Gallimard

  • Histoire des rois de Norvège t.2 ; histoire du roi Olaf le saint Heimskringla Nouv.

    Oeuvre la plus puissante que nous ait léguée le Moyen Âge scandinave, l' Histoire des rois de Norvège fut composée vers 1230 par l'auteur de L'Edda, le poète et historien islandais Snorri Sturluson. L' Histoire du roi Olaf le Saint, qui en constitue la deuxième partie, est entièrement consacrée au souverain norvégien Olaf Fils Harald (995-1030), qui commença sa carrière en viking, en allant ravager plusieurs pays étrangers, du golfe de Finlande au détroit de Gibraltar (en passant par l'Angleterre et la France), avant de rentrer dans son pays en 1015. Élu roi de toute la Norvège, il entreprit de poursuivre l'action missionnaire de son prédécesseur, Olaf Fils Tryggvi, en imposant par le fer et par le feu le christianisme aux derniers fidèles de l'ancienne religion scandinave. S'il remporta un succès dans sa politique à l'égard du royaume de Suède, Olaf Fils Harald fut bientôt en butte aux prétentions que le roi d'Angleterre et de Danemark, Knut le Grand, émettait sur la Norvège. Face à tel concurrent, face aussi à la révolte de nombreux chefs locaux qui ne supportaient plus son gouvernement tyrannique, Olaf fut contraint à la fuite et alla trouver refuge en Russie. Deux ans plus tard, il tenta de reconquérir son trône, mais à l'annonce de son retour, ses adversaires décrétèrent la mobilisation générale en Norvège. Au cours de la bataille qu'ils lui livrèrent à Stiklestad pendant l'été 1030, Olaf fut mortellement blessé et son armée défaite. Les miracles de guérison qui lui furent attribués peu après sa mort conduisirent le clergé à le faire proclamer saint l'année suivante ; dès lors son culte se répandit rapidement en Norvège et en Suède, comme dans l'ensemble de l'Europe du Nord. Reposant sur une vaste connaissance des sources orales et écrites qui conservaient le souvenir de ce règne tumultueux, le sommet de la littérature et de l'historiographie norroises qu'est l'ouvrage de Snorri Sturluson sur Olaf Fils Harald se distingue par la méthode critique et par le prodigieux talent narratif de son auteur. Le présent volume en propose une traduction soignée, aussi élégante que fidèle au texte islandais ; elle est accompagnée d'une très riche annotation, qui apporte les explications nécessaires à la compréhension des strophes citées par l'auteur et qui éclaire sous ses différents angles la fascinante civilisation scandinave. De nombreuses annexes (tableaux généalogiques, cartes géographiques, iconographie) rehaussent encore l'intérêt de ce livre appelé à faire date.

  • Histoire des rois de Norvège t.1

    Snorri Sturluson

    • Gallimard
    • 26 Avril 2000

    Oeuvre la plus puissante que nous ait léguée le Moyen Age scandinave, l'Histoire des rois de Norvège fut rédigée vers 1230 par l'auteur de l'Edda, le poète et historien islandais Snorri Sturluson.
    Elle retrace la vie des fondateurs du royaume de Norvège depuis les origines mythiques de leur dynastie jusqu'à la bataille de Ré en 1177. L'auteur s'est arrêté principalement sur l'époque tumultueuse des IXe-XIe siècles qui vit les Norvégiens tout à la fois se livrer à des raids contre l'Europe occidentale, avant de s'implanter durablement dans plusieurs régions de la Grande-Bretagne et de l'Empire franc ; coloniser îles et archipels de l'Atlantique nord ; se doter progressivement d'un Etat unitaire, après les victoires remportées par Harald à la Belle Chevelure vers la fin du IXe siècle ; puis se rallier, non sans de farouches résistances, à la religion chrétienne que leur imposèrent par le fer et par le feu deux rois évangélisateurs, Olaf Fils Tryggvi, à l'extrême fin du Xe siècle, et Olaf le Gros, qui trouva la mort à la bataille de Stiklestad en 1030 et passa à la passa à la postérité sous le nom de saint Olaf.
    Reposant sur une vaste connaissance des sources orales et écrites qui conservaient le souvenir des actes d'éclat accomplis par les souverains de Norvège, ce sommet de l'historiographie norroise qu'est l'ouvrage de Snorri Sturluson se distingue également par la méthode critique et par l'exceptionnel talent littéraire de l'auteur. Le présent volume constitue la première partie de l'Histoire des rois de Norvège, oeuvre qui n'avait jamais été publiée dans son intégralité en langue française.
    La traduction est accompagnée de nombreuses notes explicatives, de cartes géographiques, de tableaux généalogiques et de plusieurs documents iconographiques.

