Tallandier

  • «Je suis né le 21 novembre 1957, pas loin du jour des morts. Je donne cette date une fois pour toutes. Elle servira de repère dans le désordre chronologique du récit qui va suivre, écrit à la billebaude, par petites touches, en forme de palimpseste heureux, et qui s'achève à peu près à la fin des années 1960. J'avais un peu plus de dix ans. À la lumière du présent, les terres de mon enfance m'apparaissent aussi exotiques et abandonnées que celles de Vanikoro, en mer de Corail, quand La Pérouse s'y était échoué sans qu'on le retrouve. ».

    Biographe connu et reconnu, essayiste de talent, chroniqueur du temps présent, Emmanuel de Waresquiel se penche ici sur son enfance et se fait l'historien de lui-même. Il évoque des lieux, des visages, des maisons, des paysages et excelle à restituer des univers engloutis. Élégant, poétique, tendre, secret, souvent drôle, ce livre est un conte sur l'enfance, le temps, l'exil, la mémoire et l'oubli.

  • Nouvelle histoire de l'islam : VIIe-XXIe siècle Nouv.

    Cette nouvelle histoire de l'Islam est une synthèse inédite et sans équivalent pour connaître l'islam des origines et comprendre celui d'aujourd'hui.
    L'islam au XXIe siècle est traversé par des crises multiples. Des mouvements intégristes invoquent comme modèle de société la première communauté de fidèles incarnée par le prophète Muhammad et ses compagnons. Certains cherchent à imposer la charia, loi islamique basée sur cette société idéalisée.
    Des extrémistes utilisent des références à certains extraits du Coran et des Hadiths pour justifier des actes de barbarie meurtrière contre ceux qu'ils identifient comme kouffar (infidèles), y compris des musulmans qui ne partagent pas leur fanatisme.
    Ce livre a pour ambition de fournir une nouvelle mise en perspective de l'histoire de l'islam depuis ses origines. Il montre comment ce dernier né des trois grands monothéismes se développe, quels sont ses fondements et ses mutations, ses divisions et sa diffusion sur tous les continents, depuis Médine et La Mecque, jusqu'aux confins de l'Indonésie.

  • Pourquoi la colonisation nippone est-elle un traumatisme pour les Coréens ? Qu'est-ce qui a déclenché la révolution des Bougies ? Le confucianisme est-il la clé de compréhension de la société coréenne ? L'école est-elle l'antichambre de l'enfer coréen ? Quel est le secret du génie coréen pour l'innovation ? Quelles relations la Corée du Sud entretien-elle avec la Chine ?
    En 2022 la Corée est partout. La K-Pop et les dramas envahissent nos écrans Samsung, le coréen est « la » langue à apprendre, nous avons intégré aussi bien les nouilles instantanées que la mode ou la technologie.... La Corée prend sa revanche imposant au monde son soft power après des siècles d'invisibilité, longtemps sous emprise des volontés expansionnistes de ses voisins chinois et japonais.
    En un siècle, la Corée aura connu la colonisation japonaise, la partition en 1945 séparant 35% des familles, la guerre puis les dictatures... Mais la démocratie a été gagnée à la fin des années 80 et le pays de plus de 51 millions d'habitants s'est hissé au treizième rang mondial.
    Pourtant, la Corée triomphante est profondément malade d'un miracle économique obtenu à force sacrifices. Malade d'une évolution ultra-rapide, d'une ouverture trop soudaine après des siècles d'isolationnisme, de son confucianisme autant sauveur que carcan et d'une corruption endémique. La jeunesse créative, immergée dans le virtuel, se sent sclérosée, en quête de sens, harcelée par les obligations sociales et peine à trouver sa place. Galvanisée par une énergie formidable, la Corée est un pays de paradoxes : modèle de réussite mais avec une démographie en berne et un taux de suicides record. Cet ouvrage passionnant donne 100 clés de compréhension de ce pays singulier, puisées dans un passé qui, sous les habits de la modernité, hante toujours ses habitants.

  • Histoire de la nation portugaise Nouv.

