La Decouverte

  • Révolution : une histoire culturelle

    Enzo Traverso

    • La decouverte
    • 3 Mars 2022

    Les révolutions ne se prêtent pas aux récits linéaires. Elles sont de véritables séismes qui, en renversant l'ordre établi, renouvellent les horizons d'attente et font advenir des idées, des imaginaires et des canons esthétiques nouveaux.
    Pour en mesurer les forces et les puissances de transformation, mais aussi les tensions et les contradictions, Enzo Traverso compose une constellation d'« images dialectiques », où se télescopent les « locomotives de l'histoire » de Marx et le « frein d'urgence » de Walter Benjamin, les corps sexuellement libérés d'Alexandra Kollontaï et les corps disciplinés pour bâtir la « société nouvelle », la création d'images et de symboles (la barricade, le drapeau rouge, les chansons et rituels...) et la furie iconoclaste.
    Au croisement de l'histoire intellectuelle, de l'histoire visuelle et de la théorie politique, ce livre montre que l'idée de révolution offre une clé d'intelligibilité de la modernité, jusqu'à notre présent, où elle continue d'informer souterrainement notre rapport au futur et au possible.

    « Pour celles et ceux qui aspirent à façonner un autre ordre des choses, le récit d'Enzo Traverso est essentiel. Pour celles et ceux qui veulent réfléchir à ce qui anime les révolutions ou en fait des naufrages, cet ouvrage rare parcourt le globe et les bibliothèques, s'intéressant à Phnom Penh et La Havane, et pas seulement à Paris et Moscou, et pensant avec Weber, Arendt, Fanon et Constant, et pas seulement avec Trotski, Lénine et Mao. » Wendy Brown, professeure de sciences politiques àl'université de Berkeley.

  • Eurafrique Nouv.

    Eurafrique

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    • La decouverte
    • 19 Mai 2022

    Alors que l'Europe, jadis triomphante, se trouve ravagée, appauvrie et divisée au sortir de la Première Guerre mondiale, un concept prometteur se diffuse dans les milieux dirigeants et intellectuels du Vieux Continent : l'Eurafrique !
    Faire du continent africain le ferment de l'unité européenne : tel est le projet de Richard Coudenhove-Kalergi, chantre du mouvement paneuropéen, et de nombre de ses contemporains dans l'entre-deux-guerres. Le salut de l'Europe, affirment-ils, repose sur sa capacité à exploiter en commun les richesses des colonies africaines. Rivalisant avec la puissance montante des continents américain et asiatique, l'Eurafrique deviendra ainsi le pôle dominant de la géopolitique mondiale.
    Le projet eurafricain, un temps caressé par les régimes fascistes, renaît de ses cendres après 1945 et inspire les « fondateurs » de l'Europe : Jean Monnet, Robert Schuman, Paul Henri Spaak, Konrad Adenauer. La France, principale puissance coloniale d'Europe continentale, joue alors un rôle essentiel. Malmené en Indochine puis en Algérie, Paris s'accroche à ses possessions africaines et fait de leur inclusion dans le marché commun européen une condition sine qua non à sa participation à la construction européenne.
    C'est ce dossier qu'ouvrent Peo Hansen et Stefan Jonsson. Proposant une analyse inédite des négociations qui aboutiront à la signature du traité de Rome en 1957, ils dévoilent un pan méconnu de l'histoire de l'Union européenne : ses origines coloniales.

  • À la fois concis et ambitieux, ce livre retrace l'histoire de la lutte des Noirs américains pour l'égalité et la citoyenneté dans les années 1950 et 1960. S'émancipant d'une histoire focalisée sur les figures iconiques comme Rosa Parks ou Martin Luther King, Thomas Holt propose une histoire from below (« par en bas ») qui met les anonymes au centre de la narration pour mieux restituer les logiques profondes du « Mouvement ».
    Symboliquement, l'auteur débute son récit en 1944 par le geste de sa propre grand-mère Carrie s'asseyant à l'avant d'un bus, espace réservé aux Blancs. Loin d'en faire une héroïne, l'auteur rappelle qu'il y eut de nombreux actes de rébellion semblables. Ces multiples actions individuelles, souligne-t-il, permirent l'émergence du Mouvement des droits civiques qui allait s'épanouir au cours de la décennie suivante.
    À côté d'un récit précis des faits majeurs, Thomas Holt montre donc que la résistance a été animée avant tout par des citoyens ordinaires, souvent des femmes, ouvrant la voie aux mouvements féministes de l'après-Seconde Guerre mondiale. Cet ouvrage constitue un apport précieux à l'étude des résistances à l'oppression raciale et une boussole pour penser notre présent et envisager l'avenir.