    Trad. du vieil islandais par François-Xavier Dillmann. Introduction et notes de François-Xavier Dillmann.

  • Contre tout espoir - souvenirs

    Nadejda Mandelstam

    • Gallimard
    • 8 Mars 2012

    A côté des noms de Soljenitsyne et de Pasternak, celui de Mandelstam est de ceux qui évoquent la résistance de l'esprit contre le terrorisme stalinien.
    C'est l'air de la liberté qu'on respire dans ce livre étouffant dont le manuscrit, rédigé sans doute en 1964, est parvenu clandestinement aux Etats-Unis sous le simple titre de " Souvenirs ". Les souvenirs commencent en 1934, lors de la première arrestation d'Ossip Mandelstam, et évoquent ses trois années d'exil à Voronej. Ils s'achèvent avec la mort du poète, dans un wagon de déportation en Sibérie, un jour incertain de 1938.
    Mais, à l'intérieur de ce cadre, Nadejda Mandelstam, sans jamais parler d'elle-même, évoque de la façon la plus vivante toute une génération intellectuelle et politique, de Boukharine à Akhmatova, de Pasternak à Chklovski , et sa rapide réduction au silence dans les années 1920-1930. A ce titre, cet ouvrage ne constitue pas seulement le commentaire le plus autorisé sur les années les plus dramatiques et les plus fécondes de celui qui est unanimement considéré comme le plus grand poète russe du XXe siècle, mais un témoignage exceptionnel sur l'asphyxie de la culture russe qui a accompagné la prise de pouvoir par Staline.
    La sincérité de l'accent, sa simplicité tragique, sa dignité, son humour donnent son plein sens au prénom dont l'auteur avait fait sa devise : Nadejda signifie en russe " espérance ".

  • Il s'était rasé de près, avait dissimulé son crâne chauve sous une perruque, pris un tram et, en cette nuit du 24 au 25 octobre 1917, s'était rendu au Palais d'Hiver pour y prendre le pouvoir sans effusion de sang. Lénine avait compris qu'il fallait saisir l'occasion favorable qui ne se représentait pas. Cinq années plus tard presque jour pour jour, dans la soirée du 29 octobre 1922, Benito Mussolini, chauve et mal rasé, vêtu d'une chemise noire, monta dans un train acclamé par la foule pour se rendre à Rome et y prendre le pouvoir. Lui aussi avait pressenti qu'il fallait profiter du moment propice. Au terme d'une insurrection de deux jours qu'il avait lui-même baptisée « marche sur Rome », sans effusion de sang ou presque, l'Italie n'eut pas seulement un gouvernement, mais une dictature.
    Si les historiens conviennent qu'il y eut non une révolution, mais un coup d'État bolchevique, il n'en va pas de même pour la marche sur Rome. Comment se peut-il qu' « un opéra-bouffe », « une kermesse maladroite », « un rassemblement sans importance d'idiots utiles », selon certains, ait donné naissance à l'un des régimes les plus tragiquement antidémocratique et impérialiste du XX e siècle ? Prenant pour fil conducteur du récit la confrontation entre l'homme d'action et l'occasion à saisir, c'est-à-dire le moment où la décision humaine intervient sur les circonstances pour fixer la voie à suivre, sans aucune garantie de succès, Emilio Gentile, dans une étude radicalement nouvelle, montre à l'oeuvre un parti organisé comme une milice qui conquiert le gouvernement d'une démocratie parlementaire paralysée par ses renoncements. Le but de la conquête est affiché depuis le commencement : détruire l'État libéral et la démocratie, grâce à l'indifférence et à la passivité de la majorité de la population. Le régime fasciste débuta dès la marche sur Rome, puisqu'il était l'inexorable conséquence de la nature même du parti fasciste.