    Histoire de la nation portugaise

    Yves Léonard

    • Tallandier
    • 19 Mai 2022

    Petit rectangle de terre au destin mondial, État aux contours inchangés depuis le XIIIe siècle, le Portugal frappe par son ancienneté et sa stabilité. Son peuple semble installé comme à l'écart du tumulte du monde, fort de sa grandeur passée et de son ancrage atlantique. Des premiers Lusitaniens menés par Viriate, sorte de « Vercingétorix portugais », aux stars du ballon rond, en passant par la geste des grands navigateurs, au premier rang desquels Vasco de Gama, la nation portugaise est riche de héros du passé comme de moments de gloire. Pourtant, l'histoire portugaise ne manque pas non plus de zones d'ombre, entre la brutalité des conquêtes coloniales, la traite atlantique et la dictature de Salazar. Au fil du temps, les questions relatives à l'identité nationale portugaise se sont multipliées, sous les coups de boutoir de crises économiques et sociales qui ont alimenté une émigration importante. Dans cet ouvrage, Yves Léonard analyse la construction progressive de la nation portugaise, ses socles communs, ses références historiques, mais aussi ses fractures politiques et culturelles. Il nous emmène, à travers l'histoire, la vie politique, l'économie, la littérature ou le sport, au coeur d'un pays dont la cohésion agrège une large diaspora.

  • Le 25 mai 2020 à Minneapolis, l'homicide d'un homme noir par un policier blanc suscite des manifestations géantes dans l'ensemble des États-Unis. En quelques jours, « Black Lives Matter » devient un slogan universel, tout en inscrivant son action dans la longue histoire des luttes politiques des Noirs américains.
    L'histoire des Africains-Américains, nous rappelle Pap Ndiaye, est marquée au fer rouge par l'esclavage, la ségrégation et les violences raciales. Sans oublier les résistances, les victoires remportées dans la douleur et les cultures artistiques d'une richesse inouïe, notamment les spirituals, le gospel et le jazz.
    De la révolte de Nat Turner en 1831 à l'abolition de l'esclavage en 1865, des lois qui imposent la ségrégation et la privation du droit de vote dans le Sud des États-Unis au fameux I Have a Dream de Martin Luther King, du mouvement Black Power à l'élection de Barack Obama, l'auteur analyse les combats, les conquêtes et les espoirs vécus par les Noirs américains depuis deux siècles.

  • Comprendre le nazisme

    Johann Chapoutot

    • Tallandier
    • 27 Septembre 2018

    Des millions de pièces d'archives, de photos et de films, des myriades de témoignages et de récits, d'innombrables traces matérielles, tout cela fait assurément du nazisme (1933-1945) la séquence historique la mieux documentée qui soit.
    Et pourtant la radicalité du mal qu'il représente, le nombre insensé de ses victimes et la violence hors norme de ses bourreaux interrogent sans fin voire engendrent une forme de scepticisme. Comment les nazis se sont-ils persuadés que la vie sociale et politique reposait sur la « biologie » ? Comment les barrières mentales ont-elles si facilement et si rapidement sauté ? Comment l'antijudaïsme ancien s'est-il mué en Allemagne en un antisémitisme exterminateur ? Comment les élucubrations d'historiens égarés sur la place supposée des Germains dans l'Antiquité ont-elles rencontré tant d'écho ? Comment les meilleurs juristes en sont-ils venus à récuser la morale et le droit communs ? En somme, par quelle « révolution culturelle » des hommes ordinaires sont-ils devenus des barbares ?
    Appuyé sur une oeuvre d'érudition considérable, le grand spécialiste qu'est Johann Chapoutot multiplie dans cet ouvrage les approches et les éclairages, quitte à y revenir à plusieurs reprises, pour mieux cerner le phénomène et ses incarnations : les conférences publiques et les interventions dans les médias lui permettent de rester au plus près des questions que se pose encore et encore le public. Les réponses y gagnent en clarté et en évidence.

  • Si les premiers contacts d'Européens avec les habitants de l'Afrique noire ont eu lieu dès le XVIème siècle, ils n'ont été qu'épisodiques jusqu'aux débuts de la traite négrière à la fin du XVIIème siècle. Les traficants de chair humaine, ensuite, ne se donnèrent évidemment pas la peine de connaître les gens qu'ils razzaient et expédiaient en Amérique pour en faire des esclaves.

    C'est assez tard, sous l'influence des premiers « amis des Noirs » d'Europe, et aussi sous celle de la soif de connaissance qui s'était emparée du siècle des Lumières que se mirent en place, à la toute fin du XVIIIème siècle et au début du suivant, un grand mouvement d'exploration à l'intérieur de l'Afrique et non plus seulement sur les côtes. Les animateurs de ce mouvement, principalement français et anglais, ne sont donc pas animés par l'esprit de lucre, et ce sont seulement leurs successeurs du milieu et de la fin du XIXème siècle qui verront l'Afrique comme un continent à coloniser. Les récits de ces voyageurs-là constituent les meilleurs documents sur ce que l'on pourrait appeler la première rencontre. Tous ne sont pas racistes, loin de là, beaucoup sont antiesclavagistes, certains montrent de la sympathie pour les gens qu'ils visitent.

