Chandeigne

  • Moeurs et coutumes des Indiens du Brésil (1584)

    Fernao Cardim

    • Chandeigne
    • 17 Juin 2021

    Le jésuite portugais Fernão Cardim, missionnaire dans les terres brésiliennes à la fin du xvie siècle, est un personnage clé pour la connaissance des Indiens du Brésil. Son parcours tient parfois du roman d'aventures.

    Cardim est envoyé au Brésil en 1582 pour rendre compte de l'avancée de l'évangélisation. Il se familiarise aussitôt vec l'environnement et observe finement la faune et la flore brésilienne, tout autant que les coutumes des populations indigènes. Il compile ses impressions dans deux textes qui reflètent toute la curiosité que ce territoire suscite chez celui qui le découvre. Nous publions ici l'un d'eux, De l'origine des Indiens du Brésil et de leurs coutumes, adoration et cérémonies, qui propose une description très détaillée des indiens, notamment tupinamba.

    Ces écrits ont eu un destin des plus rocambolesque ! Une fois au Brésil Cardim ne le quittera qu'une fois, le temps d'une mission à Rome. Alors qu'il s'apprête à revenir au Brésil, il est fait prisonnier par un corsaire anglais et sera retenu pendant 2 ans en Angleterre entre 1601 et 1603. Il porte dans ses bagages les deux textes. Le corsaire les vend immédiatement. Après maintes publications et traductions sous des noms erronés, ce n'est qu'en 1881 qu'un chercheur brésilien republie le traité en portugais et l'attribue à Cardim sans hésitation ! Voici donc une destinée hors du commun pour un texte qui offre de précieux renseignements sur les moeurs et coutumes indigènes et tout particulièrement les rites anthropophages.

    Cette première édition française apporte une nouvelle pierre à l'édifice des connaissances des sociétés brésiliennes. C'est une source riche et précise qui permet aussi de mieux comprendre des enjeux tout à fait contemporains, comme l'importance notamment de protéger les peuples et les communautés indiennes brésiliennes d'un gouvernement mortifère.

  • Histoire de l'Angola, de 1820 à nos jours

    David Birmingham

    • Chandeigne
    • 21 Février 2019

    Cette histoire de l'Angola, du célèbre africaniste David Birmingham, commence en 1820 alors que le Portugal tente de créer un troisième empire, africain, après la perte des empires d'Asie et d'Amérique. Au XIXe siècle, la ressource la plus précieuse extraite de l'Angola était la main-d'oeuvre, d'abord exploitée en tant qu'esclaves et ensuite en tant qu'employés conscrits. La colonie angolaise était dirigée par des officiers de marine nommés par Lisbonne, plusieurs centaines de prisonniers politiques blancs et quelques milliers d'Angolais noirs ayant adopté la langue et la culture portugaises. Le centre de ce « nouvel empire » était la ville portuaire de Luanda qui s'est développée pour devenir une métropole dynamique de plusieurs millions d'habitants.

    L'exportation de main-d'oeuvre a été progressivement remplacée par l'exploitation des travailleurs angolais noirs pour produire de la canne à sucre, du coton, du maïs et surtout du café au sein de la colonie vers laquelle avait afflué un grand nombre d'immigrants portugais blanc en quête de fortune ou meilleure vie.

    Au XXe siècle, cette richesse a été complétée par le cuivre du Congo, les diamants et le pétrole off-shore. Bien qu'une grande partie du pays ait conservé une économie paysanne à un dollar par jour, ces nouvelles richesses ont généré des conflits qui ont opposé le blanc au noir, le nord contre le sud, la côte aux hautes terres, les alliés américains aux alliés russes. L'Angola a été un des derniers pays d'Afrique a devenir indépendant (1975). La génération de la guerre a finalement pris fin en 2002 lorsque la reconstruction nationale a pu commencer sur les fondations coloniales portugaises.

