Littérature germanophone

  • Petersbourg

    Schalom Asch

    • Archipoche
    • 6 Février 2020

    La grande saga du « Zola yiddish ».
    Dans la communauté juive de Saint-Pétersbourg, on ne parle que du mariage de Zakhari Mirkin, fils d'un riche industriel, avec la fille d'un grand avocat. Mais Zakhari ne se plaît pas dans son milieu d'origine. Il se rapproche des juifs malheureux, en butte à l'administration tsariste, dont il aime la foi vibrante, les espérances et le goût de la vie.
    Schalom Asch est l'un des plus grands écrivains yiddish du XXe siècle. Son préfacier, Stefan Zweig, est encore celui qui en parle le mieux : « Nombreux sont ses romans qui portent la marque du génie, mais aucune de ses oeuvres ne possède l'élan, l'ampleur et la puissance de sa «trilogie russe» (Pétersbourg, Varsovie, Moscou). Ce sont surtout des destins juifs que Schalom Asch y peint, car c'est dans le coeur juif qu'il entend le mieux battre le coeur du monde ; mais comme ses personnages appartiennent aux milieux les plus divers, grands financiers d'avantguerre, étudiants, révolutionnaires, pauvres et riches, héros ou médiocres, ce livre représente une espèce d'univers qui reflète les innombrables événements russes dans ses facettes multiples. » Le premier tome de cette formidable fresque (1929-1931), primitivement intitulée Avant le déluge, donne notamment à voir la Révolution russe du point de vue juif.

  • La Révolution russe

    Rosa Luxemburg

    • Le temps des cerises
    • 11 Septembre 2017

    Depuis quatre-vingts ans il n'existe pas d'article, de lettre, de brochure écrite par Rosa Luxemburg qui ait été l'objet de controverses aussi passionnées que les notes qu'elle rédigea en prison et qui furent publiées après sa mort sous le titre La Révolution russe.
    Cette révolution, dès ses débuts (révolution de février 1917), Rosa Luxemburg en souligne l'importance et houspille ses correspondants qui ne partagent pas son enthousiasme. « Les magnifiques événements de Russie agissent sur moi comme un élixir de vie. Je crains que tous autant que vous êtes, ne sachiez pas en apprécier l'importance » (à Martha Rosenbaum, avril 1917). « Ne comprends-tu pas que c'est notre propre cause qui triomphe là-bas ? » (à Luise Kautsky, 15 avril).
    Quand elle reçoit des nouvelles de la Révolution d'Octobre, elle écrit : « Mon coeur tremble beaucoup pour les Russes. Hélas je n'espère pas de victoire des léninistes mais je préfère une telle fin au slogan «Restons en vie pour la patrie» » (à Mathilde Wurm, 15 novembre). Deux semaines plus tard, à Clara Zetkin : « Les événements en Russie sont d'une grandeur et d'un tragique magnifiques. Le seul fait d'avoir tenté le coup est un fait marquant dans l'histoire du monde. » Dès leur prise du pouvoir, les révolutionnaires russes avaient publié un Décret sur la paix et engagé aussitôt des pourparlers avec l'Allemagne. Au terme de longues négociations les Allemands imposèrent aux bolcheviks le traité de Brest-Litovsk (3 mars 1918) qui amputait la Russie d'un territoire d'environ un million de kilomètres carrés.
    Dans un article intitulé « La tragédie russe », Rosa Luxemburg reprochait vivement aux bolcheviks d'avoir signé la paix (les accusant même de préparer un accord avec l'impérialisme allemand !) pour conclure brusquement qu'il n'existait pas de solution satisfaisante : « En dernière analyse, c'est le prolétariat international et surtout l'infamie persistante et sans exemple de la social-démocratie allemande qui portent la responsabilité des fautes des bolcheviks. » Ces notes sur la Révolution d'Octobre furent donc rédigées à l'automne 1918 sur un cahier d'écolier, un tiers au crayon, deux tiers à l'encre. Elles furent mises en sécurité en janvier 1919 au lendemain de l'assassinat de Rosa afin de les soustraire aux perquisitions de la police. Paul Levi - qui dirigeait alors le Parti communiste allemand - eut entre les mains une copie incomplète de ces notes qu'il décida de publier à la fin de 1921, après avoir été exclu du KPD.

