Les Indes Savantes

  • Le travail forcé fut durant un demi-siècle omniprésent dans l'Empire colonial français : dès son introduction à travers le « régime de l'indigénat » vers 1887 jusqu'à son abolition en 1946, le travail forcé fut un élément clef du colonialisme français au xxe siècle.
    La première partie documente les différentes formes du travail forcé dans les « quatre empires » : Afrique occidentale française (AOF), Afrique équatoriale française (AEF), Madagascar et Indochine, de son introduction par le régime de l'indigénat, en passant par les « prestations » en AOF, les « réquisitions » en AEF, les « recrutements » à Madagascar et les « engagements » en Indochine.
    La seconde partie de l'étude retrace l'évolution du travail forcé durant quatre régimes successifs après son abolition par la Société des Nations :
    La légalisation par la IIIe République en 1930, en passant par les réformes du Front populaire et le durcissement sous le régime de Vichy, jusqu'à son abolition par la France libre en 1946.

  • Depuis les années 1990, sévit, dans les cercles du pouvoir et certains courants de pensée chinois, un anti-occidentalisme interprété ici comme l'expression d'un nationalisme rétrograde, ou encore comme un refus de la démocratie dont l'Occident serait le parangon ; mais quelle que soit sa part de vérité, cette vision assez réductrice en dit aussi long sur la sinophobie sévissant dans l'Hexagone depuis que la page de ferveur maoïste a été refermée à la fin des années 1970. En effet, la distanciation, voire l'hostilité chinoise à l'égard de « l'Occident » recouvrent une grande variété d'attitudes, allant du nationalisme, de fait, le plus étriqué et xénophobe à une émancipation du surmoi occidental qui surplombe l'histoire intellectuelle chinoise depuis plus d'un siècle : en un mot, il s'agit d'un phénomène intellectuel beaucoup plus complexe que ce que son apparence binaire, opposant la Chine à l'Occident, laisse a priori penser.

  • Six des huit textes proposés dans cet ouvrage sont des biographies d'une ouvrière et d'ouvriers du xixe siècle qui travaillaient dans le secteur du livre (Proudhon compris) et qui ont joué un rôle important dans les luttes sociales et politiques qui ont eu lieu tout au long de ce siècle : travail des femmes, Chambre syndicale, restaurants ouvriers, associations diverses, journaux, entre autres.
    Les travailleurs de la presse ont été très souvent à l'avant-garde des combats révolutionnaires. Peut-être parce que leur travail a la particularité de contribuer à la diffusion de la connaissance ? Les ouvriers du Livre participèrent activement à la Révolution de 1848, et à la Commune de Paris en 1871 : deux études développent leur rôle dans ces événements politiques et révolutionnaires.

  • Révolte indienne... À cette évocation, plusieurs images hétéroclites viennent immédiatement à l'esprit : la photographie du chef apache Geronimo posant avec son fusil en 1887, une image en gloire du grand leader néo-inca Tupac Amaru II dans un manuel d'Histoire du Pérou, ou le passe-montagne du sous-commandant Marcos et des insurgés mayas du Chiapas en 1994. Les mouvements recouverts par de telles images ont pourtant peu à voir les uns avec les autres. Ce livre vise à déjouer le piège des mots : l'accusation de « révolte » ou de « rébellion » était le plus souvent une arme rhétorique du pouvoir destinée à disqualifier et à niveler en le criminalisant tout mouvement de contestation de l'ordre colonial. Les textes réunis dans ce volume, qui confrontent les Amériques espagnole et française du xvie siècle à nos jours, cherchent au contraire à restituer les logiques politiques des principaux intéressés. Ils visent en quelque sorte à rendre la parole aux « révoltés » pour reconstruire chacun des soulèvements, des guerres, des insurrections ou des résistances, masqués par une catégorie trop vague et surdéterminée.