  • La Russie de Poutine en 100 questions

    Tatiana Kastouéva-Jean

    • Tallandier
    • 11 Janvier 2018

    Ourquoi Vladimir Poutine est-il si populaire ? A-t-il un projet pour la Russie ? Y a-t-il une vraie opposition politique ? La Russie est-elle un pays développé ? Qui sont les alliés de la Russie ? La Tchétchénie vit-elle selon ses propres lois ? Quelles sont les raisons de l'intervention russe en Syrie ? En quoi croit la jeunesse russe ? La Russie mène-t-elle une guerre de l'information contre l'Occident ? Quel sera l'« après-Poutine » ?

    Son histoire et sa culture fascinent, ses nouvelles capacités militaires impressionnent, tandis que sa politique divise et que son économie déçoit. On voyait la Russie comme une puissance régionale en déclin, mais la politique musclée de Vladimir Poutine a abouti à son retour spectaculaire sur la scène internationale. Elle est désormais incontournable sur les plus grands dossiers : de l'Ukraine à la Syrie, de la lutte antiterroriste à l'ingérence supposée dans les élections américaines. Au pouvoir depuis dix-huit ans, l' « homme le plus influent de la planète », tour à tour modernisateur puis autocrate, n'a pas fini de surprendre. Il verrouille les institutions, renforce la propagande et le contrôle des médias et aborde un quatrième mandat en toute sérénité. Voici 100 questions/réponses essentielles pour mieux comprendre la genèse et l'évolution du régime Poutine, ainsi que les dynamiques de la société russe.

  • Le 10 juin 1534, Jacques Cartier débarque à Terre-Neuve. Missionné par François Ier pour trouver un passage vers l'Asie et ses richesses, l'explorateur s'installe quelques mois sur les terres de l'actuel Québec. Les premières colonies françaises en Amérique du Nord sont nées.
    Au XVIIe siècle, alors que Samuel de Champlain réfléchit à l'organisation de la « Nouvelle France », les Britanniques tentent d'attaquer les colons français (basés dans l'actuelle ville de Québec).
    Malgré les tentatives des Anglais pour les assimiler, les Français préservent leur langue, leur religion et leur mode de vie. Les relations conflictuelles entre Français et Anglais perdurent jusqu'au XIXe siècle, puis, en 1867, toute une série de formules constitutionnelles aboutissent à la Confédération qui consacre la naissance du Canada moderne.
    Croisant historiographies anglophone et francophone, l'auteur éclaire les luttes internes qui rythment l'histoire du Canada. Outre ces conflits, le Canada est aussi confronté à son monumental voisin, les États-Unis. Mimant son modèle économique, boudant son système de protection sociale, le Canada doit désormais définir sa place dans un monde en voie d'américanisation.

  • Xavier Baron retrace l'histoire du Liban jusqu'à nos jours, en expliquant comment il s'est formé et pourquoi son histoire est si complexe.
    Ce livre part des origines fondatrices (montagne-refuge de communautés persécutées), essentielles pour comprendre le pays et son mode de fonctionnement. Il balaie les différentes phases historiques qui l'ont façonné, et il va jusqu'à la période actuelle. Il explique au passage toute l'ambiguïté des relations avec la Syrie.
    Il s'agit du seul ouvrage disponible couvrant la globalité de l'histoire libanaise. Le Liban est au coeur de l'actualité et a des liens particuliers avec la France.

  • Appelée « démocratie illibérale » par son Premier ministre, Viktor Orbán, la Hongrie échappe aux grilles de lecture des pays occidentaux. Au cours de leur histoire, les Hongrois n'ont cessé de questionner leur identité, d'ériger leur souveraineté en dogme. Héritiers d'un royaume fondé en l'an mil, ils ont été privés de leur indépendance tour à tour par l'Empire ottoman, les Habsbourg et, au xxe siècle, par l'occupation nazie puis le régime communiste. Cultivant leur spécificité culturelle, l'originalité de leur langue et de leur histoire, les Hongrois n'ont finalement jamais retrouvé les frontières du royaume fondé par saint Étienne. Ils ont construit un récit victimaire, rythmé par des épisodes de révolte que la politique mémorielle exalte encore de nos jours. Catherine Horel montre combien l'idée de nation en Hongrie a toujours été particulièrement sensible. En nous éclairant sur l'histoire longue du territoire, des héros, des mythes et des lieux de mémoire, elle nous en donne des clés de compréhension indispensables aujourd'hui.