  • Martin Luther King, Malcolm X, Rosa Parks. Dans la mémoire collective, ces trois noms résument trop souvent à eux seuls le long combat des Noirs américains pour l'égalité, la justice et la dignité. Au-delà du récit convenu centré sur ces grandes figures héroïques, Black America retrace la lutte des Afro-Américains, depuis l'émancipation des esclaves en 1865 jusqu'à nos jours, en redonnant toute leur place aux acteurs - et aux actrices - anonymes mais essentiels de cette histoire inachevée.
    Proposant une analyse globale des mouvements de revendications noirs, l'auteure décrit avec talent la longue sortie de la ségrégation dans l'ancien Sud esclavagiste et les luttes radicales engagées par les Noirs pour y mettre un terme. Mais elle raconte aussi une histoire moins connue : celle de l'« apartheid américain » dans le Nord et l'Ouest et des mobilisations quotidiennes des Afro-Américains pour l'amélioration de leurs conditions de vie.
    Alors que l'élection de Barack Obama en 2008 à la Maison-Blanche semblait annoncer l'avènement d'une Amérique post-raciale, le mouvement Black Lives Matter, né en réaction aux violences policières dont les Noirs sont victimes, rappelle que le problème des discriminations et des inégalités raciales reste entier.
    Grâce à des recherches originales dans les archives, à une analyse minutieuse de la presse afro-américaine et à un suivi précis des recherches les plus récentes sur ces sujets, l'auteure offre avec Black America une grande fresque appelée à devenir une référence incontournable sur cette question essentielle de l'histoire des États-Unis. 

  • Pour lutter contre les stéréotypes racistes qui perdurent à l'égard des femmes et des hommes noirs dans la société française, il faut revenir à leurs origines. De la fin du XVIIIe siècle jusqu'au milieu du XXe, la littérature médicale a élevé au rang de vérité scientifique les préjugés raciaux sur les corps noirs : infériorité intellectuelle, résistance physique, prédominance des émotions ou encore hypersexualité.
    L'ouvrage de Delphine Peiretti-Courtis constitue une première enquête approfondie sur la façon dont fut traitée cette question dans les écrits spécialisés de la période : dictionnaires et traités médicaux, monographies sur les races humaines, rapports de missions coloniales. Elle documente ainsi l'apparition dans les sciences médicales françaises des théories raciales appliquées aux populations africaines, puis leur développement avant leur déclin. Elle éclaire les processus de racialisation du corps, du genre et de la sexualité des peuples d'Afrique. Dans une société où la science se substitue progressivement à la religion comme source du savoir, le schéma racialiste élaboré par les savants est ensuite conforté par le pouvoir politique pour servir le projet colonial : le corps devient un outil de la colonisation.
    En mettant en lumière les mécanismes de formation des stéréotypes ainsi que leur contestation progressive, cet ouvrage permet de comprendre comment les préjugés sont devenus des « savoirs » scientifiques, ancrés durablement dans les esprits, même après leur invalidation complète.

