il intéressera également les professionnels de la décision publique (administratifs, partis politiques, cabinets de lobbying, etc.) ainsi que tous ceux qui veulent approfondir leurs connaissances sur les processus de décision collective.

  • Cette monographie constitue le premier ouvrage qui rend compte des rapports entre la religion et l'ordre juridique au sein de l'Union européenne. Il analyse l'influence de la religion sur le droit et les limites exigées par l'Union européenne. Il dresse le tableau des principes laïcs et religieux de l'ordre public de l'Union européenne et examine comment ces principes discordants ont été réconciliés dans la réglementation européenne et la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne. Il évalue aussi l'interaction entre la législation nationale des États membres et les exigences européennes.

    L'approche de l'Union européenne est guidée par la recherche d'un équilibre entre le patrimoine religieux européen (en grande partie chrétien) et une forte tradition humaniste et laïque qui impose des limites à l'influence de la religion sur le droit et la politique. Pour atteindre un tel équilibre, l'Union européenne considère la religion comme une forme d'identité, individuelle et collective. Cette approche chrétienne-humaniste conforte le rôle culturel de la religion mais restreint son influence politique.

    Dans le contexte des changements historiques et sociologiques qui touchent actuellement la religion en Europe et des débats sur la laïcité, l'égalité et l'Islam, le présent ouvrage offre un éclairage sur la relation entre la religion et le droit européen dans une Europe qui change.

    Ce livre intéressera les praticiens, les enseignants et les chercheurs en droit européen, constitutionnel et des droits fondamentaux et en politiques européennes.

  • Droit, législation liberté est un classique des sciences sociales et politiques du XXe siècle. Il est considéré comme la " Bible " du libéralisme moderne et il est commenté, à ce titre, dans le monde entier. Fondé sur une épistémologie originale mettant l'accent sur le caractère limité et dispersé des connaissances humaines, il développe les notions d'" ordre spontané de société ", de " catallaxie " (économie d'échange) et de " démarchie " (terme équivalent à " démocratie libérale "). Ses trois parties traitent respectivement du droit, de l'économie et des institutions politiques. Précédemment paru aux PUF en tomes séparés, Droit, législation et liberté est édité ici pour la première fois (en langue française) en un volume unique.

  • Le manque d'espace au sol dans les grandes métropoles et villes à forte croissance ne doit pas toujours avoir pour conséquence la construction hâtive et aléatoire de bâtiments sans concept ni personnalité. Cette ouvrage montre certains des meilleurs exemples d'une architecture multi-résidentielle effective, allant de 8 à 2000 appartements. Solutions verticales ou horizontales, ces projets reflètent la préoccupation des architectes à créer des espaces viables, durables et répondant aux préoccupations tant techniques et logistiques qu'esthétiques.

  • Voici l'histoire extraordinaire de Bernardo Provenzano, arrêté le 11 avril 2006 par une brigade anti-mafia italienne dans une petite bergerie sur les hauteurs de Corleone, son village natal, après quarante-trois ans de cavale. Surnommé Le Tracteur, Le Comptable, Oncle Binnu ou encore L' Homme à la hache, Bernardo Provenzano devient le chef suprême de Cosa Nostra, une Mafia à genoux après le carnage d'une longue guerre avec l'Etat italien et l'arrestation, en 1993, de Toto Riina, indissociable de Provenzano. Bernardo Provenzano, " le sauveur de la Mafia ", est un redoutable tueur qui liquide sans l'ombre d'un état d'âme des centaines d'hommes. Un affairiste avisé et sans scrupules. Un homme appliqué qui, de ses cachettes, rédige tous les jours d'une écriture malhabile des dizaines d'instructions et de réponses à ses hommes de main sur de minuscules bouts de papier, les fameux pizzini. Un dangereux manipulateur qui tire des milliers de ficelles, attentif à s'attacher toutes les fidélités. Un mari attentionné dont l'épouse, reliée elle aussi par les pizzini, le soutient sans faillir à visage découvert et lui apporte même son linge. Un père soucieux de ne pas faire entrer ses deux fils dans Cosa Nostra. Agé aujourd'hui de 77 ans, condamné par contumace et douze fois à la réclusion criminelle à perpétuité, notamment pour avoir commandité les meurtres des juges anti-mafia Giovane Falcone et Paulo Borsellino en 1992, Bernardo Provenzano change constamment de prison de haute sécurité. Parce qu'il a encore tenté de communiquer avec l'extérieur par des messages codés, le juge des peines a récemment durci les conditions de son régime carcéral par le recours à l'article 41bis du code pénal italien spécialement conçu pour les chefs mafieux emprisonnés...

  • Une étude descriptive approfondie des règles relatives à la composition, à l'organisation et au fonctionnement de l'institution parlementaire.

empty