  • Aux yeux de l'Occident, le Japon a toujours été un mystère, nourri de clichés et de fantasmes : Cipango aux murs couverts d'or rêvée par Christophe Colomb, la terre de mission de François Xavier, l'empire soudain clos sur lui-même, l'adversaire acharné de la guerre d'Asie- Pacifique, la victime des premières bombes atomiques, l'inventeur du zen et de l'ikebana, le colossal concurrent technologique et commercial...
    L'histoire du Japon est d'abord celle d'un peuple épris de nouveauté, d'origine hétérogène, qui a su évoluer au contact d'autres mondes et se muer en État-nation impérial, puis industriel : la Chine lui apporte code, croyance, écriture, de quoi tisser une culture de son cru ; l'Occident échoue à le convertir au christianisme au XVIe siècle, mais, dans la deuxième moitié du XIXe siècle, l'oblige à suivre son modèle technique sous peine de colonisation brutale.
    Le Japon, pourtant la référence économique suprême dans les années 1980, subit une récession sensible depuis le début des années 1990 et se retrouve aujourd'hui pris en tenaille entre la Chine et les États- Unis. Il n'en reste pas moins encore la troisième puissance économique mondiale, affiche sa présence sur tous les foyers de la mondialisation, diffuse tous azimuts les produits de son soft power et ne cesse d'innover et souvent de surprendre.
    À l'aube de l'ère Reiwa, Gérard Siary retrace le mouvement d'ouverture et de fermeture à l'ailleurs et à l'étranger, qui a toujours rythmé l'évolution de l'archipel et modelé son identité culturelle. Il aborde des thèmes souvent peu évoqués : image du Japon en France et à l'étranger, mythes et mythologie, racisme et minorités, diaspora, etc. C'est cette histoire renouvelée d'un peuple à nul autre pareil, qui a dû et su faire son miel de la prétendue « modernité », sans y perdre son âme ou son identité, qu'il nous raconte avec passion.

  • L'Arménie a-t-elle été le premier État chrétien ? Qu'est-ce qui relie les communautés arméniennes ? Pourquoi le gouvernement turc continue-t-il à nier le génocide ? Les Arméniens sont-ils à jamais dans la main des Russes ? Pourquoi l'Arménie est-elle membre de la francophonie ? Quel est l'impact géopolitique de la guerre du Haut-Karabagh ?
    Tiraillés depuis toujours entre Orient et Occident, dominés par de puissants voisins - Perses, Romains, Russes, Turcs -, les Arméniens sont restés unis, attachés à un christianisme singulier. Grâce à sa forte diaspora - deux Arméniens sur trois vivent en dehors du pays -, ce peuple s'est nourri de tous les mondes qu'il côtoyait et les a enrichis en retour. Depuis la première République fondée en 1918, leur existence collective est traversée par le besoin de reconnaissance du génocide de 1915, les fortes migrations vers la Californie et la Russie, le conflit avec l'Azerbaïdjan et une volonté farouche d'indépendance.
    En 100 questions, Michel Marian présente une histoire, une culture, un système de valeurs qui ont assuré aux Arméniens la continuité de leur identité. Il décrypte aussi la relation particulière que la France, premier pays d'accueil en Europe, entretient avec la communauté arménienne et montre la résilience d'un peuple en marche vers un idéal démocratique mais encore aux prises avec son passé.

  • Little rock 1957

    Thomas Snégaroff

    • Tallandier
    • 1 Mars 2018

    Un psychanalyste et un physicien, un austère Nobel et un amuseur public, un poète et un ethnologue, un dictateur et un héros, et combien d'autres duos, étonnants et détonants, qui n'auraient jamais dû se former si le hasard n'y avait mis sa patte en espiègle directeur de casting.
    Einstein et Freud : l'un méprise l'autre et l'autre jalouse le premier. Marilyn Monroe et Brigitte Bardot s'épient en concurrentes. Proust et Joyce s'ignorent ostensiblement. Mohammed Ali défie les Beatles. Le prince de Ligne vient piller les souvenirs coquins de Casanova. T. S. Eliot vexe Groucho Marx. André Breton et Claude Lévi-Strauss entament une relation au long cours...
    Incroyables rencontres où l'on voit nos couples de héros s'admirer, se bouder, s'aimer ou se disputer.
    Douze incroyables rencontres. Douze romans vrais.


    Groucho Marx et T.S. Eliot, les Beatles et Mohammed Ali, le prince de Ligne et Casanova, Brigitte Bardot et Marilyn Monroe, Marcel Proust et James Joyce, Germaine de Staël et Napoléon, André Breton et Claude Lévi-Strauss, Albert Einstein et Sigmund Freud, Théophile Gautier et Charles Baudelaire, Francisco Franco et Charles de Gaulle, Auguste Piccard et Hergé, Henry Stanley et David Livingstone.