  • On appelle généralement « sécularisation » le phénomène qui aurait vu les sociétés occidentales sortir du règne de l'hétéronomie et entrer dans l'ère de l'histoire et de l'autonomie. Dès lors les humains, guidés par la Raison, auraient construit un monde libéré des croyances et des superstitions.
    C'est une tout autre histoire que raconte ce livre, une histoire dans laquelle la proclamation d'un monde sans Dieu est le fruit d'une « impérialité » hantant l'Europe et ses colonies depuis l'échec de la réunification de l'Empire chrétien par Charles Quint - un monde impérial qui s'annonce, dès la fin du XVIIIe siècle, comme le seul ayant dépassé les religions et ainsi capable de les réconcilier. Mais cette affirmation n'est possible qu'au prix de la racialisation de l'islam et de sa réduction à un universalisme concurrent, insécularisable et irrémédiablement « fanatique », ouvrant ainsi la voie à l'expansion européenne vers l'Afrique et l'Asie.
    Outre la dimension raciale de la sécularisation, ce livre en met au jour une seconde, écologique celle-là. En l'absence d'un Royaume de l'au-delà, la Terre devient le seul monde « sacré », et l'exploitation de ses sols et sous-sols la source unique de la légitimité de l'Empire. Aiguisée par les rivalités interimpériales (entre la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne), la ruée sur les biens terrestres s'est peu à peu muée en destruction de l'écosystème global. Ainsi pouvons-nous faire remonter la crise climatique à ce surgissement impérial-séculier et qualifier l'ère qu'il a ouverte de « Sécularocène ». C'est la critique du Ciel qui a bouleversé la Terre.

  • Archéologie du judaïsme en France

    Paul Salmona

    • La decouverte
    • 12 Mai 2021

    Synagogues, bains rituels, rues, cimetières, graffitis, parchemins..., depuis le XIXe siècle, les archéologues exhument des traces matérielles du judaïsme en France, mais c'est le développement de l'archéologie préventive qui, dans les années 1990, a permis de mettre au jour une série de nouveaux sites.
    Ces vestiges éclairent la présence juive durant l'Antiquité, complètent les rares informations sur le premier Moyen Âge, enrichissent la connaissance des innombrables juiveries médiévales que comptait le royaume avant les expulsions des XIIe, XIVe et XVIe siècles, illustrent les communautés « résilientes » (Alsace, Avignon, Comtat Venaissin) ou se reconstituant au XVIe siècle (côte aquitaine, Lorraine), et apportent des données originales sur les juifs de France, de l'Émancipation en 1791 à l'époque actuelle.
    Retraçant les prémices et le développement de l'archéologie juive en France, cet ouvrage dresse un état des connaissances en s'appuyant également sur les archives textuelles, l'épigraphie, la topographie urbaine, la toponymie, le patrimoine bâti et l'art, pour restituer sa place dans l'histoire de France à une communauté très ancienne. Ainsi la présence juive se dévoile-t-elle, de découverte en découverte, contribuant à donner une visibilité à ce « point aveugle » du récit national.

  • Dans l'amas des archives de la principale institution chargée de l'histoire et de la mémoire du génocide au Rwanda, plusieurs liasses de fragiles petits cahiers d'écoliers renfermaient dans le silence de la poussière accumulée les récits d'une centaine d'enfants survivants.
    Rédigés en 2006 à l'initiative d'une association rwandaise de rescapés, dans une perspective testimoniale et de catharsis psychologique, ces témoignages d'enfants devenus entre-temps des jeunes hommes et des jeunes femmes, racontent en trois scansions chronologiques souvent subverties ce que fut leur expérience du génocide, de la « vie d'avant » puis de la « vie d'après ». Leurs mots, le cruel réalisme des scènes décrites, la puissance des affects exprimés, livrent à l'historien une entrée incomparable dans les subjectivités survivantes et permettent, aussi, d'investir le discours et la gestuelle meurtrière de ceux qui éradiquèrent à jamais leur monde de l'enfance.
    Le livre tente une écriture de l'histoire du génocide des Tutsi à hauteur d'enfant. Il donne à voir et à entendre l'expression singulière d'une expérience collective, au plus près des mots des enfants, au plus près du grain de la source. Tentative historiographique qui est aussi une mise à l'épreuve affective et morale pour l'historienne face à une source saturée de violence et de douleur. Loin des postulats abstraits sur l'« indicible », le livre propose une réflexion sur les conditions rendant audibles les récits terribles d'une telle expérience de déréliction au crépuscule de notre tragique XXe siècle.