  • Chaque année, l'Institut de recherche sur l'Asie du Sud-Est contemporaine (IRASEC), basé à Bangkok, mobilise une vingtaine de chercheurs et d'experts pour décrypter l'actualité régionale. L'Asie du Sud-Est - véritable carrefour économique, culturel et religieux - constitue un espace unique d'articulation des diversités sur la longue durée et le demeure plus que jamais aujourd'hui. Cette collection permet de suivre au fil des ans l'évolution des grands enjeux contemporains de cette région continentale et insulaire de plus de 650 millions d'habitants et d'en comprendre les dynamiques d'intégration régionale et de connectivités avec le reste du monde.
    L'Asie du Sud-Est 2021 propose une analyse synthétique et détaillée des principaux événements politiques, économiques, sociaux, environnementaux et diplomatiques survenus en 2020 dans chacun des onze pays de la région, complétée par un focus sur deux personnalités de l'année et une actualité en image marquante. L'ouvrage propose également quatre dossiers thématiques qui abordent des sujets traités à l'échelle régionale : les villes de la Nouvelle route de la soie, la place des paysanneries dans les dynamiques agraires et foncières dans la région du Mékong, les trafics des biens culturels, ainsi qu'un débat interdisciplinaire sur l'Asie du Sud-Est à l'épreuve de la Covid-19. Des outils pratiques sont également disponibles, dont une fiche et une chronologie par pays et pour la région et l'ASEAN, et un cahier réunissant les principaux indicateurs démographiques, sociaux, économiques et environnementaux.

  • La Chine a été le plus souvent, dans sa longue histoire, une entité politique, économique et culturelle active sur la scène mondiale.
    Pourtant, malgré l'importance de sa superficie, et alors que l'on évoque souvent le « sous-continent indien », un terme semblable n'a jamais été appliqué à la Chine puisque l'on ne parle jamais de sous-continent chinois. La Chine elle-même se considère comme étant très importante puisqu'elle se fait appeler Le pays du Milieu, sous-entendant du Monde.
    D'une façon similaire à Rome et à Athènes, la Chine a souvent désigné les populations au-delà de ses frontières par des termes à connotations péjoratives : les barbares, les diables étrangers ou les pirates. Ces termes impliquaient que la civilisation était à l'intérieur de ses frontières.
    La taille, la puissance et la culture de la Chine ont joué un rôle majeur à l'extérieur de son territoire dans le mouvement des populations, des marchandises, des idées. Ce sont ces mouvements, tant internes qu'externes, que les auteurs ont étudiés dans cet ouvrage ; les travaux traitant des relations, des contacts et de l'influence de la Chine avec l'extérieur déjà publiés occuperaient une bibliothèque. Cet ouvrage a le grand mérite de souligner d'une part, par la variété des domaines étudiés, l'ampleur et la qualité des relations de la Chine avec l'extérieur ;
    D'autre part l'interaction de ces relations, la Chine absorbant de son côté des influences extérieures dans tous les domaines : religieux, économiques et techniques, culturels...

  • L'histoire de la colonie de New York ne peut être dissociée de celle de l'esclavage. En effet, l'esclavage fut implanté dès l'arrivée des premiers colons néerlandais en 1624 et se développa parallèlement à la colonie, s'étendant dans les régions rurales autour de l'île de Manhattan et s'ancrant à tous les niveaux de cette jeune société coloniale. Si le statut de l'esclave n'était pas encore véritablement codifié à l'époque néerlandaise, il le fut progressivement après la conquête anglaise de 1664 jusqu'en 1712, date de la première révolte d'esclaves sur le continent nord-américain. Ce cadre législatif qui liait indéfectiblement le statut servile à la couleur de peau façonna les mentalités et renforça les préjugés raciaux que les colons avaient hérités de la Renaissance.
    Or, la rigidité de ce cadre ne put se conformer parfaitement à la réalité de l'environnement new-yorkais qui réclamait des esclaves une grande mobilité et une certaine autonomie et qui tolérait, depuis la période néerlandaise, la présence d'une communauté de Noirs libres, laquelle permit de conforter les esclaves dans leur volonté de s'affirmer culturellement et de résister à leur condition. Ainsi l'esclavage fut loin d'être cette « institution particulière » chère au Sud mais était répandu sur l'ensemble du territoire américain depuis ses origines.

