Karthala

  • Est-il possible de parler de l'histoire de l'Algérie des origines à nos jours en France de manière impartiale sans que cela suscite polémiques, diatribes et anathèmes ? Tel est le but que s'est fixé l'historien Emmanuel Alcaraz. Dans une approche originale, il offre une synthèse limpide et éclairante sur cette histoire qui continue de miner le présent des sociétés françaises et algériennes.
    De Jugurtha luttant contre Rome à la conquête arabe, des corsaires d'Alger à la colonisation française, de la guerre d'Algérie à la guerre civile algérienne dans les années 1990 en allant jusqu'au hirak, Emmanuel Alcaraz revisite chaque étape de ce riche passé en utilisant de nouvelles sources tirées des Archives et des témoignages oraux, le tout agrémenté de sa connaissance du terrain algérien, de l'historiographie et de son égo-histoire.
    Dans une France marquée par l'indépendance algérienne, terre d'accueil pour les immigrés algériens, l'auteur s'intéresse également aux origines de la montée en puissance des droites extrêmes. Il étudie comment les discours des droites radicales se sont construits dans un esprit de revanche contre les immigrés, par rapport à la blessure narcissique de la perte de l'Algérie française.
    Faisant appel à la méthode historique la plus rigoureuse, l'historien interroge l'avenir de la nation algérienne entrée depuis le mouvement populaire de 2019 dans une nouvelle séquence de son histoire, qui ne peut se poursuivre sans la France, avec les Lumières et les ombres du passé à assumer des deux côtés de la méditerranée pour ne pas entrer dans l'avenir à reculons.

  • Depuis quelques décennies historiens, archéologues, et anthropologues mettent au jour l'existence de brillantes civilisations sur l'ensemble de l'Afrique subsaharienne. Si l'histoire de ce continent, berceau de l'humanité, a longtemps été sous estimée voire niée, il est temps d'en reconnaître aujourd'hui toutes les richesses. Dans cet ouvrage, l'auteur présente la spécificité de la partie occidentale, bornée par l'Atlantique. Face à cet océan hostile, seuls les plus hardis ont osé s'aventurer sur de frêles pirogues monoxyles, limitant toute vocation maritime à cet occident africain.

    C'est donc le long des fleuves que se sont constitués, entre autres, les puissants empires du Niger et du Congo suzerains de royaumes vassaux dont l'histoire intérieure comme celle de la géopolitique suit une logique d'adaptation aux milieux naturels de la savane ou de la forêt dense. Les hommes y ont répondu en développant des systèmes agricoles et artisanaux qui permettaient des échanges interrégionaux prolongés jusqu'en Méditerranée grâce aux caravanes transsahariennes. Cet ensemble économique très élaboré était sous tendu par une organisation politique et sociale qui reposait sur des monarchies secondées par des administrations et des aristocraties tout à fait comparables aux systèmes européens. Devant la puissance de la nature, les religions et les philosophies développèrent des systèmes d'explication sous formes de mythes qui font toute la richesse d'une littérature orale que se sont transmis les griots.

  • Toutes les familles ont leur histoire.
    Celle des dos Santos est extraordinaire. Elle met en scène un père autoritaire, une fille milliardaire, un fils en prison, un général effrayant et de nombreux intrigants. Elle se déroule en Angola, champion pétrolier lusophone dont la majorité de la population vit avec moins de deux dollars par jour, et dans sa capitale Luanda, longtemps présentée comme la « Dubaï de l'Afrique ». Arrivé au pouvoir presque par hasard, le père distribue pendant trente-huit ans les ressources du pays à ses proches. Cela fait de lui le parrain tout-puissant d'un clan devenu très vite très riche. Ils sont intouchables. Leur règne s'annonce éternel. Jusqu'au jour où le parrain est contraint de passer la main. Le nouvel homme fort, pourtant membre de la clique, veut faire le ménage. Dans son viseur, le système dos Santos. Rebondissements, coups tordus et manipulations, tels sont les ingrédients de cette haletante saga familiale.