  • Le siècle juif

    Yuri Slezkine

    • La decouverte
    • 8 Octobre 2009

    " L'Age moderne est l'Age des Juifs, et le XXe siècle est le Siècle des Juifs. La modernité signifie que chacun d'entre nous devient urbain, mobile, éduqué, professionnellement flexible. [...] En d'autres termes, la modernité, c'est le fait que nous sommes tous devenus juifs. " Yuri Slezkine montre qu'il existe, dans la plupart des civilisations traditionnelles, une opposition structurale entre une majorité de paysans et guerriers " apolliniens " et une minorité de " mercuriens ", " nomades fonctionnels " vulnérables et persécutés. Tout comme les Chinois d'outre-mer en Asie, les Parsis et les Jains dans le sous-continent indien, les Juifs sont les dignes descendants de Mercure, " le patron des passeurs de frontières et des intermédiaires ; le protecteur des individus qui vivent de leur agilité d'esprit, de leurs talents et de leur art " et dont le succès leur attirent une jalousie parfois mortelle. Avec le XXe siècle, le capitalisme " ouvre les carrières aux talents ", tandis que le nationalisme transforme tous les peuples en " peuple élu " convaincu de son destin singulier. Les Juifs deviennent les modernes par excellence. Et, de fait, leurs grandes " Terres promises " au XXe siècle furent bien l'Amérique capitaliste et libérale et Israël, " le plus excentrique des nationalismes ". Mais on oublie souvent que la Russie soviétique fut le grand réservoir d'utopie et de promotion sociale pour les Juifs. Mobilisant la démographie et la sociologie autant que la littérature, l'auteur montre que les Juifs jouèrent un rôle absolument central dans l'édification de l'URSS, avant que la machine stalinienne ne se retourne contre eux. Méditation sur le destin du peuple juif, pour lequel le XXe siècle fut tout à la fois une apothéose et une tragédie, ce livre propose une réflexion inédite et profonde sur la modernité, le nationalisme, le socialisme et le libéralisme.

  • On ne compte plus les livres consacrés aux différentes manifestations de l'Islam politique. Bien plus rares sont les études dédiées aux appareils de sécurité et de répression, dont le poids est pourtant exorbitant dans le monde arabe.
    Cet ouvrage, qui fera date, répond à ce besoin de compréhension de telles structures de l'ombre, désignées sous le terme d'« État profond ». Il en éclaire le processus de construction historique, à la faveur du détournement des indépendances arabes par des cliques putschistes. Il en décrit les formidables ressorts économiques, depuis l'accaparement des ressources nationales jusqu'au recyclage de rentes stratégiques, notamment pétrolières.
    Les « guerres globales contre la terreur » de ce début de siècle ont représenté une aubaine multiforme pour ces différents régimes confrontés aux revendications démocratiques de leurs sociétés. Ils s'en nourrissent tant et si bien, aujourd'hui comme hier, que la menace jihadiste, loin de décliner, ne fait que proliférer.
    Un paradoxe très lourd de conséquences pour la sécurité du monde. Car les sociétés arabes ne connaissent pas seulement des guerres meurtrières en Syrie, en Irak, en Libye ou au Yémen. Elles vivent aussi à l'heure d'une véritable contre-révolution, dont Jean-Pierre Filiu brosse la première fresque d'ensemble en mobilisant son expérience intime d'une réalité largement méconnue. Il nous explique comment la transition tunisienne demeure une exception dans une région où généraux, gangsters et jihadistes s'allient volontiers pour enterrer toute espérance démocratique.

  • Histoire de la Tunisie depuis l'Indépendance

    Eric Gobe

    • La decouverte
    • 27 Août 2015

    Au début de 2011, en chassant du pouvoir un dictateur vieillissant, la Tunisie a été propulsée sur la scène médiatique internationale. Initiateur des « printemps arabes », ce petit pays donnait pourtant l'image d'un régime stable, certes dirigé par un despote, mais ouvert sur l'Occident. Cependant, la question de la succession du président Ben Ali amenait certains auteurs à s'interroger sur la durabilité d'un pouvoir largement fondé sur la coercition.
    Ce livre apporte des clés pour comprendre la manière dont le régime autoritaire tunisien s'est construit, puis pérennisé, et a été remis en cause. Si le système politique instauré par le président Bourguiba (1956-1987) était sous-tendu par un projet de société modernisateur, celui du président Ben Ali (1987-2011) visait à transformer le pouvoir en un instrument d'accumulation de richesses économiques au profit d'un clan familial. La rupture introduite par la « révolution » de 2011 a ouvert la voie à un nouveau cycle politique.