  • « Brûlez tout ce qui est chinois » s'écrie Cristóvão Vieira ; ils enlèvent de « jeunes enfants pour les faire rôtir et les manger » s'insurge Dai Jing, rédacteur de la monographie du Guangdong. La première ambassade des Portugais en Chine fait suite à leur conquête de Malacca, en août 1511, et à leur entrée dans les réseaux de commerce de l'Insulinde. Tomé Pires, chargé de conduire la mission auprès de l'empereur de Chine, débarque à Canton en septembre 1517. Cependant, la présence des Portugais est loin d'être amicale: ces derniers explorent la rivière des Perles et tentent d'édifier une forteresse à son embouchure. De plus, une ambassade malaise vient dénoncer les exactions des nouveaux maîtres de Malacca. L'empereur, apprenant les crimes et les méfaits des Portugais, leur oppose une fin de non-recevoir : l'audience de Tomé Pires n'aura pas lieu. En septembre 1523, les autorités impériales font exécuter vingt-trois prisonniers portugais à Canton.
    Cet ouvrage réunit, pour la première fois, des sources occidentales et des sources chinoises. Il associe des témoignages directs et des textes élaborés à distance des événements. Le dossier documentaire invite à réfléchir sur la mémoire de ce premier contact, tant du point de vue des Portugais que des Chinois. Tandis que João de Barros aYrme que les Portugais voulaient « se lier d'amour et d'amitié avec l'empereur », plusieurs textes chinois notent la puissance de ces nouveaux canons qui grondent « comme le tonnerre ».

    Ce livre donne le récit commenté et accompagné de cartes et illustrations des premiers contacts officiels avec la Chine. Cette ambassade fut un échec et les émissaires terminèrent en prison ou exécutés.
    Cristovão Vieira et Vasco Calvo ont accompagné cette première mission diplomatique en Chine, dirigée par Tomé Pires, chargé de porter un présent pour l'Empereur afin d'établir des relations politiques et commerciales entre les deux pays. Débarqué à Canton en 1517, Pires dut attendre 1520 pour être finalement autorisé à se rendre à Pékin. Toutefois, le décès de l'empereur en 1521 et, surtout, les protestations des malais se plaignant des exactions commises par les Portugais, provoquèrent un retournement de situation. Pires dut essuyer une humiliante fin de non recevoir et fût emprisonné à Canton, en représailles contre les tentatives maladroites de ses compatriotes qui cherchaient à s'établir sur une île de ce port.
    Vieira et Calvo ont écrit depuis leur prison. Leurs lettres sont deux témoignages extrêmement précieux, en raison des nombreuses informations qu'ils nous donnent sur le fiasco de l'ambassade et aussi pour les premières descriptions détaillées de Canton et de la Chine qu'ils nous livrent. Ces documents sont ici confrontés à d'autres textes de l'époque, comme celui de Gu Yingxiang, commandant militaire chargé de la vigilance côtière, qui vit et entendit les Portugais arriver en 1517.
    Prisonniers de l'Empire Céleste propose de réunir, pour la première fois, tous les documents relatifs aux premiers contacts sino-portugais. Aux lettres et témoignages des premiers captifs, s'ajoutent des textes de référence tant portugais que chinois et des chroniques chinoises sur les premiers contacts avec les Portugais.

    1. Lettre écrite par Giovanni da Empoli, le 15 novembre 1515, de Cochin, et reçue à Lisbonne le 22 octobre 1516. - 2. Deux lettres de Vasco Calvo (1524). - 3. Deux lettres de Martim Afonso de Melo (1521 et 1523). - 4. Extraits de João de Barros, De l'Asie & des exploits des Portugais lors de la découverte et de la Conquête des mers et des terres de l'Orient, 1563. - 5. Rapport de Lin Fu sur le commerce dans le Guangdong, 1529.- 6. L'arrivée des Portugais dans la chronique du Guangdong, 1535. - 7. Les Shilu ou Chroniques véridiques. - 8. Le témoignage du commissaire chinois de la marine, Gu Yingxiang, qui vit arriver les Portugais, en 1517. - 9. Extraits de Gu Yanwu, caractéristiques des provinces de l'Empire, 1662. - 10. Les premiers contacts avec les Portugais dans l'Histoire officielle des Ming, 1739.

  • Le plus grand titre de gloire d'amerigo vespucci est d'avoir donné son nom au nouveau monde.
    Cette attribution a été à l'origine d'une controverse qui fait ici l'objet d'une analyse détaillée. il faut aussi retenir que ses relations de voyage ont connu, au début du xvie siècle, le plus grand succès d'édition pour des textes contemporains depuis l'invention de l'imprimerie. vespucci a été le premier à évoquer les côtes et les forêts du brésil dans des récits à la qualité littéraire certaine, écrits dans un style vivant et imagé.
    Ses aventures de navigateur, d'astronome et de conquérant, ses rencontres avec les " sauvages ", nous entraînent dans la nature paradisiaque de la " terre des perroquets ". les hommes y sont forts, agiles, à l'esprit vif, les femmes y sont belles et accueillantes. il nous fait pénétrer dans des villages perdus de la forêt vierge, il décrit avec étonnement les maisons sur pilotis de la " petite venise " (qui a donné son nom au venezuela) et enfin, il nous fait partager son horreur devant les rituels cannibales décrits ici pour la première fois et dont un des marins de son expédition fit les frais.
    Le mundus novus, la lettera et les lettres familières, textes fondateurs du mirage américain en europe, sont traduits ici dans leur intégralité pour la première fois en français.

