La Decouverte

  • À la fois concis et ambitieux, ce livre retrace l'histoire de la lutte des Noirs américains pour l'égalité et la citoyenneté dans les années 1950 et 1960. S'émancipant d'une histoire focalisée sur les figures iconiques comme Rosa Parks ou Martin Luther King, Thomas Holt propose une histoire from below (« par en bas ») qui met les anonymes au centre de la narration pour mieux restituer les logiques profondes du « Mouvement ».
    Symboliquement, l'auteur débute son récit en 1944 par le geste de sa propre grand-mère Carrie s'asseyant à l'avant d'un bus, espace réservé aux Blancs. Loin d'en faire une héroïne, l'auteur rappelle qu'il y eut de nombreux actes de rébellion semblables. Ces multiples actions individuelles, souligne-t-il, permirent l'émergence du Mouvement des droits civiques qui allait s'épanouir au cours de la décennie suivante.
    À côté d'un récit précis des faits majeurs, Thomas Holt montre donc que la résistance a été animée avant tout par des citoyens ordinaires, souvent des femmes, ouvrant la voie aux mouvements féministes de l'après-Seconde Guerre mondiale. Cet ouvrage constitue un apport précieux à l'étude des résistances à l'oppression raciale et une boussole pour penser notre présent et envisager l'avenir.

  • L'Afrique subsaharienne est le berceau de l'humanité, et son histoire la plus vieille du monde. Ce petit livre, qui se destine à un public curieux mais non spécialiste, se nourrit d'un demi-siècle de travaux fondamentaux portant sur la question. Non seulement il fait le point sur une histoire au moins aussi variée et passionnante que celle des autres continents, mais il s'attache à déconstruire un à un les grands clichés qui continuent de nourrir les imaginaires occidentaux ; ceux qui font de l'Afrique un continent subalterne, à part, irrémédiablement à la traîne.
    Or l'Afrique, depuis toujours, influe sur le reste du monde. Elle lui a fourni main-d'oeuvre, or et matières premières, qui ont joué un rôle essentiel, aujourd'hui encore méconnu, dans la mondialisation économique. Elle a développé, au fil des siècles, un savoir parfaitement adapté à ses conditions environnementales, savoir qui fut taillé en pièces par l'extrême brutalité de la colonisation, pourtant si brève au regard de l'histoire longue.
    Mais si on lui a beaucoup pris, l'Afrique a aussi donné, avec une formidable vitalité. 

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  • Les révoltes populaires du passé peuvent-elles contribuer à éclairer celles d'aujourd'hui ? La question s'est posée lors du mouvement des Gilets jaunes, qui n'entrait dans aucune grille d'analyse préétablie. Les Gilets jaunes sont-ils des Jacques, des sans-culottes, des poujadistes ? Aller au-delà de ces raccourcis, étudier les apports de l'historiographie des révoltes sur huit cents ans, au fil de l'affermissement et des transformations de l'État moderne, ont paru nécessaire. Des grandes études fondatrices aux recherches récentes des historiens et des sociologues, les approches ont été renouvelées avec l'apparition de mouvements sociaux de milieux populaires en marge ou en rupture avec les corps intermédiaires tels que les syndicats.
    Contre qui et contre quoi se lèvent les révoltés ? Qui sont-ils, qui sont-elles ? Comment s'exprime leur révolte ? Face à la révolte, quelles sont les réactions de la société, des autorités ? Les révoltes des Gilets jaunes comme celles des jeunes des quartiers populaires s'inscrivent, avec leurs spécificités, dans une histoire longue des révoltes en France.