  • Dans les années 1960, dans les zones contrôlées par le Front national de libération du Sud-Vietnam, des Français sont intimidés, rançonnés, enlevés. Pour garantir leur sécurité, le gouvernement français établit discrètement en 1965 un contact avec le Front. Un jeu diplomatique subtil s'engage : pour le Front, c'est élargir sa reconnaissance internationale au-delà du cercle des pays de la zone communiste et des pays du tiersmonde ; pour la France c'est amorcer un dialogue dont elle espère recueillir les fruits le jour, inéluctable, où un nouveau pouvoir s'installera à Saigon.
    Paris s'intéresse donc à la « troisième force », mouvance présente dans la classe politique sud-vietnamienne, dans l'émigration vietnamienne en France, mais aussi au sein du Front, qui est opposée au régime de Saigon appuyé par Washington. La France, qui conserve dans ce pays d'importants intérêts économiques et culturels, entend la soutenir pour écarter la menace d'une emprise communiste brutale.
    Grâce à cette relation, la France est le seul pays au monde à entretenir des relations diplomatiques ou quasi-diplomatiques avec les trois parties vietnamiennes au conflit : Hanoi, Saigon et le GRP. L'auteur en retrace la genèse, l'évolution, les soubresauts.
    30 avril 1975 : à l'entrée dans Saigon des forces armées nordvietnamiennes, le régime sudiste s'effondre. Les premiers mois de la nouvelle administration, sur lesquels l'auteur apporte un éclairage inédit, révèlent l'inconsistance du GRP et l'emprise du Nord communiste.
    Il y a donc lieu de s'interroger : les options de la France étaient-elles pertinentes ?

  • Les liens étroits et anciens qui lient Abe Shinzô (Premier ministre de décembre 2012 à septembre 2020), à Nippon kaigi, le plus puissant lobby nationaliste du Japon contemporain, expliquent qu'entre 2016 et 2017, au Japon, pas moins de sept ouvrages furent consacrés à ce groupe de pression. Cependant, jusqu'à présent, que ce soit en anglais ou en français, aucun livre n'a traité de ce sujet alors qu'il est pourtant essentiel à la compréhension de la vie politique japonaise.
    La présente étude est le fruit de sept années de recherche, basées essentiellement sur des documents de première main et sur un grand nombre d'interviews d'individus et d'organisations proches des milieux nationalistes japonais.
    L'ouvrage débute par un bref retour sur les principales étapes du nationalisme politique au Japon et se poursuit par une présentation détaillée de Nippon kaigi en tant que groupe de pression. Une analyse exhaustive du corpus idéologique de ce lobby, représentatif de celui des milieux nationalistes, met ensuite en lumière son unité et sa cohérence.
    Dans le chapitre suivant, l'influence réelle exercée par Nippon kaigi sur la vie politique est évaluée. Enfin, après avoir procédé à une analyse du rôle essentiel joué par différentes organisations religieuses au sein de ce groupe de pression, un état des lieux du nationalisme politique dans le Japon contemporain est proposé.

  • Les relations entre l'empire du Milieu et le Nanyang - communément nommé Asie du Sud-Est depuis la deuxième guerre mondiale - remontent à la nuit des temps historiques. Dès la dynastie des Han, qui conquit le Tonkin et l'Annam et, tout au cours des siècles suivant, un système de rapports s'établit entre le centre et ses confins que l'Occident qualifie volontiers de « tributaire ». Un concept que la bureaucratie confucéenne n'avait pas de mot pour le définir et qui, à ses yeux, traduisait « une institution complexe en elle-même et distincte des autres institutions de la société ». Les États du Sud-Est asiatique ne sont pas étrangers à l'empire, dans le cadre d'une « relation tributaire » qui était la seule normale.
    Dans ce système, le Fils du Ciel agit avec ses sujets comme un suzerain et traite ses vassaux comme des inférieurs. Celui qui souhaite entrer en relation avec la Chine devient un vassal. Il reçoit un sceau de son suzerain. Il participe ou se fait représenter, à la grande réception annuelle pour le jour de l'an. Il apporte un tribut et reçoit des cadeaux de l'empereur. Les visites des États lointains, moins fréquentes, doivent avoir lieu au moins une fois par dynastie. Le vassal envoie un de ses fils en otage. Ce dernier est élevé à la cour impériale aux frais de l'empereur.
    Il y apprend à respecter la puissance de l'empire et à s'imprégner de la culture chinoise.
    En donnant, en 1989, une leçon au Vietnam, coupable d'avoir envahi le Kampuchea (Cambodge), les dirigeants de la République populaire de Chine s'inscrivaient donc parfaitement dans l'esprit d'une tradition impériale.
    Un second trait spécifique des relations de la Chine avec les pays proches est la présence d'une diaspora, constituée au fil des temps et qui, au début du xxie siècle, représentait la très large majorité des Chinois d'outre-mer (25 millions en 2000 ; 35 en 2050 ?). Héritiers d'une histoire complexe où se mêlent des éléments ethniques, nationaux et culturels, leurs rapports avec les populations indigènes ont offert et offrent des situations variées allant de l'intégration totale à une coexistence pacifique et compétitive, sans qu'aient pu être évités, au cours d'une longue histoire, des heurts parfois d'une extrême violence.
    L'auteur analyse l'évolution de ces relations avec la fin de l'Empire chinois et des régimes coloniaux en Asie du Sud-Est, évolution marquée par des conflits nombreux, dont la place des minorités chinoises dans les nouveaux États n'est pas le problème le moins complexe.

