Pu De Rennes

  • Vous connaissez tous le nom d'Anne de Bretagne, mais que savez-vous des duchesses qui l'ont précédée ? Si certaines passent à la postérité et deviennent des héroïnes, d'autres sont méconnues voire oubliées du grand public. Ces princesses occupent pourtant le devant de la scène. Leur place est cruciale aux moments-clés de l'histoire du duché. Quel rôle ont-elles joué ? Quel a été leur cadre de vie ? Que reste-t-il de leur influence ?

    L'auteure est partie à la recherche d'un monde disparu tout en démystifiant nombre de stéréotypes. À travers des portraits vivants et nuancés, elle vous invite à remonter le temps pour entrer dans l'intimité des duchesses, partager les moments marquants de leur existence, mieux connaître leur religiosité, leur culture, ainsi que leurs émotions.

    Dans ce livre richement illustré, laissez-vous emporter dans un voyage fascinant à travers le Moyen Âge. L'univers étonnant de ces femmes de pouvoir vous donnera l'occasion de découvrir autrement l'histoire de la Bretagne.

  • Promesses de Patagonie Nouv.

    Au XIXe siècle, l'Amérique australe est encore perçue comme une région limitrophe entre les mondes connus et inconnus, un espace primordial situé à la dernière frontière qui se déploie entre "civilisation" et "barbarie". Ce territoire resté hors de toute autorité étatique jusqu'à la décennie de 1880 fascine par sa nature majestueuse et les spécificités biologiques et culturelles de ses habitants : il apparaît comme un livre ouvert sur le temps, susceptible de dévoiler les secrets sur l'évolution de l'espèce humaine. Les disciplines naissantes de l'anthropologie et de l'ethnographie en font ainsi un terrain d'étude privilégié. En remontant la piste des aventuriers français en Patagonie, en Terre de Feu et en Araucanie, cet ouvrage retrace l'histoire des grandes missions d'exploration et de collecte menées dans le sud de l'Argentine et du Chili, et enquête sur la manière dont s'est faite l'appropriation intellectuelle et matérielle des populations du "bout du monde" à Paris, à l'heure de l'essor des musées d'ethnographie.

    Ce livre est issu d'une thèse qui a reçu en 2019 le prestigieux prix "Valois" Jeunes chercheuses et chercheurs du Comité d'histoire du ministère de la Culture.

  • Une histoire du peuple de Bretagne, de la Préhistoire à nos jours.

    Les histoires de Bretagne ne manquent pas... Mais celle-ci adopte un point de vue inédit : celui des paysans, des ouvriers, des marins, celui des hommes et des femmes sans histoire, sans papiers. Elle porte attention aux plus humbles, pas seulement aux puissants; s'intéresse à la vie concrète et aux rêves qui s'y enracinent, pas seulement aux couronnements et aux batailles ; risque d'autres chronologies; ruine quelques évidences...

    La crise économique de l'âge du fer, l'arrivée des Bretons en Armorique, la condition paysanne pendant la féodalité, la révolte des Bonnets rouges, la traite négrière, la Révolution et la Chouannerie, le développement du chemin de fer, l'émigration bretonne, la Grande Guerre, la Résistance, la crise du modèle agricole breton, Notre-Dame-des-Landes... Autant de moments de notre histoire examinés d'un oeil neuf.

    Émergent ainsi de nouvelles figures, émouvantes ou pittoresques, jusque-là noyées dans l'anonymat des siècles. Et de nouveaux sujets : manger à sa faim, lutter pour sa dignité, découvrir de nouveaux horizons, accéder au savoir, devenir citoyen...

    Pas de jargon, un rythme de lecture facile : cette histoire a été rédigée avec le souci de s'adresser au plus grand nombre tout en obéissant à la rigueur du métier d'historien.

    Ce livre a été rédigé par trois historiens et un journaliste : Alain Croix, Thierry Guidet, Gwenaël Guillaume et Didier Guyvarc'h.

    Ils sont les auteurs de nombreux autres ouvrages dont, chez le même éditeur, l'Histoire populaire de Nantes.