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  • Martin Luther King, Malcolm X, Rosa Parks. Dans la mémoire collective, ces trois noms résument trop souvent à eux seuls le long combat des Noirs américains pour l'égalité, la justice et la dignité. Au-delà du récit convenu centré sur ces grandes figures héroïques, ce livre retrace la lutte des Africains-Américains, depuis l'émancipation des esclaves en 1865 jusqu'au mouvement Black Lives Matter aujourd'hui, en redonnant toute leur place aux acteurs - et aux actrices - anonymes mais essentiels de cette histoire inachevée.
    Proposant une analyse globale des mouvements de revendications noirs, l'auteure décrit avec talent la longue sortie de la ségrégation dans l'ancien Sud esclavagiste et les luttes radicales engagées par les Noirs pour y mettre un terme. Mais elle raconte aussi une histoire moins connue : celle de l'« apartheid américain » dans le Nord et l'Ouest et des mobilisations quotidiennes des Africains-Américains pour l'amélioration de leurs conditions de vie.

  • Synagogues, bains rituels, rues, cimetières, graffitis, parchemins..., depuis le XIXe siècle, les archéologues exhument des traces matérielles du judaïsme en France, mais c'est le développement de l'archéologie préventive qui, dans les années 1990, a permis de mettre au jour une série de nouveaux sites.
    Ces vestiges éclairent la présence juive durant l'Antiquité, complètent les rares informations sur le premier Moyen Âge, enrichissent la connaissance des innombrables juiveries médiévales que comptait le royaume avant les expulsions des XIIe, XIVe et XVIe siècles, illustrent les communautés « résilientes » (Alsace, Avignon, Comtat Venaissin) ou se reconstituant au XVIe siècle (côte aquitaine, Lorraine), et apportent des données originales sur les juifs de France, de l'Émancipation en 1791 à l'époque actuelle.
    Retraçant les prémices et le développement de l'archéologie juive en France, cet ouvrage dresse un état des connaissances en s'appuyant également sur les archives textuelles, l'épigraphie, la topographie urbaine, la toponymie, le patrimoine bâti et l'art, pour restituer sa place dans l'histoire de France à une communauté très ancienne. Ainsi la présence juive se dévoile-t-elle, de découverte en découverte, contribuant à donner une visibilité à ce « point aveugle » du récit national.

  • Cet ouvrage explore une séquence à la fois proche et lointaine de la société française, de 1968 à 1995. Des grandes grèves de 1968 au mouvement social de 1995 contre le plan Juppé, c'est une période que bien des lecteurs ont traversée, mais que les plus jeunes ignorent ou méconnaissent.
    L'auteur a le souci de restituer le cadre de cette époque et les évolutions structurelles (urbanisation, désindustrialisation, etc.) qui l'ont marquée sans négliger les « petites madeleines » familières aux plus anciens : le Minitel ou le Walkman, la victoire de Yannick Noah à Roland-Garros en 1983 ou la Camif.
    Ce livre met également en lumière des éléments rarement considérés : l'importance des Portugais ou des Turcs dans l'immigration, les mobilisations des personnes en situation de handicap dans l'après-68 ou encore la consistance du conservatisme dans une France qui subit une crise au long cours. Bien que ces décennies soient encore dans beaucoup de mémoires, cette histoire permet de les redécouvrir.

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  • On appelle généralement « sécularisation » le phénomène qui aurait vu les sociétés occidentales sortir du règne de l'hétéronomie et entrer dans l'ère de l'histoire et de l'autonomie. Dès lors les humains, guidés par la Raison, auraient construit un monde libéré des croyances et des superstitions.
    C'est une tout autre histoire que raconte ce livre, une histoire dans laquelle la proclamation d'un monde sans Dieu est le fruit d'une « impérialité » hantant l'Europe et ses colonies depuis l'échec de la réunification de l'Empire chrétien par Charles Quint - un monde impérial qui s'annonce, dès la fin du XVIIIe siècle, comme le seul ayant dépassé les religions et ainsi capable de les réconcilier. Mais cette affirmation n'est possible qu'au prix de la racialisation de l'islam et de sa réduction à un universalisme concurrent, insécularisable et irrémédiablement « fanatique », ouvrant ainsi la voie à l'expansion européenne vers l'Afrique et l'Asie.
    Outre la dimension raciale de la sécularisation, ce livre en met au jour une seconde, écologique celle-là. En l'absence d'un Royaume de l'au-delà, la Terre devient le seul monde « sacré », et l'exploitation de ses sols et sous-sols la source unique de la légitimité de l'Empire. Aiguisée par les rivalités interimpériales (entre la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne), la ruée sur les biens terrestres s'est peu à peu muée en destruction de l'écosystème global. Ainsi pouvons-nous faire remonter la crise climatique à ce surgissement impérial-séculier et qualifier l'ère qu'il a ouverte de « Sécularocène ». C'est la critique du Ciel qui a bouleversé la Terre.

