Hermann

  • Le rabbin et le psychanalyste ; l'exigence d'interprétation

    Delphine Horvilleur

    • Hermann
    • 23 Septembre 2020

    Bien des gens qui viennent voir un psychanalyste ou un rabbin ont d'abord l'idée qu'il va interpréter pour eux les mots et rendre explicite le non-explicite du langage, du signe ou des images qui les habitent. C'est la démarche très caricaturale de celui qui veut à tout prix que son psychanalyste interprète son rêve et lui traduise son sens sans ambiguïté. Celui-là attend de l'interprétation un éclaircissement, une sorte de sortie d'ambivalence de sens. Il veut que la vérité soit comme désobscurcie par l'autre qui détiendrait la vraie lecture et le sens authentique. Or une interprétation qui serait une théorie du signe perdrait toute sa puissance jusqu'à sa définition même, au lieu d'ouvrir le sens elle l'enfermerait dans une fidélité stérile. Tel est exactement le contraire de ce qu'exige toute interprétation. C'est ce que nous explique dans ce court texte Delphine Horvilleur, en confrontant les théories rabbiniques et psychanalytiques.

    En stock

    Ajouter au panier
  • Dans l'atelier de... Joseph Kessel Nouv.

    Dans l'atelier de... Joseph Kessel

    Serge Linkès

    • Hermann
    • 4 Mai 2022

    Kessel a marqué son siècle, il reste ce « témoin parmi les hommes » à la renommée indéfectible, mais dont on connaît assez peu les pratiques d'écriture et où l'on confond parfois celles du journaliste et du romancier.

    Nous allons le côtoyer ici en explorant le fonds Kessel qui conserve les traces de l'élaboration des oeuvres et révèle sa conception du « métier d'écrivain ». Nous déambulerons aux côtés du grand reporter griffonnant ses articles aux confins de la planète, du jeune romancier reclus dans une chambre d'hôtel ou de l'académicien installé au bureau de sa dernière demeure.

    On découvrira les « réemplois » qui, d'une même veine ou d'une même aventure, font naître un reportage et un roman à succès, et d'autres « Kessel », dramaturge ou scénariste. L'examen du manuscrit de L'Armée des ombres, oeuvre de combat entre fiction et documentaire, viendra clore cette déambulation kesselienne.

  • Ce livre fournit une analyse détaillée de la politique étrangère d'Israël et de l'histoire diplomatique du peuple juif. Il présente une histoire complète et exhaustive de la politique étrangère d'Israël, dans une perspective historique de longue durée, qui couvre tous les aspects de la politique étrangère d'Israël : vis-à-vis du monde arabe et du Proche Orient ; vis-à-vis des États-Unis, de l'Europe, de la Russie et de l'ex-espace soviétique, de l'Asie, de l'Afrique, de l'Amérique latine, de l'ONU, et de la diaspora juive. Il traite également de la diplomatie des royaumes d'Israël sous l'Antiquité et des diasporas juives au Moyen Âge et à l'époque moderne, ainsi que de la question des relations entre Israël et les nations dans le narratif biblique.

  • La Fontaine expliqué aux adultes : lecture du livre I des Fables Nouv.

    D'ordinaire, on s'efforce d'expliquer les fables de La Fontaine aux enfants. Ils n'en ont pas besoin : ils les comprennent d'intuition, même sans saisir parfois la moitié des mots. En grandissant, nous perdons cette fraîcheur de sympathie. Et il faut beaucoup de science et de patience aux adultes pour remonter la pente, pour que l'oeil se fasse à ce ciel nocturne brillant de tant d'étoiles qu'est le recueil des Fables choisies mises en vers.

    Cet ouvrage voudrait jouer le rôle d'un télescope secourable pour faciliter cette observation, sans autre prétention que d'aider à lire La Fontaine, à le déchiffrer et à le goûter. Il scrute pas à pas les 22 fables du livre I, de La Cigale et la Fourmi au Chêne et le Roseau, pour en faire ressortir et en faire ressentir la profondeur secrète, les mystères enfouis, les connivences celées et la logique de l'assemblage, analogue à celle d'un jardin à la française. Une invitation à la promenade au jardin des Fables...