  • Pendant toute la période coloniale, la France s'est fortement impliquée dans l'organisation des déplacements et du séjour des pèlerins musulmans de son empire aux Villes saintes de l'islam. Cet investissement n'a pas été sans difficultés. Interdit aux non-musulmans, le pèlerinage à La Mecque (hajj) a souvent été à l'origine de peurs et de fantasmes, entraînant en retour chez les voyageurs et autres explorateurs le désir de transgresser ce tabou.

    Quand les agents coloniaux et consulaires y voyaient un foyer de fanatisme où se tramaient des complots contre la domination européenne, les médecins sanitaires s'inquiétaient des conséquences pour l'hygiène publique de la réunion annuelle de plusieurs centaines de milliers de pèlerins dans une province dépourvue de toute protection sanitaire.

    C'est cette longue familiarisation des Français avec les Lieux saints de l'islam que ce recueil propose au lecteur de découvrir. Les différentes dimensions du hajj, politiques, religieuses, diplomatiques, sanitaires ou encore anthropologiques y sont abordées selon une double entrée, chronologique et thématique, à travers toute une série de documents inédits où les récits de voyage côtoient les rapports sanitaires et les témoignages de pèlerins font écho aux dépêches diplomatiques et autres reportages.

    L'ensemble de ces documents comme les correspondances qu'ils entretiennent les uns avec les autres nous invitent à considérer les relations contemporaines de la France et du monde musulman sous une lumière différente et à mesurer à quel point pèlerinage à La Mecque fut bien à cette époque une affaire française.

  • Une histoire du peuple de Nantes, de la Préhistoire à nos jours, cela n'avait jamais été tenté : envisager la traite négrière sous l'angle des marins et des esclaves renouvelle l'approche habituelle, centrée sur l'économie et les armateurs. Envisager les quarante dernières années du point de vue des ouvriers orphelins des chantiers ou des femmes en colère, cela modifie l'image de la métropolisation heureuse. Envisager la terrible famine comme élément majeur de l'année 1532 suggère que le rattachement de Nantes au royaume de France n'est pas alors la préoccupation première du peuple...

  • Les relations entre France et Amérique à l'ère des révolutions relèvent bien souvent d'une suite de lieux communs autour de l'aide française aux Etats-Unis naissants ou de la perte sanglante de Saint-Domingue. L'historiographie a fort heureusement fait de belles avancées en la matière et ce volume voudrait à la fois en témoigner et aller plus loin encore en suivant trois grandes directions. D'abord en insistant sur le travail des sources, en montrant que les historiens ont encore du pain sur la planche, des gisements connus à explorer à nouveaux frais et d'autres plus inattendus à explorer, en ouvrant les horizons et variant les méthodes.
    Ensuite parce ce le projet collectif dont est ici cet ouvrage veut voir large dans l'epace et dans le temps : il ne s'agit ni de se limiter à une première courte séquence révolutionnaire ni à l'Atlantique Nord, mais bien de couvrir un siècle de tensions créatrices autour des concepts de révolution et de nation, deux moteurs de l'évolution des sociétés de ces temps-là, tout en construisant la réflexion à l'échelle du continent américain dans son entier.
    Le lecteur arpentera donc un vaste monde, de la France au Pérou et à New York. Enfin, les auteurs réunis ici ne se contentent pas de réécrire une histoire diplomatique, même rénovée, mais pratiquent une histoire relationnelle complexe, abordant les circulations atlantiques sous de multiples angles et au travers de multiples groupes sociaux : exilés, migrants, combattants, intellectuels, etc...

  • L'Amazonie revient par vagues dans les média occidentaux, tandis que son devenir - écologique, économique, politique - se fait plus incertain. Cet ouvrage se penche sur une de ses bordures, située au nord-est du Pérou et traversée en 2009 par un mouvement socio-environnemental, conclu dramatiquement, et démarré en raison de la remise en cause par le gouvernement du droit de propriété foncière collective des groupes autochtones. Si on a parfois conclu à l'obstruction principielle des indigènes à la marche du progrès, une perspective historienne invite plutôt à revenir sur la relation complexe, nouée par ces mêmes indigènes avec l'Etat et les dynamiques transnationales qui affecte leurs territoires. C'est le choix fait par cet ouvrage, qui examine un demi-siècle d'histoire dans le Haut Marañón, lieu de vie des Awajún, des Wampís, de populations métisses et d'étrangers, qui donnent à lire un "local" traversé de logiques globalisées. Missionnaires chrétiens, soldats chargés de faire frontière, indigènes allant à la ville et en revenant, colons en quête de subsistances, anthropologues à la recherche d'un autre modèle éducatif, activistes en quête d'une autre construction nationale, ingénieurs, médecins: ces acteurs se croisent, parfois sans se parler, et participent du dialogue difficilement établi avec la selva, cette Amazonie tour à tour fantasmée et crainte, qui n'en pas moins toute sa place dans l'histoire péruvienne, et dans le débat mondial sur la notion et les modèles de développement.