  • Histoire de l'urss

    Sabine Dullin

    • La decouverte
    • 8 Janvier 2009

    Comment l'union des républiques socialistes soviétiques est-elle née ? comment comprendre qu'un etat qui se proclamait le défenseur des classes opprimées ait pu mener une véritable guerre contre son peuple ? quel était le degré d'interventionnisme d'un dirigeant comme staline ? quels rapports les soviétiques ont-ils entretenu avec le pouvoir ? quels sont les liens entre la construction du totalitarisme à l'intérieur et la construction d'une puissance à l'extérieur ? quelle a été la part soviétique dans le déclenchement et l'entretien de la guerre froide ? quelles sont les origines de la perestroïka ? comment l'urss s'est-elle désintégrée ?.

  • La Russie postsoviétique

    Françoise Daucé

    • La decouverte
    • 20 Novembre 2008

    De la démission de m.
    Gorbatchev en 1991 à l'installation durable de v. poutine au pouvoir en 2000 en passant par l'instabilité des années eltsine, la russie a connu des ruptures politiques importantes et parfois brutales. elle a aussi vécu des transformations progressives, marquées par l'ouverture sur le monde extérieur, l'instauration de nouvelles règles économiques et la mutation des comportements au sein de la société.
    La russie n'est plus l'urss, elle n'est pas non plus la démocratie libérale qu'espéraient les réformateurs du début des années 1990. les responsables russes actuels évoquent la "démocratie souveraine" pour justifier la spécificité de la voie qu'ils ont choisie. en réponse, les citoyens, dans leur majorité, refusent la polémique politique pour garantir la stabilité de leur vie quotidienne et consommer les fruits d'une croissance inespérée, apportée par les ressources énergétiques du pays.
    Cet ouvrage apporte des éclairages tant factuels que théoriques sur l'ensemble des évolutions engagées depuis 1991 pour mieux comprendre la russie d'aujourd'hui.

  • Histoire de la Turquie contemporaine

    Hamit Bozarslan

    • La decouverte
    • 8 Mars 2007

    La Turquie envoie des signaux contradictoires à l'Europe. Candidate depuis plusieurs années à l'adhésion à l'Union européenne, elle est dirigée par un gouvernement réputé « islamiste modéré ». Elle dispose de structures formellement démocratiques, mais ses politiques intérieure et extérieure sont décidées par un Conseil national de sécurité composé pour l'essentiel de militaires. Ouverte sur le monde, et plus particulièrement sur l'Europe, elle ne s'enferme pas moins dans un syndrome de « forteresse assiégée », dont la « sécurité nationale » serait menacée aussi bien par les ennemis extérieurs qu'intérieurs. Ce livre apporte des clefs pour comprendre cette situation, en suivant l'évolution de ce pays tout au long du XXe siècle. En proposant une information fiable et une lecture synthétique de l'histoire récente de la Turquie, il permettra aux Français de mieux connaître et comprendre les enjeux et la signification de la volonté de la Turquie de rejoindre l'Union européenne.

  • Atlas des peuples d'Europe occidentale

    André Sellier

    • La decouverte
    • 10 Novembre 2011

    Alors que l'Union européenne s'élargit, l'affirmation des identités nationales ne faiblit pas. En réalité, c'est la substance même de l'histoire de l'Europe qui continue de se manifester : elle a toujours résulté de tensions et de compromis entre des constructions politiques ambitieuses (à commencer par l'empire de Charlemagne...) et l'irréductible diversité culturelle des populations concernées.

  • Espagne

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    • La decouverte
    • 4 Mai 2017

    Le plus souvent, l'Espagne du XXIe siècle surprend et séduit les observateurs étrangers, quand elle ne les irrite pas dans ses aspects les plus provocateurs. Cette nouvelle Espagne s'est-elle totalement libérée de ses carcans - très forte emprise du catholicisme, culture de l'autoritarisme - et de ses tensions traditionnelles, notamment entre réformistes et conservateurs ? En quelles valeurs croit-elle ? De quelles passions, de quels espoirs est-elle aujourd'hui porteuse ?
    Si l'« histoire longue » vient en expliquer certains traits, cet ouvrage aborde l'Espagne la plus actuelle sous les angles politique, économique, social et créatif, sous une forme à la fois vivante, précise et synthétique. Bienveillant et critique, il invite le lecteur à redécouvrir ce grands pays européen, trop longtemps perçu à travers le prisme de clichés réducteurs, qui n'a pas fini d'étonner son monde.