  • Jouer sa vie en jouant aux échecs

    Yves Vaillancourt

    • Hermann
    • 13 Avril 2022

    Quelle est la quête symbolisée par le jeu d'échecs?? Quels liens pouvons-nous établir entre Beth Harmon de la récente série télévisée The Queen's Gambit et des personnages littéraires comme Loujine ou Monsieur B., de Nabokov ou Stefan Zweig ?
    Les joueurs d'échecs sont-ils des fous de Dieu, des mystiques de l'absolu ? Veulent-ils s'affranchir des limites imparties à la condition humaine et s'élever à un niveau de calcul surhumain, comme s'ils étaient dotés de l'omniscience ?
    Dans cet essai, l'auteur se propose de revisiter un certain nombre d'oeuvres littéraires et artistiques qui mettent en scène le jeu d'échecs. Il part de l'hypothèse chère à Borgès selon laquelle les échecs sont un petit théâtre reproduisant le drame cosmique, où l'être humain, même surdoué, se brûle les ailes dans son désir de perfection.

  • Lusia

    Catherine Grynfogel

    • Hermann
    • 25 Août 2021

    4 septembre 1942 : Lusia, une jeune femme désespérée, jette, telle une bouteille à la mer, une lettre par la fenêtre du train qui l'emporte vers Auschwitz. Ces quelques mots rédigés à la hâte sont adressés à son fils de deux ans - qu'elle a miraculeusement réussi à cacher chez un voisin juste avant d'être raflée. Quarante-trois ans plus tard, cette bouleversante lettre d'adieu, timbrée à l'effigie du maréchal Pétain, atteint enfin son destinataire, qui découvre l'écriture de sa mère inconnue...
    Ce récit est celui d'une enquête : celle menée par Catherine Grynfogel pour reconstituer la vie de Lusia (1918-1942). Pendant près de dix ans, elle suivit ses traces et se rendit sur les lieux de sa brève existence, à la recherche d'indices qui auraient échappé aux destructions du temps et aux ruines de l'histoire. Ces pages font ainsi revivre la lumineuse personnalité de Lusia, dont la force de caractère lui permit de lutter jusqu'au bout pour sauver la vie de son enfant.

  • J'écris ce livre parce que j'ai peur. J'ai peur pour mes petits-enfants et pour le temps qui sera le leur. Et qui a déjà commencé. J'écris ce livre pour briser le silence. Celui qui règne sur la montée de l'islamisme, sur ses ravages parmi les jeunes et sur les dégâts qu'elle provoque dans notre école publique. Jusqu'à présent le silence a été la religion de l'école et le célèbre " Surtout pas de vagues ! " le credo de ses administrateurs, pour l'islamisme comme pour d'autres sujets tragiques : la pédophilie hier ou le cyber-harcèlement de nos jours.
    J'écris ce livre parce que je suis attaché à la laïcité, parce que je sais que ce principe républicain nous protège et protège nos libertés, celle de croire ou de ne pas croire, celle de changer de convictions, celle de critiquer les religions comme l'absence de religion, celle de confier nos enfants à l'école publique sans crainte qu'ils y soient endoctrinés, celle pour les croyants de pratiquer leur culte sous la protection d'un Etat neutre et fort.
    J'écris ce livre parce que le temps presse et qu'il y a maintenant urgence. Urgence à ouvrir les yeux, à voir le monde tel qu'il est et à tenter de comprendre ce qui s'y passe. Et, surtout, urgence à agir.