  • Après 1988, l'Algérie a connu plus de dix ans d'une terrible guerre à la suite de l'interruption par l'armée de la première expérience démocratique du monde arabe qui a brièvement profité au Front islamique du salut (FIS). Dans les années 2000, l'Algérie d'Abdelaziz Bouteflika a lentement retrouvé la paix grâce à la rente des hydrocarbures, mais au prix d'une absence de justice et du mensonge. À l'armée, principale détentrice du pouvoir, se sont alors agrégés de plus en plus les milieux d'affaires qui ont profité de la libéralisation économique. La corruption a explosé.
    En 2019, une mobilisation populaire pacifique, inédite par son ampleur et sa durée, le hirak, a demandé que ce régime « dégage ». Après le départ de Bouteflika, l'armée a engagé une transition factice pour reconduire un régime à bout de souffle, ouvrant une nouvelle période à l'issue incertaine. Aucune alternative politique claire ne semblait se faire jour, alors que les perspectives économiques s'assombrissaient. C'est cette évolution de trois décennies d'une Algérie contemporaine très contradictoire que cet ouvrage retrace de manière chronologique.

  • Sommes-nous africains ? Qu'est-ce que l'Afrique ? De cette double interrogation, née au XVIIIe siècle dans la diaspora africaine déportée aux Amériques, a émergé un vaste mouvement intellectuel, politique et culturel qui a pris le nom de panafricanisme au tournant du XXe siècle. Ce mouvement a constitué, pour les Africains des deux rives de l'Atlantique, un espace privilégié de rencontres et de mobilisations.
    De la révolution haïtienne de 1791 à l'élection du premier président noir des États-Unis en 2008 en passant par les indépendances des États africains, Amzat Boukari-Yabara retrace, dans cette ambitieuse fresque historique, l'itinéraire singulier de ces personnalités qui, à l'image de W.E.B. Du Bois, Marcus Garvey, George Padmore, C.L.R. James, Kwame Nkrumah ou Cheikh Anta Diop, ont mis leur vie au service de la libération de l'Afrique et de l'émancipation des Noirs à travers le monde. Mêlant les voix de ces acteurs de premier plan, bientôt rejoints par quantité d'artistes, d'écrivains et de musiciens, comme Bob Marley ou Miriam Makeba, la polyphonie panafricaine s'est mise à résonner aux quatre coins du « monde noir », de New York à Monrovia, de Londres à Accra, de Kingston à Addis-Abeba.
    Les mots d'ordre popularisés par les militants panafricains n'ont pas tous porté les fruits espérés. Mais, à l'heure où l'Afrique est confrontée à de nouveaux défis, le panafricanisme reste un chantier d'avenir. Tôt ou tard, les Africains briseront les frontières géographiques et mentales qui brident encore leur liberté.

