Rocher

  • Féru d'histoire et conteur savoureux, Bruno Solo a convié chez lui, le temps d'un dîner imaginaire, des personnages de l'Histoire de France : Clovis, l'inconnu le plus célèbre de notre récit national ; le sage Éloi, ministre de Dagobert ; Alcuin, l'avisé moine et conseiller très éclairé de Charlemagne ; l'ardente Aliénor d'Aquitaine, reine de France puis d'Angleterre ; Christine de Pizan, la première femme écrivaine et philosophe de langue française à avoir vécu de sa plume ; Michel de l'Hospital, chancelier, apôtre de la tolérance pendant les guerres de religion ; Théophraste Renaudot, homme-orchestre et fondateur de La Gazette ; René-Robert Cavelier, l'explorateur mégalo du Mississippi et de la future Louisiane ; le Chevalier d'Éon, l'agent secret à l'identité sexuelle mystérieuse ; Louise Michel, institutrice féministe, figure de la Commune de Paris et militante anarchiste ; Georges Mandel, politique clairvoyant face au péril nazi, chef de cabinet de Georges Clemenceau.
    Le banquet promet d'être animé !
    En hôte curieux et mordant, Bruno a l'art de relancer la conversation. Il n'hésite pas à poser les questions qui fâchent, dégonfle certaines légendes, fait des parallèles avec notre présent. Sans jamais se départir de son esprit caustique et de son humour.
    Les Visiteurs d'Histoire offre des portraits vivants de figures parfois méconnues. Une narration divertissante, pleine de fantaisie, au service d'un fond rigoureux et intelligent. À l'image de Bruno Solo : passeur humble et passionné de l'Histoire de France.

  • Automne cheyenne : l'exode du dernier espoir Nouv.

    En septembre 1878, déportés au sud loin de leurs terres des Grandes Plaines, les Cheyennes croupissent et se meurent, incarcérés à ciel ouvert, dans cette partie hostile du Territoire Indien, futur État de l'Oklahoma. Les promesses non tenues du gouvernement les laissent souffrir des affres de la faim, les rations promises ne viennent pas ou alors au compte-gouttes. Pour survivre ils n'ont plus le choix : à leurs risques et périls, sous le commandement de leurs chefs Dull Knife et Little Wolf, ils décident de regagner à pied leur pays au Montana. Commence alors un des plus terribles exode de l'Histoire : affamés, dépenaillés ils marcheront, durant les quatre mois du terrible hiver 1878-1879, pour retrouver leur Terre. Pourchassés par l'armée, et laissant de nombreux morts, les Cheyennes, une fois arrivés connaîtront l'emprisonnement dans des baraquements où ils endureront - femmes, enfants et vieillards compris... - sévices physiques comme psychologiques, humiliations et tortures.
    En 1964, John Ford a fait de cette tragédie humaine un western testamentaire qui a rendu justice au peuple cheyenne en en faisant un classique qui reste dans toutes les mémoires.
    La densité du roman de Mari Sandoz, la subtilité et la précision des descriptions, l'atmosphère et l'esthétique « très indienne » qui s'en dégagent, font que l'ouvrage dépasse de loin une simple histoire de western : c'est tout simplement un chef-d'oeuvre de la littérature américaine.

  • Après avoir présenté et analysé dans un précédent ouvrage la conquête de l'Algérie par la France et comment s'est construite cette colonie jusqu'en 1914, Jacques Frémeaux s'attache ici aux événements qui, depuis la Première Guerre mondiale, ont conduit à la lutte armée et à la proclamation de l'indépendance du pays en 1962.
    Un ordre colonial fondamentalement inégalitaire, l'absence d'une croissance économique suffisante et une population algérienne en augmentation très rapide, des mutations sociales, une légitimité politique française contestée, la guerre engagée avec les forces révolutionnaires, la montée en puissance du FLN... N'éludant aucun sujet, n'épargnant aucun protagoniste, mais sans entrer dans des polémiques qui engageraient un camp ou l'autre, l'auteur relate de façon claire, précise et condensée une histoire longue et complexe, et montre le caractère inéluctable de ce qui s'est produit.
    Ce livre très documenté aborde et décrypte sans concession la réalité d'une mémoire coloniale douloureuse de part et d'autre. C'est le prélude nécessaire à toute volonté de réconciliation, le seul moyen acceptable d'y parvenir.