  • Combien d'entre nous savent que laTurquie a accueilli dès 1933 des universitaires allemands et autrichiens révoqués par les nazis pour des raisons raciales, politiques ou idéologiques ? Cette émigration - synonyme de survie pour ces Juifs, ces « non-Aryens », ces opposants déclarés ou supposés - permit à nombre d'intellectuels de continuer leurs recherches, et à la Turquie de poursuivre la modernisation du pays lancée par Mustafa Kemal Atatürk dès 1923.

    Publié pour la première fois en français, Exil sous le croissant et l'étoile nous donne accès à une source exceptionnelle : le rapport rédigé par le fonctionnaire nazi Herbert Scurla sur le travail de ces universitaires.

    Retrouvé par l'historien Klaus-Detlev Grothusen, le « rapport Scurla » constitue un témoignage unique sur l'ignominie des nazis, appliqués sans relâche à persécuter leurs ennemis, à les empêcher de vivre et de travailler - y compris à l'étranger. Rédigées par différents auteurs, les autres sections du livre sont aussi l'occasion de découvrir le volet étranger de la politique culturelle et scientifique du IIIe Reich, de partager les souvenirs de certains des exilés, et de mesurer la richesse - souvent étonnante - de leurs biographies. Les contributions de Frank-Walter Steinmeier, Klaus-Detlev Grothusen, Edzard Reuter, Fritz Neumark et Christiane Hoss comptent ainsi parmi les éléments les plus précieux cet ouvrage. Quant à l'album de photos de Otto Gerngross, professeur de technologie agricole à l'École supérieure d'agronomie d'Ankara, il apporte le témoignage concret d'une étonnante modernité dans la Turquie des années trente.

  • Le post-scriptum communiste

    Boris Groys

    • Buchet chastel
    • 6 Mars 2008

    En s'appuyant sur l'idée que, trois années avant sa mort, Staline s'est consacré au problème, qualifié d'urgent, de la linguistique, Boris Groys se livre à une nouvelle analyse du communisme : il le présente comme un univers où non seulement l'élite, mais chaque individu devait « quotidiennement ressentir la température du langage en tant que telle ». La réalité perdait ainsi, au bout du compte, tout lien avec le réel, n'étant plus qu'un jeu de langage, un mouvement dialectique ne permettant à personne de se rattacher à quoi que ce soit. Groys présente ainsi un tout nouveau visage du communisme : le système politique ne constitue pas ici le centre de son intérêt. Il décrit un appareil communiste fondé sur le maniement du paradoxe et se livre à une analyse détaillée de ce qui fut « le langage du stalinisme », dans son lien avec le système soviétique depuis son avènement en 1917 jusqu'à sa fin, son autodissolution dialectique, en 1989.

  • Ces mémoires, rédigées à partir de 1814, décrivent en détail l'Europe du début du XIXe siècle, à travers notamment le récit des campagnes napoléoniennes. Chef du premier corps d'infanterie près de Grokhov au cours de la guerre de Pologne et lors de l'assaut contre Varsovie, E. Von Löwenstern dirige la légation russe à Paris entre 1835 et 1841.