  • L'affranchissement individuel au sein d'une société à esclaves ou esclavagiste informe sur des situations singulières ou exceptionnelles. Dans une perspective comparatiste, cet ouvrage examine les parcours originaux de ces affranchis entre le XIVe siècle et le début du XIXe siècle, et dans un vaste espace méditerranéen et atlantique - entre la péninsule Ibérique médiévale, les Antilles et l'Europe moderne.

    Il retrace la vie et le destin de ces individus, majoritairement d'origine africaine, et pose des questions importantes. Quelles ont pu être les stratégies et l'agentivité développées par ces femmes et ces hommes pour gagner leur liberté ? Quel était ce rapport paradoxal entre dispositifs juridiques ouvrant vers l'affranchissement et représentations sociales et culturelles persistantes déconsidérant les individus affranchis ? Quelles ont été leurs possibilités d'intégration ? Comment et pourquoi la « macule servile » s'est-elle maintenue dans le temps alors que les nouveaux Libres et leurs descendants ont pu occuper des situations économiques importantes ?

    Cet ouvrage est issu de la réflexion d'une vingtaine de chercheurs, spécialistes des questions d'esclavages, qui a été menée dans le cadre du programme européen EURESCL-FP7 (« Slave Trade, Slavery Abolitions and their Legacies in European Histories and Identities »). Il est coordonné par Dominique Rogers, maître de conférences à l'université des Antilles, et Boris Lesueur, docteur en histoire, tous deux membres du laboratoire AIHP-GEODE et du Centre international de recherches sur les esclavages et post-esclavages. Un second ouvrage est à paraître, également issu de ces travaux. Il s'intitule Libres après les abolitions ? Statuts et identités aux Amériques et en Afrique.

  • Cet ouvrage a pour objectif de faire l'état des lieux général d'un pays qui est sans doute un des moins étudiés des pays de la rive sud de la Méditerranée.Appréhendée bien trop souvent par le gigantisme de son territoire, par son économie rentière et par l'opacité de son régime politique, l'Algérie est considérée comme une énigme. Celle d'un pays « hors-champs », dont les expériences historiques auraient construit une spécificité politique, économique, religieuse pour constituer une sorte de « modèle algérien » qui ne s'appliquerait qu'à lui-même et qui n'aurait pas à se soumettre à l'analyse critique et à la déconstruction de ses catégories théoriques.

    Soixante-quatre auteurs sont réunis ici pour pallier cette situation et offrir des clés de lecture pour saisir ce pays passionnant qui tourne aujourd'hui avec courage une longue page de son histoire. L'ouvrage s'articule autour de plusieurs entrées thématiques (espaces et territoires, politiques économiques, analyse de jeux politiques, questions de société, langues d'Algérie, besoins d'histoire, questions religieuses, gestion post-conflit des années 1990, relations internationales...) qui se présentent comme autant de lectures réflexives sur des réalités économiques, sociales, politiques et religieuses de l'Algérie du temps présent. Des approches par des terrains et des objets divers, des explorations fines et intelligentes proposent des éclairages inédits et fort utiles sur des dynamiques collectives adossées à des connaissances empiriques, fruits d'enquêtes de terrain originales.

    Cet ouvrage participe à la compréhension des forces motrices de la société algérienne, de ses dynamiques et de ses acteurs en pleine ébullition aujourd'hui.

  • Ce livre aurait pu s'appeler « Bananes et cocaïne », symboles de deux acteurs centraux du nord-est du Guatemala et de leur emprise sur la région. Les bananes des entreprises nord-américaines qui s'immiscent régulièrement dans la vie politique locale et nationale d'une part - la United Fruit Company d'abord, Del Monte ensuite. La cocaïne des caciques du crime organisé, d'autre part, dernier commerce en date de ces élites blanches et métisses constituées grâce à leurs activités paramilitaires et de commerce illégal depuis l'époque coloniale. Telle est la toile de fond de ce livre construit comme une enquête policière.
    Aussi essentiels qu'ils puissent être, les entreprises américaines et les caciques du crime organisé ne sont pourtant ici que des personnages secondaires. Perpétuellement recouverte d'un voile sur le terrain - secret public de la région dirait Michael Taussig - leur toile ne se dévoile que progressivement et partiellement. Au coeur du récit, au contraire, se trouvent les sujets qui vivent dans ce contexte d'accumulation violente du capital, et qui en subissent quotidiennement les effets : les habitants de la région de Quiriguá. A partir d'une enquête ethnographique étalée sur plusieurs années, il s'agit dans ce livre de comprendre ce que les violences liées à l'accumulation du capital font au vivre-ensemble et aux sujets qui le construisent. Problématisées comme un vécu, une expérience modelant les subjectivités, les violences y sont analysées dans leurs effets bien plus que dans leurs causes. Ce livre s'attache ainsi à mettre en lumière la manière dont les tentacules des violences s'enroulent au coeur du quotidien des personnes, modelant leur subjectivité et leur manière de construire le collectif. Pour ce faire, il considère autant l'effet destructeur des violences que la créativité des personnes pour y répondre qui, en réalisant leur puissance d'agir, se construisent par-delà les violences en réhabilitant leur monde.