  • Comment se transforme les polices des villes à l'époque des révolutions et de l'Empire napoléonien ? Longtemps considéré uniquement du point de vue des cadres institutionnels, l'avènement de la police moderne est revisité dans cet ouvrage depuis le territoire belge soumis aux aléas des guerres, des occupations et des révolutions de la fin du XVIIIe et du début du XIXe siècle. Au-delà du passage d'une police de type englobant à une police considérée comme plus moderne car davantage orientée vers la sécurité des personnes, ce livre met en lumière les transformations à la fois endogènes et exogènes survenues dans les appareils policiers entre 1780 et 1814. Les continuités importantes mais aussi le dynamisme et l'autonomie des polices urbaines face à la centralisation de l'État nuancent et rendent plus complexe l'analyse de la construction politique napoléonienne. Ils donnent également la mesure des similitudes entre les épisodes de troubles dans les pratiques de surveillance ou le recours à l'armée. Les polices des villes au cours de cette période apparaissent davantage comme le résultat d'un syncrétisme entre des éléments proprement locaux et originaux et d'autres importés à l'occasion des conquêtes révolutionnaire et napoléonienne.

  • Encore une Histoire de Bordeaux ? En réalité, celle-ci n'a rien de commun avec ses devancières. Cet ouvrage obéit au désir très précis d'une écriture synthétique, allant à l'essentiel, et abondamment illustrée. En d'autres termes, réaliser un beau livre s'appuyant sur des fondements scientifiques incontestables. Un livre qui fera honneur à notre ville, à l'école historique bordelaise actuelle et qui contribuera à mieux faire connaître une cité qui est sortie de sa gangue de pierre pour courir vers le million d'habitants. Une ville qui attire aussi bien ces Parisiens qui se précipitent le matin vers la capitale dans les tunnels de la gare Saint-Jean que les touristes que déversent les bateaux de croisière sur des quais où les hangars et les grues n'existent plus que dans la mémoire des plus anciens et sur les photos de notre livre.

    Une nouvelle Histoire de Bordeaux était aussi une nécessité parce qu'en quarante ans, au rythme des fouilles archéologiques qui se sont multipliées avec les différents chantiers urbains, mais aussi avec les innombrables thèses, notre vision de la ville a été modifiée de fond en comble. De nouvelles modes historiographiques sont apparues sans parler de fortes attentes sociales comme celle autour de la traite négrière ou de la Seconde Guerre mondiale et de l'occupation. Depuis, les archives se sont ouvertes, les découvertes se sont multipliées, des livres ont été écrits et des colloques se sont tenus, par exemple sur l'affaire Papon. L'un des grands objectifs de ce livre est de répondre à cette attente, de faire un bilan et plus globalement de suivre les centres d'intérêt actuels de l'historiographie.

  • Entre l'abolition de l'esclavage, en 1848, et les indépendances, dans les années 1950-1960, une réglementation du travail s'est progressivement et très diversement implantée dans les colonies, qu'elles soient dites de plantation, d'exploitation ou de peuplement. Ce sujet méconnu a fait l'objet d'une recherche collective de plusieurs années ayant mobilisé de nombreux chercheurs et dont ce livre est issu. Il repose sur l'exploitation de milliers de documents d'archives, en très grande partie inédits, qui dessinent une situation ambiguë : d'un côté, une volonté de protection qui s'affirme de plus en plus nettement au fil du temps dans les textes ; de l'autre, la persistance de l'exploitation d'une main-d'oeuvre "indigène" mal-traitée, quelquefois jusqu'au pire et poussée à l'exaspération. Du Maroc à l'Indochine, du Cameroun aux Antilles, ce livre apporte une pierre inédite à l'histoire du colonialisme et à celle du droit social et lève un coin de voile sur le « mauvais sort » fait aux travailleurs de l'outre-mer qui n'est pas sans lien avec l'aspiration des peuples à l'indépendance.