  • Le fonctionnaire de la Grande Terreur : Nikolaï Iejov

    Alexei Pavlioukov

    • Gallimard
    • 20 Avril 2017

    Le nom de lejov, ministre du NKVD, la police politique soviétique, est associé pour toujours au moment le plus sinistre de l'histoire russe, celui de la Grande Terreur (1937-1938).
    Alexeï Pavlioukov a eu accès à des archives habituellement fermées aux chercheurs, à savoir les archives centrales du FSB (les services de police politique) et en particulier aux dossiers d'instruction de lejov lui-même et de ses plus proches collaborateurs. Cherchant à se disculper, tous racontèrent dans le détail comment la machine fut mise en marche, avec ses quotas de victimes planifiés, comment elle fonctionna pendant un peu moins de deux ans et comment Staline y mit fin.
    Lejov, personnalité banale, apprenti tailleur, soldat adhérant pendant la révolution au parti bolchevik dont il devient un fonctionnaire, s'élève peu à peu à l'intérieur de l'appareil grâce à une vertu que relèvent ses chefs : l'aptitude à exécuter les ordres reçus, sans états d'âme autres que la promesse d'une promotion. Petit, timide, piètre orateur, inculte, il serait probablement depuis longtemps oublié s'il n'avait pas été envoyé s'occuper de la police politique.
    Le lecteur suit pas à pas l'ascension de lejov, puis sa chute quand Staline décide de mettre fin à la Grande Terreur et de se débarrasser de ses exécutants. Relégué, avant d'être arrêté, au ministère de la navigation fluviale, lejov ne perd jamais sa foi en Staline, comme le montre sa dernière lettre de prison à la veille de son exécution. La biographie de lejov, lequel fut un rouage essentiel de la Grande Terreur, est en réalité l'analyse d'un système avec la part de hasards, de rencontres, d'opportunités de carrière, de logique bureaucratique et d'effets sanguinaires, dictés tant par l'aveuglement idéologique que par les circonstances d'une réalité qui échappe aux plans. Cest, somme toute, la biographie scrupuleuse d'une criminalité de bureau.

  • Au Tibet, plus qu'en Chine, la Révolution culturelle n'a rien laissé debout.
    Mais le vrai désastre est ailleurs : comment les Tibétains ont-ils pu prendre part à la destruction de leur propre culture? Tsering Woeser montre toute la difficulté à penser la culpabilité tibétaine engendrée par la révolution chinoise. Les vingt-trois témoignages réunis dans ce livre sont exceptionnels parce qu'ils évoquent sans réserve cette époque volontiers qualifiée de "délirante".

  • La dernière révolution de Mao

    ,

    • Gallimard
    • 10 Septembre 2009

    On ne saurait comprendre la volonté aujourd'hui de la Chine communiste de devenir une superpuissance capitaliste sans en remonter à la source, traumatique : la Révolution culturelle.
    Lancée en 1966 par Mao Zedong, cette « guerre civile générale » visait à défaire « les éléments de la bourgeoisie infiltrés dans le Parti. le gouvernement, l'armée et la culture ». Ceux-ci auraient travaillé à renverser la dictature du prolétariat, à l'instar de Khrouchtchev en URSS et de sa révision du stalinisme. Mao incite à la rébellion tout particulièrement les lycéens, transformés en Gardes rouges.
    Elevée dans la violence répétée des campagnes de « luttes de classe », délivrée des freins familiaux et institutionnels, livrée à elle-même (« plus vous tuez de gens, plus vous êtes révolutionnaire »), la jeunesse instaure une première terreur contre des responsables de l'Etat et du Parti de 1966 à 1968. Mais en juillet 1968, Mao décide froidement de briser les activités révolutionnaires de la Garde rouge et d'endiguer l'effondrement de l'économie; il ordonne à l'armée de procéder au démantèlement expéditif des organisations, il contraint près de douze millions de jeunes à renoncer aux études pour travailler aux champs ou dans les usines.
    Le retour sanglant à l'ordre bureaucratique fit davantage de morts et de blessés que les agissements des Gardes rouges déchaînés en 1966-1967 ou les combats armés entre les « organisations de masse » rivales en 1967-1968. Il fut conduit par l'armée d'abord, puis par les nouvelles structures politiques qui remirent au pas les militaires grâce à la liquidation du maréchal Lin Biao en septembre 1971, quelques mois seulement après qu'il eut été proclamé le successeur de Mao.
    Cent millions de personnes ont été affectées par la Révolution culturelle, incluant les survivants estropiés à vie comme les familles dont l'existence a été simplement perturbée par les événements; le nombre de victimes directes, tuées, suicidées, voire dévorées puisque les cas de cannibalisme furent nombreux, serait d'un million. La dernière révolution lancée par Mao, afin de transformer les êtres, fut l'ultime tentative, par le refus de singer les étrangers (Occidentaux, puis Soviétiques), de perpétuer dans la modernité occidentale une essence proprement chinoise, rêvée depuis un siècle par les élites.
    La Révolution culturelle fut le baroud d'honneur du conservatisme chinois.

