Complexe

  • La Guerre froide a été un conflit majeur du xxe siècle, mais qui demeure encore mal connu dès lors que l'on s'éloigne des grands tournants de l'histoire diplomatique et pies crises Est-Ouest qui ont fait les gros titres de l'actualité.
    Ce livre neuf et original étudie l'impact de cette confrontation sur une Superpuissance souvent délaissée par les'historiens, l'URSS, et s'interroge sur la façon dont la Guerre froide a marqué l'imaginaire de millions de Soviétiques. Ce conflit a ainsi donné lieu à une culture bien particulière, avec ses rêves et ses cauchemars, ses héros et ses anti-modèles, ses livres et ses films, ses pratiques et ses discours.
    Andreï Kozovoï revient sur une période méconnue, mais à ffiaints égards-cruciale, les années 1975-1985, l'avant-Gorbatchev. Exploitant de nombreuses archives inédites ainsi qu'un corpus de films oubliés, l'auteur décrit la culture de Guerre froide soviétique comme un ensemble de présences des États-Unis, l'" ennemi numéro un " pour les maîtres du Kremlin. Des présences non seulement dans la propagande officielle, mais aussi, plus globalement, au sein d'un vaste panorama de discours, de textes et d'images.
    Parti à la recherche de la genèse de ces présences, de leur diffusion et de leur réception, l'auteur pose la question de la représentation de l'Autre comme moteur de l'histoire. Il s'interroge aussi sur le poids des représentations dans la Russie d'aujourd'hui.

  • Destalinisation manquee annee 1956

    Muriel Blaive

    • Complexe
    • 2 Novembre 2004

    Le thème de ce livre peut sembler paradoxal.
    En effet, en cette fatidique année révolutionnaire antistalinienne pour la hongrie et la pologne, aucun événement palpable ne vient troubler la quiétude apparente de voisins immédiats - tchèques et slovaques - qui avaient pourtant connu la démocratie avant la seconde guerre mondiale.
    Mais c'est justement l'anatomie de cette " absence " qui retient ici l'attention. l'auteur replace d'abord la tchécoslovaquie dans le contexte de la déstalinisation de 1956.
    Elle présente ensuite les années 1950 dans l'historiographie et analyse les interprétations de 1956 en provenance des historiens occidentaux et tchèques. enfin, elle invoque le passé traumatique du pays (accords de munich, protectorat allemand, expulsion des allemands des sudètes après la guerre), l'influence des communistes sur la scène intellectuelle tchèque à partir de 1945, l'état des relations avec le voisin soviétique et le niveau de soutien dont a bénéficié le parti communiste au sein de la population comme facteurs expliquant l' " absence " de 1956.
    L'ouverture partielle des archives a permis de constater l'existence de décalages très importants entre les interprétations historiographiques de ces événements et certains aspects de la réalité mesurables par des documents officiels - nombre de personnes emprisonnées, politique d'information des membres du comité central, etc. - et ainsi de déconstruire un certain nombre de mythes présents dans l'histoire nationale tchèque.
    En replaçant l'histoire du communisme de ce pays dans un contexte à la fois plus lointain (dans le temps) et plus large (dans l'espace), muriel blaive montre que le parti communiste disposait de solides racines dans la société et que, à la différence de ses homologues polonais et hongrois, il ne s'opposait au nationalisme tchèque sur presque aucun plan. l'originalité du communisme tchèque - et la clef de son succès - se définit ainsi par sa compatibilité unique avec le nationalisme.

  • Que reste-t-il aujourd'hui de l'oeuvre de Mustafa Kemal Atatürk trois quarts de siècle après la fondation de la République laïque turque ? En raison de sa position géostratégique, la Turquie ne peut laisser l'Union européenne indifférente.
    La stabilité de son ancrage à l'Europe apparaît ainsi comme une donnée fondamentale de sa sécurité à long terme. Pourtant, certaines orientations récentes de la vie politique turque peuvent faire douter nombre d'observateurs de la vocation européenne proclamée par Atatürk. À l'aube du XXIe siècle, le kémalisme continue-t-il à marquer de son empreinte l'évolution de la République turque ? La laïcité, pilier essentiel de la construction politique de la Turquie moderne, est-elle sérieusement menacée par la progression de l'islam politique ? La demande pressante d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne peut-elle être considérée comme le couronnement de la politique d'européanisation initiée par Atatürk ? Voici un état, des lieux du système d'éducation, de l'orientation laïque de l'État turc et de la politique extérieure - particulièrement celle européenne - définie par les gouvernements successifs.