  • Consacré à la Transition humanitaire au Liban, ce quatrième volume de la collection Devenir Humanitaire est le fruit de la rencontre d'universitaires, d'acteurs non gouvernementaux et d'institutionnels, réunis à Beyrouth les 15 et 16 novembre 2017 par le Fonds Croix-Rouge française pour débattre sur leurs pratiques, les principes et les enjeux de l'humanitaire.
    Cet ouvrage analyse successivement le contexte historique et régional de l'humanitaire au Liban, à travers des articles, témoignages ou entretiens. Il aborde ensuite les interactions et jeux d'acteurs de la société civile au Liban, avant de s'intéresser dans une troisième partie aux transformations et bouleversements provoqués par les mouvements migratoires des années 2010.
    Soulignant la nécessité de prendre en compte les « visions du monde » des populations destinataires de l'aide, les contributions rassemblées dans ce volume soutiennent une réfl exion sur le sens de l'humanitaire.


    Dedicated to the analysis of the Humanitarian Transition in Lebanon, this 4th volume of the Devenir Humanitaire collection is the result of the meeting of international organisations, social science academics, national and transnational NGOs, state and territorial actors. Gathered in Beirut on 15 and 16 November 2017 by the French Red Cross Foundation, the Lebanese Red Cross and Saint Joseph University, they opened a dialogue on the transformations of humanitarian needs and practices, the principles that guide them and the challenges that each one must face.
    Through articles, testimonies and interviews, this book offers different perspectives on the historical and regional context, the interactions and roles played by civil society actors, and then focuses on the changes in view of the most recent migratory movements. Underlining the need for a more inclusive debate and a more egalitarian dissemination of knowledge on humanitarian action, the contributions collated in this volume support a refl ection on the meaning of humanitarianism.
    Marie-Noëlle Abi Yaghi is director of the NGO Lebanon Support and teacher at the Saint-Joseph University.
    Virginie Troit is director of the French Red Cross Foundation.

  • Le gouvernorat de Kirkouk, dans le nord de l'Irak, est l'une des provinces les plus touchées par la guerre depuis des décennies, bien avant l'invasion américaine de 2003. Il a notamment été au centre de la question kurde. Il constitue donc l'un des meilleurs points d'observation des transformations de la société irakienne, et notamment du rôle qu'y jouent les partis politiques, à la fois producteurs de violence et intermédiaires obligés entre la population et les institutions étatiques. Ces partis mettent en oeuvre des politiques d'ingénierie démographique et imposent de nouvelles hiérarchies identitaires. Leurs réseaux militants détournent les ressources de l'État, lequel reste l'enjeu majeur des affrontements. Enfin, la guerre contre Daech, à partir de juin 2014, a radicalisé leurs projets et intensifié le conflit, conduisant paradoxalement à un retour de l'Etat par le biais des milices.
    En analysant minutieusement les dynamiques locales, ce livre, fruit de plusieurs années de recherche de terrain, dépasse les lectures communautaristes ou géopolitiques du conflit irakien qui tendent aujourd'hui à prévaloir. Il apporte une contribution originale et importante au débat sur la place de la guerre dans la formation de l'Etat.