  • Hitler, les derniers jours

    Mario Frank

    • Presses de la cite
    • 3 Avril 2008

    Cette chronique commence le 20 avril 1945, jour de l'anniversaire de Hitler qui fête ses 56 ans, et se termine le 1er mai 1945, au lendemain de son suicide. Le lecteur pénètre dans l'intimité du dictateur nazi réfugié dans cet abri qui forme le coeur d'un véritable village souterrain comprenant, outre le « bunker du Führer », les casemates du personnel, des cuisines, des garages, un hôpital. C'est là qu'il s'est réfugié, exaspéré par les bombardements incessants, et qu'il tient ses conférences biquotidiennes et nocturnes (car Hitler se couchait en général vers 4h du matin). C'est également de là qu'il suit l'inexorable progression des forces armées alliées, soviétiques en particulier, en marche sur Berlin. Celui qui vit sous terre, entouré d'Eva Braun, sa maîtresse, qu'il épousera quelques heures avant son suicide, de son personnel et, dans les tous derniers jours, de la famille Goebbels, n'a plus rien de commun avec le Führer qui faisait trembler la terre entière. C'est un homme malade, atteint de la maladie de Parkinson, dépressif, dépendant des « stimulants » que lui injecte son médecin personnel. Sourd aux supplications de ses proches, il refuse de quitter Berlin car c'est là qu'il doit « remporter la victoire ou périr ». Et périr, cela signifie mettre fin à ses jours, car il n'est pas question pour lui d'être livré « au Russe ». Sa grande crainte étant de voir exposé son corps sur la Place Rouge, à Moscou, il demandera d'ailleurs que, le moment venu, son cadavre soit brûlé. Le sort du peuple allemand lui est indifférent. En effet, ainsi que se plaît à le souligner Goebbels, ce peuple qui n'a pas été à la hauteur des ambitions de son Führer n'a que le sort qu'il mérite...Aux généraux qui viennent lui rendre compte de la situation catastrophique sur les différents fronts, il oppose toujours la même réponse : les mots « retraite » ou « recul » sont proscrits, les commandants qui ne tiennent pas leurs lignes sont des traîtres, à fusiller. Devant cette attitude, plus d'un général refusera d'obéir aux ordres, convaincu que le bunker est « une maison de fous ». Et le 30 avril, ce sera le chapitre final du Götterdämmerung, Crépuscule des Dieux misérable et dérisoire qui marquera la fin de ce Reich qui devait durer mille ans.

  • J'ai voulu fuir la RDA

    Eva-Maria Neumann

    • Presses de la renaissance
    • 7 Octobre 2010

    En 1977, Eva-Maria Neumann, une jeune violoniste de la RDA, tente de passer à l'Ouest dans le coffre d'une voiture, avec son mari et leur fille de trois ans. Mais quelqu'un les a trahis, ils sont arrêtés à la frontière. Après plusieurs mois de préventive à Leipzig, dans le " dépôt " de la Stasi, Eva-Maria et Rudolf sont condamnés respectivement à trois ans et trois ans et demi de prison. Eva-Maria est incarcérée dans la prison pour femmes la plus dure de la RDA. Les conditions de détention y sont dégradantes et la séparation d'avec sa famille d'autant plus douloureuse. Le couple sera finalement " racheté " par la RFA et s'installera à l'Ouest, où leur fille les rejoindra. Mais les événements passés ont laissé des traces profondes. Ce n'est que trente ans après sa libération que Eva-Maria a pu écrire ce livre, le témoignage bouleversant d'une évasion ratée et de ses conséquences. Un chapitre sombre de l'histoire interallemande.

  • Suivre les méandres d'une histoire parallèle, commune, croisée, de la France et de l'Allemagne depuis les années 1960, tel est l'objet de cette histoire franco-allemande qui met en lumière de nouveaux reliefs d'une relation bilatérale que l'on croit connue. Les cinq décennies écoulées depuis le Traité de l'Elysée de 1963 montrent une évolution générale parallèle et une convergence dans de nombreux domaines. Elles s'inscrivent dans une mutation commune aux Européens, touchant les styles de vie, les modèles de consommation, les milieux qui s'estompent et la transformation des classes moyennes. Cette histoire comparée, contrastée et entremêlée suit d'abord le fil de la chronologie avant de s'arrêter sur des questions où se cristallisent différences et nuances entre les deux pays : régimes et cultures politiques, pratique du parlementarisme, 1968 et sa place dans l'histoire, mutations de la société du travail, nationalité et citoyenneté. La confrontation des pratiques mémorielles et du cheminement des historiographies met en lumière des rythmes différents de la mémoire ; au-delà des spécificités nationales, elle montre des rapprochements surprenants. Enfin, c'est la question du moteur franco-allemand en Europe qui clôt l'étude de cette période sans drame majeur, sans conflit entre la France et l'Allemagne. Résultat du volontarisme de la coopération comme de la contrainte du voisinage, leur convergence s'est faite dans le cadre de l'unification des sociétés européennes qui accompagna la construction de l'Europe institutionnelle.