  • Vieille terre berbère aujourd'hui arabisée et islamisée, après avoir été tour à tour colonisée par les Grecs, les Carthaginois, les Romains, les Byzantins, les Arabes et enfin par les Italiens, la Libye se caractérise par la faiblesse du pouvoir central face aux permanences tribales et régionales.
    Véritables « fendeurs d'horizons », les ensembles tribaux les plus forts ont toujours contrôlé les couloirs de nomadisation reliant la Méditerranée à la région tchadienne. Les trafics d'aujourd'hui (drogue et migrants), se font le long de ces voies tracées par la géographie. Sur elles s'ancrent les solidarités jihadistes qui, aujourd'hui, désolent la bande sahélo-sahélienne.
    N'ayant pas voulu voir que la réalité politique libyenne repose sur l'équilibre et sur les jeux de pouvoir entre les grandes confédérations tribales et régionales, ceux qui, en 2011, au nom de l'ingérence démocratique, mirent à bas le régime du colonel Kadhafi, ont donc directement provoqué le chaos.
    Remontant dans le temps, ce livre permet de comprendre pourquoi aujourd'hui il serait singulièrement inconséquent de prétendre vouloir stabiliser puis reconstruire la Libye sans prendre en compte l'archéologie tribale sur laquelle reposent ses définitions culturelles, politiques, sociales, économiques et religieuses.

  • Le Diné Bahané est la version la plus complète, la plus authentique du mythe de Création navajo. Depuis les travaux de Washington Matthews de 1897, elle offre l'accès à la Puissance, à la Beauté de cette narration orale, à toute sa poésie idiomatique appropriée au langage d'une période mythologique lointaine. Dans l'histoire des mythes de Création, le Diné Bahané est considéré comme une des oeuvres « littéraires » les plus importantes du monde. Il décrit, étapes par étapes sur plusieurs siècles « mythologiques », les Cycles du Mythe de l'Émergence qui mènent l'Insecte, le Spermophile et d'autres espèces du « règne animal », du Premier au Cinquième Monde, à l'Être humain et à la formation des Clans qui structurent toujours la société navajo d'aujourd'hui.

    Le récit de la scène mythologique progressant, ses instigateurs acquièrent, d'un Monde à l'autre, sagesse, discernement, habileté. Le mythe charrie une foule de « Personnages-Entités » dont l'invétéré farceur jeteur de troubles graves Ma'ii le Coyote ; le plus féroce des Naayéé' le « Chef des Monstres » Yé'iitsoh ou le Géant. Les « Protecteurs » tels Nílch'i le Vent et Shash l'Ours ; Áltsé hastiin Premier Homme et Altsé asdza´a Première Femme ; les « Divinités » Asdzaa nádleehé ou Femme-Changeante et Yoolgai asdzaa Femme-Coquille-Blanche ; Jóhonaa'éí le Soleil et ses Fils les Jumeaux Tó bájísh chíní Le-Né-De-L'Eau et son Frère Naayéé neizghání Le-Tueur-De-Monstres dans la langue de Bilagáana l'Homme Blanc.

    Pour le Diné, les Navajos, cette histoire du mythe de Création est à la base de leur identité spirituelle profonde, de leur relation avec les Éléments, la Terre, le Cosmos, de ce qu'ils considèrent comme Sacré, de ce qui recouvre l'Harmonie, la Paix, l'Équilibre, la Beauté : bik'eh hozhoon. Ainsi qu'il est dit.

  • Histoire de France

    Collectif

    • Rocher

    De la royauté à la république en plus de 600 illustrations.
    Cet ouvrage retrace l'histoire de notre pays avec les grands événements pour comprendre ce qui s'est passé à chaque période.
    La Préhistoire et l'Antiquité, le Moyen Age, les temps modernes, Le XIXe siècle et la période contemporaine . Voici le panorama complet de notre histoire.
    Ce livre est magnifiquement illustré.