  • Travaillé par les régionalismes et soumis à maintes tensions ethniques entre groupes linguistiques et religieux.
    Le Pakistan, un demi-siècle après sa naissance, cherche encore son identité. A cesclivages intérieurs s'ajoutent les conflits aux frontières dupays, en Afghanistan et au Cachemire où le Pakistan s'oppose, par guérilla interposée, au rival indien, lui aussi détenteur déclaré de l'arme nucléaire depuis 1998. L'impératif économique - en particulier énergétique - et les pressions des Etats-Unis qu'inquiètent le soutien d'Islamabad aux Taliban et les risques de prolifération nucléaire amèneront-ils les deux pays à la modération ?

  • L egypte dans le siecle

    Collectif

    • Complexe
    • 16 Mars 2003

    C'est un siècle de vie égyptienne tourmenté et riche en événements qu'évoque la présente livraison d'Egypte/Monde arabe.
    Entre 1901 et 2000, l'Egypte a connu le sultanat, la monarchie, la révolution et le présidentialisme autoritaire ; des combats pour la liberté et pour la religion, d'autres - moins nombreux mais tout aussi acharnés - pour la laïcité et le libéralisme. Ce siècle fut aussi fait de guerres : la guerre perdue de 1948, pour la Palestine, la défaite de 1967 contre Israël et, enfin, la victoire de 1973. A plusieurs reprises, les Egyptiens espérèrent maîtriser leur économie et réformer leur société ; à plusieurs reprises, ils tentèrent d'établir des régimes politiques stables, passant de la monarchie constitutionnelle au socialisme autoritaire puis à l'autoritarisme libéral ; à plusieurs reprises, la religion s'empara de la vie publique mais sans jamais parvenir à la brider.
    L'Egypte du siècle maintenant passé est traversée de courants d'idées, de débats et de vastes espérances. Elle a ses figures et ses hommes : le Journaliste, le Musicien, l'Officier libre, le Frère musulman, l'Intellectuel, Zaghloul, Farouk, Nasser, Sadate et bien d'autres. Certes, il est impossible de peindre, en quelque trois cents pages, le tableau foisonnant d'un siècle. Aussi, comme le jeu de l'oie de Golo qui figure en couverture, ce numéro est-il fait de vignettes juxtaposées dont le déroulement devrait parvenir, sinon à restituer le XXe siècle égyptien, du moins à donner une idée de son extraordinaire richesse.

  • Tableau de la France

    Jules Michelet

    • Complexe
    • 15 Janvier 1999

    Pour Jules Michelet (1798-1874), l'histoire de France commence avec la langue française.
    La nation apparaît comme une création de l'histoire, une transfiguration de la géographie : "Michelet construit son parcours en fonction d'alternances, d'antithèses, de différences : après l'âpre Bretagne, la mollesse de la Loire, après la fertile Aquitaine, le Languedoc aride et insalubre, puis la Provence élancée vers la mer alors que le Languedoc se replie vers l'intérieur... Il multiplie les antinomies : à l'opposition du centre et de la périphérie s'ajoute celle de la faiblesse économique du Midi et du développement du Nord, celle des frontières naturelles du pourtour occidental et des frontières humaines de l'Est et du Nord.
    Il dessine aussi des lignes de regroupement, des gradients selon le terme de J.-L. Piveteau : provinces frontières guerrières (Dauphiné, Franche-Comté, Lorraine, Ardennes) derrière lesquelles s'abrite une "zone vineuse" (Lyonnais, Bourgogne, Champagne). Par ce travail qui fait apparaître la structuration complexe de l'espace mêlant facteurs humains et physiques, Michelet se montre un vrai pionnier de la géographie humaine" (Paule Petitier).
    Le Tableau de Michelet est un voyage, un tour de France poétique et géographique.

  • Les palestiniens nlle edition 2003

    Picaudou. Nadin

    • Complexe
    • 16 Janvier 2003

    En dépit de ses incertitudes, un processus de règlement politique est engagé depuis 1993 entre Israéliens et Palestiniens.
    Si ce rapprochement ne constitue certes pas une garantie absolue de paix, il n'en marque pas moins un tournant radical qui invite aux bilans. Des premières inquiétudes des notables et des paysans arabes face à l'installation des immigrants juifs au cours des dernières décennies du XIXe siècle, jusqu'à la difficile naissance d'une autonomie palestinienne dans les enclaves territoriales de Cisjordanie et de Gaza, voici l'histoire du drame inachevé de la Palestine.
    Un siècle d'histoire au cours duquel s'affirme une conscience nationale à travers les aléas d'un mouvement né dans la Palestine du mandat britannique, sous la direction des notables traditionnels de la communauté, avant de renaître de l'exode de 1948 autour d'une nouvelle génération de nationalistes issus de la diaspora. L'auteur analyse sans complaisance l'histoire de ce mouvement construit dans un face à face singulier avec le sionisme.
    Si elle montre que le nationalisme palestinien s'insère dans le courant plus vaste de l'arabisme, au risque de cautionner les manipulations arabes de la cause de la Palestine, elle rappelle que les faiblesses politiques de ce mouvement ne sauraient faire oublier son apport historique majeur : l'affirmation d'une nation à la quête d'un État.