  • L'Irak, un siècle de faillite

    Adel Bakawan

    • Tallandier
    • 26 Août 2021

    L'Irak a 100 ans. Ce vaste pays du Moyen-Orient de 40 millions d'habitants peine à s'inventer une identité partagée et se trouve au bord de l'implosion.
    Résultat d'un découpage arbitraire fait par les Britanniques en 1921 à la suite du démantèlement de l'Empire ottoman, l'Irak s'est construit sans socle politique et culturel commun. Divisé en trois régions occupées par trois communautés - les chiites au sud et majoritaires, les sunnites au centre, les Kurdes au nord -, le pays souffre des rivalités entre ces entités que tout oppose : ni la langue, ni les modes de vie, ni la mémoire collective ne les réunit. De Bassora à Mossoul, de Bagdad à Erbil, l'absence de mythe fondateur et de projets communs retournent violemment ces groupes les uns contre les autres.
    C'est une histoire passionnante à laquelle nous convie le francoirakien Adel Bakawan qui aime son pays autant qu'il s'en désespère car, après un siècle, le projet initial d'intégration nationale du roi Fayçal reste dans l'impasse. Aujourd'hui, face à la corruption généralisée, la main basse des partis sur les ressources du pays - l'Irak vit à 95 % du pétrole -, les ingérences de l'institution religieuse, la milicisation du pays et l'injustice sociale profonde, la nouvelle génération, désillusionnée, exprime une réelle colère contre les classes politiques et constate l'échec de l'unification de l'Irak, sans trouver d'horizon.

  • De l'Antiquité à nos jours, l'histoire de l'Espagne s'avère aussi flamboyante que violente. Au rythme des guerres, de la découverte des Amériques, de la succession de ses rois, elle dessinera sa géographie et son histoire. Voici racontée, cette formidable épopée aussi fascinante qu'un roman d'aventures.
    Péninsule peuplée d'Ibères rapidement romanisés, l'Espagne devient royaume des Goths avant de s'effondrer après la conquête arabe. Le Moyen Âge espagnol est maure et chrétien. Alors que les chrétiens tentent de reconquérir la Castille, c'est aussi l'apogée de la culture arabo-andalouse. De cette Espagne éparse, Isabelle de Castille et Ferdinand d'Aragon font un État qui, entre Inquisition et découverte de l'Amérique par Colomb, devient un empire sur lequel " le soleil ne se couche jamais ".
    Puis vient le " siècle d'or " marqué par la gloire de Charles Quint et la gestion rigoureuse de Philippe II. Mais, entre épidémies de peste et effondrement financier, les Habsbourg sont finalement balayés. Les XVII? et XVIII? siècles sont marqués par des guerres et les crises de succession ont un impact jusque dans les colonies d'Amérique latine. Le XIX? siècle verra l'Espagne perdre ses colonies, connaître une parenthèse républicaine puis un retour violent à l'absolutisme. La seconde République plonge le pays dans une guerre civile dont Franco sort vainqueur. Il saisit l'occasion pour prendre un pouvoir qu'il n'abandonnera qu'à sa mort. Juan Carlos désigné comme successeur prend alors en main la destinée du pays. Il établit en 1975 une monarchie constitutionnelle, favorisant une large décentralisation et l'intégration à l'Union européenne.
    L'Espagne connut l'humanisme qui s'appliqua à l'organisation et la mise en valeur de l'Amérique espagnole, fit vivre l'esprit des Lumières dans la péninsule et favorisa, tout au long du XX? siècle, une réelle modernisation de l'économie et de la société qui aboutira au décollage économique des années 1960.

  • Toujours observées, souvent épiées, les reines ont longtemps été maintenues dans un rôle mineur auquel elles se dérobent par une volonté aussi exceptionnelle que surhumaine : Aliénor d'Aquitaine, Marie Tudor, Élisabeth Ire, la reine Anne même, pour ne rien dire de Victoria ou de l'actuelle souveraine, Élisabeth II, ont marqué durablement leur temps, en donnant à leur fonction un lustre incomparable. Cette histoire des reines qui ont fait l'Angleterre relève fondamentalement d'une histoire des femmes, de leurs corps, de leurs aspirations et de leurs désirs, souvent bafoués, humiliés et corsetés au gré des conventions ou des usages.