  • George Bent est né dans les années 1840. Sa mère était une Cheyenne, Owl Woman, la fille de White Thunder, le Gardien des Flèches sacrés - Medicine Arrows -, des Cheyennes du Sud, au sein desquels il vécut quarante années. Ce sont ces décennies de vie au beau milieu du XIXe siècle que Bent, rassemblant ses souvenirs et collectant d'autres informations auprès de ses anciens compagnons cheyennes, fait revivre dans les lettres qu'il envoya de 1905 à 1918 au grand historien des Sioux George E. Hyde qui put, par chance, faire publier ce témoignage autant unique qu'authentique, à l'époque où les Indiens vivaient leurs dernières décennies de liberté. Bent fut un des rares témoins oculaires capables de rendre compte des événements, à écrire ce qu'il a vu, vécu, entendu aussi bien chez les Cheyennes que chez leurs alliés sioux et arapahoes, qu'auprès des tribus ennemies - comme parfois les Comanches et les Kiowas, mais toujours les Crows et les Pawnees - et des Blancs. Ces lettres sont devenues un livre incontournable et « matriciel » pour les ouvrages à venir. Il demeure depuis un document irréfutable pour les ethno-historiens, un témoignage de première main sur la vie, les moeurs et les guerres indiennes des Grandes Plaines dont les épisodes tragiques des massacres des Cheyennes à Sand Creek en 1864 et à la Washita River en 1868.

  • L'histoire de l'Égypte commence il y a huit mille ans quand des pasteurs proto-berbères‚ fuyant un Sahara en phase d'assèchement‚ trouvèrent refuge dans la vallée du Nil où ils se mêlèrent aux chasseurs-cueilleurs qui l'habitaient. Puis, il y a cinq mille ans, naquit l'Égypte des pharaons. À travers plus de trente dynasties, elle connut une histoire glorieuse durant laquelle furent édifiés temples, tombeaux et pyramides.
    Au IVe siècle avant J.-C., l'Égypte passa sous le contrôle de la dynastie grecque des Ptolémées, avant de devenir colonie romaine. En 632, elle fut conquise par les Arabes, puis, aux XIe et XIIe siècles, elle constitua le coeur de l'Empire fatimide. Première puissance du monde musulman aux XIIIe et XIVe siècles, durant le sultanat mamelouk, l'Égypte fut englobée dans l'Empire ottoman en 1517.
    Devenue un enjeu stratégique primordial à partir de 1869 et de l'inauguration du canal de Suez, l'Égypte passa en 1882 sous le contrôle de la Grande-Bretagne. En 1922, sous la pression d'un puissant courant nationaliste, son indépendance lui fut rendue. À partir de 1954, avec le colonel Nasser, l'Égypte fut le phare du nationalisme arabe. Durant les années 2010, le pays fut dévasté par le printemps arabe et ruiné par les Frères musulmans arrivés au pouvoir. En 2013, l'armée referma la parenthèse d'anarchie.
    C'est cette histoire pluri-millénaire que Bernard Lugan, spécialiste du continent africain, raconte ici dans un livre sans équivalent qui fait la synthèse des connaissances se rapportant à l'Égypte‚ des origines à nos jours.

  • De sa prime jeunesse à presque l'avant-dernière année de sa vie mouvementée, en 1959, ce cousin de Geronimo que fut le centenaire apache chiricahua Jason Betzinez nous relate, du côté indien, ses dernières années de liberté puis de captivité en tant que prisonnier de guerre. Sur un ton allant de la chronique au récit - et parfois même relevant de la confidence familiale et ethnographique - nous suivons Betzinez dans les ultimes combats de Geronimo contre les Mexicains et les Américains, jusqu'aux successives assignations à la réserve de San Carlos et de leurs non moins successives et rocambolesques évasions qui, juste après la reddition de Geronimo en 1886, mèneront tout droit les Chiricahuas dans le train de la déportation en Floride.
    Betzinez se souvient des grands chefs : l'ombre céleste de Cochise, la puissance guerrière de Victorio ; il se remémore dans le détail les courses dans le désert et les montagnes, les performances de Geronimo, tout comme les coups de folie et de férocité de ce dernier. Enfin, de ces années de captivité jusqu'en 1914, puis de son existence jusqu'à l'âge de 99 ans, il nous conte ce que fut la vie des Chiricahuas, et la sienne comme Apache « intégré » à l'Amérique et lucide sur les temps nouveaux qui faisaient table rase de son passé, des Apaches.