  • Le plan de réorganisation de la Hongrie (1688) ; das Einrichtungswerk des Königreichs Ungarn

    Léopold Kollonich

    • Honore champion
    • 28 Avril 2011

    La Cour de Vienne, après la reconquête de la Hongrie, a décidé de réorganiser l'administration du pays et de réduire les privilèges confessionnels, institutionnels et fiscaux de la toute-puissante noblesse. L'empereur Léopold 1er confia cette tâche à une commission présidée par le cardinal Léopold Kollonich qui rédigea un rapport de 300 pages en allemand, " le plan de réorganisation de la Hongrie de 1688 ". Le texte divisé en 5 chapitres proposait de réformer l'administration de la justice, des affaires ecclésiastiques, des affaires politiques, des affaires militaires et surtout celle des affaires économiques et financières. Souvent cité par les historiens, " le plan de réorganisation de la Hongrie de 1688 " est demeuré inédit. C'est pourquoi nous avons décidé de le publier en joignant une traduction française à l'original allemand, dont la compréhension est parfois difficile, car Kollonich est un écrivain baroque. Nous espérons que la lecture de texte dissipera des préjugés et rendra justice à l'auteur, qui fut longtemps la "bête noire " des historiens hongrois.



    Jean Bérenger, Professeur émérite à l'université de Paris Sorbonne, est spécialiste de l'Histoire de l'Europe centrale à l'époque moderne. Il a publié entre autres, en 1990 une Histoire de l'Empire des Habsbourg de 1273 à 1918, ainsi que Tolérance ou paix de religion en Europe centrale? 1415-1792, (Paris, Champion, 2000), une biographie de L'empereur Léopold 1er (1640-1705) fondateur de la puissance autrichienne, (Paris, PUF, 2004), une biographie de Joseph II, serviteur de l'Etat (Paris Fayard, 2007) et en 2010 aux Presses Universitaires de Rennes, la Hongrie des Habsbourg (tome 1, 1526-1790). Enfin il a publié en collaboration avec Charles Kecskeméti, Parlement & vie parlementaire en Hongrie (1608-1918), (Paris, Champion, 2005), qui a été traduit en hongrois.

  • Le 26 juin 1813, au palais Marcolini, à Dresde, Napoléon et Metternich se rencontrent et discutent pendant huit heures, seuls. Après la catastrophe qu'il vient de subir en Russie, tout est remis en jeu pour l'Empereur des Français: obtiendra-t-il un accord avec l'Autriche ? Dans le cas contraire, les nations européennes se révolteront contre lui, ce qui entrainera sa propre chute. Napoléon ne mesure pas cet enjeu et ne modère en aucune manière ses prétentions.
    N'ayant pu s'entendre avec Metternich, quatre mois après, Napoléon perd la bataille de Leipzig et sa domination sur l'Europe s'écroule. Günter Müchler, dans un livre d'abord publié en Allemagne, traduit par Charles Delamare et préfacé par Jean Tulard, décrit la confrontation historique entre l'homme d'action et le diplomate qu'il met en scène d'une manière vivante. Il retrace le parcours qu'ont vécu les deux protagonistes et brosse dans un récit captivant le tableau des évènements entre l'anéantissement en Russie de la Grande Armée pendant l'hiver 1812 et la Bataille des Nations, à Leipzig à l'automne 1813.

  • Histoire sociale européenne

    Harmut Kaelble

    • Belin
    • 15 Mars 2013

    Après la Seconde Guerre mondiale, l'Europe était en ruines. De nombreuses villes, routes et installations industrielles étaient détruites. Les décisions importantes concernant le sort du monde se prenaient désormais à Washington et à Moscou. La réémergence de l'Europe dans l'ère de la Guerre froide est le thème central de ce livre.
    En examinant à la loupe la situation de l'emploi, de la famille, comme les systèmes éducatifs, les habitudes de consommation, les flux migratoires et les systèmes de sécurité sociale dans les différents pays, Harmut Kaeble dégage ce qui ressort des valeurs européennes communes et souligne les divergences. Il livre ici une synthèse convaincante des tendances européennes de l'époque et parvient non seulement à montrer que l'histoire sociale, culturelle et économique a le même poids que l'histoire politique, mais aussi à expliquer l'histoire de l'Europe dans son contexte global.