  • « Le problème du XXe siècle est le problème de la ligne de partage des couleurs. » Telle est l'intuition fondamentale de W. E. B. Du Bois dans Les Âmes du peuple noir, oeuvre majeure de la littérature nord-américaine. Dans ce recueil d'essais publié en 1903, Du Bois évoque avec une puissance inégalée l'étendue du racisme américain et donne à voir au monde la réalité de l'expérience quotidienne africaine-américaine dans l'Amérique de la ségrégation. Cette nouvelle traduction montre, inscrits dans la langue, tous les enjeux philosophiques d'un texte qui se veut également littéraire.
    L'écriture élégante et passionnée de Du Bois tisse les souvenirs autobiographiques et les paraboles épiques avec les analyses historiques et sociologiques, construisant ainsi l'unité culturelle et politique du peuple noir à partir de la multiplicité de ses âmes individuelles. Ce livre a inspiré l'essentiel de la conscience collective noire et des mouvements en faveur des droits civiques dans les années 1960, et continue d'avoir un retentissement considérable au sein de la communauté africaine-américaine et au-dehors.

  • La décolonisation africaine n'aura-t-elle été qu'un accident bruyant, un craquement à la surface, le signe d'un futur appelé à se fourvoyer ? Dans cet essai critique, Achille Mbembe montre que, au-delà des crises et de la destruction qui ont souvent frappé le continent depuis les indépendances, de nouvelles sociétés sont en train de naître, réalisant leur synthèse sur le mode du réassemblage, de la redistribution des différences entre soi et les autres et de la circulation des hommes et des cultures. Cet univers créole, dont la trame complexe et mobile glisse sans cesse d'une forme à une autre, constitue le soubassement d'une modernité que l'auteur qualifie d'« afropolitaine ».

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  • Une vaste fresque synthétique de la période coloniale (1830-1962) qui rend compte notamment des travaux les plus récents. Ce livre, écrit principalement par des historiens (algériens, français et d'autres nationalités), met à disposition des lecteurs du plus large public une histoire partagée et critique de cette période historique, qui tienne compte des interrogations actuelles des sociétés sur ce passé.

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  • En 1904, un « inspecteur général de l'éducation » de Lawton (Oklahoma) rencontra un vieil Indien, prisonnier de guerre et déporté, loin de son Arizona natal, à Fort Sill où il finissait ses jours en cultivant des pastèques : il s'agissait du célèbre chef apache Géronimo qui avait tenu en respect victorieusement, des années durant, les meilleures troupes et les plus glorieux généraux des États-Unis. Des liens se nouèrent entre eux, sinon d'amitié (vu la méfiance légitime de l'Apache), du moins de respect mutuel. C'est ainsi que Géronimo accepta de raconter sa vie à S. M. Barrett, ce qui nous permet de lire aujourd'hui ce témoignage du génocide qui marqua la « conquête de l'Ouest ».
    L'Apache chiricahua Go Khla Yeh (1829-1909), surnommé par ses adversaires mexicains Géronimo, est le plus célèbre des grands chefs de la résistance indienne.

  • Dans l'amas des archives de la principale institution chargée de l'histoire et de la mémoire du génocide au Rwanda, plusieurs liasses de fragiles petits cahiers d'écoliers renfermaient dans le silence de la poussière accumulée les récits d'une centaine d'enfants survivants.
    Rédigés en 2006 à l'initiative d'une association rwandaise de rescapés, dans une perspective testimoniale et de catharsis psychologique, ces témoignages d'enfants devenus entre-temps des jeunes hommes et des jeunes femmes, racontent en trois scansions chronologiques souvent subverties ce que fut leur expérience du génocide, de la « vie d'avant » puis de la « vie d'après ». Leurs mots, le cruel réalisme des scènes décrites, la puissance des affects exprimés, livrent à l'historien une entrée incomparable dans les subjectivités survivantes et permettent, aussi, d'investir le discours et la gestuelle meurtrière de ceux qui éradiquèrent à jamais leur monde de l'enfance.
    Le livre tente une écriture de l'histoire du génocide des Tutsi à hauteur d'enfant. Il donne à voir et à entendre l'expression singulière d'une expérience collective, au plus près des mots des enfants, au plus près du grain de la source. Tentative historiographique qui est aussi une mise à l'épreuve affective et morale pour l'historienne face à une source saturée de violence et de douleur. Loin des postulats abstraits sur l'« indicible », le livre propose une réflexion sur les conditions rendant audibles les récits terribles d'une telle expérience de déréliction au crépuscule de notre tragique XXe siècle.