  • Les premiers peuples des Plaines dont Hyde nous rapporte l'histoire, du XVe siècle au début du XIXe, portent des noms autant célèbres qu'emblématiques : Sioux, Cheyennes, Comanches, Apaches, Kiowas. Et pourtant, ce livre couvre bien plus que ces seuls mythes. Il nous fait découvrir d'autres tribus dont le rôle dans l'histoire de l'Amérique indienne fut autant déterminant. En cela l'ouvrage - grâce aussi aux informations capitales rapportées par le grand spécialiste Daniel Dubois - demeure un texte irremplaçable dans lequel Hyde nous renvoie souvent à nos ancêtres français, premiers voyageurs d'Amérique du Nord, marchands, aventuriers, cartographes et autres illustres écrivains-voyageurs.Ces pages offrent une image vivante des tribus qui occupaient, du Canada au nord du Mexique, les immenses espaces des Plaines et des Rocheuses. Hyde y décrit avec précision les conflits intertribaux pour la conquête et l'occupation des territoires. Nous découvrons comment et pourquoi, entre tribus, il y aura toujours des rapports de forces laissant de fait très loin l'image idyllique du bon homme sauvage. On reste étonné des divers motifs que s'ingéniaient à trouver les Indiens entre eux pour se faire la guerre. Plus opportunistes que pragmatiques, les amis d'hier deviennent soudainement des ennemis jurés qu'on ira massacrer le lendemain et dont on s'empressera de réduire en esclavage les survivants qu'on pourra en revendre parfois à des tribus voisines, voire aux nouveaux venus : les Européens.
    George E. Hyde (1882-1968) fut longtemps un emblématique doyen des historiens américains spécialiste des Indiens des Plaines. Sa trilogie sur l'histoire des Sioux, ainsi que son travail sur l'histoire des Cheyennes d'après les lettres de George Bent ont été traduits dans la présente collection.
    Traduit de l'anglais (États-Unis) par Karin BodsonPréface de Daniel Dubois

  • Le roman du kremlin

    Vladimir Fédorovski

    • Rocher
    • 1 Janvier 2004

    L'histoire du kremlin, riche de festins, de meurtres, de complots, de revirements, est fascinante.
    Sa muraille reste le symbole de cette " énigme drapée de mystère " dont parlait winston churchill. les triomphes des tsars, leur déclin, leurs tragédies ou leur folie, tout ramène à ce kremlin oú se dressent des cathédrales votives ou expiatoires. le roman du kremlin est un livre de révélations qui relate son histoire à travers le couple inattendu tsar et espion, clé unique pour décrypter cet univers insolite, chronique hors du commun d'ivan le terrible à nos jours.
    Grâce à sa longue familiarité avec les arcanes de la politique, vladimir fédorovski a pu recueillir de nombreux témoignages inédits et avoir accès à des archives confidentielles. c'est aussi un ouvrage d'actualité, qui révèle les faces cachées de vladimir poutine. le roman du kremlin est un livre d'évasion, de rêve, de mystères et d'aventures mis en scène à travers les histoires d'amour des principaux acteurs du xxe siècle et des mata hari de la guerre froide.
    C'est enfin un ouvrage pratique, richement illustré et proposant des itinéraires de promenades romantiques à travers les souterrains du kremlin et le moscou secret, qui livre même quelques aperçus gastronomiques de la grande cuisine des tsars.

  • Les romans de Venise

    Gonzague Saint Bris

    • Rocher
    • 26 Octobre 2007

    Enfin le livre de Venise ! La cité du romantisme racontée par le dernier des romantiques. Une Venise comme vous ne l'avez jamais vue, pleine de folies masquées, de personnages dévoilés et de passions mises à nu. La plume trempée dans l'encre du canal, Gonzague Saint Bris dit l'histoire de la Sérénissime à travers une suite de chapitres, chacun conçu comme un roman. Cette cité des Doges, où les pigeons vont à pied et où les lions ont des ailes, voilà plus de vingt ans qu'il la parcourt, lui qui fut nommé en 1980, par Gaston Palewski, président des Amis de la Sauvegarde. Venise appartient à tous et chacun possède " sa " Venise. Celle qui est proposée ici en une vision polyphonique est tout à la fois une histoire, une balade et un carnet de voyage. A travers le prisme de la chronologie historique, les anecdotes savoureuses et les portraits saisissants, on va de la Dogaresse amoureuse à la Duse, l'amante éperdue de D'Annunzio, de Marco Polo à Paul Morand, d'Henri III au prince Eugène, du Primatice à Léopold Robert, de Casanova à Diaghilev. Ce livre rare par la cadence du style et la beauté des images rassemble une série de petits romans étincelants. Il raconte comment le lieu le plus inhospitalier du monde est devenu le miroir du monde, comment la capitale du Baroque est devenue celle du Romantisme, ou comment la diplomatie des plaisirs, chère à Casanova et à Bernis, s'est muée, à la Belle Époque, en une plante vénéneuse, dans laquelle, de Marcel Proust à Thomas Mann, certains se sont voluptueusement perdus. De Carlo Goldoni à Richard Wagner, en passant par George Gordon Byron, Alfred de Musset, George Sand, John Ruskin et François Mitterrand, Venise, cent fois recommencée, fascine le monde depuis plus de dix siècles. Son destin se reflète dans l'eau porteuse de mémoire, tandis qu'on se demande si cette mer qui l'a créée ne la détruira pas un jour...