  • Congo. Ambitions et désenchantements est un livre consacré au déroulement d'une étape, à la fois courte et décisive, dans le long passé de cette région. Au point de départ, les années 1880. Elles virent la concrétisation de vieux rêves de découpage de l'Afrique en grands ensembles transcontinentaux. Rien n'annonçait toutefois que le fleuve Congo devienne un marqueur géopolitique. Ce coup de crayon sur la carte porte la griffe de Léopold II, personnalité hors normes, grand rêveur et maître-manoeuvrier au sein de différents mondes, ceux de la diplomatie, du capital et des « affaires », mais qui fut aussi porté par les grandes inspirations de l'époque, le mouvement scientifique, le réveil chrétien, la vague antiesclavagiste tout comme par les recompositions alors en cours en Afrique même. Sans lui, il n'y aurait eu ni « Congo belge », ni page congolaise dans l'histoire de Belgique.
    Le livre rassemble un bouquet d'essais et de questions. Quels furent les grands seuils de la période ? Quelles ambitions économiques, technocratiques, scientifiques, morales, mais aussi quels itinéraires, plus humbles ? Quelle place de la région sur l'échiquier mondial des puissances et du mouvement des idées ? Quid de l'insubmersible Afrique, de son économie de production et de trafics, mais aussi de sa pauvreté ? Quid de sa vie spirituelle toujours renouvelée mais jamais contrôlée, de sa vie artistique, elle aussi toujours novatrice ? Autant de coups de projecteur portés sur trois générations, avec d'occasionnelles excursions dans leurs passés et dans les représentations portées par le présent.
    En 1960, au sortir de l'épisode colonial, une semaine d'indépendance confirma que le « Congo belge avait été conquis mais non soumis.
    On ne trouvera ici ni complaisances ni ressentiments, mais le sillage d'une génération d'historiens dont l'engagement fut d'inscrire le passé de l'Afrique dans les grands chapitres de l'histoire universelle. De nouveaux chantiers s'ouvrent désormais, ceux des sensibilités, des mémoires. Le défi reste de repérer les ruptures, mais aussi le long fil des généalogies qui, en Afrique comme ailleurs, relient le présent au passé.

  • Les pays arabes ont récemment connu une série de ruptures politiques et d'évolutions sociales qui ont été l'objet de nombreuses analyses, et pourtant l'impact de ces changements sur les rapports de genre a peu été traité. Les dites « révolutions » ou « printemps arabe » en 2010- 2011, gagnent à être considérés comme des « révoltes » dans la mesure où elles n'ont pas abouti à des évolutions sociales majeures. Ce constat est particulièrement vrai dans le domaine des droits des femmes, et ce malgré une forte mobilisation de ces dernières, qui sera souvent suivie de violence. Ainsi, de symbole d'émancipation, la place Tahrîr est devenue le symbole de la violence de genre existant en Égypte.

    C'est ce dont rend compte cet ouvrage qui explore plus généralement la place que les femmes occupent en contexte arabo-musulman, dans les pays du Maghreb et du Moyen-Orient, ainsi qu'en contexte migratoire. L'approche ici développée est celle des sciences sociales, faisant essentiellement appel à l'anthropologie, à la sociologie, et au droit. Plusieurs axes liés au genre sont privilégiés : la mobilité et la spatialité, les luttes et les mobilisations féminines, les violences contre les femmes ainsi que leurs droits, la virginité et la sexualité, les nouvelles techniques liées à la procréation. Cet ouvrage questionne les changements sociaux au prisme du genre dans ces différents domaines.

  • Dans un contexte d'intensification de la compétition internationale des territoires, les villes rivalisent de stratégies pour accroître leur rayonnement et améliorer leur attractivité. Marseille ne déroge pas à la règle. Ce livre analyse les politiques internationales qui visent à promouvoir une nouvelle image de Marseille, accueillante pour les investisseurs, les touristes ou les organisateurs d'événements culturels ou sportifs.

    Quelles sont les facettes de Marseille mises en avant pour projeter la ville et son territoire au-delà des frontières locales et nationales ? Quels liens la municipalité tisse-t-elle avec ses homologues étrangères ? Comment la Région promeut-elle ses intérêts auprès de Bruxelles et parvient-elle à décrocher des fonds européens ? Quel est l'enjeu d'accueillir à Marseille une antenne de la Banque Mondiale ? Quels sont les effets d'une candidature à un événement international sur les recompositions des pouvoirs urbains ?
    Le livre répond à ces questions et analyse les conditions de possibilité de l'internationalisation de Marseille, métropole morcelée.