  • Crise des repères identitaires : race, sexe, genre

    ,

    • Hermann
    • 23 Février 2022

    Les obsessions identitaires sont multiples et se répandent partout. Toutes nos identités collectives sont touchées et se dissolvent dans des revendications diverses : être femme ou homme ou non-binaire, être noir, blanc ou asiatique, être français ou européen, être juif, musulman, chrétien ou sans religion... La « race », le genre, le sexe sont des identités sans cesse troublées, questionnées, affirmées ou refusées. On dénonce ici une identité qui serait soumission à un pouvoir symbolique, là une autre identité qui serait acceptation d'un état de fait.

    Cette crise de nos identités, dont les causes peuvent être recherchées dans la mondialisation ou dans ce qu'autorisent les avancées scientifiques et technologiques, signifie une profonde crise de notre humanité, de notre humanisation. C'est aussi une crise de la transmission de ce que signifie être humain.

    Avec les contributions de :

    Houria Abdelouahed, Laurence Croix, Bernard Ferry, Roland Gori, Jean-Michel Hirt, Rhadija Lamrani Tissot, Jean-Pierre Lebrun, Céline Masson, Jean-Jacques Moscovitz, Jean-Jacques Rassial, Jacqueline Schaeffer.

  • Remettre la France sur le devant de la scène internationale.

  • Rejet des caricatures, dénonciation des statues à l'effigie de personnalités controversées, critique de partis pris académiques, etc. Le débat démocratique est aujourd'hui miné par des polémiques violentes, qui opposent des « camps » aux argumentations irréconciliables et aux attitudes intransigeantes. Là les « racisés » dénoncent les « républicains », ici les « islamophobes » vouent aux gémonies les « islamo-gauchistes », ailleurs les « universalistes » attaquent les « décolonialistes ». Partout le climat du débat public est délétère.

    Les enjeux de ces problèmes publics sont d'autant plus complexes à analyser qu'ils sont masqués par des positions idéologiques et un aveuglement des thuriféraires de chacun des camps en présence. Comment organiser, sans anathème et dans un esprit démocratique, nos débats contemporains, sans jamais perdre de vue le « bien commun » ?

    Avec les contributions de :

    Charlotte Denizeau-Lahaye, Philippe Gonzalez, Laurence Kaufmann, Ulysse Korolitski, Smaïn Laacher, Kenan Malik, Jenny Raflik, Joan Stavo-Debauge, Cédric Terzi.

  • La raison publique, comprise comme une exigence de rationalité élargie au politique, est un projet essentiel des Lumières. Cet idéal se traduit concrètement dans le droit et par le fait d'autoriser chacun à communiquer librement ses pensées selon toutes les modalités de l'échange pour les soumettre à la réflexion critique d'une communauté de citoyens libres.

    Or force est de constater que cette raison publique est aujourd'hui en crise. La raison publique est désormais le lieu d'expressions et de revendications particulières, sans visée universaliste. Et ce qu'il y a d'inquiétant dans cette dérive, c'est que l'hyper-subjectivisme contemporain se présente comme une forme d'émancipation. D'où l'urgence de réinterroger à nouveau compte cette raison publique qui vacille aujourd'hui.

    Avec les contributions de :

    Jacques Billard, Jean-François Braunstein, Natalie Felzenszwalbe, Fabien Ollier, François Rastier, Wiktor Stoczkowski, Pierre-André Taguieff, Serge Valdinoci.

  • Toute démocratie repose, selon Léo Strauss, sur des valeurs essentielles, qui organisent la vie politique. Nommons, ici : la raison, la liberté et l'éthique. Ces valeurs sont aujourd'hui fortement dégradées: la raison n'est plus l'exigence du discernement, mais est réduite à un calcul ; la liberté n'est plus l'exigence d'autonomie en vue du bien commun, mais se résume à une revendication licencieuse d'un « tout est permis » ; l'éthique, enfin, ne renvoie plus à un effort d'élévation dans la vie de l'Esprit, mais se confond avec l'expression de bons sentiments angéliques qui nient parfois les contraintes du réel. Comment comprendre la désagrégation du politique en ses fondements ? Comment surmonter la crise de l'autorité et de la vérité ?