  • Indonésie ; histoire, société, culture

    Solenn Honorine

    • La decouverte
    • 3 Janvier 2013

    Une nature étrange et généreuse, des cultures singulières, des peuples à l'esthétique fascinante : l'immense archipel indonésien forme toujours un monde en soi. Islamisé, colonisé par les Hollandais, il a filtré, intégré ces influences. Ailleurs, islam et animisme, modernité politique et traditions s'excluraient sans doute ; en Indonésie, ils cohabitent harmonieusement.
    L'Indonésie a beau se vanter d'être la troisième démocratie au monde, elle connaît toujours une corruption endémique. Et plus d'une décennie après la reformasi, le pays traîne toujours un lourd héritage de la dictature : si les règles du jeu ont changé, les acteurs principaux sont souvent les mêmes.
    À la croisée des chemins, l'Indonésie hésite entre le dynamisme de l'Asie et la langueur de l'Océanie, entre démocratie et oligarchie, entre un boom qui fait exploser sa classe moyenne et des pesanteurs qui la tirent vers le bas, entre les séductions de l'allié occidental et l'ancrage moral musulman. Pourtant, elle reste unique par ce génie qui lui a permis de rester elle-même et de faire de sa diversité un atout.

  • Archéologie de l'esclavage colonial

    Collectif

    • La decouverte
    • 28 Mai 2014

    En étudiant la culture matérielle des esclaves, l'archéologie - et en particulier, depuis une vingtaine d'années, l'archéologie préventive - contribue de façon décisive aux recherches sur l'esclavage colonial. La traite, l'habitat, la vie quotidienne, le marronnage ou les pratiques funéraires bénéficient ainsi d'une documentation nouvelle, dont cet ouvrage collectif international rend compte grâce aux contributions des meilleurs spécialistes.

  • Le XXe siècle a porté à son apogée la classe ouvrière en France. Les vagues de grèves qu'elle conduit et les organisations syndicales ou politiques qu'elle rejoint suscitent à la fois espoir et effroi, devant l'idée que les ouvriers puissent bouleverser radicalement l'ordre social.
    Ce double sentiment s'est exprimé dans une multitude d'écrits. L'État par le truchement de la police ou des inspecteurs du travail, le patronat, les organisations catholiques, les sociologues, sans parler des lettrés qui choisirent de se faire ouvriers plus ou moins longtemps dès l'entre-deux-guerres, n'ont cessé d'évaluer la classe ouvrière et sa moralité. Les ouvriers ont répondu dans des tracts, des témoignages ou des romans, qui racontent le travail, la vie et les luttes.
    Ce sont ces textes, tantôt sous forme d'archives, tantôt publiés, connus ou complètement inédits, que Xavier Vigna explore dans ce livre.Il montre que ces luttes d'écritures relèvent bien de luttes de classes.
    On se souvient d'Emmanuel Macron dénonçant l'illettrisme supposé des ouvriers : quand un tel mépris vient légitimer la domination sociale et politique, quand l'anticommunisme conduit à l'anti-ouvriérisme, l'écriture ouvrière, qui réplique et réfute, oeuvre à l'émancipation individuelle et collective.
    En revisitant l'histoire ouvrière, cet ouvrage invite à relire le XXe siècle français. 