    De la fin du monde antique à l'époque actuelle, ce livre explore les nombreux défis qui guettent les reines outre-Manche.
    Cela commence avec Aliénor d'Aquitaine au XIIe siècle (mais était-elle vraiment anglaise cette épouse d'Henri II Plantagenêt ?), et se continue avec Isabelle, fille de notre Philippe le Bel et femme insatisfaite d'Édouard II, pour rebondir sous les Tudors avec Marie dite « Marie la Sanglante », et trouver son plein épanouissement au début du siècle des Lumières avec la reine Anne, un rien déconcertante mais assez splendide. Et comment ne pas reparler, encore et toujours, de l'inusable Victoria, « grand-mère de l'Europe » ?
    Au terme d'une enquête minutieuse, Bernard Cottret, historien spécialiste de l'histoire de l'Angleterre, restitue avec rigueur et empathie les joies et les angoisses, les appréhensions et les échecs de ces femmes qu'il rend à leur humanité grâce à un patient travail d'élucidation ; la part respective de la sexualité, de la maternité, de la politique, de la séduction, de la culture, du symbole et du rêve est ainsi abordée sans tabous dans cette galerie de portraits souvent émouvants et jamais austères.

  • Histoire de l'Angleterre

    Bernard Cottret

    • Tallandier
    • 11 Janvier 2007

    L'Angleterre n'est pas une île. Elle occupe la partie méridionale d'un archipel, dont elle a, lentement, méthodiquement, effectué l'exploration et la conquête, au terme d'une histoire pluriséculaire. C'est chez leurs voisins les plus proches - les Gallois, les Ecossais, les Irlandais - que les Anglais ont fait l'apprentissage des mondes lointains. Poursuivant sa quête impériale pour s'étendre jusqu'aux confins du globe, l'Angleterre, " voisine d'aucun par la terre " est devenue, au cours des âges, " la voisine de tous par la mer. " Ainsi Bernard Cottret résume-t-il cette longue mutation, qui a commencé voici près de mille ans, avec la chevauchée d'un prince venu de Normandie, Guillaume le Conquérant. Depuis lors, l'histoire a mêlé les destinées de l'Angleterre et de la France, pour le meilleur et pour le pire. Longtemps, malgré ou à cause des crises internes qui la secouèrent, comme la guerre des Deux Roses ou le schisme fondant l'anglicanisme, le royaume fut à la pointe des avancées de l'histoire : Le Parlement, la Réforme, la Révolution, le régime constitutionnel, l'industrialisation, la décolonisation, autant d'étapes franchies avant les autres Etats. De là l'originalité qui a toujours marqué l'identité britannique, et que les Français, généralement, ignorent ou perçoivent mal. Bernard Cottret, dans une approche originale elle aussi, parfois personnelle et jubilatoire, insistant sur les points cruciaux, s'arrêtant sur les épisodes et des personnages à ses yeux significatifs, offre la synthèse brillante, limpide et accessible que l'on attendait.

  • Andalousie ; vérités et légendes

    Joseph Pérez

    • Tallandier
    • 3 Mai 2018

    Une enquête passionnante et décapante sur l'Andalousie, une belle leçon d'histoire par un grand maître.

    Peu de régions d'Europe auront autant que l'Andalousie fait travailler l'imagination et le rêve. On a même prêté à l'ensemble de l'Espagne les traits de l'Andalousie. Les patios, le flamenco, Carmen, les gitans, les chefs-d'oeuvre hispano-mauresques, la fiction d'un pays où les trois religions monothéistes auraient vécu en harmonie au Moyen Âge... l'Andalousie est largement une invention des romantiques que le franquisme reprendra plus tard à son compte.

    L'histoire, elle, nous raconte autre chose. Ses délimitations géographiques ne remontent pas au-delà du XIX e siècle et il est difficile de dire qu'elle ait jamais connu une véritable unité. L'auteur montre que son passé s'articuleautour de troisvilles : Grenade, Cordoue et Séville (pas Cadix...) aux histoiresbien différentes.

  • L'émergence et le déclin de l'hyperpuissance hispanique demeurent l'un des phénomènes les plus spectaculaires de l'Histoire. De l'union de la Castille avec l'Aragon à la fin du xve siècle à l'échec de l'Invincible Armada devant l'Angleterre, quatre souverains ont gouverné un pays qui a été engagé sur tous les fronts : en Méditerranée face à l'Empire ottoman et aux Barbaresques, en Europe du Nord face aux Pays-Bas révoltés et aux princes du Saint Empire passés à la Réforme. Des villes aussi diverses que Tunis et Oran, Bruxelles et La Haye, Naples, Lisbonne et Vienne ont été régies par les souverains de la péninsule. La défense de la foi catholique a conduit ceux-ci à intervenir dans les affaires françaises et anglaises, à se faire l'âme de coalitions victorieuses à Pavie, à Lépante, à Malte, à Mühlberg, à Saint-Quentin.Pourtant, les incessantes luttes guerrières menées par les Rois Catholiques (Isabelle et Ferdinand), Charles Quint et Philippe II aux quatre coins de l'Europe n'ont pas suffi à bâtir une puissance durable. Supportées par la seule Castille ou presque, les guerres ont littéralement épuisé les populations et les finances de l'Espagne - l'or et l'argent américains eux-mêmes n'ont pas permis d'inverser la tendance. La majestueuse synthèse de Michèle Escamilla sur ce siècle d'or, sans précédent ni équivalent (y compris en langue castillane), se déploie à travers l'Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord. Elle fait apparaître d'exceptionnelles figures de rois et de reines, de guerriers, de saints, de poètes. Elle nous révèle l'une des pages les plus riches, les plus glorieuses, les plus colorées, parfois les plus pathétiques de l'Histoire.