    Avec les contributions de :

    Marc Angenot, Denis Charbit, Daniel Dayan, Patrice Gueniffey, Jolanta Kuska, Fabien Lebrun, Gérard Rabinovitch, Philippe Raynaud, André Sénik, Henri Vacquin.

  • Le racisme n'est plus ce qu'il était, et l'antiracisme, à force de poursuivre des logiques contradictoires, est devenu fou. Les antiracistes savants ont découvert l'existence du « racisme sans races », appelé aussi racisme culturel, et celle du « racisme sans racistes », dit « racisme institutionnel », « structurel » ou « systémique ». Le « suprémacisme blanc », loin de se réduire aux néo-nazis qui s'en réclament, serait partout et expliquerait tout. Exportée par les activistes étatsuniens, cette vision fantasmatique du racisme est aujourd'hui dominante. Le néo-antiracisme dénonçant le « privilège blanc » est devenu la forme idéologiquement acceptable du racisme anti-Blancs.

    L'affrontement entre des visions incompatibles de l'antiracisme alimente une nouvelle guerre culturelle qu'illustre le conflit entre l'antiracisme universaliste et l'antiracisme identitaire. Face aux figures paradoxales comme les « antiracismes racistes » et les « racismes antiracistes » qui surgissent du décolonialisme, de l'intersectionnalisme, de la « théorie critique de la race » et de la culture « wokiste », l'auteur s'interroge sur la possibilité de refonder ou de réinventer l'antiracisme.

  • Les crises idéologiques se manifestent par l'émergence de nouveaux langages, qui permettent de rallier des disciples. Les concepts sont souvent des mots d'ordre (inclusivisme, décolonisation, intersectionnalité) qui servent à condamner ceux qui les questionnent. L'écriture dite « inclusive », par exemple, illustre comment une revendication sociale annule un savoir (en l'occurrence linguistique) et légitime une forme d'intimidation morale.

    Dans l'université ou les médias, la sommation idéologique prend désormais un ton comminatoire. La langue devient le lieu d'un discours doctrinal qui est simultanément un moyen d'exclure les adversaires et de propager les connivences militantes: qui n'adhère pas au nouveau dogme est passible de « cancellation ».

    L'urgence de rationalité a mobilisé des linguistes pour fournir des analyses à ces distorsions et dérives, où se mêlent rhétorique et idéologie.



    Avec les contributions de :

    Sonia Branca-Rosoff, Jean Giot, Yana Grinshpun, Danièle Manesse, John McWhorter, François Rastier, Georges-Elia Sarfati, Jean Szlamowicz, Chantal Wionet.

  • Avec l'effondrement du Parti communiste et l'affaiblissement du Parti socialiste, la gauche connaît une crise qui se révèle beaucoup plus profonde qu'il n'y paraît. Depuis une quinzaine d'années, se développe, surtout à l'extrême-gauche de l'échiquier politique, une nébuleuse idéologique qui remet en cause les valeurs universelles auxquelles la gauche traditionnelle s'identifiait. Cette « gauche identitaire » interprète à nouveaux frais les principes républicains afin de soutenir notamment des positions indulgentes envers l'islamisme radical, d'attaquer la laïcité, de dénoncer la société française en raison de son passé colonialiste, de préconiser un séparatisme sexuel ou racial et de revendiquer certaines discriminations. Ce ressentiment victimaire va jusqu'à militer pour une Cancel Culture, c'est-à-dire une réécriture de l'histoire au nom du politiquement correct.

    Quelle est l'influence réelle de la gauche identitaire ? Quels risques fait-elle peser sur notre société et sur nos libertés ?

    Avec les contributions de :

    Manuel Boucher, Emmanuel Debono, Michel Dreyfus, Hubert Heckmann, Joël Kotek, François Rastier, Stéphanie Roza, Gilles Vergnon.

  • Esquisse d'une théorie des émotions

    Jean-Paul Sartre

    • Hermann
    • 22 Mai 2010

    Premier ouvrage philosophique de Jean-Paul Sartre, publié par Hermann dès 1938 et constamment réédité depuis lors. La dernière édition a paru en avril 2010.