  • Cahier photos de 14 pages.

    Ce livre est consacré à la conquête du Sahara (fin XIXe-début XXe siècle), cet espace désertique qui a longtemps nourri les phantasmes des Occidentaux.

    Du rezzou d'Hassi-Inifel jusqu'à l'installation du Père de Foucauld dans l'Ahaggar, ce sont quelques-uns des épisodes les plus marquants de cette histoire qui sont présentés et analysés ici à travers une (re)lecture critique de plusieurs moments clés de cette histoire.

    Toutes les études réunies dans cet ouvrage sont fondées sur des documents issus pour la plupart des Archives nationales d'outre-mer d'Aix-en-Provence. Là, se trouve en effet une somme considérable d'archives traitant de l'avancée puis de l'installation de la France au Sahara central. Écrits souvent passionnants et qui dans leur très grande majorité n'avaient jamais été cités ni étudiés. De plus, ces archives (rapports de tournée, documents officiels, correspondances publiques et privées...) présentent un avantage considérable. Contemporaines des événements, rédigées « à chaud » par les acteurs même de cette conquête, elles dévoilent bien souvent ce que masque, censure ou déforme le discours hagiographique qui, répété de livre en livre, d'article en article, s'est vite transformé en une véritable doxa.

    Ouvrage indispensable pour les passionnés du désert comme pour les historiens de cette région.

  • En 2002 se sont déroulées dans l'État du Gujarat les plus graves attaques contre des musulmans qu'a connues la République indienne depuis 1947. 2 000 d'entre eux ont péri au cours des violences qui ont duré près de six mois tandis que 150 000 autres ont été contraints de fuir définitivement leur logement, attaqués par des nationalistes hindous agissant avec la complicité des autorités locales.

    Charlotte Thomas propose la première exploration du ghetto musulman de Juhapura, qui s'est formé à la suite de ces pogroms. Elle analyse les stratégies de domination mises en oeuvre par les pouvoirs publics à l'encontre de cette minorité. Elle révèle la discrimination, la ségrégation économique et spatiale, le manque d'accès aux services publics de base que subissent les musulmans de Juhapura. Mais l'auteur dévoile aussi les tactiques de résistance qui répondent à ces stratégies de domination, ainsi que le développement socio-économique à l'oeuvre au sein du ghetto grâce aux initiatives de self-help élaborées par les résidents.

    Explorer le ghetto de Juhapura et la vie quotidienne de ses habitants, c'est découvrir « de l'intérieur » et en actes le projet politique nationaliste hindou porté par l'actuel Premier ministre, Narendra Modi, dont la responsabilité dans les pogroms de 2002 est directement mise en cause

  • Quels sont nos points forts et points faibles pour intégrer une gestion multiculturelle dans la région méditerranéenne ? Le multiculturalisme est-il un faux débat ? Les obstacles et les défis ne sont pas les mêmes dans chaque pays. Mais chacun doit analyser finement son propre contexte et savoir activer les bons leviers et éviter les écueils pour faire face à la complexité des interactions culturelles.

    Avec ces questionnements à l'esprit, ce livre met l'accent sur le rôle important du patrimoine immatériel berbère (amazigh) et des cultures méditerranéennes dans leurs apports au développement humain et à la culture de la paix. Il se focalise sur le dialogue interculturel et le rôle de la culture dans le processus de démocratisation au Maghreb.

    Cet ouvrage montre que le mouvement berbère en Algérie et au Maroc, même en ayant des revendications légitimes, a suscité des conflits linguistiques et politiques et s'est heurté au pouvoir autoritaire depuis l'indépendance. Il souligne que la culture n'est pas un phénomène superficiel ou complémentaire superposé aux biens matériels. C'est un mode de vie et un facteur dynamique qui devrait être sérieusement pris en compte dans les domaines linguistique, éducatif et social.

    Compte tenu de l'évolution récente de la région, les populations méditerranéennes sont amenées à s'ouvrir sur les autres cultures et à lutter contre l'extrémisme et la xénophobie.