  • L'auteur, officier dans la Wehrmacht, est un des 6 juges militaires basé à Strasbourg, ville rattachée à l'Allemagne depuis 1940. Il commence à écrire son journal à 59 ans. Patriote, voici comme il se définit : « Moi, qui ne fut jamais nazi, mais seulement un bon Allemand ». Il dépeint le front russe, l'engagement des Allemands. Anti-bolchévique, il implore les démocraties occidentales de ne pas laisser l'Allemagne tomber sous la domination russe. Il déplore la propagande et l'aveuglement des nazis face à la débâcle militaire allemande et s'inquiète pour l'avenir du peuple allemand. Il se demande comment pourra fonctionner le pays si, après la défaite, on purge l'administration de tous ceux qui ont appartenu au parti nazi. Il se pose la question des responsabilités : faut-il les attribuer aux dirigeants ? Il s'attend aussi à une incroyable vengeance de la part du peuple juif.

  • Ancien élu, professeur et historien, Hans Fässler est un « chercheur engagé ». D'abord militant du mouvement anti-apartheid, il s'intéresse ensuite au passé esclavagiste de son pays, qui tranche avec la légendaire « neutralité » de la Suisse. Inspiré des travaux de Jean Ziegler sur la face cachée de l'argent des banques suisse, il entreprend un vaste travail sur les archives nationales et privées de grandes familles suisses. Suite à la publication de la version originale de son livre en 2005 aux Editions Rotpunktverlag (en allemand), un grand débat s'ouvre en Suisse et au sein du Parlement sur la prise en compte officielle de ce passé négrier.

    Avec rigueur et précision, il nous montre comment, « du 17ème au 19ème siècle, des commerçants, militaires et scientifiques suisses ont été impliqués dans toutes les activités importantes de l'esclavagisme : ils ont placé de l'argent dans les sociétés coloniales, ont participé aux expéditions du commerce triangulaire, ont pratiqué la traite des esclaves et donné leur caution idéologique et leur soutien militaire à l'esclavage. Selon les estimations, la Suisse - par le biais de particuliers mais aussi d'organismes étatiques ou semi-étatiques - aurait participé à la déportation et à l'exploitation dans des plantations de plus de 150 000 esclaves. Proportionnellement à la taille du pays et au nombre d'habitants, la Suisse a donc, en moyenne, participé autant que les autres pays européens à l'esclavage. »

  • Exil et engagement ; les intellectuels allemands et la France, 1930-1940

    Albrecht Betz

    • Gallimard
    • 15 Janvier 1991

    Cette étude a pour ambition de resituer dans toute sa complexité le réseau d'action et de réaction de ce champ politico-littéraire dont les deux pôles furent le Troisième Reich et la France, le national-socialisme et la patrie des droits de l'homme. Foyer de combustion dont la crise économique, l'arrivée de Hitler au pouvoir, le Volksfront et la chute de Paris sont venus, en dix ans, relancer l'intensité tragique ; et dont l'épicentre se situe dans les débats des écrivains allemands exilés en France.
    Les données de base sont relativement connues, à travers les figures de proue que furent Heinrich Mann, Bertold Brecht ou Walter Benjamin. Ce qui l'est beaucoup moins, ce sont les conditions mêmes du débat, l'exil comme expression paroxystique de l'engagement, les organes et les moyens dont ces écrivains disposaient pour faire entendre une voix qui s'adressait tantôt aux milieux internes de l'émigration, tantôt, par-delà la censure, à leurs compatriotes, tantôt aux intellectuels français plus ou moins sourds.

  • La Vienne d'Hitler ; les années d'apprentissage d'un didacteur

    Brigitte Hamann

    • Syrtes
    • 13 Février 2014

    "Brigitte Hamann analyse les tensions ethniques, sociales et idéologiques qui, vers 1910, agitaient Vienne. Hitler a détesté la capitale autrichienne taxée de Babylone. Ceux qu'il jettera en camp de concentration - catholiques, juifs, sociaux-démocrates, patriotes, monarchistes - personnifiaient ce "monde d'hier" (Zweig) qu'il vomissait quand, misérable, il arpentait les rues de la vieille cité impériale." (Jean Sévillia)

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