  • La Révolution mexicaine se résume parfois aux personnages mythiques que furent Pancho Villa et Emiliano Zapata. Si ces acteurs renvoient à une étape fondatrice de ce processus tumultueux, les transformations politiques et sociales que connut le Mexique entre les années 1910 et 1940 ne sauraient pourtant être intelligibles à la seule lumière de ces icônes. Le mouvement étudiant apparaît comme l'un des acteurs les plus pertinents pour repenser et relire intégralement le processus révolutionnaire mexicain. Ce livre propose ainsi une « histoire étudiante » de la Révolution mexicaine.

  • Comparée à l'Indochine et l'Algérie, la décolonisation en Afrique occidentale française (AOF) est souvent présentée comme une décolonisation "réussie" et "exemplaire" tout en étant moins bien connue. Comblant cette lacune, Tony Chafer montre que si ce moment a effectivement été moins conflictuel en AOF que dans les autres colonies françaises, ce n'est pas la conséquence d'une stratégie réfléchie. Cela relève, à l'inverse, d'un processus complexe, fragmentaire et imprévisible dans la foulée de la Seconde Guerre mondiale, que les hommes politiques, tant français qu'africains, ne maîtrisaient que partiellement.

    En se basant sur une analyse détaillée des archives et sur des entretiens avec des acteurs de l'époque, cet ouvrage apporte des éléments cruciaux pour la compréhension du processus de décolonisation en Afrique de l'Ouest. Interrogeant le récit d'une indépendance octroyée par des hommes politiques français bienveillants, il propose une analyse nouvelle. Il met ainsi en perspective le rôle des pouvoirs français d'une part, et celui des leaders et du mouvement nationaliste africain d'autre part. L'éclairage proposé permet de mieux comprendre le contexte historique des relations complexes qu'entretient la France avec cette région du monde.

  • La résistance armée au franquisme des années 1940-1950 reste un événement méconnu en Espagne et a fortiori à l'étranger. Ce mouvement de guérilla qui a mobilisé des milliers d'hommes et de femmes sur tout le territoire espagnol s'inscrit pleinement dans les mouvements européens de résistance antifasciste ; mais l'échec de la résistance armée, la propagande franquiste et les politiques mémorielles de la Transition démocratique ont empêché toute lecture apaisée de cet épisode historique.

    A travers une approche originale basée sur la dimension spatiale de l'événement et de sa mémoire, cet ouvrage propose une réflexion sur les "lieux de mémoire" d'une résistance presqu'oubliée, sur leurs réinvestissements successifs et sur les significations attribuées à ces lieux, au point d'en faire des enjeux éthiques et politiques. Une approche diachronique de l'inscription de la mémoire dans l'espace permet de mettre en lumière l'évolution des représentations de la guérilla, entre deuil familial, hommage politique, commémoration et patrimonialisation. Le présent ouvrage contribue ainsi à éclairer les débats espagnols liés aux représentations des événements du XXe siècle et l'absence d'une mémoire collective apaisée.

    Virginie Gautier N'Dah-Sékou est professeur agrégée d'espagnol et docteur en études hispaniques de l'université de Nantes. Ses recherches portent sur les politiques de mémoire et les représentations du passé récent dans l'Espagne contemporaine.

    Avec un préface de Stéphane Michonneau.

  • En 1821, au lendemain de la proclamation d'indépendance du Pérou, San Martin déclarait que ceux que l'on appelait "Indiens" à l'époque coloniale espagnole ne devaient plus être désignés que comme "Péruviens" car ils devenaient citoyens au même titre que les Blancs et les métis. Quelques décennies plus tard, la guerre du Pacifique (1879-1883), véritable désastre pour le Pérou, fut cependant interprétée comme la preuve de l'échec de l'intégration nationale, générant de nouveaux débats sur la place des Indiens dans la société péruvienne.

    Cet ouvrage analyse la façon dont furent perçues les populations autochtones andines par les élites créoles entre 1821 et 1879, période charnière, et pourtant peu connue, entre la pensée coloniale et les courants indigénistes de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. Il propose une histoire culturelle des représentations à partir de la législation, des discours politiques, de la presse, de divers essais, d'oeuvres littéraires et de l'iconographie. Ces sources révèlent toute l'ambiguïté de ces discours et visent à mieux comprendre les fondements de la nation péruvienne encore aujourd'hui.