  • Percligia a pour thème une révolte de derviches utopistes qui ébranla l'empire ottoman au xve siècle.
    Les recherches de l'auteur s'appuient sur des chroniques d'époque (celle de l'historien byzantin Doukas notamment) et se focalisent sur trois des protagonistes de cette insurrection : cheikh Bedreddine de Simavna, un juge militaire issu de l'élite ottomane acquis au soufisme panthéiste, Beurkludjè Mustafa, un paysan rebelle d'origine chrétienne et Torlak Kemal, un mystique errant très probablement d'origine juive. En 1936, le poète communiste turc Nâzim Hikmet a consacré une « épopée » à cette lutte dont s'inspirent encore aujourd'hui les mouvements d'opposition turcs et kurdes.

  • Parallèlement à son engagement en métropole dans la construction d'un État laïque, totalement séparé de toutes les formes d'Églises, le Grand Orient de France essaima des loges dans toutes les parties de l'Empire colonial français, et cela dès 1738, date à laquelle La Parfaite Union allumait ses feux à « l'Orient » de Saint-Pierre, en Martinique. En 1936 la loge Phénicia à Rayak au Liban, alluma les siens, et ce sera le dernier atelier à le faire, avant la Seconde Guerre mondiale. L'Obédience devait ensuite entrer dans les voies de l'exil, de la persécution et de la clandestinité. Le nombre maximum de loges actives relevé, fut atteint au début des années 1910, et juste avant la Première Guerre mondiale. Le GODF comptait alors 63 ateliers actifs au sein de l'Empire. Le plus grand nombre de loges se trouvait en Algérie, mais il en existait également dans pratiquement toutes les autres possessions françaises.
    Une large partie du livre est consacrée à une étude serrée de la composition des loges coloniales. On y trouve les lieux d'initiations, la durée des mandats des vénérables, les présidents de loges, les métiers des Maçons. Cette étude montrera que les frères maçons exerçaient pratiquement toutes les formes de métiers et que les initiations, n'étaient pas réservées à une élite sociale, mais au contraire à une élite du coeur et à la vertu républicaine.

  • Ce sont deux mille ans d'histoire khmère qui sont ici abordés.
    Cet ouvrage comble un vide dans l'historiographie de l'Asie du Sud-Est, car aucune histoire du Cambodge digne de ce nom n'avait été publiée depuis 1914. Les recherches archéologiques et les nouveaux documents disponibles nécessitaient cette synthèse dans le cadre d'une histoire générale destinée à un public de non-spécialistes et d'étudiants. Plusieurs thèmes sont explorés dans cet ouvrage. Par exemple, les répercussions sur la vie sociale et politique cambodgienne de la localisation même du pays, entre Thaïlande et Vietnam ; la relation qu'entretiennent les Cambodgiens avec leur passé ; la permanence de terminologies liées au clientélisme et aux structures hiérarchiques dans la pensée, la vie politique et les relations sociales cambodgiennes.
    Les dommages causés par les bombardements américains en 1973 et le reniement de l'histoire par les Khmers rouges communistes ont durablement affecté la mémoire et le comportement des gens. Le Cambodge du XXIe siècle est un pays marqué par les cicatrices d'un passé récent, mais qui s'identifie étroitement aux périodes plus anciennes de son histoire. Il est le seul au monde à arborer fièrement sur son drapeau un monument en ruine...
    La relation des Cambodgiens à leur passé ancien est importante pour comprendre les événements récents. La traduction en français de cet ouvrage majeur était donc une nécessité.