  • Créolités aux Amériques françaises.
    Le numéro 15 des Cahiers des Anneaux de la Mémoire est consacré à l'un des héritages essentiels du phénomène historique de la traite atlantique, la créolisation des sociétés du Nouveau Monde construites par des populations issues des trois continents qui bordent cet océan.
    Malgré le désastre humain que furent la traite négrière et l'esclavage aux Amériques, ainsi que la colonisation de ce continent, des civilisations nouvelles et originales parce que créoles ont émergé et poursuivent leur développement avec dynamisme et créativité.
    La créolisation, des populations des vieux mondes d'Europe et d'f rique qui ont émigré ou ont été déportées au Nouveau Monde, à la rencontre des populations indiennes originaires des Amériques, est le thème de ce nouvel ouvrage collectif.

    Creolization in the French Americas.
    The 1Sth issue of the Shackles of Memory journal is dedicated to one of the most important legacies of the Atlantic slave trade historical phenomenon, the creolization of the New World societies constructed by populations originating j om the three continents bordering the Atlantic Ocean.
    In spite of the human disaster that was the slave trade, slavery in the Arnericas and the colonization of this continent, new and original civilizations emerged and pursued their own development with dynamism and creativity, that of the Creoles.
    The creolization amongst the peoples of Old World Europe and Aftica who emigrated, or were deported to the New World, and encountered Native Americans is the tapie of this new collective book.

  • Composé de deux îles principales, Trinidad (4 828 km²) et Tobago (300 km²), situées au nord-est du Venezuela, dans la partie méridionale de la Caraïbe, Trinité-et-Tobago (contracté en Trinbago) est un fascinant petit État d'1,3 million d'habitants.

    Comme le dit Merle Hodge, l'une de ses romancières, c'est la Caraïbe en miniature. Tandis que ses voisins se caractérisent par leur homogénéité ou ont subi très fortement une influence unique, ce pays s'est nourri de toutes les cultures présentes dans la région. Pluriethnique, à la manière du Guyana et du Surinam, il a également la configuration plus « classique » de la Barbade ou de la Jamaïque.

    Façonnées par la colonisation et terres d'immigration, ces îles soeurs sont représentatives des problèmes mais aussi des énormes potentialités de ces peuples jeunes. Ce qui les rend séduisantes, c'est non seulement l'extrême richesse d'un patrimoine constitué à partir de multiples apports, mais encore un sens prononcé de la fête, ainsi qu'une grande capacité d'innovation en matière de musique. Amateurs de sites naturels, de plaisirs culinaires ou de festivités y trouveront leur compte.

  • Plus de 20 ans après le génocide de 1994 au Rwanda, c'est aujourd'hui le processus de reconstruction du pays qui suscite de vifs débats. Pourtant les études approfondies de ce processus sont encore rares. C'est cette lacune que l'ouvrage de Jean-Paul Kimonyo tente de combler.

    Plus de 20 ans après le génocide de 1994 au Rwanda, c'est aujourd'hui le processus de reconstruction du pays qui suscite de vifs débats. Pourtant les études approfondies de ce processus sont encore rares. C'est cette lacune que l'ouvrage de Jean-Paul Kimonyo tente de combler.

    Comment ce pays parmi les plus pauvres au monde, totalement déchiré, a-t-il pu se reconstruire aussi rapidement ? Comment la population divisée a-t-elle fini par vivre, travailler ensemble et participer à la reconstruction du pays ? Quels liens existent-ils entre le succès à consolider mais inespéré du pays et sa gouvernance sujette, elle, à controverse ? De façon succincte mais couvrant une longue période historique et un large spectre de domaines, ce livre tente d'apporter une réponse à ces question et à fournir une explication précise sur les modalités de mise en place de ce processus de reconstruction post-génocide au Rwanda.

    A cette fin, l'auteur retrace les origines et les évolutions du Front patriotique rwandais (FPR), la force politique dominante au Rwanda. Il relate comment des communautés réfugiées, chassées de chez elles à la veille de l'indépendance, éparpillées dans toute la région des Grands Lacs, en sont arrivées 35 ans plus tard à prendre le pouvoir dans leur pays, dans des conditions calamiteuses.