    Qu'est-ce qu'une émotion ? Pourquoi faut-il affirmer qu'elle a une signification et refuser les approches de la psychologie positive comme de la psychanalyse ? Publiée en 1938 aux éditions Hermann, L'Esquisse d'une théorie des émotions fait partie de ces premiers textes fulgurants de Sartre qui témoignent déjà de son génie philosophique et de sa capacité à saisir les enjeux de la psychologie : Sartre nous y montre la nécessité d'une approche phénoménologique, seule à même de nous faire comprendre l'essence de l'émotion. Face à l'essor actuel des neurosciences et des sciences cognitives, le texte n'a rien perdu de son actualité et montre à quel point il importe encore aujourd'hui de penser la psychologie.

  • Ainsi commence l'Entretien d'un philosophe avec Madame la Maréchale de ***, une jeune femme "belle et dévote comme un ange" qui demande au philosophe de justifier son athéisme.
    Ce savoureux dialogue a le naturel d'une conversation familière ; il en épouse les méandres. Chaque interlocuteur peut interrompre l'autre au moment où l'on s'y attend le moins. Les répliques s'enchaînent de façon imprévisible sans la moindre contrainte extérieure. Diderot ne catéchise pas son interlocutrice. Il a pour elle un respect qui n'est jamais démenti. Comme il est dit dans l' "Avis au lecteur", "il serait à souhaiter que les matières importantes se traitassent toujours (.) dans le même esprit de tolérance".
    On trouvera ici la première édition critique de ce dialogue, établie d'après la version originale diffusée dans la Correspondance littéraire en 1775 et accompagnée d'un ensemble de textes qui en éclairent le sens et la portée.

  • Moïse et l'humanisme

    François Rachline

    • Hermann
    • 1 Septembre 2021

    La Bible hébraïque a-t-elle réellement inventé le monothéisme ? Si oui, elle l'a fait à travers un dieu indicible. Quand Moïse s'interroge sur son nom, le texte fournit une réponse énigmatique : « Je serai ». Que signifie le silence étourdissant de cette absence d'identité ?

    Se peut-il que la question du divin n'ait pas constitué l'essentiel du message biblique et que Moïse soit d'abord le fondateur d'une éthique libératrice, l'humanisme ? Telle est la question centrale de cet essai.

  • La chute de l'intime : la mélancolisation du discours

    Laurence Joseph

    • Hermann
    • 17 Novembre 2021

    L'intime ne se réduit pas au privé : loin d'être un repli intérieur, il est le fruit d'une rencontre. Il n'y a pas d'intime sans altérité, donc sans exhibition ni sans pudeur. L'intime structure l'identité psychique dans son rapport à autrui, au point que Lacan a créé le mot extime pour faire résonner sa part d'étrangeté. Plus qu'une rencontre des corps, l'intime est une fabrique du langage, qui confère au sujet un certain équilibre et un goût pour le monde, facilitant sa socialisation.

    Dès lors que se passe-t-il quand l'intime chute, quand on le brise, le viole, le force ou le fait taire ? Quels sont les effets d'une intimité brisée et trahie sur un sujet ? Comment ce dernier peut-il résister à une forme de mélancolie qui s'étend à toutes ses représentations, y compris politiques ?

  • Que se passe-t-il au moment du décès et des funérailles des personnes sans domicile ? La mort des sans-abri est en effet un point aveugle des politiques publiques. Statistiques imprécises et rareté des études concourent à l'invisibilité des sans-abri jusque dans leurs obsèques. Pourtant, des rites funéraires variés accompagnent le décès des sans-abris, mis en place par leur entourage de la rue, et qui ont beaucoup à nous dire sur la façon dont les communautés humaines savent prendre soin de leurs morts. Basé sur une enquête de plusieurs mois auprès des SDF, le présent ouvrage explore à la fois l'anthropologie des rites funéraires des sans-abri et, sous un jour nouveau, la sociologie des inégalités.