  • En 1723, le Parlement anglais adopte une loi terrible, le Black Act, qui punit de pendaison le braconnage des cerfs dans les forêts royales et les parcs seigneuriaux. La peine de mort est bientôt étendue au simple fait de venir y ramasser du bois ou de la tourbe. Cet épisode s'inscrit dans la longue histoire de la résistance paysanne face à la montée d'une conception de plus en plus exclusive de la propriété, qui grignote peu à peu les anciens droits d'usage coutumiers, et réduit les plus faibles à la misère. Il illustre la violence de la domination sociale dans l'Angleterre du XVIIIe siècle, où l'oligarchie règne par la loi du profit et la corruption. L'analyse magistrale qu'en donne le grand historien britannique Edward P. Thompson montre comment s'impose, dans l'arène juridique, l'individualisme possessif face aux droits collectifs. Elle fait revivre la brutalité du pouvoir des notables, et la détermination des braconniers, perdants magnifiques : la « guerre des forêts » est aussi une lutte de classes sans merci.

  • La révolution de février 1848 a mis fin à la monarchie de Juillet et inauguré la brève expérience de la IIe République. Mais trois mois après cet immense espoir, l'armée et les gardes mobiles ont brisé l'insurrection d'ouvriers et d'artisans parisiens, barricadés dans l'est de la ville. Pendant plusieurs jours, la République a bombardé et massacré les insurgés : 3 500 morts officiels, plus de 10 000 selon des témoins. À ces victimes s'ajoutent un grand nombre de déportés au bagne ou ailleurs. C'est cette histoire tragique et oubliée que restitue ce livre.
    À partir d'un étonnant corpus documentaire, les auteurs montrent en quoi les événements de juin 1848, plus précisément, constituent un moment clé pour comprendre la mise en berne des utopies surgies de l'inachèvement de la Révolution française. En s'appuyant sur les récits de témoins, ils rendent compte de ce temps d'ouverture exceptionnelle à l'espérance et à la liberté de pensée, tout en retraçant la succession des drames qui ont conduit du rêve au cauchemar. Ce livre met en scène la fabrique de l'histoire à travers les perceptions qui se croisent, de manière souvent aveugle, dans le feu de l'action.

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  • Georges Corm, dont les travaux sur le Proche-Orient contemporain et les rapports entre Europe et Orient sont devenus des références incontournables, propose ici une vision synthétique et vivante de l'histoire du Moyen-Orient depuis la plus haute Antiquité, c'est-à-dire bien avant l'apparition de l'islam. Il rappelle ainsi utilement ce qu'il appelle la « géologie des cultures », ces différentes couches anthropologiques sur lesquelles l'Islam a bâti une des grandes civilisations de l'histoire de l'humanité. Le Moyen-Orient apparaît ainsi dans la diversité de ses patrimoines culturels, avec les ruptures et continuités entre les empires et les civilisations qui ont marqué son histoire.
    Pour mieux dépeindre la complexité de cette région du monde ouverte sur trois continents, l'auteur présente les « socles géographiques » sur lesquels se sont bâtis ces empires : le socle anatolien, le socle iranien et mésopotamien, le socle égyptien. Grâce à cette approche, il devient enfin possible de sortir des amalgames entre des peuples de langues différentes, mais en interaction permanente : Iraniens, Turcs et Arabes, aujourd'hui confondus dans la « nébuleuse islamique ». Enfin, les dynamiques malheureuses des rapports entre l'Occident et le Moyen-Orient, ainsi que la décadence de cette région depuis deux siècles, sont explicitées de façon claire et objective, prenant en compte les facteurs sociaux et économiques si souvent négligés dans la littérature sur l'islam et le monde musulman.