    Ce travail montre comment les choix politiques et idéologiques qui menèrent à la formation du FPR à l'extérieur du Rwanda ont fortement orienté la reconstruction du pays. Sa narration couvre toutes les étapes de celle-ci, jusqu'à la période actuelle, plus focalisée sur les activités de développement.

    L'auteur situe son analyse dans le débat sur les reconstructions post-conflit de cette décennie, dans la région des Grands Lacs, l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient, le poussant à prendre ses distances avec les catégories normatives qui avaient été élaborées en ce domaine à la suite de la chute du mur de Berlin.

  • Cet ouvrage se propose de revisiter la mémoire nationale algérienne pour montrer combien celle-ci participe à fois à la légitimation et à la contestation du pouvoir dans une société façonnée par la guerre d'indépendance, comme l'illustre le rôle majeur de l'armée encore aujourd'hui. L'auteur développe une perspective critique du nationalisme mémoriel algérien et met à jour la pluralité des points de vue, reflet de la diversité en Algérie.
    Il contribue ce faisant à éclairer les fondements de la crise identitaire que traverse la société algérienne, qui peine à élaborer un projet de « vivre ensemble » et à faire émerger une citoyenneté faisant consensus. Cette question se pose avec acuité après les « printemps arabes », et l'affaiblissement de la légitimité révolutionnaire des dirigeants algériens.
    En étudiant « l'histoire vue de l'autre côté », à travers des sources d'une grande amplitude (enquêtes de terrain en Algérie réalisées de 2006 à 2017, étude des musées et des monuments commémoratifs, archives militaires et judiciaires), l'auteur se positionne de manière originale par rapport au contentieux mémoriel franco-algérien. Il propose une histoire connectée des mémoires, faisant la part belle à une analyse critique des usages algériens du passé et des imaginaires sociaux que ces mémoires construisent. « L'histoire à parts égales » n'est-elle pas un devoir pour parvenir à une « juste mémoire » ?

  • Dans certaines colonies, le référendum sur la Constitution française du 28 septembre 1958 suscita des protestations contre l'indépendance. À Mayotte, île de l'archipel des Comores, lui-même détaché de la colonie malgache depuis 1946, la mobilisation fut portée par le Congrès des Notables, devenu en 1966 le Mouvement populaire mahorais (MPM), qui revendiquait la départementalisation.

    Les apparences francophiles du mouvement masquaient en réalité un acte de rébellion contre la prédominance des autres îles de l'archipel au sein des institutions locales et nationales, celle-ci étant perçue comme une survivance des dominations passées de la Grande Comore et d'Anjouan.

    À rebours des constructions mémorielles à la gloire du combat pour Mayotte française, cet ouvrage resitue, en s'appuyant sur les archives coloniales et des témoignages, l'histoire du MPM dans le contexte bien particulier des années 1950-1970. Il dévoile le caractère nationaliste et insulaire de ce mouvement et la violence de ses militants. Il retrace le processus de séparation engagé par le MPM pour aboutir à la sécession de Mayotte, en 1975, lorsque le reste de l'archipel des Comores accéda à l'indépendance.

  • El-Hadj Omar Tall est né vers 1794 à Halwâr, village du Foûta-Tôro sénégalais situé à quelques dizaines de kilomètres en amont de Podor, dans une famille maraboutique. Il est mort mystérieusement à Déguembéré, dans la falaise de Bandiagara, le 12 février 1864.

    La genèse du jihâd d'El-Hadj Omar le rattache aux mouvements similaires qui l'ont précédé : Sokoto, Foûta-Djallon, Mâcina, Foûta-Tôro entre autres. À l'instar de ses illustres devanciers, Omar prépara sérieusement son action en multipliant lettres, discours, sermons, messages, largesses et prières, puis il réussit à lever une armée avec laquelle il se lança à la conquête de ce qu'il est convenu d'appeler le Soudan central.

    L'action d'El-Hadj Omar, érudit musulman et redoutable conquérant, a profondément modifié l'aire du jihâd et détourné le cours de son histoire jusqu'à la conquête coloniale. Cela lui valut d'être au centre d'une vaste littérature, et en particulier d'une épopée toujours vivante, aux multiples versions, où l'oralité interfère sans cesse avec l'écriture.