  • Qu'est-ce qui, dans nos actes quotidiens, révèle notre humanité ? Serait-ce la compassion ? Cette notion, obsolète pour certains et dépréciée par d'autres, semble dans notre siècle devoir pourtant, et avec urgence, être repensée dans un de ses gestes les plus ordinaires et créateurs : le soin. Soin et compassion : ces deux concepts posent ensemble la question d'une praxis face à la vulnérabilité humaine et la fragilité du monde. Issu du séminaire Soin et Compassion de la Chaire de Philosophie à l'Hôpital, ce recueil s'est saisi de la nécessité de développer une philosophie clinicienne afin d'enrichir la pluralité de nos pratiques soignantes d'une nouvelle armature de pensée. Ce travail philosophique ne pouvait résulter que d'une réflexion collective qui interroge la morale et la politique grâce à nos expériences communes. Comment chacun de nous peut prendre soin de soi, des autres et du monde ? L'enjeu est de donner au soin et à la compassion non seulement une relance théorique mais aussi un éveil fort dans la sphère publique, de ne pas les limiter aux murs de l'hôpital mais de les structurer en un nouveau paradigme de la philosophie politique.
    Avec les contributions de:Cynthia Fleury, Pauline Bégué, Zona Zari , Frédéric Gros, Paul Audi, Laure Barillas, Agata Zielinski, François Goupy, Dominique Seret-Bégué, Thierry du Puy-Montbrun, Nathalie Dzierzynski, Catherine Tourette-Turgis, Sandra Laugier, Fabienne Brugère, Guillaume le Blanc, Marc Crépon et Virgile Delâtre.

  • Dans un contexte de mondialisation culturelle, la notion de « paysage originel » permet de retrouver un sol. Cet essai montre combien l'identité peut se construire par la littérature, car nous nous reconnaissons tous dans des lieux fondateurs avec des valeurs qui nous constituent. L'élaboration dynamique de soi est ici explorée par les poésies dites « francophones » et l'étonnante construction d'un « étranger au sein de la même langue ». Par-delà les déterminismes nationaux, l'affirmation de l'identité articule les échelles de la diversité, du « pluriversel ». De manière emblématique, les poètes provenant de Suisse romande tentent d'échapper à un héritage particularisant ; ou, au contraire, de le revendiquer. Le choix des paysages originels souligne alors un trait commun : on ne naît pas « écrivain francophone », on le devient.

  • Le miel et l'absinthe

    André Comte-Sponville

    • Hermann
    • 5 Mars 2008

    « Lucrèce, philosophe épicurien, est aussi un immense poète. Le paradoxe est que sa poésie semble prendre perpétuellement l'épicurisme à contre-pied, comme si le poète, chez lui, donnait tort au philosophe - à moins que ce ne fût l'inverse. C'est ce que j'ai essayé d'exprimer (notamment en retraduisant les plus beaux passages de son chef-d'oeuvre) et de comprendre. De la philosophie d'Epicure, la plus lumineuse, la plus douce, la plus sereine, peut-être la plus heureuse de toute l'Antiquité, Lucrèce a tiré le poème le plus sombre, le plus âpre, le plus angoissé, le plus tragique. Cela nous dit quelque chose sur l'homme qu'il fut, certes, mais aussi sur l'épicurisme, sur la philosophie, et sur nous-mêmes. Si nous étions des sages, nous n'aurions pas besoin de poètes. Mais aurions-nous besoin de philosophes ? » ANDRÉ COMTE-SPONVILLE

  • La politique

    Aristote

    • Hermann
    • 1 Avril 1996

    Traduction nouvelle, présentée et annotée par Pierre Louis. Première édition de ce texte capital du philosophe grec sous une forme accessible à un large public. Cette traduction, qui n'est jamais littérale, vise à être exacte et lisible ; elle se veut plus conforme à l'esprit qu'à la lettre et met en lumière une modernité parfois surprenante.

empty