  • Issu des plus récentes études sur les Sioux des Plaines, cet ouvrage est à ce jour l'un des plus abouti sur cette tribu qui, presque à elle seule, synthétise sur son nom la résistance et la funeste destinée des Indiens d'Amérique du Nord.

    Jeffrey Ostler démontre - avec solides arguments à l'appui, témoignages irréfutables de toutes les parties et documents officiels - comment l'Histoire peut aspirer dans sa spirale, pour mieux le broyer, un peuple entier comme les Sioux lakotas, notamment face au processus de colonisation qu'a, au départ, plus que symbolisé l'expédition de Lewis et Clark de 1804 ordonnée par le président Jefferson. Dans une parfaite et claire chronologie, Ostler rapporte les événements et les engrenages militaire, géopolitique, diplomatique, juridique et économique qui ont réduit à portion congrue les immenses contrées des Indiens des Plaines et tous les éléments ayant inéluctablement concouru au massacre de trois cents Sioux dans le Dakota du Sud, à Wounded Knee, en décembre 1890 quelques jours après le meurtre de Sitting Bull.

  • Comme toute histoire, celle de l'Europe a ses ombres, mais elles n'évincent pas les idéaux élevés nourris en son sein avant de contribuer à les faire croître : ces idéaux qu'elle a donnés en héritage au monde, il appartient plus particulièrement aux siens de continuer à les faire vivre. Pour cela il leur faut savoir d'où ils sont : c'est pourquoi le présent ouvrage raconte ce qui a fait l'Europe, depuis son émergence jusqu'au seuil de notre époque. La pédagogie retenue organise cette histoire en onze noeuds, c'est-à-dire autour de moments durant lesquels le sort de l'Europe s'est noué, pour le meilleur ou pour le pire. Bâtie à partir d'une trame chronologique forte, l'histoire de l'Europe racontée ici tient que cette histoire a un sens, qu'elle procède de l'avant à l'après, et est intelligible au prix d'une synthèse raisonnable.
    Après la prise de conscience des Grecs soudés par des valeurs communes les distinguant fortement des Orientaux qui ont alors la figure des Perses, l'Europe ainsi émergente prend sa première forme avec la constitution d'un Empire romain d'ampleur méditerranéenne mais qui reste occidental par bien des aspects, le christianisme donnant finalement un contenu original à cette forme. Dans une Europe qui se regarde désormais comme chrétienne et considérée partout comme telle, l'Empire renaît et ouvre à nouveau la voie d'une construction fédérale néanmoins concurrencée par des royaumes qui s'inscrivent en revanche dans une vision confédérale, alors que, dans le même temps, le monachisme donne à l'Europe sa forme la plus proche de l'Europe actuelle. La modernité naît quant à elle sur fond de conflits, entre la science et la foi, puis entre des Églises concurrentes : l'Europe perd alors ce qui faisait son unité, les rivalités entre puissances n'étant finalement plus réglées par la recherche d'un consensus mais par celle d'un équilibre des forces en présence. Après avoir mené à son terme l'entreprise de désenchantement du monde, amorcée depuis le coeur du Moyen Âge et accentuée lors de l'entrée dans les Temps modernes, les « Lumières » provoquent des ébranlements très profonds. À l'époque contemporaine, ils menacent d'emporter l'héritage européen du fait de l'avènement des régimes totalitaires.

    Le présent ouvrage est conçu pour informer les esprits curieux et pour tous ceux qui préparent des concours et examens nécessitant un bon niveau de culture générale.