    Michèle Escamilla, professeur émérite à l'université de Paris-X Nanterre, est l'auteur de nombreux travaux sur l'Espagne des xvie et xviiesiècles, en particulier sur l'Inquisition. Elle a rédigé avec Pierre Chaunu la grande biographie de Charles Quint (Fayard, 2000 ; « Texto », 2013) avec un considérable succès.

  • Napoléon chef de guerre

    Jean Tulard

    • Tallandier
    • 8 Novembre 2012

    Il manquait à l'oeuvre de Jean Tulard ce portrait biographique de Napoléon en tant qu'homme de guerre. En effet, Napoléon aurait fait plus de batailles qu'Alexandre Le Grand, Hannibal et César réunis ! Tout aussi révélatrice est l'ampleur géographique de ses campagnes, qui couvre toute l'Europe, de l'Espagne à la Russie, en passant par l'Allemagne, la boucle du Danube et l'Italie du Nord, sans oublier en Orient l'Egypte et la Syrie. Dès sa première campagne italienne en 1796, il manifeste toute la panoplie de son génie militaire. Retour sur ce chef de guerre fabuleux avec le meilleur historien du sujet, Jean Tulard. Avec en arrière-plan cette interrogation : Bonaparte est-il réellement un militaire hors norme dans l'Histoire ?

    Napoléon a mené de nombreuses campagnes, en Italie, en Egypte, et a gagné presque toutes les batailles qu'il a engagées. Son principal atout : il sait commander et s'entourer des meilleurs officiers. Il est respecté et admiré par ses soldats. Il en est aimé aussi car il vit au milieu d'eux, marche avec eux, bivouaque avec eux. Il réussit ainsi à créer un lien quasi-mystique avec ses grognards. Cela permet à Bonaparte de s'imposer très tôt à ses généraux pourtant beaucoup plus expérimentés que lui. Le jeune général révolutionnaire sait aussi trouver les mots (et les moyens de propagande modernes) pour électriser une armée démoralisée, déguenillée, en proie à la famine.
    Mais Napoléon n'aurait pas pu conquérir les deux tiers de l'Europe s'il n'avait eu que son seul charisme. Il fut aussi et surtout un stratège exceptionnel ! D'abord parce qu'il avait l'art de deviner ce que va faire l'ennemi, prévoir ses mouvements, profiter de la moindre de ses erreurs, prenant audacieusement parfois le risque de changer de stratégie la veille de la bataille comme à Austerlitz. Il est aussi le premier à avoir compris l'importance du renseignement : à partir du moment où il décide, à l'été 1805, de lever le camp de Boulogne pour affronter les Autrichiens et les Russes, il envoie des officiers en Bavière pour repérer le terrain, se procurer des cartes, il charge ses représentants diplomatiques de lui donner des informations sur les positions des troupes autrichiennes, toutes ces informations dont ses ennemis négligent l'importance.

    Pour la première fois, le génie militaire de Napoléon, son charisme dans ses relations avec les officiers comme avec la troupe, le fonctionnement de la Grande Armée, toutes ces questions sont traitées avec maestria par Jean Tulard, véritable conteur et connaisseur sans pareil des sources historiques. Un ouvrage sans précédent ni équivalent.