  • Il est des villes qui se résument à quelques dates, voire à une seule. Rennes semble être une de celles-ci avec 1720 et son incendie.

    Cette année-là, le centre de Rennes est la proie des flammes sept jours durant. Le bilan est lourd : le feu a englouti 32 rues, 945 bâtiments et laissé sans toit des milliers de sinistrés. Commence alors un des plus grands chantiers de l'Europe du XVIIIe siècle. Le passage brutal d'une cité encore médiévale où le bois domine à une ville des Lumières où la minéralité tend à s'imposer, est aussi emblématique du passage de témoin entre le Grand Siècle des ingénieurs émules de Vauban et les temps nouveaux incarnés par les architectes du roi Gabriel. Au sortir de l'épreuve, Rennes a plus que jamais la fière allure d'une capitale provinciale.

    Au-delà de cette remarquable mutation urbaine et de ses multiples conséquences pour les habitants et pour la ville, cet ouvrage s'attache à décrire ce qui fut d'abord un des principaux incendies survenus en Europe au XVIIe siècle. Mais comment expliquer qu'un tel drame ait pu survenir ? Et comment les habitants le vécurent-ils concrètement ? Quelle est, aussi, et jusqu'à nos jours, la mémoire de cet incendie qui se cristallise dans la célèbre formule : "À Rennes, rien ne prend, sauf le feu" ?

    En réunissant historiens et historiens de l'art autour de ce qui fut un des plus fameux brasiers de l'Europe préindustrielle, en replaçant l'événement dans son contexte de manière large, ce livre entend explorer les chemins qui conduisirent l'incendie de Rennes à devenir un mythe refondateur pour cette ville et, au-delà, un exemple remarquable de mutation urbaine.

  • Du XVIe au XVIIIe siècle, l'essor des consommations européennes s'accompagne d'un renouvellement des marchandises disponibles telles que les produits tropicaux alimentaires (sucre, café, tabac), les matières premières du textile (coton, colorants), et les produits manufacturés (cotonnades imprimées, porcelaines) transformant les goûts européens. Cet ouvrage présente les différentes étapes de la circulation des produits ultramarins et éclaire le fonctionnement des économies européennes, en particulier les capacités d'adaptation des acteurs du commerce et de l'industrie.

    Avec le soutien de l'université de Nantes.

  • Le régime du général Franco fut l'un des plus long règnes personnels de l'histoire de l'Espagne. Le dictateur, qui bâtit son régime sur les ruines de la IIe République après une effroyable guerre civile, conserva le pouvoir pendant 36 ans, 7 mois et 20 jours. Comment expliquer une telle longévité ? Comment expliquer la présence à la tête de l'État espagnol de ce général que rien ne prédestinait à un tel avenir, qui ne se reconnaît dans aucune des idéologies apparues au XXe siècle, qui n'en impose ni physiquement ni intellectuellement, qui n'a aucun charisme, aucun talent d'orateur, et que l'on dit réservé, voire timide ? Comment expliquer la mise en oeuvre, sous son autorité, dans tous les domaines de la vie nationale, d'une conception de l'État qui ne repose que sur une admiration indéfectible pour l'Espagne impériale et sur la volonté de ne jamais restituer le pouvoir qu'il considérait devoir lui revenir après l'avoir conquis sur le champ de bataille ?

    Cet ouvrage propose de répondre à ces questions en étudiant la dictature du général Franco pour ce qu'elle est aux yeux de l'Histoire : une longue dictature personnelle qui ne cessa, pour survivre, et au moyen d'une instrumentalisation permanente de la violence et de la division, de s'adapter à l'évolution de la population espagnole et du monde au point de rendre possible une mutation en profondeur d'un pays qui, au moment de la mort du dictateur en 1975, n'est plus celui sur lequel il s'apprêtait à régner en 1939, lorsque sa victoire sur l'armée républicaine lui permit d'occuper la totalité du territoire et de confisquer à son profit les structures de l'État.

    Avec le soutien du CELLAM de l'université Rennes 2.