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  • Cinquante ans après la pseudo-indépendance accordée au Cameroun le 1er janvier 1960, et après quatre ans d'enquête, le récit d'une guerre cachée que la France y a menée, de 1955 à 1971. Coloniale, puis néocoloniale, cette guerre a fait des dizaines de milliers de victimes, peut-être bien davantage.

    Dans les années 1950 et 1960, les dirigeants français ont mené au Cameroun une guerre secrète. Pour garder la mainmise sur ce pays clé de son empire, la France a inventé une politique africaine néocoloniale. Alors qu'elle écrasait dans le sang le mouvement nationaliste porté par l'Union des populations du Cameroun (UPC), elle octroya au pays une « indépendance » de façade et plaça à sa tête une dictature « amie ».
    S'appuyant sur d'innombrables témoignages et sur des milliers d'archives, les auteurs détaillent les étapes de cette guerre méconnue. Ils racontent comment furent assassinés, un à un, les leaders de l'UPC : Ruben Um Nyobè en 1958, Félix Moumié en 1960 et Ernest Ouandié en 1971. Ils montrent comment l'administration et l'armée françaises, avec leurs relais locaux, ont conduit une effroyable répression : bombardements des populations, escadrons de la mort, lavage de cerveau, torture généralisée, etc. Et ils expliquent finalement pourquoi cette guerre, qui a fait des dizaines de milliers de morts, a transformé le Cameroun en laboratoire de la « Françafrique », ce pacte néocolonial grâce auquel les élites françaises et africaines s'accaparent les richesses du continent et privent les peuples de leurs droits.

  • Ce fort volume de La Découverte de l'Amérique constitue l'édition la plus complète des écrits de Christophe Colomb (1451-1506), et la seule accessible à l'heure actuelle au format poche. Il réunit, entre autres textes, le journal de bord du premier voyage (1492-1493) et les relations des trois voyages suivants (1494-1505), enrichis des écrits et des documents historiquement essentiels, comme ceux du fameux « Livre des prophéties », qui éclairent notre compréhension et notre connaissance de Colomb. La figure à la fois énigmatique et fascinante de celui qui fit basculer l'histoire du monde se dégage de ces textes dans toute sa grandeur, ses contradictions, sa complexité.
    La présentation de cette édition précise l'apport personnel de Michel Lequenne aux études colombiennes : il montre que Colomb cherchait moins à atteindre les « Indes », c'est-à-dire l'Asie, qu'un véritable continent encore inconnu. Il ne douta pas de l'avoir découvert, mais crut toujours que ce Nouveau Monde était sud-asiatique ; il ignora que c'était le double continent que nous appelons Amérique. Désormais, nul ne pourra plus méconnaître la personnalité complexe d'un homme ni héros ni saint, exalté certes par les découvertes de ses voyages mais avide de richesse, un homme de son temps, porteur aussi des plus grandes utopies.

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  • Étrange pays que ce grand État chiite, qui n'a jamais rompu avec son passé pré islamique et qui, malgré son particularisme - son insularité, disent certains -, a toujours exercé un rayonnement culturel bien au-delà de ses frontières. Curieux destin que celui de ce vieil empire aujourd'hui entouré de jeunes États, objet pendant tout le XIXe et le début du XXe siècle de rivalités entre puissances russe et britannique, et qui est aussi la première nation du Moyen-Orient à s'être dotée d'une Constitution moderne obtenue à la suite d'une révolution dès 1906.
    Précurseur dans la nationalisation de ses ressources pétrolières, l'Iran est également le premier pays à connaître une révolution islamique qui provoque un séisme politique sans précédent à travers le monde musulman et au-delà. Aujourd'hui, alors que ses voisins tentent d'endiguer la montée de l'islamisme radical, il cherche la voie pour sortir d'une révolution religieuse.
    L'histoire contemporaine de l'Iran, à la fois laboratoire politique pour le monde et nation à part, du point de vue identitaire et historique, vaut d'être connue. Le présent ouvrage a pour ambition d'initier le lecteur à cette histoire foisonnante et méconnue de l'Iran des deux derniers siècles (1796-2017).

