Littérature du Moyen-orient

  • Capturé en mer au mois de mai 1597 par des corsaires de Malte, Ma'cûnc?zâde Mustafa Efendi, cadi ottoman de Chypre, passa deux années pleines dans le bagne de La Valette. Il y composa un ouvrage racontant son quotidien, à travers des lettres de suppliques adressées au Sultan de Constantinople ou à des dignitaires ottomans en vue d'obtenir son rachat. L'ouvrage qui en résulte est un témoignage rare sur les nombreux captifs musulmans dans les geôles des grands ports de la Méditerranée chrétienne à l'époque moderne ; il nous renseigne également sur la politique de La Porte vis-à-vis de la captivité de ses sujets en Europe.
    Fin lettré, Ma'cûnc?zâde compose en outre une pièce littéraire dont la traduction permet de saisir les saveurs fleuries de l'ottoman, si bien méconnu France.

  • Les mots et la terre ; les intellectuels en Israël

    Shlomo Sand

    • Flammarion
    • 5 Janvier 2010

    L'élaboration de l'idée de nation juive a débuté bien avant que le mouvement sioniste ne s'organise et s'est prolongée bien après la création d'lsraël.
    Shlomo Sand s'interroge sur la contribution des intellectuels juifs et israéliens à ce processus. II étudie un à un tous les mythes fondateurs de l'Etat d'Israël, à commencer par celui d'un peuple déraciné par la force, un peuple race qui se serait mis à errer de par le monde à la recherche d'une terre d'asile. Un peuple qui se définira donc sur une base biologique ou "mythico-religieuse ", connue l'attestent les termes d' " exil ", de "retour", de "montée" vers la terre d'origine, qui nourrissent toujours les écrits politiques, littéraires ou historiques israéliens.
    La majorité des intellectuels en Israël persistent à assumer depuis 1948 cet imaginaire ethno-national. Les premières fissures dans cette conception dominante m'ont fait leur apparition qu'au cours des années 1980, avec les travaux novateurs d'historiens que l'on a qualifiés de "post-sionistes". En miroir, Shlomo Sand s'interroge, à travers la figure de Bernard Lazare, " premier sioniste français", sur les racines du sionisme chez les intellectuels en France: c'est finalement a cane réflexion globale sur le statut de l'intellectuel dans nos sociétés que nous convie l'historien.

  • Le Livre des Rois comprend les règnes de cinquante rois, depuis le premier homme-roi jusqu'au dernier souverain historique sous le règne duquel la Perse passa sous domination arabe, au VIIe siècle de notre ère. Depuis près de mille ans, on n'a cessé de copier, de lire, de déclamer cette geste prestigieuse. Aujourd'hui encore, dans les cafés populaires, les conteurs récitent ces hauts faits mémorables avec une verve sans égale.

  • Place Dizengoff ; une dramaturgie urbaine

    Tamar Berger

    • Actes sud
    • 3 Octobre 2009

    C'est l'histoire d'un petit bout de terre au coeur de Tel-Aviv, sur lequel est bâti aujourd'hui le centre commercial Dizengoff Center ; qui était auparavant Nordia, le quartier de baraquements des immigrés polonais immortalisé par Yaacov Shabtaï dans Pour inventaire ; qui était auparavant une étendue de vignes, de sables et d'orangeraies appartenant à un grand propriétaire terrien arabe de Jaffa : Adib Mahmad Hinawi.
    Lequel est mystérieusement assassiné à l'arme blanche, le 3 novembre 1939, dans une rue de Jaffa... De ce crime "originel" à l'explosion d'un autobus en 1996, Tamar Berger livre une passionnante enquête sur la naissance d'une jeune métropole, véritable généalogie urbaine d'un territoire ultrasensible : Tel-Aviv. Flânerie littéraire et historique hantée par Walter Benjamin et Charles Baudelaire, réflexion poétique et politique sur la ville, un document d'une richesse unique, entre histoire littéraire, archéologie familiale et saga immobilière, enquête cadastrale et analyse géopolitique.

  • Jerusalem au xixe siecle

    Ben Arieh/Yehoshua

    • Eclat
    • 25 Avril 2003

    Penser Jérusalem aujourd'hui impose de se souvenir de la manière dont la ville a pu renaître au dix-neuvième siècle, et comment elle s'est constituée en quartiers, à l'intérieur et à l'extérieur de la Vieille Ville.
    Ce développement, sans précédent dans son histoire, est la clé de bien des enjeux contemporains. Yehoshua Ben-Arieh nous présente clairement et précisément la géographie de cette renaissance.

  • Depuis les Balkans jusqu'au Moyen-Orient, de 1913 à 1918, l'Empire ottoman
    connaît les déchirements d'un déclin auquel la Grande Guerre mettra un terme
    terrible. « - Mon pacha, pourriez-vous me dire pour quelle raison nous sommes
    entrés dans cette guerre ? - Pour pouvoir payer les salaires ! » Paroles
    cyniques, bien réelles, d'un homme, Djamal Pacha, commandant de la IV armée,
    qui dirigea d'une main de fer le Moyen-Orient à cette époque. Avec Enver Pacha
    et Talat Pacha, il fut l'un de ceux qui, à la tête de l'Empire ottoman après la
    révolution des Jeunes-Turcs, le précipitèrent dans le chaos et causèrent
    finalement sa débâcle. Cette débâcle, c'est précisément la plume de Falih Rîfkî
    Atay, alors jeune officier dans l'état-major de Djamal Pacha basé à Jérusalem,
    qui va nous la rendre réelle à travers ses récits, ses anecdotes empruntées au
    quotidien. Un jour, face à une mère qui implore : « - Avez-vous vu mon Ahmet ?
    » l'auteur avoue son impuissance. « Qu'est-ce qui extermina ton Ahmet ?
    s'interroge-t-il : les glaciers, le sable, l'eau, les plaies du scorbut ou les
    poux du typhus ? Même si ton Ahmet avait pu sauver sa peau de toutes ces
    calamités, il serait tellement méconnaissable que tu lui demanderais aussi :
    «As-tu vu mon Ahmet ?» » Passage émouvant où affleure l'écriture sensible de
    Falih Rîfkî Atay, matière d'un témoignage rare et panoramique sur une époque,
    sur une région et sur ses peuples : Turcs, Arabes, Juifs, Arméniens., tous
    acteurs d'un front méconnu de la première guerre mondiale.

  • Les archives Ben Gourion contiennent un document d'une importance exceptionnelle pour l'histoire du 20e siècle. En effet, de 1915 à 1972 (la partie antérieure ayant brûlé dans un incendie), David Ben Gourion a tenu un journal, jour après jour, tout en conservant, en parallèle, les lettres qu'il recevait du monde entier et même les copies-carbone des lettres que lui-même envoyait. Le journal, tel qu'il est conservé, compte 20 000 pages en hébreu. La partie qui nous concerne couvre cinq cahiers manuscrits petit format d'une cinquantaine de pages chacun. La période est cruciale : il s'agit de la naissance de l'Etat d'Israël, autour de sa proclamation en 1948. L'ouvrage sera constitué du journal lui-même, entre l'hiver 1947, date de la résolution 181 de l'ONU prévoyant la partition de la Palestine en trois états, dont un état juif, et le printemps 1949 et la fin de la guerre que cette partition déclenche, sans s'interdire de citer des extraits antérieurs ou postérieurs permettant de mieux comprendre les conditions de la création de l'Etat d'Israël. S'ajouteront des documents complémentaires tels que comptes rendus de réunions ministérielles, correspondances et photographies.

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