  • En 1626, une première compagnie par actions est formée à l'initiative de Richelieu pour mener la colonisation des Petites Antilles et organiser le trafic transatlantique. Elle repose sur les associés, des proches du cardinal, qui en possèdent le capital et en assurent la direction.
    En 1635, elle est réorganisée afin de pouvoir satisfaire d'une façon plus efficace les objectifs qui lui ont été fixés par la monarchie, à savoir, conquérir et peupler des terres et favoriser le commerce. Elle prend alors le nom de Compagnie des îles de l'Amérique. Sous sa conduite, les Français déjà établis à Saint-Christophe s'installent à la Guadeloupe et à la Martinique et affichent des prétentions sur la Grenade, Sainte-Croix, Saint-Martin et Saint-Barthélemy.
    Plusieurs milliers de colons tentent l'aventure en franchissant l'océan à la quête d'un meilleur avenir et de richesses. Les terres sont exploitées pour satisfaire les besoins de la métropole. Quelques grands domaines s'appuyant sur une main-d'oeuvre constituée d'esclaves africains développent de nouvelles productions comme le sucre et l'indigo. Mais la Compagnie est bientôt confrontée à de multiples difficultés qui remettent en cause son fonctionnement et ses finalités.
    Les tensions dans les îles et les faibles retombées de sa politique économique conduisent les associés à cesser progressivement leurs activités à partir de 1649. Sa fin pourtant ne signifie pas l'échec de la colonisation française des Petites Antilles. L'héritage quelle lègue va fructifier durant les décennies suivantes et donner naissance au premier empire colonial français.

  • À partir des toiles tissées par les différentes structures et dynamiques de la coopération intellectuelle, internationale, continentale ou latino-américaine, l'Argentine, le Brésil et le Chili ont forgé les instruments d'une diplomatie culturelle et ont bâti une certaine image d'eux-mêmes sur la scène internationale. Cet ouvrage analyse de manière comparatiste et transnationale l'élaboration d'une diplomatie culturelle par l'Argentine, le Brésil et le Chili dans la période de l'entre-deux-guerres.

  • L'ouvrage propose une réflexion sur l'importance accordée à la mémoire depuis la fin du XXe siècle, et sur les rapports de force entre le récit de la mémoire et le récit de l'historien que cette valorisation a engendrés. La désillusion face à la promesse de l'auto-accomplissement de l'Histoire, et la contestation des "grands récits" d'une part, et d'autre part la nostalgie pour les particularismes nationaux dans un monde de plus en plus mondialisé, ont suscité une profonde mise en doute du discours historique universalisant, au profit des voix de la mémoire, marginalisées par la Grande Histoire.

    Cet ouvrage collectif s'intéresse aux politiques mémorielles nationales, aux récupérations nationalistes de mémoires particulières, ainsi qu'aux dynamiques idéologiques qui se font jour dans l'historiographie. Les pouvoirs d'influence exercés sur l'histoire par les fictions d'histoire constituent le second pan de la réflexion. Enfin, l'ouvrage tente de définir d'un point de vue éthique la nature de "l'engagement" subjectif de la mémoire, mémoire traumatique et post-mémoire génocidaire, ainsi que la mémoire civique des violences et injustices du passé. L'ouvrage se clôt sur une interrogation, nourrie par des penseurs de la postmodernité : quel discours sur l'histoire est envisageable pour le XXIe siècle ?

  • Si le rêve est commun aux êtres humains voire à certains animaux, l'homme est le seul à en faire le récit, engageant une histoire, elle-même support de croyances, de savoirs et de pratiques. Entre 1500 et 1800, la définition du rêve fut âprement discutée. Elle touchait à des savoirs en profond renouvellement (en médecine et en théologie notamment), voire naissants (psychologie et anthropologie) et à des pratiques difficilement contrôlables (prophétie, oniromancie).