  • Les indiens d'Amérique du nord dans la Grande Guerre

    Jacques Rouzet

    • Rocher
    • 25 Octobre 2017

    Les tranchées de la Grande guerre fourmillaient de soldats français et étrangers. Parmi eux, les Indiens d'Amérique du Nord sont arrivés en nombre. Dès 1914, 4000 Indiens du Canada débarquent en France et en 1917, 15000 Indiens des Etats-Unis les rejoignent, retrouvant ainsi leur dignité de guerriers. Comment ont-ils été recrutés ? Quelles étaient leurs compétences particulières ? A quelles tâches ont-ils été employés ? Sioux, Cheyennes, Comanches, Apaches, Crows, Choctaws, Blackfeet, Navajos, combattirent au coude à coude avec les Doughboys ou les Tommies, les Tirailleurs sénégalais et les Australiens.
    Eux qui n'avaient pas même la nationalité américaine, ils se sentirent pleinement Américains pour combattre les soldats du Kaiser et mourir, couverts de boue, dans les tranchées. C'est leur histoire, émouvante et superbe que nous raconte, dans un livre tout public et néanmoins extrêmement documenté, Jacques Rouzet, grand spécialiste des tribus "Natives".

  • Depuis l'apparition de l'islam, l'Europe et, singulièrement, ce territoire qui deviendra la France entretiennent des liens ininterrompus avec le monde musulman. Si l'actualité a fait de l'islam un sujet sensible, et, donc, d'autant plus nécessaire à aborder, l'auteur se propose de le remettre en perspective, en parcourant plusieurs siècles de relations, parfois fructueuses, souvent méfiantes, plusieurs fois hostiles, alternant périodes pacifiques et phases d'affrontement, moments de découverte mutuelle et temps d'incompréhension jusqu'à l'antagonisme.
    Depuis la Gaule romaine, l'auteur retrace le fil d'une longue histoire, souvent méconnue, voire inattendue, à travers tous les événements clés qui ont tissé ces liens complexes et ambivalents : l'arrivée du christianisme, l'invasion des Francs, les batailles de Sens et de Poitiers, les tentatives de reconquête outre-Pyrénées de Charlemagne, le déclenchement des croisades, l'alliance avec Soliman le Magnifique, la diplomatie fluctuante de Louis XIV vis-à-vis des Turcs, les Lumières et l'islam, la question de l'Algérie, de la décolonisation...
    Connaître son histoire est ce qui permet à chacun de combattre l'instrumentalisation des esprits. Gerbert Rambaud, diplômé en droit et en histoire, est avocat aux barreaux de Paris et de Lyon.

  • Depuis plus d'une vingtaine d'années de séjours prolongés chez les Indiens navajos, l'anthropologue de terrain Marie-Claude Feltes-Strigler a tissé les liens étroits avec de nombreux membres du peuple du Diné et notamment avec celui qui est devenu, dans la seconde moitié du XXe siècle, l'un des plus grands homme-médecine navajo : Sam Begay. Ce dernier a accepté de confier sa vision de ce qu'était le monde « avant le début des temps », les mythes, les valeurs qui régissent la vie quotidienne dans la réserve. L'homme nous rapporte le déroulement de plusieurs cérémonies et rites de guérison qu'il dirige et pratique, donnant ainsi à appréhender cette Connaissance qui se transmet de génération en génération. Sa voix parle de la richesse de sa culture, d'une vie traditionnelle qu'il sent en danger, des maux du monde moderne qui menacent le mode de vie séculaire navajo, tout comme le nôtre.Dans ce voyage au coeur de l'Amérique indienne d'aujourd'hui, dans la Grand Rez de Monument Valley en Arizona, Sam Begay nous fait partager son savoir où se perpétue la mémoire du passé sur laquelle nous pouvons, bien souvent, fonder notre avenir.
    Sam Begay, (1935-2015), né dans la partie de la réserve navajo située en Arizona, est issu d'une famille nombreuse et traditionnelle. Il est devenu un homme-médecine renommé et respecté, qui a joué un rôle décisif dans l'élaboration du droit coutumier navajo. Son statut d'Ancien et d'homme-médecine ont fait de lui un des principaux interlocuteurs de la nation navajo.Marie-Claude Feltes-Strigler, Maître de conférences à l'Université Paris 3 Sorbonne Nouvelle, est l'auteur d'une thèse de doctorat, « La Nation navajo - tradition et développement », ainsi que de divers ouvrages sur les Navajos, d'une histoire des Indiens des États-Unis et, dans la présente collection, du livre « Les Indiens osages » ainsi que de nombreux articles sur les nations indiennes.