  • Même si le Hezbollah et le Hamas, tous deux soutenus par l'Iran, n'ont pas renoncé à la lutte armée sous toutes ses formes, y compris le terrorisme, les guerres qu'Israël a menées depuis sa création ont contraint ses voisins à accepter son existence.
    1948 : la guerre face aux armées arabes coalisées a permis de donner vie au rêve sioniste de reconstitution d'un foyer national pour le peuple juif. Après l'opération de Suez (1956) menée avec la France et la Grande- Bretagne pour freiner l'expansion du nationalisme arabe, Israël écrase en 1967 les armées de l'Égypte, de la Jordanie et de la Syrie et se rend maître de la bande du Sinaï, de Gaza, de la Cisjordanie et du Golan. En 1973, Anouar el-Sadate offre une revanche à l'Égypte et plus largement au monde arabe : son armée tient tête à Tsahal.
    En 1982, Israël choisit de faire la guerre au Liban pour en chasser l'Organisation de libération de la Palestine et étouff er dans l'oeuf le nationalisme palestinien qui progresse en Cisjordanie et à Gaza. En 2006, Israël y mène une deuxième guerre, cette fois face à un mouvement, le Hezbollah, qu'il a contribué à renforcer en occupant le Sud-Liban pendant dix-huit ans.
    Depuis 1987, Israël mène face aux Palestiniens une guerre qu'il ne pourra pas gagner. « L'armée la plus morale du monde » se heurte aux réalités des conflits asymétriques et le pays tout entier fait face à une menace d'une autre nature : incompatible avec la solution à deux États, l'occupation de la Cisjordanie est contraire à ses valeurs et à ses intérêts. Plus qu'une histoire des guerres d'Israël, David Elkaïm retrace l'histoire politico-militaire du Proche-Orient depuis 1948 dans toute sa complexité.

  • Histoire de la Corée des origines à nos jours

    Pascal Dayez-Burgeon

    • Tallandier
    • 15 Novembre 2012

    Meurtrie par une division qui a survécu à la Guerre froide, la Corée constitue le plus souvent pour les Occidentaux une terra incognita. Elle est pourtant l'héritière d'une longue histoire et la proximité menaçante des deux puissants voisins que furent la Chine et le Japon ne l'a pas empêchée d'affirmer au fil des siècles une personnalité originale. La Corée est une épopée. Champ de ruines fumantes aux lendemains d'une guerre atrocement destructrice (La guerre de Corée, 1950-1953), la péninsule a tout fait pour renaître de ses cendres. Tout et son contraire : capitalisme débridé à Séoul, communisme fanatique à Pyongyang. Les deux régimes ont assumé leur choix dans leurs derniers retranchements.
    La Corée a vécu la majeure partie de son histoire bloquée entre les deux puissants Empires chinois et japonais, puis a dû compter à partir de la seconde moitié du XIXe siècle avec l'irruption de la Russie installée à Vladivostok avant que 1945 n'introduise dans la région l'écrasante puissance américaine. Ce qui place le pays dans une situation des plus originales mais sans doute aussi des moins confortables, au point de contact des intérêts et des ambitions de quatre puissances majeures. En un demi-siècle, la mue a été radicale. Le Sud est devenu la vitrine hyperbolique du libéralisme triomphant, le Nord un goulag ubuesque et misérable. Une telle accélération de l'histoire est sans exemple. Qu'on soit d'un côté ou de l'autre de la D.M.Z, cette bande frontalière qui coupe la péninsule coréenne en deux, on parle soit de miracle soit de tragédie. Mais les tragédies et les miracles ont des causes. L'histoire que nous retrace Pascal Dayez-Burgeon permet d'en déceler les origines et d'en comprendre les enchaînements.

  • Dans cette enquête choc, le reporter Antoine Mariotti nous entraîne dans les coulisses de la guerre en Syrie. Il raconte le fiasco des Occidentaux à mener ce conflit complexe et pourquoi Bachar el-Assad est, envers et contre tous, toujours au pouvoir.
    Antoine Mariotti a interviewé une centaine d'acteurs majeurs du conflit en France, aux États-Unis, en Suisse, en Belgique, en Russie, en Syrie ou en Iran : des chefs d'État, des ministres, des conseillers, des diplomates, des espions, des militaires, des opposants et des membres du pouvoir syrien. Il montre la manière dont nos dirigeants ont pris leurs décisions, souvent contre l'avis de leurs experts, de leurs services de renseignement, les yeux rivés sur les sondages. Comment l'opposition en exil, déconnectée, a induit les Occidentaux en erreur. Comment la coalition internationale a frappé des cibles fictives pour satisfaire l'opinion publique. Et pourquoi la Russie n'est pas totalement maîtresse du jeu.
    L'auteur nous fait vivre, comme si on y était, les moments clés dans les ambassades à Damas, aux côtés d'Obama dans le bureau ovale, avec François Hollande à l'Élysée ou dans les négociations sans fin entre l'Américain John Kerry et le Russe Sergueï Lavrov.
    Voici le récit sidérant de dix ans d'une guerre interminable, de cascades de mauvaises décisions et d'aveuglement des puissances occidentales.

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