  • Couleur de nuage

    Feng Zikai

    • Gallimard
    • 21 Octobre 2010

    Une vingtaine d'essais antérieurs à 1949 composent ce recueil, auxquels font écho soixante dessins de l'auteur, au trait vif et expressif. Ce jeu de miroir entre texte et dessin révèle toute la richesse de cette oeuvre qui porte un regard unique sur la Chine républicaine (1911-1949). Dans un style sobre, empreint de lyrisme et d'humour discret, Feng Zikai se livre à l'introspection, médite face à la fuite du temps, chante les vertus de l'amitié et s'emploie à regarder le monde qui l'entoure avec sagesse et modération.

  • Race et esclavage au Proche-Orient

    Bernard Lewis

    • Gallimard
    • 4 Novembre 1993

    Race et couleur en pays d'Islam : sous ce titre, Bernard Lewis publiait en 1982, chez Payot, les recherches qu'il avait été amené à faire sur les attitudes des musulmans vis-à-vis des peuples qu'ils avaient conquis, blancs ou noirs, pour un large programme collectif sur la tolérance et l'intolérance : l'Occident avait-il le monopole du racisme ?Depuis dix ans, le grand arabisant de Princeton n'a cessé d'approfondir la question, à travers les textes sacrés, les institutions, les comportements sociaux et les pratiques sexuelles.
    Vaste sujet, à la fois obscur et hypersensible, d'une grande importance historique en soi comme par les comparaisons qu'il permet. Son étude s'est recentrée sur un aspect, l'esclavage, et sur une aire géo-politique, le Proche-Orient. D'où ce nouveau livre, qui reprend des éléments du premier, sous un nouveau titre. L'essentiel n'est pas ici de corriger l'image conventionnelle d'une société totalement exempte de discrimination et de préjugés raciaux.
    Il est surtout de comprendre la source de ce mythe et les raisons de son entretien : elles sont en Occident. Créé par la philosophie des Lumières, ce mythe surgit comme un reproche des Européens à eux-mêmes pour leurs pratiques dans les Amériques ; il est relancé aux Etats-Unis après la guerre de Sécession et entretenu par toutes les formes de l'opposition au colonialisme, qu'elles viennent des missionnaires, des voyageurs ou des philanthropes.

  • Kennedy, chronique d'un destin

    Jacques Lowe

    • Gallimard-loisirs
    • 26 Septembre 2013
  • Exil et engagement ; les intellectuels allemands et la France, 1930-1940

    Albrecht Betz

    • Gallimard
    • 15 Janvier 1991

    Cette étude a pour ambition de resituer dans toute sa complexité le réseau d'action et de réaction de ce champ politico-littéraire dont les deux pôles furent le Troisième Reich et la France, le national-socialisme et la patrie des droits de l'homme. Foyer de combustion dont la crise économique, l'arrivée de Hitler au pouvoir, le Volksfront et la chute de Paris sont venus, en dix ans, relancer l'intensité tragique ; et dont l'épicentre se situe dans les débats des écrivains allemands exilés en France.
    Les données de base sont relativement connues, à travers les figures de proue que furent Heinrich Mann, Bertold Brecht ou Walter Benjamin. Ce qui l'est beaucoup moins, ce sont les conditions mêmes du débat, l'exil comme expression paroxystique de l'engagement, les organes et les moyens dont ces écrivains disposaient pour faire entendre une voix qui s'adressait tantôt aux milieux internes de l'émigration, tantôt, par-delà la censure, à leurs compatriotes, tantôt aux intellectuels français plus ou moins sourds.

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