  • Le cri de la taiga

    Aron Gabor

    • Rocher
    • 5 Mai 2005

    Par une belle journée d'août 1945, un homme grand, élégamment vêtu, la trentaine, marche dans Budapest.
    Ce fils d'une famille très connue pour sa participation à la révolte de Kossuth en 1848, est secrétaire général de la Croix-Rouge hongroise. Il se rend, l'esprit tranquille, à l'invitation de l'ambassadeur soviétique. Reçu dans une villa cossue par un major fort sympathique, il comprend soudain qu'il s'est jeté de lui-même dans la gueule du loup. Séquestré, arrêté, emprisonné, interrogé, il est condamné à mort.
    À l'isolement total pendant seize mois, au bord de la folie, il est soudain transféré à l'hôpital-prison de Lvov, en Ukraine. Finalement condamné à cinq ans de Goulag, il est expédié début 1948 en Sibérie, au complexe concentrationnaire du Kouzbass, en pleine taïga. Zek pendant cinq années, puis en relégation, il réussit par miracle à rentrer en Hongrie en 1960. Ne supportant plus le monde communiste, son mensonge permanent, son inhumanité quotidienne, il s'évade de Hongrie en 1965 et s'installe à Munich où il se consacre à la rédaction et à la publication - à compte d'auteur et en hongrois - de ses mémoires.
    II y mourra en 1982, oublié de tous. C'est le récit de cette formidable odyssée que nous publions aujourd'hui. Récit très souvent tragique de ces masses d'hommes broyés par la mécanique répressive totalitaire. Broyés par le désespoir de la perspective de 25 ans de camp, par l'arrachement à leur famille, à leur village, à leurs études. Broyés, l'hiver, par la chute d'un sapin géant à la coupe dans la taïga ou, lors du flottage de printemps, par le déferlement hurlant des billes de bois.
    Et pourtant, du fond de cet enfer, Aron Gabor - c'est le nom de ce témoin exceptionnel - préserve la petite flamme de l'espoir, cultive avec passion et reconnaissance chaque signe d'humanité. II tombe amoureux de cette Sibérie où la nature est si puissante et où les hommes, en dépit du communisme, ont conservé une authenticité millénaire. Après L'Archipel du Goulag d'Alexandre Soljénitsyne, les Récits de la Kolyma de Varlam Chalamov et Un monde à part de Gustav Herling, Le Cri de la taïga est le dernier très grand témoignage littéraire d'un Européen sur le Goulag.
    Un témoignage " oublié " pendant près de quarante ans et aujourd'hui restitué au monde.

  • Une plongée dans les archives russes pour révéler la part secrète de la révolution russe, dont on fêtera les 100 ans.

  • Histoire de l'Afrique du Nord

    Bernard Lugan

    • Rocher
    • 2 Juin 2016

    L'Afrique du Nord est composée de l'Egypte, la Libye, la Tunisie, l'Algérie et le Maroc.
    Dans l'appellation courante, l'Afrique du Nord est divisée en Machrek (Egypte et Libye) et en Maghreb (Tunisie, Algérie, Maroc), deux mots arabes signifiant « Levant » pour le premier et « Couchant » pour le second.
    A partir de la fin du IIe  siècle av.J.C, Rome imprégna toute la région de sa marque, à l'exception toutefois de l'actuel Maroc qui ne fut qu'à peine effleuré par la romanisation puis par la christianisation.
    Successeur de Rome, l'empire byzantin s'établit de l'Egypte jusqu'à l'est de l'actuelle Algérie, mais, dans l'actuel Maghreb, à l'exception des villes, partout, la « reconquête » berbère eut raison du vernis romano chrétien.
    Aux VIIe -VIIIe  siècles, l'islamisation de l'Afrique du Nord entraîna plusieurs mutations et ruptures. A partir du XVe siècle, puis au XVIe, toute l'Afrique du Nord fut concernée par l'expansion ottomane, à l'exception du Maroc qui réussit à maintenir son indépendance en s'alliant avec l'Espagne chrétienne.
    Durant la période coloniale, l'Afrique du Nord fut partagée entre quatre puissances européennes.  Après 1945, l'évolution fut différente au Machrek et au Maghreb. Après les indépendances, les cinq pays d'Afrique du Nord eurent des destins très différents.
    Différences qui se retrouvèrent dans l'épisode dit des « printemps arabes » qui ne concerna que la Tunisie et l'Egypte.