    Après avoir quadrillé systématiquement l'espace géographique omarien - Sénégal, Mauritanie, Gambie, Guinée, Mali - Samba Dieng a recueilli une quantité très importante de ces versions orales et manuscrites de textes se rapportant au jihâd et à la geste d'Omar. Puis, il a organisé l'analyse de cette vaste documentation autour de trois grands axes. Le premier étudie les rapports entre l'épopée d'El-Hadj Omar et l'épopée peule traditionnelle. Envisagée sous l'angle de l'intertextualité, la geste d'Omar apparaît en effet comme une formalisation de la tradition épique peule et le produit de formes littéraires alors dominantes en milieu pulaar. Mais la geste du jihâd déborde le modèle peul traditionnel, là où l'Islam affirme sa présence. L'analyse littéraire du corpus occupe la deuxième partie du livre. L'étude du héros et des personnages conjoints éclaire certains mécanismes d'islamisation de l'épopée peule traditionnelle. Enfin, la dernière partie, consacrée à l'édition de textes, donne la transcription et la traduction annotée des principales pièces inédites du corpus.

    Samba Dieng est professeur titulaire au Département de Lettres modernes de la Faculté des Lettres et Sciences humaines de l'Université Cheikh Anta Diop (Dakar). Spécialiste de l'Islam et expert en soufisme, il a déjà publié à Dakar, sur le même thème, El-Hadj Omar la perle de l'Islam (2010) et Sur les traces d'El-Hadj Omar (2009) aux Nouvelles Éditions africaines du Sénégal (Dakar).

  • Faire silence sur la couleur de la peau, sur les origines serviles des habitants alors que la majorité de la population libre descendait d'esclaves, était l'idéal affiché au Brésil nouvellement indépendant du Portugal en 1822. Pourtant, ce livre, prix des Archives nationales brésiliennes en 1993, et pionnier dans la recherche sur la construction juridique et sociale des catégories de couleur, démontre tout le contraire. La question raciale est demeurée au coeur de la société brésilienne. Le silence autour de l'esclavage a de fait contribué à la racialisation et au renforcement du racisme.
    Ce livre est d'une brûlante actualité car la mémoire de l'esclavage a nourri au Brésil des demandes de droits spécifiques, des politiques publiques de discrimination positive et de réparation, mais aussi d'intenses polémiques au cours des deux dernières décennies :
    Quels enseignements pouvons-nous en tirer aussi bien en matière épistémologique que politique ? La mémoire de l'esclavage résistet- elle au politique ou s'en joue-t-elle ?

  • Les auteurs (de gauche à droite) : Richard Chateau-Degat, Georges B. Mauvois, Jean-Pierre Sainton, Raymond Boutin, Lydie Ho Fong Choy Choucoutou. Où et quand débute notre histoire ? Tout n'a pas commencé en 1492 ou en 1635. Le temps des genèses aborde l'histoire des Petites Antilles dans sa continuité, des origines amérindiennes jusqu'au basculement du monde et au choc de la colonisation qui conduisent à la mise en place des sociétés d'habitation esclavagistes au courant du XVIIe siècle. Le présent ouvrage propose une architecture d'ensemble, une histoire sociale de l'archipel étudiée sous l'angle des structures et des dynamiques. Il invite à un recentrage du regard qui ne signifie pas pour autant repli, isolement et séparation. Il s'agit de rétablir chaque île dans son unité constitutive avec son entour et avec le monde et d'inscrire l'évolution de l'archipel dans le mouvement général de l'histoire. Ce livre est le premier tome d'un ensemble prévu en 5 volumes. « La valeur de ce manuel d'histoire repose sur la variété et l'étendue des sources. C'est aussi un travail résultant du croisement de l'histoire, de l'archéologie, de la géographie, de l'ethnologie, de la linguistique. Le résultat de cette croisée nous restitue une histoire de l'homme dans son environnement caribéen, occupant de la mer aussi bien que des terres. » Préface de Sir Roy Augier, professeur émérite à l'Université des West Indies (Jamaïque) et président du Comité éditorial de la General History of the Caribbean (éditée sous le patronage de l'UNESCO). Déja paru : Le temps des matrices. Économie et cadres sociaux du long XVIIIe siècle.

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