  • F.b.i, histoire d'un empire

    Berlioz-Curlet.

    • Complexe
    • 2 Août 2005

    FBI.
    Trois lettres qui sonnent fort et qui symbolisent les valeurs policières universelles de Fidélité, Bravoure et Intégrité. Les films d'action et les séries télévisées nous montrent souvent des agents fédéraux combattre avec courage et conviction le mal qui gangrène la société moderne. Mais ces trois lettres sont également omniprésentes dans les rubriques de la presse écrite et parlée. Il n'est pas un crime.
    Un délit du catalogue des infractions pénales sur le territoire national américain qui échappe à la compétence juridictionnelle du FBI : Watergate. destruction du Vol 800 de la TWA, bombe à Oklahoma City. secte de Waco, ou encore cybercriminalité, terrorisme. drogue. trafics en tous genres. contre-espionnage. personnes disparues, meurtres en série... Mais quelle est-elle, cette agence fédérale américaine ? Qui sont ces policiers dont la célébrité a franchi les frontières des Etats-Unis ? Leur recrutement et leur formation à l'Académie de Quantico en font-ils des policiers aguerris pour lutter contre les maux de notre temps.
    Ou des agents " formatés " pour accomplir des missions particulières ordonnées par l'administration centrale ? Sont-ils tout cela à la fois ? Comment le Federal Bureau of Investigation a-t-il évolué depuis sa création en 1908. et comment a-t-il pris une telle ampleur qu'on le compare sans hésiter à un véritable empire policier ? Quelle est cette organisation qui quelquefois défie même le pouvoir politique pour lequel elle agit ? Vers quel futur s'achemine-t-elle dans une société au devenir si incertain ? Présenté sous forme d'une évolution historique émaillée de faits et d'anecdotes dépeignant l'ambiance de la police fédérale américaine.
    Cet ouvrage étudie la façon dont un modeste service fédéral est devenu une machine policière gigantesque et complexe, qui étend son autorité sur la société civile et politique. aux Etats-Unis comme à l'étranger. Cet ouvrage est une analyse sans concession des faits qui ont ponctué la constitution et la croissance de la célèbre agence. On y rencontrera les histoires extraordinaires de ces hommes de l'ombre sur la piste des fameux gangs des années vingt ou des cagoules blanches du KKK.
    On y verra aussi ces agents spéciaux, aux ordres de l'administration et d'un chef tyrannique. pourchasser l'antiaméricanisme. la contestation sociale ou les réfractaires à l'uniforme. Enfin. on pénétrera dans les voies de la science. de la réflexion humaine et de l'intelligence artificielle. afin d'y découvrir les instruments modernes que se donne le Bureau pour lutter contre la criminalité.

  • À travers cette affaire, Des nègres et des juges met en lumière le rôle de la violence dans la société coloniale, la mainmise des colons sur la justice locale, mais aussi la capacité des esclaves à s'organiser pour exprimer leur révolte.
    « J'ai l'honneur de vous exposer que le huit de ce mois à huit heures du matin, douze nègres des habitations de Spoutourne, situées commune de la Trinité, appartenant à madame veuve Dubuc Saint-Prix Belfond, gérées par un sieur Vermeil, vinrent porter plainte contre lui, à raison de mauvais traitements qu'il leur faisait éprouver. » Ainsi débute la lettre envoyée, le 16 février 1831, par Alexandre Belletête, juge de paix du canton de la Trinité au procureur général de la Martinique. Ce jour-là commence l'« affaire Spoutourne ».
    Pendant plus de trois ans, elle met aux prises les divers acteurs de la société coloniale : esclaves en lutte contre la violence des maîtres, colons prêts à tout pour sauvegarder leurs intérêts, administrateurs souvent attentistes et aussi - nouveaux protagonistes sur la scène coloniale - de jeunes juges métropolitains dont le zèle intempestif vient perturber le système esclavagiste.
    À travers cette affaire, Des nègres et des juges met en lumière le rôle de la violence dans la société coloniale, la mainmise des colons sur la justice locale, mais aussi la capacité des esclaves à s'organiser pour exprimer leur révolte. Caroline Oudin-Bastide donne à lire ce scandale esclavagiste à travers de multiples documents - archives manuscrites et sources imprimées - qui font de ce livre une histoire prise sur le vif.

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