  • Le Viêt-Nam, connu pour sa lutte héroïque pour l'indépendance, fut un des grands mythes du XXe siècle. Entre décolonisation et guerre fratricide, son histoire apparaît comme exemplaire mais que sait-on de ses fractures internes ? Quels furent les chemins des possibles pour ce pays colonisé et décolonisé dans la violence ? Quelles furent ses sources d'inspiration ? Quels types de révolutions et de guerres ce pays a-t-il traversé au cours du XXe siècle ? Cet ouvrage nous convie à une exploration inédite du Viêt-Nam « vu de l'intérieur » de l'empire démantelé pendant le XIXe siècle à l'État-nation réunifié d'aujourd'hui. Cette perspective permet de mieux comprendre le fonctionnement du pays, dirigé par un État-Parti, et de penser plus largement le Viêt-Nam contemporain dans un monde asiatique confronté à la puissance chinoise et la mondialisation. Pour accompagner ce récit, l'auteur mobilise des documents et des sources peu connus et propose des encadrés sur des thématiques clés.

  • La légende veut que la France, « patrie des droits de l'homme », ait généreusement offert l'indépendance à ses anciennes colonies d'Afrique noire en 1960. Ce livre raconte une tout autre histoire : celle d'une guerre brutale, violente, meurtrière, qui a permis à Paris d'inventer un nouveau système de domination : la Françafrique.
    Cette guerre secrète a pour théâtre le Cameroun des années 1950 et 1960. Confrontées à un vaste mouvement social et politique, porté par un parti indépendantiste, l'Union des populations du Cameroun (UPC), les autorités françaises décident de passer en force. En utilisant les mêmes méthodes qu'en Algérie (torture, bombardements, internements de masse, action psychologique, etc.), elles parviennent en quelques années à éradiquer militairement les contestataires et à installer à Yaoundé une dictature profrançaise.
    En pleine guerre froide, et alors que l'opinion française a les yeux tournés vers l'Algérie, la guerre du Cameroun, qui a fait des dizaines de milliers de morts, est à l'époque passée inaperçue. Elle a ensuite été effacée des mémoires par ceux qui l'ont remportée : les Français et leurs alliés camerounais. Le crime fut donc presque parfait : les nouvelles autorités camerounaises ont repris les mots d'ordre de l'UPC pour vider l'« indépendance » de son contenu et la mettre au service... de la France ! Mais la mémoire revient depuis quelques années. Et les fantômes du Cameroun viennent hanter l'ancienne métropole. Laquelle, de plus en plus contestée sur le continent africain, devra tôt ou tard regarder son passé en face.

  • Pendant la dictature stalinienne, la police politique enferma au Goulag et soumit au travail forcé plus de 28 millions de personnes. Les répressions contre les opposants politiques et les campagnes pour purger et discipliner la population soviétique alimentèrent camps et villages d'exil pendant trente ans (1930-1960). Composant une main-d'oeuvre corvéable à merci, détenus et exilés furent au service d'une entreprise productiviste sans précédent.
    Comment expliquer l'importance du Goulag dans les dynamiques de croissance extensive en URSS ? Quel type de société s'est formé dans les camps et en exil ? Quelle influence ce système pénitentiaire a-t-il exercé sur la société soviétique ? Pourquoi et comment les compagnons de Staline ont-ils démantelé le Goulag après sa mort en 1953 ?
    L'expérience du Goulag dépasse le cadre de la seule histoire de l'URSS : elle concerna non seulement des Soviétiques de toutes nationalités, mais aussi des millions d'Européens et d'Asiatiques. À ce titre aussi, elle est au coeur de l'histoire du XXe siècle.

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