  • Le roman de Cuba

    Louis-Philippe Dalembert

    • Rocher
    • 15 Janvier 2009

    Dans l'imaginaire occidental, et pas seulement, Cuba reste cette terre de plaisir, où des plages de carte postale la disputent à la beauté insolente de ses femmes, où la sensualité n'est pas vain mot et le tourisme sexuel jamais très loin. Où les meilleurs cigares du monde, roulés à même les cuisses dodues des mulâtresses dont ils tirent leur saveur, s'accompagnent de la dégustation d'un rhum Añejo vieux d'une bonne quinzaine d'années. Les amateurs y verront là un avant-goût du Paradis terrestre, que Christophe Colomb situera d'ailleurs à quelques milles marins de là. D'autres y ajouteront les nombreux rythmes essaimés tout au long de son histoire, notamment aux XIXe et XXe siècles, et qui depuis ont fait danser la terre entière. Si habanera, son et autre danzón n'interpellent que les plus âgés, même les « sautilleurs » de tekno d'aujourd'hui ont entendu, au moins une fois dans leur vie, parler du boléro, de la rumba, du mambo, du chachachá, et plus encore de la salsa, très à la mode, en partie à cause du boom touristique, ces derniers temps. Les grosses et belles américaines des années 1940 et 1950, qui continuent de rouler leur carcasse rutilante aux quatre coins de l'île, de La Havane en particulier, certaines avec le million de kilomètres au compteur, charrient aussi leur part de nostalgie et prolongent l'idée d'un pays suspendu dans le temps. Il en est de même pour le cinéma hollywoodien qui, avec des films comme Cuba (1979) de Richard Lester, Havana (1990) de Sydney Pollack ou encore The lost city (2005) d'Andy García, renvoie encore et toujours à l'île d'avant la révolution castriste. Des films certes très beaux, mais qui trahissent, souvent malgré eux, la vision du propriétaire parti en laissant sa maison close et qui s'attend à la retrouver à l'identique à son retour.

    Les amoureux de Cuba, les vrais, savent bien que l'identité de l'île ne s'arrête pas à ces regards nostalgiques ni aux slogans éculés d'un pouvoir à bout de souffle qui cachent souvent une réalité autrement différente. Pour merveilleuses qu'elles soient, ces visions n'en sont pas moins des stéréotypes qui ont contribué à façonner une image figée d'un pays dont le dynamisme n'est plus à démontrer.

  • La voie italienne au totalitarisme ; le parti et l'etat sous le regime fasciste

    Emilio Gentile

    • Rocher
    • 14 Octobre 2004

    Dans ce livre, Emilio Gentile étudie de manière systématique, en s'appuyant sur une documentation impressionnante, la dualité non résolue qui marqua toute la trajectoire de l'expérience fasciste italienne : les rapports conflictuels entre le Parti national fasciste (PNF), dépositaire de l'esprit de la Révolution des Chemises , et l'État, resté dans une certaine mesure celui de la précédente monarchie constitutionnelle. Une première partie permet de constater que la nature totalitaire du parti milice dirigé par Mussolini ne faisait guère de doute pour ceux qui l'étudiaient à l'époque. Ensuite, en analysant attentivement la politique et la stratégie d'expansion de chacun des secrétaires généraux du PNF, l'auteur démontre que, malgré toutes sortes de résistances rencontrées dans l'Église et la monarchie, dans la population et au sein même du régime, le parti milice et ses organisations tentaculaires poursuivirent avec ténacité le maillage de toute la société civile, la totalitarisation à grande échelle de la nation. Pour Gentile, il ne sert à rien de parler, à propos du fascisme, d'un totalitarisme imparfait ou inachevé par rapport aux totalitarismes nazi et communiste, puisque tout totalitarisme est par définition un processus continu fondé sur le principe de la révolution permanente . Dans une postface inédite, expressément écrite pour cette édition française, l'auteur répond aux objections faites à son interprétation du fascisme comme voie italienne au totalitarisme et réaffirme sa conviction, qui ne manquera pas de susciter débats et polémiques : le fascisme ne peut pas être exonéré de la responsabilité d'avoir mis en oeuvre la première expérience totalitaire en Europe occidentale.

  • Le roman des Russes à Paris

    Alexandre Jevakhoff

    • Rocher
    • 18 Septembre 2014

    Chronique qui retrace la présence des Russes d'Anne de Kiev à nos jours par le descendant d'une famille de Russes blancs.

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