    Ce livre couvre une lacune historiographique, entre les travaux fondateurs de Jacques Le Goff et Jean-Claude Schmitt pour le Moyen Âge, et ceux de Jacqueline Carroy pour le XIXe siècle. Vers 1500, des humanistes exhumèrent des récits antiques de songes qui auraient auparavant relevé de la superstition, alors que ces mêmes humanistes, à l'époque des Réformes, aspirèrent à contrôler la possibilité d'une inspiration surnaturelle ; ils interrogèrent les origines (corporelles, astrales, divines ou diaboliques) du rêve. Vers 1800, le rêve renvoyait à un inconscient, à une face primitive de l'âme, mais aussi à des lois de l'association des images et à un langage symbolique. De 1500 à 1800, l'étude du songe renvoya donc à une intense interrogation sur l'être humain, mais les termes en changèrent foncièrement : le rêve subit un complexe processus de psychologisation.

    À terme, ce livre montre que C. G. Jung fut un intense lecteur de l'onirologie du XVIe au XVIIIe siècle. Elle constitue ainsi le socle d'une école psychanalytique majeure et de notre compréhension actuelle du rêve.

  • Qu'est-ce qu'une région ? Le récent redécoupage de la carte administrative et l'émergence des métropoles d'Orléans et de Tours au sein du Centre rebaptisé « Val de Loire » incitent à revisiter les « lieux de mémoire » qui ont forgé l'identité de ce territoire, composé des six départements des anciennes provinces du Berry, de l'Orléanais et de la Touraine. Issu d'un travail pluridisciplinaire sur la longue durée, du XIe au XXIe siècle, ce livre évoque naturellement l'équipée de Jeanne d'Arc, événement fondateur d'une identité tant nationale que régionale, mais il s'interroge aussi sur l'opposition de la riche Beauce et de la pauvre Sologne, sur l'histoire de la Maison de la Culture de Bourges, sur la place de ces trois provinces chez Balzac, Ronsard ou Voltaire, sur l'effacement des traces de la communauté protestante, ou encore sur la place et l'instrumentalisation de faits divers et de fausses nouvelles, de l'assassinat du ministre-maire Pierre Chevallier à la propagation de la « rumeur d'Orléans ».

  • La tentative de coup d'État militaire du 15 juillet 2016, suivie d'un « coup d'État civil » orchestré par le gouvernement afin d'écarter toute opposition potentielle, a largement fini d'enterrer toute perspective d'adhésion de la Turquie à l'Union Européenne. L'objectif de cet ouvrage est de réfléchir aux effets du processus d'élargissement initié par l'UE vers la Turquie au-delà de la question de l'adhésion, et d'analyser les changements qu'elle contribue à induire dans l'action publique turque.

    Avec le soutien de l'université Rennes 1.

  • Aquae Sextiae, "les eaux de Sextius", Aquis, Aix, Aix-en-Provence, les noms de la ville disent son ancienneté et suggèrent ses transformations successives. Aujourd'hui en partie éclipsée dans l'imaginaire par la montagne qui en domine l'horizon, la Sainte-Victoire, érigée par la peinture de Paul Cézanne, l'enfant du pays, en icône de l'art moderne, la ville n'en a pas moins une histoire propre, longue et complexe, qui ne saurait se résumer au symbole culturel qu'elle est devenue dans la seconde moitié du XXe siècle. Idéalement placée dans la longue durée au carrefour de voies de circulation reliant l'Italie à la vallée du Rhône et au Languedoc, les Alpes à Marseille, la haute à la basse Provence, foyer de romanisation dans l'Antiquité, dont de spectaculaires fouilles archéologiques révèlent chaque jour un peu plus l'ampleur, Aix doit cependant son véritable essor à son érection en capitale de la Provence à partir de la fin du XIIe siècle. Ville royale aux horizons italiens sous le gouvernement des Angevins de Naples, elle voit ses fonctions de commandement régional renforcées par l'annexion au royaume de France à la fin du XVe siècle. Ville d'États et ville parlementaire par excellence, capitale judiciaire, intellectuelle et aristocratique, elle se pare alors des plus beaux atours de l'âge classique.

    La Révolution et l'essor de Marseille, la puissante voisine, au cours du XIXe siècle constituent un choc et un défi, que la ville relève d'abord avec lenteur puis, depuis l'après-guerre, avec plus de vigueur, au prix d'une profonde métamorphose urbaine, socio-économique et culturelle. C'est à emprunter ce parcours, qui associe étroitement les formes de la ville aux mutations de ses fonctions et aux renouvellements de sa société, qu'invite cet ouvrage richement illustré, le premier consacré à l'histoire d'Aix dans la longue durée depuis 1977.

empty