  • L'Afrique subsaharienne est le berceau de l'humanité, et son histoire la plus vieille du monde. Ce petit livre, qui se destine à un public curieux mais non spécialiste, se nourrit d'un demi-siècle de travaux fondamentaux portant sur la question. Non seulement il fait le point sur une histoire au moins aussi variée et passionnante que les autres, mais il s'attache à déconstruire un à un les grands clichés qui continuent de nourrir les imaginaires occidentaux ; ceux qui font de l'Afrique un continent subalterne, à part, irrémédiablement à la traîne. Or l'Afrique, depuis toujours, influe sur le reste du monde ; elle lui a fourni main-d'oeuvre, or et matières premières, qui ont joué un rôle essentiel, aujourd'hui encore méconnu, dans la mondialisation économique. Elle a développé, au fil des siècles, un savoir parfaitement adapté à ses conditions environnementales, savoir qui fut taillé en pièces par l'extrême brutalité de la colonisation, pourtant si brève au regard de l'histoire longue. Mais, si on lui a beaucoup pris, l'Afrique a aussi donné, avec une formidable vitalité. Cet ouvrage n'a pas pour objet de raconter l'histoire africaine dans le détail, mais il en dégage les étapes cruciales, en mettant en avant, pour chacune d'elles, quelques idées fondamentales et souvent neuves. L'objectif de ce livre est aussi, et surtout, d'aider à comprendre le présent et à en dégager des perspectives d'action pour l'avenir.

  • Vilna, wilno, vilnius la jerusalem de lituanie

    Minczeles/Poliakov

    • La decouverte
    • 13 Janvier 2000

    Si Vilnius est aujourd'hui connue comme capitale de la Lituanie, elle fut aussi, au cours de son histoire complexe, une ville allemande, polonaise ou russe, s'appelant alors Wilna, Wilno ou Vilna.
    Mais surtout, important carrefour religieux et politique, elle fut un haut lieu du judaïsme et le creuset d'une civilisation qui a donné naissance à une pléiade d'artistes et d'intellectuels de renom. C'est cette histoire méconnue d'une ville aux multiples facettes que retrace cet ouvrage, devenu une référence incontournable depuis sa parution en 1993. Pour les Juifs, cette ville qu'ils ont appelée Vilnè avait été le centre de Litè, un concept culturel couvrant une région à cheval sur plusieurs pays : Lituanie, Lettonie, Biélorussie, nord de l'Ukraine.
    Berceau du socialisme juif mais aussi place forte du sionisme, elle connut un véritable âge d'or culturel : intense activité littéraire et artistique, nombreux réseaux scolaires, épanouissement de la langue yiddish, etc. Malheureusement, l'antisémitisme au quotidien, les pogromes et les ghettos font aussi partie de l'histoire de Vilnius. Et avec la Shoa, un monde a été englouti, la communauté juive a été assassinée et sa culture anéantie.
    Fruit d'un travail de plusieurs années, le livre de Henri Minczeles fait entrer dans la légende celle que les Juifs appelaient la Jérusalem de Lituanie.

  • Les lumieres, l'esclavage, la colonisation

    Benot/Desne/Dorigny

    • La decouverte
    • 20 Octobre 2005


    l'itinéraire intellectuel et militant de l'historien yves benot (1920-2005) s'est ordonné autour de trois grands axes complémentaires et indissociables au sein de son oeuvre immense : les processus de décolonisation de l'afrique francophone, oú il a vécu de nombreuses années ; les fondements intellectuels de l'anticolonialisme et de la lutte anti-esclavagiste au siècle des lumières, dont il fut un précurseur avisé en mettant à jour, notamment, l'apport de diderot dans la grande oeuvre de raynal ; les processus d'abolition de l'esclavage dans la révolution française, puis ceux de son tragique rétablissement par napoléon.
    réunissant des articles publiés par yves benot sur une cinquantaine d'années, du début des années 1950 jusqu'à ses derniers jours, cet ouvrage rend compte de la continuité et de la richesse de cet engagement intellectuel. se succèdent ainsi, selon un ordre thématique qui ne doit pas occulter l'unité de la démarche de l'auteur, l'afrique des indépendances, diderot, raynal et les lumières, la révolution française et les luttes coloniales, les indiens d'amérique, coeur d'un projet d'ouvrage que la mort a interrompu.
    un livre d'histoire original et passionnant, qui est aussi un hommage à cet historien et cet écrivain infatigable, toujours présent sur le terrain de la recherche, tout comme il le fut sur celui des luttes d'aujourd'hui pour l'égalité et contre toutes les formes d'oppression, dans nos sociétés comme dans celles des pays issus des décolonisations du dernier demi-siècle.

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