  • François Caron (1600-1672), fils de huguenots français réfugiés aux Pays-Bas, s'engagea très jeune au service de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales (VOC), fondéeen 1602.
    Il vécut plus de vingt ans au Japon, y prit femme, y éleva six enfants et y réussit si bien qu'il atteignit dans la Compagnie le poste de directeur général, avant de se retirer en 1651. Fin diplomate et homme d'affaires, il fut un des rares Occidentaux à bien maîtriser le japonais, ce qui lui permit d'être un interlocuteur privilégié des autorités nipponnes. Témoin exceptionnel et acteur d'une époque où le Japon se fermait progressivement au monde, Caron laissa de son expérience principalement deux textes, qui s'éclairent l'un l'autre : la Description du puissant royaume du Japon, sorte de " Japon, mode d'emploi ", véritable guide pour s'orienter sans erreur dans la société japonaise moderne, unifiée sous la férule des Tokugawa, et un Registre journalier, recueil de ses observations au quotidien, qui sont autant d'illustrations de la vie et du mode de fonctionnement du pouvoir au Japon avant la révolution des Meiji (1868).
    A la fin de sa vie, quittant sa retraite hollandaise, Caron mit ses connaissances au service de Colbert et de son projet de Compagnie française des Indes orientales dans un mémoire qui pourrait s'intituler " Nostalgie du Japon " tant les souvenirs accumulés dans sa jeunesse et son âge mûr transparaissent encore. Nous donnons ici l'ensemble de ces trois textes, jamais réédités depuis trois siècles, indispensables à la connaissance du Japon.

  • En 1836, la question afghane est au coeur des préoccupations du gouvernement britannique, soucieux de l'avancée russe en direction du sous-continent indien. Officier de l'East India Company, Alexander Burnes (1805-1841) est envoyé en mission à Kaboul. L'objectif de ce voyage, officiellement commercial, est avant tout politique et diplomatique : gagner l'émir de Kaboul aux intérêts de la couronne. Mais l'émir choisit de s'allier aux Russes. Le gouvernement britannique envoie alors en Afghanistan une armée qui le destitue. Figure emblématique de l'occupation britannique, Alexander Burnes est lynché par la population de Kaboul. Le contingent britannique, contraint à quitter la capitale afghane, est impitoyablement massacré sur le chemin du retour et le pays est livré à l'anarchie.
    Le récit de Burnes, riche évocation de l'Afghanistan, alterne curiosités et considérations diplomatiques et politiques très éclairantes sur les raisons de la débâcle.
    De 1813 à 1907, l'Afghanistan a été le théâtre d'un jeu d'influences où l'Empire russe et l'Empire britannique se sont affrontés pour étendre leur suprématie sur l'Asie centrale. Deux siècles ont passé, trois puissances mondiales modernes - la Grande-Bretagne, l'Union Soviétique et les États-Unis - s'y sont enlisées.
    Nous donnons ici la première édition française de ce texte fondamental accompagnée d'une préface de Michael Barry et d'un dossier historique de Nadine André.
    Pourquoi ne tire-t-on pas de leçons des erreurs stratégiques passées ? Pourquoi les experts régionaux consultés par les gouvernements ne servent-ils pratiquement à rien ? Comment le triomphe afghan face à l'empire britannique lors de cette première guerre nourrit-il le moral de toutes les résistances ultérieures ?
    Quelle place tiennent l'honneur et la mort dans la culture traditionnelle afghane ? Voilà ce que nous explique Michael Barry dans une longue préface qui introduit le récit du voyage de sir Alexander Burnes.
    À l'occasion de la traduction du texte relatant les prémices de la première guerre anglo-afghane, Nadine André offre, pour sa part, une large documentation permettant au lecteur de découvrir l'histoire afghane du XIXe siècle et de saisir les enjeux politiques qui se jouent en Afghanistan.
    Alors que l'on reparle d'un " Nouveau Grand Jeu " et que la capitale afghane n'a jamais été autant qu'aujourd'hui sous les feux de l'actualité, l'analyse que nous livrent Nadine André et Michael Barry laisse voir combien, à certains égards, la situation a peu évolué depuis la mission de Burnes. Comme si l'histoire, dans cette partie enchâssée du monde, était condamnée à se répéter.

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