  • L'Indochine coloniale au début des années 1930 connaît une double évolution politique. D'une part le Parti communiste a été détruit par l'action de la Police de Sureté ; mais d'autre part le développement par de jeunes révolutionnaires d'un nouveau front politique, agissant légalement, et prenant de court les autorités coloniales. Constitué par de jeunes intellectuels pour la plupart enseignants, ce courant intègre différentes tendances, du nationalisme de gauche au communisme y compris trotskiste. « La Lutte » va s'illustrer par une activité militante forte, journalistique, électorale et sociale. Parmi ces jeunes intellectuels, Trân Van Thach est l'un des animateurs du journal La Lutte.
    Sa fille a entrepris une biographie de son père Trân Van Thach qui redonne vie à un courant nationaliste et révolutionnaire vietnamien - notamment au trotskisme - peu connu car éliminé physiquement par le Parti communiste : son père, comme beaucoup d'autres, sera exécuté en 1945.
    Trân Van Thach a activement participé au journal La Lutte. L'auteur a rassemblé une collection importante de ses textes, difficilement accessibles, qui constituent un témoignage remarquable de la vie politique du Vietnam colonial, mais aussi de la vie quotidienne des Vietnamiens de toutes les classes sociales de l'époque : les Vietnamiens vus par les Vietnamiens.

  • Le dernier siècle de l'esclavage légal (1750-1848) dans l'île Bourbon.
    Dans une société de domination où la parole de l'esclave est étouffée, les archives judiciaires lui donnent voix au chapitre, car, enfreignant les règles imaginées pour le contraindre et le nier, elles permettent enfin à l'esclave d'exister.
    En dressant le tableau d'une île esclavagiste à part, la Bourbon des Mascareignes, inscrite dans l'histoire coloniale française de l'océan Indien, l'auteure cherche à utiliser les chiffres pour interroger les résistances serviles spécifiques à cet espace : entre la « préservation », la « rupture » et « l'agression », la résistance, qui prend souvent les traits d'actions ordinaires, sert surtout à limiter la violence d'un quotidien et à contourner la coercition. Mais peut-on parler de « résistances » ?
    L'usage de ce mot a pu être polémique, notamment à la Réunion, car il fut utilisé par des militants culturels qui estimaient que le combat mené par les esclaves marrons était analogue à celui des Résistants de la seconde Guerre Mondiale, voire à celui des Fellaghas de la guerre d'Algérie. Mais le travestissement anachronique ou politique d'un mot ne doit pas interdire son usage à bon escient, surtout lorsque celui-ci fait sens pour évoquer la chaîne des insurrections serviles que l'on constate pendant toute l'histoire négrière.
    Ce dialogue est aussi une porte d'entrée pour appréhender un vécu d'esclave muré dans le silence du passé mais qui trouvera ici l'occasion d'une expression singulière.

  • L'indépendance de ces deux pays en 1991 se matérialise en grande partie grâce au secteur des hydrocarbures, encore peu développé lorsque l'URSS s'effondre. L'étude du rôle des hydrocarbures dans le développement de ces deux pays après leur indépendance est capitale pour comprendre leur évolution économique, politique et sociale. L'année 2002 est une étape importante au Kazakhstan, avec la constitution de la compagnie nationale KazMunajGaz : institution essentielle dans l'organisation du secteur des hydrocarbures, tandis que le secteur turkmène des hydrocarbures, à cette date, n'avait pas encore été remanié. De plus, 2002 marque un raidissement politique des deux régimes. Quelques années plus tard, en 2011, au Kazakhstan, un mouvement de grève des employés d'entreprises du secteur pétrolier prend une ampleur sans précédent dans l'histoire politique de ce pays, pour se conclure dramatiquement en décembre 2011.
    L'ouvrage s'attache à comprendre ce qui distingue les deux pays et ce, essentiellement, dans le secteur des hydrocarbures, en comparant leurs évolutions institutionnelles respectives. L'importance de ce secteur est patente pour les économies des deux pays : il a attiré la majeure partie des investissements directs étrangers au Kazakhstan pendant au moins les onze premières années de son indépendance.
    S'appuyant sur l'histoire, l'économie et le politique, portant sur une période et sur un espace très complexes, cette étude est essentielle pour comprendre les transformations postsoviétiques d'une Asie centrale encore mal connue.

  • Cet ouvrage a pu voir le jour grâce à l'ouverture des archives du Front Unifié de Lutte des Races Opprimées (Fulro).
    Mouvement qui s'est développé pendant la deuxième guerre d'Indochine et a, du fait des médias internationaux, acquis à l'époque une telle renommée qu'il était devenu un véritable mythe. Ce livre raconte ce que fut la réalité du Fulro, ce que furent ses activités politiques, militaires et diplomatiques. Il replace aussi son existence dans une tradition de contacts et de luttes qui a pris racine dans les siècles passés.

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